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Réflexions de deux entrepreneurs sur les liens entre leur foi chrétienne et leurs activités professionnelles. Face aux inquiétudes vis-à-vis de l'avenir, ils livrent des conseils pour donner une direction à son existence et vivre avec réussite sa relation aux autres, dans un esprit de charité fraternelle, d'écoute et de service.
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Seitenzahl: 126
Veröffentlichungsjahr: 2022
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travail & foi
notre catalogue complet sur
saintlegerproductions
© Saint-Léger éditions, 2022.
Tous droits réservés.
Joseph d’Artigues
Jean-Louis Falcoz
travail & foi
Cap sur l’espérance
Joseph d’Artigues
après avoir été
–Ouvrier menuisier dans le bâtiment
–Chargé d’affaires puis directeur d’un centre de profit dans la menuiserie charpente
–Cadre commercial dans la vente de bois
–Gérant et fondateur d’une structure commerciale de vente de bois (BtoC et BtoB)
–Coordinateur d’une paroisse, responsable de groupe scout, responsable développement et communication dans le scoutisme
est désormais
–Membre permanent de la communauté du Chemin Neuf
–Responsable travaux du château de Tigery
–Responsable de la mission Foi et Travail de la communauté du Chemin Neuf : Nicodème.
Jean-Louis Falcoz
–Membre de la Communauté du Chemin Neuf
–Sociétaire de l’Association des Écrivains Catholiques de langue française
–Ancien notaire et avocat à la Cour de Paris
–Président de Tribunal d’arbitrage international
–Président et administrateur de la fondation suisse La Maison du Pain
–Président d’honneur de l’association d’utilité publique Société des Corbières
–Secrétaire général du comité exécutif et administrateur de la Fondazione italienne Per L’évangélizzatione Attraverso I Media
–Secrétaire et administrateur de l’association cultuelle de confession chrétienne Prier Marie
–Secrétaire et administrateur de l’association d’intérêt général Marie de Nazareth
–Chevalier de l’ordre National du Mérite
–Who’s Who in France
Bibliographie
–Investir dans le tourisme, traité méthodologique, économique, financier, juridique, fiscal, social, œuvre collective sous la direction de Jean-Louis Falcoz, également corédacteur, Le Moniteur (2000)
–Enfant de père caché, résilience dans la foi, ID France - Loire (2019)
–Souffrance : mes armes gagnantes avec saint Ignace de Loyola, ancien soldat, fondateur des Jésuites, ID France-Loire (2020)
Télévision
https://www.ktotv.com/emissions/un-coeur-qui-ecoute
Les auteurs rendent grâce pour l’attention bienveillante et la prière de la communauté du Chemin Neuf pendant l’écriture, Joseph pour celle de Tigery et Jean-Louis pour celle des sœurs du Mont Carmel et des frères et sœurs de la communauté du Chemin Neuf habitant à Avranches.
L’idée de ce livre vient d’une réunion professionnelle catholique de la Communauté du Chemin Neuf (CCN) au cours de laquelle étaient notamment abordées les « entreprises gagnantes pour tous », actionnaires, dirigeants, employés, fournisseurs, clients sans oublier l’essentiel : le Bon Dieu !
Utopie, après quelques verres de bière bus par de doux rêveurs, ou réalité possible en partant du travail de chacun pour aller jusqu’au meilleur service par l’entreprise ?
Après avoir rappelé l’ouvrage Économie de communion et Chiara Lubich, fondatrice des Focolari ayant lancé l’idée, il y a trente ans, d’un type de société basé sur le don et le partage, l’un des participants de la réunion, Joseph, à l’origine ouvrier menuisier devenu manageur, explique alors comment il a lui-même créé ce type d’entreprise gagnante basée sur l’écoute des besoins, la bienveillance, la fraternité, le don, le partage, le tout pratiqué dans l’amour du travail bien fait, en une prière conduite par l’Esprit Saint.
Relativement sceptiques au départ, les participants se laissent convaincre, au fur et à mesure du déroulement des explications, et se demandent comment transmettre de telles valeurs à la portée de toute personne travaillant seule et, à une autre échelle, de toute entreprise.
Le petit groupe se met d’accord sur un premier constat : 40 % des français sont « malades du bonheur »1 croulant sous le poids de la consommation effrénée qui pose entre autres le problème de la survie spirituelle. « Ils souffrent de solitude, de dépression, se sont enlisés dans l’ornière d’une vie sans goût. Ils ne trouvent plus de sens à vivre constamment sur la brèche, traqués par les téléphones portables, les e-mails, dans une société de l’urgence qui la soumet à des conditions d’incertitude constante et à une guerre économique dont la population a l’impression d’être la “chair à canon” »2.
L’injonction d’être performant et de réussir consume l’homme de l’intérieur, du moins celui qui aspire confusément à sortir de cette société frénétique et de l’atonie spirituelle, à retrouver le goût de vivre, à renouer avec des choses simples3 spirituellement, celui aussi qui voudrait se rendre utile en trouvant un sens à son activité en contribuant ainsi au bien commun.
Deuxième constat, également unanime et conséquence du premier : il y a beaucoup à écrire pour aider à sortir de cette période de peur et de fragilité que nous traversons depuis plusieurs années.
Joseph ne pouvant disposer de temps, l’un des participants interpelle Jean-Louis (HEC Paris Executive MBA) fondateur d’entreprises, ancien notaire et avocat, auteur d’essais sur la force de la foi, la résilience et sur l’économie, en lui suggérant de travailler avec Joseph à la rédaction d’un essai sur le sujet du travail en communion pour Dieu.
Pour permettre une compréhension rapide et pertinente de l’apport de Dieu et de son amour pour embellir la vie de travail, les auteurs ébauchent le plan d’une « Carte des talents » de représentation concise, efficace (en simplifiant les composantes complexes), traçant les différents chemins donnant l’accès à un nouveau lieu de travail – celui de la rencontre avec Dieu – qui donne aussi un autre sens à la vie personnelle de chacun et/ou de famille.
Deux approches se succéderont : la première « concrète » en une interview de Joseph par Jean-Louis pour mieux comprendre – à travers son cas réel – la démarche d’une entreprise orientée vers Dieu, et la seconde, plus pratique, pour poser les fondements éclectiques, spirituels et philosophiques qui pourront baliser et consolider le chemin de celui qui voudra devenir un ouvrier pour le royaume dans un travail, devenu prière offerte à Dieu.
Si l’approche vous intéresse, ami lecteur, pourquoi ne pas lire notre « carte des talents » écrite pour permettre un guidage simple et accessible à chacun afin de lui indiquer les directions à choisir pour trouver les lieux où vivre avec Dieu dans l’amour d’une communion de travail ?
Le pape a écrit que c’était « le moment pour rêver en grand, pour repenser nos priorités – ce à quoi nous tenons, ce que nous voulons, ce à quoi nous aspirons – et s’engager à agir dans notre vie quotidienne sur ce dont nous avons rêvé. Osons rêver4 »
« Dieu nous demande d’oser créer quelque chose de nouveau5 »
Cherchons, dans le vécu d’hier et l’aujourd’hui, ce qui est possible pour l’avenir, rêvons, puis créons et agissons pour réaliser nos rêves et obtenir dans la mesure de ce que nous espérons, pour aller peut-être vers un homme nouveau, respectueusement responsable du développement de notre mère la terre par des entreprises fraternelles, solidaires dans une communion singulière unissant terre et hommes, indissociables et magnifiques créations de Dieu.
Telle serait du moins notre proposition pour que vous rejoigniez symboliquement le troisième homme d’une brève allégorie, presque une parabole, dont l’idée serait attribuée à l’écrivain Charles Péguy.
Un passant se rendant à Chartres interrogeait un homme qui creusait une tranchée « Que faites-vous mon ami ? “Je creuse un trou, c’est fatigant, pénible, mal payé, mais je dois nourrir ma famille”, le deuxième ouvrier faisant le même travail un peu plus loin répond “je creuse une tranchée, je travaille au grand air, cela nourrit ma famille et nous permet de prendre des vacances” ; enfin, le troisième ouvrier interrogé accomplissant la même tâche répond, les yeux brillants de fierté :
“Je construis une cathédrale” ».
Qui ne voudrait pas rejoindre plutôt le troisième homme ?
1 Alain Mounier, philosophe, Propos sur le bonheur, 1950.
2 L’expression désigne péjorativement des soldats généralement peu qualifiés, mal formés ou n’ayant pas le matériel adéquat et dont l’intérêt tactique est de faire diversion ou d’offrir une résistance momentanée à une force adverse pour un coût monétaire minimal.
3 Le chemin des estives, Charles Wright, Flammarion, 2021.
4 Un temps pour changer, viens, parlons, osons rêver, FLAMMARION, 2020.
5 Id.
Joseph
Joseph et Jean-Louis se sont assis devant l’autel de la Chapelle du Cénacle à Tigery, lieu de rencontres de la Communauté du Chemin Neuf.
Jean-Louis Falcoz :
Première question de l’intervieweur : Joseph d’Artigues, votre prénom d’origine hébraïque est très rarement retenu par des parents pour leur enfant (317 en 1991 sur 759 056 naissances).
Vous avez appris exactement le même métier que celui de Jésus par saint Joseph : faire les plans d’une maison, de la menuiserie et de la charpente, poser une toiture et diriger un chantier pour construire6.
Saint Joseph est un patron des artisans que Jean-Paul II a considéré être le modèle du témoin du Royaume de Dieu, en l’appelant notamment « minister salutis » (saint Jean Chrysostome, cité dans Redemptoris custos, n. 8 dans son exhortation apostolique Redemptoris Custos : « Le serviteur du salut »). Pour cette raison, il l’a voulu patron du troisième millénaire et de la nouvelle évangélisation.
Énorme pour un homme si modeste, si discret, mais qui a toujours accompli la volonté de Dieu !
Joseph, pensez-vous que le prénom donné à votre baptême par vos parents correspondait au caractère décrit, était annonciateur, voire prophétique, en vous prédestinant à développer une manière « nouvelle évangélisation » du travail (en son essence et sa finalité), de sa pratique, de sa direction et de son enseignement à votre prochain ?
Joseph d’Artigues :
Bravo, vous commencez fort pour une première question et vous mettez ma modestie à rude épreuve.
Nul ne saura jamais si un songe prophétique inspira l’esprit de mes parents, mais toujours est-il que si j’avais eu le choix, je n’aurais pas voulu d’autre prénom et que je sens – avec humilité mais certitude – habiter en moi la petite lumière de cette annonce qui éclaire mon chemin.
Pour répondre dans ce que je perçois de vérité, je dois bien relever quelques qualités de votre impressionnante liste dont je vous remercie de me créditer : peut-être suis-je un peu courageux (volontaire, actif) et combatif en faveur des causes que je crois bonnes pour la gloire de Dieu et qui rejoignent l’empathie, que j’ai très tôt, dans ma vie, éprouvée pour mon prochain.
Ceci pour aujourd’hui, mais pouvant évoluer demain sous la mouvance de l’Esprit Saint, dans le sens écrit par Pierre Teilhard de Chardin7: « Le charme (lourd de responsabilité) du Milieu Divin est de prendre autour de nous une intensité toujours croissante. C’est une atmosphère si nous voulons, toujours plus lumineuse et plus chargée de Dieu.
En Lui, et en Lui seul, se réalise le vœu fou de tout amour : se perdre dans ce qu’on aime et s’y enfoncer de plus en plus »
Cette lecture m’unifie et me positionne bien dans une dynamique de l’âme tendue vers le salut.
Jean-Louis Falcoz :
Chaque matin, comme toutes les personnes qui ne sont pas en télétravail, vous partez « au boulot » comme disaient les prolétaires8 de 1936.
Dans quel état d’esprit êtes-vous en général : préoccupé par un problème difficile à résoudre en arrivant ? accablé par l’ennui qui vous attend ou réjoui par la tâche utile que vous aurez à accomplir ? heureux de retrouver certains collègues ou redoutant le contact d’autres ?
Joseph d’Artigues :
En réalité, après avoir prié pour offrir ma journée, je me rends à l’appel du Seigneur pour reconnaître et écouter ce qu’il pourra m’enseigner sur ce lieu, qui n’est pas seulement de travail, mais aussi un lieu d’amour, de création et de rédemption comme peut l’enseigner la doctrine sociale de l’église.9
J’aurai ainsi confié au Seigneur ce lieu d’appel où je vais me réaliser pour accomplir sa volonté, le suivant là où il me veut aujourd’hui.
Dès que je reprends conscience du fait que le lieu où je travaille est un lieu à accueillir comme don de la présence de Dieu, ma motivation va être animée par la présence de Celui qui m’appelle pour recevoir ce lieu de l’entreprise comme lieu d’envoi où est présent le Christ, un lieu où je travaille avec d’autres frères et dans lequel j’apprends avec le Christ comment les aimer, beaucoup n’étant ni chrétiens, ni a priori de ma sensibilité spirituelle. Je ne peux pas toujours choisir à quel endroit je me trouve, avec qui je suis, collègues ou clients, mais en tout lieu je peux choisir d’aimer au nom de Jésus.
Jean-Louis Falcoz :
Pour apporter le bonheur à l’homme, pensez-vous qu’il existe un modèle idéal structurant la société, qu’il soit politique (la royauté ou la démocratie républicaine) ou économique (entreprise) ? Lequel ?
Joseph d’Artigues :
Dès le 1er jour de la vie publique de Jésus 10, celui du premier miracle, les juifs ont vu en lui leur futur roi qui, grâce à ses pouvoirs surhumains, allait chasser leur ennemi en les libérant : les envahisseurs romains qui détenaient, par la force, tous les pouvoirs.
Au bout de trois années publiques, après qu’il eut donné par amour sa vie pour les sauver, les hommes ont compris avoir trouvé mieux qu’un roi qui leur aurait apporté un type de société et une organisation sociale, mais le propre fils de Dieu grâce auquel ils pouvaient se convertir et gagner leur liberté intérieure.
Ils avaient découvert une nouvelle sorte de Royaume, inattendue et rayonnante, qui leur apportait une plénitude jusque-là inconnue, dont la clef était la conversion dans l’amour.
Jésus ne les a pas déçus, mais a touché une autre dimension de l’être.
Plus tard il sera autant dans le discours que dans l’action qui prouve la gratuité de l’Amour du Père. À Cana il ne dira pas « j’ai transformé de l’eau en un meilleur vin que le premier servi, » ce qu’un convive remarquera en félicitant le marié qu’il crédita du service de ce bon vin.
Curieusement ce premier miracle resta d’abord caché et gratuit, la vérité fut ensuite révélée par les servantes.
Jean-Louis Falcoz :
À quelque niveau que soit votre fonction dans l’entreprise, pensez-vous que vouloir et pouvoir suivre Jésus, qui a vécu il y a plus de vingt siècles dans un univers sans aucune assistance « d’esclaves technologiques », soit toujours possible ? que le nouveau testament soit toujours actuel aujourd’hui ?
Joseph d’Artigues :
Très certainement, car la technique n’a pas changé le cœur de l’homme et suivre Jésus, c’est pratiquer la charité, c’est aimer l’autre, collègues entre eux, collègues et clients, collègues et fournisseurs, dans la même relation familiale d’un père avec ses enfants, des frères et des sœurs entre eux.
L’entreprise est un lieu de sanctification, de conversion, qui nous permet, les uns par les autres, de progresser dans l’échelle de sainteté, telle celle de Saint Jean Climaque11, échelle spirituelle au sommet de laquelle Dieu se tenait et l’engageait à ajouter « jour après jour, feu sur feu, ferveur sur ferveur, désir sur désir et zèle sur zèle »12.
L’entreprise est un lieu d’expérimentation de l’amour du Christ.
Dans sa lettre encyclique Fratelli Tutti, le Saint-Père François (« Amour effectif ») nous précise bien que grâce à l’« amour social » il est possible de progresser vers une civilisation de l’amour à laquelle nous pouvons nous sentir tous appelés. La charité, par son dynamisme universel, peut construire un monde nouveau, parce qu’elle n’est pas un sentiment stérile mais la meilleure manière d’atteindre des chemins efficaces de développement pour tous. L’amour social est une « force capable de susciter de nouvelles voies pour affronter les problèmes du monde d’aujourd’hui et pour renouveler profondément de l’intérieur les structures, les organisations sociales, les normes juridiques ».
