Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
L'espion d'un autre genre - Tome 1
Recruté par une Organisation secrète de renseignements pour déjouer les pièges d’un réseau mafieux, l’agent Mask-G fait ses premiers pas en tant qu’espion ouvertement gay au côté de son collègue Django One. Pour sa première mission en solo, l’agent secret devra faire preuve de sang froid et user de ses atouts physiques pour approcher l’un des mafieux incarcérés aux pratiques sexuelles débridées. Jusqu’où iront les deux agents pour sauver la sécurité du monde ? Cette mission dévoilera-t-elle une facette cachée de Mask-G ?
L'espion d'un autre genre - Tome 2
Après avoir démasqués et éliminés en prison les deux Dealers qui furent à la tête du plus grand trafic de stupéfiants de la région parisienne, l’Organisation pour laquelle les agents Django One et Mask-G travaillent, a réussi à remonter jusqu’à la source du réseau illicite. Cette fois-ci, c’est l’agent Django One qui doit infiltrer celui qu’on surnomme « le Financier », tenant les finances du réseau en blanchissant l’argent sale de la drogue. La quête du meilleur espion de l’Organisation l’entraînera d’Hambourg à Hong Kong, dévoilant un Réseau Secret aux rouages parfaitement huilés et aux desseins funestes pour le Monde. Pour cela, l’agent Django One devra affronter la Reine du Shibari, aussi cruelle qu’experte, qui pourrait causer la perte de l’Organisation.
L'espion d'un autre genre - Tome 3
Après la disparition tragique de l’agent Django One, considéré comme le meilleur espion de l’Organisation, Avicennes, le Big Boss se retrouve seul au commande d’une mission inachevée. Heureusement, il a à ses côtés le jeune espion Mask-G, novice dans le métier d’agent secret. Cependant, son recrutement n’a pas été facile. Pour ses premiers pas, celui qui n’était pas encore Mask-G, avait pour mission d’infiltrer une cellule terroriste de la région parisienne. Mais, les événements ne se déroulèrent pas aussi bien qu’il le prévoyait. Ce nouveau tome relate la jeunesse sulfureuse de Mask-G jusqu’à son recrutement par l’Organisation.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Nael Raine - Après avoir effectué des études de lettres et de philosophie (master), il s'est intéressé à la sociologie. À bientôt 35 ans, il s'adonne durant son temps libre à l'écriture de romans d'espionnage, univers mélangeant thriller et érotisme. Les voyages sont l'une de ses autres grandes passions. Les lieux visités deviennent des décors vivants de ses histoires.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 270
Veröffentlichungsjahr: 2024
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
L’espion d’un autre genre
T1
De Naël Raine
Nos représentations imagées et culturelles voudraient que tous les espions soient des hommes blancs, virils, hétérosexuels et tombeurs de femmes faciles.
Mais la réalité, elle, est toute autre...
Pour preuve, voici l'histoire des agents secrets Django One et Mask-G.
Mois de Mai à Dubaï.
Bachir Omar était un homme chanceux. Doublement chanceux.
Premièrement, parce que cet afghan de 36 ans avait réussi dans la vie, là où bon nombre de ses semblables n’avait pas pu parvenir à un radieux avenir dans un pays aussi pauvre que le sien : l’Afghanistan.
Bachir était devenu un riche patron d’une agence immobilière située en plein Coeur de Kaboul. Après la chute des Talibans au début des années 2000, l’entrepreneur kaboulien eut le flair pour repérer le bon filon immobilier. Il développa son activité en plein coeur de ce que les habitants eux-mêmes de la capitale surnommaient le Beverly Hills de Kaboul, en proposant aux narco-trafiquants afghans des villas somptueuses avec leurs colonnades prétentieuses et leurs sculptures guindées. De ces transactions immobilières non seulement avec les nouveaux chefs de guerre mais aussi avec les dirigeants étrangers installés depuis quelques décennies dans le pays ravagé par une guerre harassante, Bachir Omar fructifia un compte bancaire qui le rendit puissant et influent auprès de toutes les autorités de son pays.
Deuxièmement, quand les Talibans commencèrent à reprendre le pouvoir et reconquérir l’un à l’autre les territoires de l’Afghanistan, l’homme à la chevelure aussi noire que la couleur d’un café serré, sentit le vent tourné en sa défaveur.
Alors, Bachir, l’ami des Blancs, se fit pousser la barbe, se rasa les poils de son pubis, abandonna ses habits occidentaux en échange de la tenue traditionnelle afghane et imposa à sa femme et à ses 2 filles le port de la burqa. Pour ne pas tomber en disgrâce face au nouveau pouvoir mis en place à Kaboul après le départ de la coalition euro-américaine, Bachir, surnommé l’homme au sourire ultra-bright, brada aux nouveaux chefs talibans des dizaines de villas abandonnées par des kabouliens proches des Alliés après la prise de la capitale. Toutes se situèrent dans le quartier prisé de Sherpur.
En contre-partie, le patron eut la vie sauve et fut l’un des rares hommes d’affaire kabouliens à conserver son passeport et le droit de voyager dans des pays amis de l’Afghanistan.
Ce dernier avantage, et pas l’un des moindres, lui permettait de voyager librement entre Kaboul et Dubaï sans qu’aucune autorité du régime taliban ne l’inquiète.
Pour Bachir Omar, Kaboul était symbole d’une prison à ciel ouvert dans laquelle il voyait son pays s’enfoncer toujours plus dans un islamisme rigoriste dont l’emprise se faisait toujours grandissante par la propagande des Talibans. Contrairement à la capitale afghane, Dubaï était pour le chef d’entreprise un mélange ingénieux entre cet islamisme arriéré et le confort de la modernité venue d’Occident. Dubaï, la métropole clinquante, luxueuse et excentrique.
Bachir y venait au moins une fois par mois pour conclure des contrats immobiliers pour le compte des chefs talibans qui s’accaparaient l’argent de l’opium dans le but de se faire construire à Dubaï des lieux paradisiaques à l’abri des regards.
Dubaï était réputé pour être la ville de tous les excès. Et depuis l’arrivée des Talibans dans son pays, le magnat de l’immobilier ne pouvait plus s’adonner à son vice honteux. Le pratiquer à Kaboul était trop dangereux même s’il savait pertinemment que le Bacha Bazi était pratiqué dans les plus hautes strates du pouvoir afghan.
À la différence des nombreux hommes influents et riches qui aimaient les bacha-ye be-risha (les garçons sans barbe), l’afghan préférait les hommes mûrs. Il se définissait lui-même comme un homosexuel qui se cachait derrière une vie maritale bien ordonnée. Bachir n’était pas pour le moins du monde attiré par les jeunes garçons pré-pubères. À l’idée de voir un minuscule pénis et et toucher deux testicules aussi grosses que deux petits olives le révulsait au plus au point. Car Bachir Omar aimait prendre le rôle de la femme et se sentir dominé par des hommes au caractère macho. Et, cela lui était interdit par les lois de son pays.
Dubaï était ainsi la ville de tous ses espoirs. Et de tous ses fantasmes. Ceux de faire des rencontres furtives avec d’autres hommes qui partageaient ses mêmes affinités sexuelles.
L’afghan, du haut de son mètre 75, d’une corpulence modeste qu’un embonpoint naissant venait adoucir son visage rude et barbu, succombait avec plaisir aux charmes des touristes étrangers ou des dubaïotes. Bachir aimait les profils des hommes virils dont le corps était marqué par des tatouages ou recouvert d’un tapis de poils sur le torse. Lui-même s’entretenait physiquement une à deux fois par semaine dans la salle de fitness du prestigieux hôtel de Dubaï.
Et ce soir-là, attablé au balcon de sa chambre de luxe, Bachir n’eut pas trop à attendre pour fixer un rendez-vous avec son nouvel amant d’un soir. Après avoir fait défilé les photos des hommes sur une application de rencontres gay qui lui était familière, il s’arrêta sur le profil d’un mec qui lui plut. A première vue, il remplissait tous les critères : un beau brun au physique athlétique arborant un tatouage tribal serpentant la cuisse droite pour venir mourir au dessus de la fesse du jeune homme âgé de 26 ans. Avec ses yeux noisettes et son sourire enjôleur, le mec se présentant avec le doux prénom de Liam, hypnotisait le regard de l’homme d’affaire afghan.
Les deux hommes s’étaient convenus de se retrouver au bar situé au roof-top de l’hôtel avant de finir la nuit ensemble. Le temps de prendre une douche, de soigner sa barbe et de vêtir une tenue décontractée sans prétention rendant Bachir d’un chic européen, il s’était écoulé une bonne heure.
Après quelques verres de cocktail alcoolisé, les deux hommes furent pressés pour se retrouver dans la chambre de Bachir Omar. Et entreprendre des baisers pleine de fougue une fois la porte fermée et les lumières tamisées. L’alchimie de leurs corps opéra immédiatement. Et Bachir pressentait au fond de lui-même qu’il avait enfin trouvé son boy-friend du moment. Liam, son bel irlandais.
Mois d’Août à Paris
La porte métallique de l'ascenseur s'ouvrit avec un bruit feutré au dernier étage d’un bâtiment moderne et élancé en forme de stylo à la mine pointue.
Un gratte-ciel fait d’acier et de verre, parmi tant d'autres surplombait de son orgueilleuse hauteur l’esplanade du quartier de la Défense, réputé pour être le 1er quartier d’affaires d’Europe. L'accès au dernier étage était strictement réservé aux clients Premium de la compagnie d’envergure internationale qui l’abritait et au personnel qui était habilité d’y travailler. Du nom de « Elpia Assurance et Sécurité (EAS) », cette société spécialisée dans les assurances à haut risque et la sécurité des hommes les plus fortunés de la planète, avait installé son siège social dans la capitale française à proximité des plus grandes holdings internationales.
D’un pas élégant mais ferme, l’agent de service, Django One se dirigea vers un fauteuil sans détourner son attention. Il connaissait parfaitement les habitudes de la « maison ». Il ne s’étonna pas que Sister, comme à l’accoutumée, assise à son bureau de secrétaire, lui dirait d'une voix cordiale et posée que le Big Boss allait le recevoir dans quelques instants.
L’agent fit un hochement de la tête en signe de compréhension, les yeux cachés par une paire de lunettes hors de prix.
Puis, l’homme s'installa confortablement dans un fauteuil moelleux agrémenté d'un coussin en velours bleu ciel sans détourner son regard. Il avait déjà perçu un changement dans l'aménagement du bureau de Sister. Un nouveau bouquet de fleurs arborait son bureau. Derrière ses lunettes fumées griffées Louis Vuitton, Django One n'avait plus besoin de dévisager Sister. Ancienne espionne de terrain aux excellents états de service, la secrétaire avait acquis une réputation au sein de l’Organisation qui lui valut de finir sa carrière dans ce bureau au plus près du Big Boss.
Soudain, la lourde porte s'ouvrit pour laisser voir apparaître Avicennes.
Avicennes était le nom que l'Organisation lui avait donné.
On ne sut jamais sa véritable identité ni celles des autres membres d'ailleurs. C'était un privilège de disparaître ainsi derrière une identité secrète. C'était l'ancien Boss de l’Organisation qui lui avait donné ce nom : Avicennes pour sa connaissance encyclopédique qu'il avait amassée durant ses années passées au sein de l’Organisation. Cet homme, approchant la soixantaine, d’une élégance naturelle, était incollable sur l’histoire de la société. Il connaissait même les anecdotes les plus secrètes.
Sans formule de politesse, celui qu’on surnommait le Big Boss, prit la parole comme si le temps le pressait :
— Prenez place Django One, vous connaissez sans aucune doute l'agent de mission Mask-G.
Avec sa silhouette athlétique et svelte, Django One se faufila dans l’immense pièce ovale. Son mètre 80 lui permettait de dominer son interlocuteur. Il ne prit pas la peine de saluer l’autre homme qui était déjà assis sur le deuxième siège.
— Oui, avec évidence ! Répondit froidement Django One en s'asseyant devant le bureau d'Avicennes.
Une fois s’être confortablement assis tout dépliant ses longues jambes et en ajustant son pantalon de costume gris clair pour être mieux à l’aise, l’agent Django One reprit :
« Nous avions travaillé un court temps sur ma dernière mission il y a 6 mois de cela. Il a été le relais de mon informateur qui s’est fait descendre à un moment crucial de la mission », expliqua d’une seule traite l’agent sans détourner son regard vers son voisin.
Django One se savait pourtant épier. Mais intérieurement, il ruminait de colère : « Putain ! Avicennes va me foutre cet agent pour ma nouvelle mission. Un bleu qui n'a même pas un an dans l’Organisation. Je ne vais quand même pas jouer au baby-sitter. »
De son côté, Mask-G était contrarié qu'aucune considération ne venait de la part de Django One, l'agent qui l'avait impressionné lors de sa première mission sur le terrain.
Aucune salutation !
Il sentait qu'une faille naissait entre eux. Il savait qu'il était difficile de coopérer avec l’agent le plus célèbre de l’Organisation. Mask-G feint alors un timide sourire vers son futur coéquipier qui ne reçut aucune réponse en échange. Mais, de cette attitude orgueilleuse, il s’y attendait. Avicennes l’avait briefé avant leur rencontre. Le Big Boss brisa alors le malaise qui fit naître une atmosphère pesante :
— Tout d’abord, je vous félicite pour la réussite de votre mission.
— Heureux de vous l’entendre dire, répliqua Django One. Mais toute la gloire revient à la CIA, ajouta-t-il avec un air faussement détaché.
— Agent Django One, vous connaissez les règles de la maison. Aucun remerciement, aucune faveur et aucune grâce ne nous serons accordées. Nous agissons dans l’ombre bien que la CIA reconnait à qui elle doit la mort du numéro 2 d’Al-Qaïda, l'émir Ayman al-Zawahiri.
— Et l’Oncle Sam le sait-il au moins ? Coupa Django One.
— Voyons, agent Django One, bien sûr que non ! Tempêta Avicennes.
« Les informations confidentielles et le deal passé entre la CIA et notre organisation de renseignements ne peuvent pas être dévoilés. Tel était le contrat conclu avec les Américains. Grâce aux informations acquises par Mask-G, les Américains ont pu localiser avec précision l’émir égyptien et porter la frappe décisive sans dommage collatéral. »
— Il en a fallu de peu ! Soupira l’agent Django One.
Son regard se porta au-delà de l’immense bureau épuré d’Avicennes, s'échappant aux grandes baies vitrées pour se poser au loin, dans le ciel parisien moutonné de nuages éparses.
L’agent secret métissé, aux origines ethniques obscures car non dévoilées aux yeux de Mask-G, se remémora les derniers mois précédant la mort de celui qui avait pris la tête de la nébuleuse jihadiste en 2011, suite à l’élimination d'Oussama Ben Laden.
À côté de lui, Mask-G avait la gorge serrée, impressionné par l’assurance magnétique émanant de l’agent Django One.
La mission avait été simple : retrouver la trace de l’émir égyptien Ayman al-Zawahiri, le nouveau chef d’Al-Qaïda. Le localiser et fournir son exacte position à la CIA. Au printemps dernier, Avicennes avait confié à l’agent métissé Django One cette mission qui aurait dû être des plus simples. Organiser et former un groupe d’hommes et de femmes pour infiltrer, espionner et trouver les renseignements nécessaires à la localisation de l’émir égyptien. De source sûre, il s’était réfugié en Afghanistan. Néanmoins dans un pays aussi corrompu que l’Afghanistan, Django One n’avait pas eu la chance de son côté. Il avait mandaté un de ses hommes de se faire passer pour un journaliste étranger, les seuls qui pouvaient encore vivre sur le sol occupé par les Talibans.
Or, sans savoir pourquoi, alors qu’il touchait au but, l’espion qui prétendait être un journaliste pour le compte d’une organisation pour les réfugiés, avait été arrêté par les Talibans. On retrouva son corps mutilé et jeté dans une décharge à ciel ouvert non loin de Kaboul.
L’agent Django One apprit que les services secrets pakistanais (l’ISI) informaient les Talibans que les Occidentaux cherchaient la peau de l’émir égyptien. Court-circuitée de la sorte, la mission était foutue.
C’est à ce moment qu’Avicennes changea sa stratégie d’attaque. Il n’y avait plus moyen de mettre un foutu doigt de pied dans ce pays ravagé par la haine de l’Occident. Cependant, les Américains le pressaient d’avoir des résultats : « Avant l’automne », martelaient-ils.
« Biden est en difficulté et il a besoin de faits d’arme à l’international avant les élections de mi-mandat de Novembre. »
Et pour combler le tout, les services secrets pakistanais avec qui Avicennes avait des liens indéfectibles semblaient avoir retournés leur veste au profit de l’argent des narco-trafiquants afghans revenu entre les mains des nouveaux maîtres de guerre.
L’Organisation se retrouvait toute seule à terminer cette mission.
Une réunion de crise se tint alors dans le bureau même d’Avicennes en présence de l’agent Django One. Nous étions au mois de Mai et l’été approchait à grands pas. Ils étudièrent à nouveau le dossier. Des rides apparurent pour la première fois sur le front du grand métis au teint mordoré. Comment reprendre le cours de cette mission ? Et surtout la question cruciale était la suivante : qui pourrait reprendre l’espionnage sur le terrain s’il était impossible d’y asseoir à nouveau son cul ?
L’Organisation était au courant qu’Ayman al-Zawahiri partageait son existence cachée entre l’Afghanistan et le Pakistan. Kaboul, la capitale afghane, était ainsi le lieu de transition de l’émir.
Selon les dernières informations, al-Zawahiri avait trouvé refuge dans le quartier résidentiel peuplé d’apparatchiks du régime taliban. Le quartier huppé dénommé Sherpour.
Mais dans quelle maison précisément ? C’était cette question que l’Organisation devait élucider.
Ce n’est qu’après avoir plusieurs fois tourné le problème dans tous les sens et analysé les transactions immobilières du quartier de Sherpour que Django One tomba sur le dénominateur commun à tous les achats immobiliers de ces maisons surnommées les palais du pavot : « Bachir Omar. »
— Quoi ? L’interrompit Avicennes.
— Le nom du patron de l’agence immobilière. Il se nomme Bachir Omar, répéta Django One de sa voix masculine.
Et tout en tapant sur l’un des puissants ordinateurs du Service Informatique et Information (SII), Django One lut à voix haute ce qu’il recevait sur le dénommé Bachir Omar : « Il continue à faire fortune en bradant des maisons aux hauts dirigeants des Talibans. Il a même un visa pour voyager dans les pays alliés du régime taliban. »
L’agent, du haut de son un mètre 80, continua à tracer sur le réseau d’information interne aux renseignements de tous les services secrets les différents documents relatifs à la vie de ce Bachir Omar. En quelques clics, l’agent secret connu toute l’existence de cet afghan : sa date de naissance, celle de sa femme et de ses deux enfants, celle de son mariage, les documents compromettants stipulant qu’il avait obtenu des pots-de-vin avec les Talibans pour inscrire ses filles dans les universités au Pakistan. L’homme de 36 ans avait obtenu des visas pour les pays du Golfe, des billets d’avion pour le Qatar, Dubaï, Riyad, Muscat, Islamabad et…
« Oh ! Putain ! », s’écria Django One. « Le mec n’est pas si clean que ça ! »
Ayant accès aux vidéos-surveillance des luxueux hôtels dans lesquels l’afghan descendait à Dubaï pour y vivre une vie de mécréant, Django One projeta une courte vidéo en noir et blanc de piète qualité sur l’immense écran du bureau d’Avicennes. « Vous pensez à la même chose que moi, Patron ? »
— J’ai comme l’impression que notre homme mène une double vie, persifla Avicennes.
Sur l’écran, on y voyait Bachir entrer dans un ascenseur du Palace Resort Hôtel de Dubaï. En bas à droite, l’heure locale du moniteur indiquait minuit et 45 secondes. Un autre homme pénétra dans l’ascenseur. Soudain, Bachir Omar s’approcha de l’homme, un mec barbu, de type européen en chemisette dégageant des avant-bras tatoués. Sans une once de pudeur, l’afghan embrassa dans le cou de l’européen pour ensuite déposer un baiser sur la bouche. Leur enlacement se fit insistant.
— Voilà qui est intéressant. Nous avons trouvé la faille, s’exalta Avicennes. Un plan émergea déjà dans l’esprit du Big Boss.
— Vous m’expliquez ?
— J’ai notre agent pour achever la mission.
— Euh …Patron, ne comptez pas sur moi s’il faut flirter avec cet afghan et… Vous savez que j’ai toujours été un pur hétéro. À moins de vraiment me forcer, grimaça l’agent métis.
Avicennes ne répondit pas à la supplique de son meilleur agent. Ce à quoi, l’agent Django One insista :
« Vous vous souvenez de la mission à Caracas…Je n’ai pas pu embrasser cet enfoiré de politicien corrompu qui prenait un malin plaisir à torturer des gringos après les avoir violé. C’était au-delà de mes forces. »
— Non pas vous, agent Django One, éluda Avicennes. Mais un nouvel agent que je viens tout juste de recruter. Il sera parfait pour notre mission. Lui, il n’aura pas à se forcer.
CHAPITRE 4
Dans le bureau d’Avicennes, siège de l’EAS.
— Et que pense l’intéressé de sa première mission sur le terrain ? Lança à la cantonade Django One après avoir repris ses esprits.
—Je n’ai fait que mon devoir, dévoila timidement Mask-G. Si cela a permis d’éradiquer une ordure sur cette terre, je suis pleinement ravi d’avoir accompli cette mission.
Puis, Mask-G interrogea d’Avicennes :
— Qu’est-devenu Bachir Omar ?
— Eliminé comme tous les mauvais types que nous avons cherché et espionné, se précipita de répondre Django One avec son air tout aussi détaché afin de surprendre la réaction du jeune agent.
En effet, Mask-G paraissait circonspect trahissant une pointe de déception.
« Un sentimental, » pensa l’agent Django One. « Il ne tiendra pas dans le métier. »
— Mais, soupira Mask-G, cet homme avait une famille. Il ne savait même pas qu’il était utilisé pour obtenir des informations. Tromper sa femme pour baiser avec d’autres hommes ne fait pas de lui un meurtrier, justifia Mask-G.
— Vous êtes tout nouveau dans le métier, reprit Avicennes avec sa voix autoritaire. Sachez Mask-G que d’autres services secrets pourraient remonter à vous et à notre Organisation par le moyen de Bachir Omar. Officiellement, Bachir Omar s’est suicidé dans la baignoire de son hôtel à Dubaï. Officieusement, nous l’avons éliminé pour assurer nos arrières.
— Et vous avez devant vous son tueur ! Fanfaronna Django One.
Mask-G écarquilla les yeux. Comment un homme pouvait se targuer d’avoir tué un innocent comme s’il tenait un trophée de safari dans sa main. Pourrait-il un jour avoir le même aplomb que le meilleur agent de l’Organisation.
Il ne se voyait pas prêt à tuer des êtres humains en chair et en os.
Mask-G s’était convaincu qu’il était entré dans l’Organisation dans le seul but de renseigner, filtrer et espionner le monde peuplé de pourritures. Mais, tuer ? C’était au-delà de ses forces même s’il avait exercé des tirs lors de sa formation. Mais sur des mecs en cartons uniquement !
Le Big Boss éleva alors sa voix comme s’il augurait une chose à venir :
— Agent, vous apprendrez dans le métier qu’être espion ne consiste pas seulement à renseigner, surveiller, récolter des informations. Tuer pour notre survie et surtout la vôtre fait partie de nos missions.
— Dites-vous que le côté agréable est de pouvoir baiser librement, renchérit Django One. On ne sait pas de quoi est fait nos lendemains. Un jour vivant, un autre définitivement mort. J’espère que vous en avez profité ?
— Agent Django ! Un peu de tenu je vous prierai, s’égosilla Avicennes.
Mask-G esquissa un sourire à la remarque un tant soit peu épicurienne de Django One. Au fond, derrière son apparence narcissique, l’agent métissé avait des principes qu’il pouvait partager.
Le jeune agent se remémora alors les moments au lit avec le riche patron de l’immobilier. Il l’avait dragué via un réseau d’application de rencontres gay. Sous la fausse identité de Liam Randson, l’agent Mask-G avait tout de suite plu à l’afghan. Heureusement !
Une fois au lit, Mask-G avait été surpris avec quelle fougue son étalon macho était un véritable passif. L’homme ne s’était pas prié pour dévoiler son cul poilu, offert sans aucune résistance au jeune Liam.
Très vite, Mask-G comprit qu’il avait tapé dans l’oeil du richissime homme d’affaire.
Peu à peu, ils tissèrent des liens amoureux, un mélange de sexe et de confiance. Et deux fois par mois, les deux hommes se retrouvèrent dans la même chambre du même hôtel de Dubaï. C’était pour Bachir Omar une véritable délivrance, vivre la vie qu’il avait tant rêvé. La partager avec un boy-friend loin de l’archaïsme du régime taliban.
Une fois, Mask-G se rappela que les deux hommes n’étaient pas sortis de leur chambre passant leur temps entre baise torride et farniente dans la minuscule piscine de la suite que Bachir Omar avait réservée pour eux. En présence de Liam, Bachir s’était livré sans concession pour la première fois de sa vie. Le jeune européen connaissait tout de l’afghan depuis le jour, quand tout jeune, Bachir avait surpris ses parents à « faire l’amour ». Ce jour-là, expliqua-t-il, il était revenu tôt de l’école. Une voiture piégée avait explosé non loin de là. Les écoliers furent renvoyés chez eux. Quand le jeune Bachir s’approcha de la maison familiale, tous les volets étaient fermés. Pénétrant dans l’unique salle de vie puis la cuisine plongées dans une demi-pénombre, le jeune garçon ne trouva pas sa mère. La maison était vide. Il entreprit de monter l’escalier qui donnait sur les chambres à coucher, celle de ses parents et la sienne qu’il partageait avec ses frères et soeurs. Au fur et à mesure qu’il montait les marches, il entendit des murmures plaintifs. Il reconnut la voix rauque de son père puis de petits cris distinctifs de sa mère. Il n’avait jamais entendu son père s’exprimer ainsi : « viens ma belle salope ! » La curiosité de Bachir l’entraîna à jeter un oeil indiscret à travers l’embrasure de la porte à demi-fermée. Quelle stupeur le saisit lorsqu’il vit le spectacle devant ses yeux : les corps nus de ses parents, sa mère à quatre pattes sur le lit, les poings serrés sur le matelas, son visage crispé proche de la souffrance, ses longs cheveux ondulés retombant sur ses épaules et ses deux seins volumineux, grosses comme des pastèques dodelinant dans tous les sens. Le jeune garçon n’avait jamais entendu de tels gémissements provenant de la bouche de sa mère. Il n’avait jamais vu ses parents nus dans une telle position écoeurante. Il ne savait quoi penser et que faire, pétrifié à la vue d’une telle monstruosité. Sa mère souffrait et pourtant semblait prendre du plaisir. Et quelle horreur quand il vit la « chose » que sa mère avala par derrière. Le jeune Bachir ne comprit pas sur le moment. Etait-ce le sexe ou les fesses de sa mère qui avalait le zizi de son père. Un zizi qu’il n’avait jamais vu sous une telle forme : gros comme une trompe d’éléphant et raide comme un tuyau d’arrosage. De ce moment, Bachir ne l’avait jamais confié à quiconque :ni à ses frères, ni à sa femme. Mais, à Liam, oui.
Et puis, l’afghan lui raconta ses premiers émois pour les hommes. Il ne nia pas que ses expériences sexuelles avec les hommes le rendait plus heureux que sa vie de mari et de père de famille. Cette vie dans laquelle il faisait semblant, jouant parfaitement son rôle d’hétéro. C’était ce qu’on lui avait exhorté quand on lui avait imposé la femme choisie en mariage. Une de ses cousines à peine âgée de douze ans. Lui, en avait presque dix-sept ans.
Le soir de ses noces de fiançailles, son oncle qui était devenu par là même son futur beau-père, l’entraîna dans la chambre de ses parents, là où il avait surpris ses parents nus à faire l’amour. Son oncle lui apprit comment devenir un vrai afghan, un homme autoritaire sur sa femme. Une femme était faite pour être réduite au silence, s’occuper de la maisonnée et élever des enfants.
— Sais-tu comment fait-on des enfants ? Questionna son oncle Ali.
Troublé par la question, Bachir n’osa rien dire car il ne savait quoi répondre. Personne ne lui avait appris comment les enfants venaient au monde.
Son oncle Ali lui dit simplement : « avec son engin pour faire pipi. »
Bachir ne comprit pas sur le moment. Son air tout à la fois étonné et honteux le rendait mal à l’aise.
— Frotte bien fort ton zizi et tu le rentrera dans celui de ta femme.
— Comment ?
— Laisse-toi faire, mon neveu.
L’oncle Ali entreprit ainsi de déniaiser son jeune neveu.
Il ordonna à Bachir de se déculotter. Puis, sans aucune hésitation, Ali prit vigoureusement dans ses mains calleuses et fermes le sexe de son neveu. Il se mit à l’astiquer. Bachir ne comprit rien à la manoeuvre. Rien ne venait ! Aucun effet ! Alors l’oncle approcha sa bouche du sexe. Une vive émotion électrifia le corps de Bachir. Il sentit une onde chaude envahir le bout de son gland avant de se diffuser dans tout son être. Un mélange de plaisir et de douleur. Ali tournoya habilement sa langue sur le sexe du jeune homme si bien que son organe doubla de volume et se raidit. Et en quelques secondes, le jeune homme ne se put se contenir. Dans un râle gênant, il éjecta un copieux liquide dans la bouche pâteuse d’Ali.
L’expérience se reproduisit plusieurs fois avant le mariage de Bachir. Toujours avec son oncle Ali.
Une fois marié, l’oncle et le neveu devinrent plus intimes jusqu’à devenir des amants sans que Bachir s’en rende compte. Bachir avait non seulement appris à masturber son oncle mais il se délectait à enfourner le sexe d’Ali dans sa propre bouche.
Une chose était sûre : Bachir aimait le sexe des hommes. Celle qui était moins sûre : il ne trouvait aucun plaisir à faire l’amour à sa femme.
***
Allongés sur l’immense lit de leur suite d’hôtel, Bachir tenait dans ses bras Liam. Il se mit à rêver d’une vie meilleure, celle qu’il avait toujours voulu, sans contrainte, sans jugement et sans société archaïque dans laquelle les hommes de son espèce étaient des moins que rien, rabaissés en dessous des chiens de caniveau. Il ébaucha une vie à deux en se voyant déjà en Irlande avec Liam.
Cependant, il ne soupçonnait pas qu’un piège sournois s’était abattu sur lui.
Liam avait récupéré à l’insu de Bachir des informations cruciales à l’aide d’un mouchard minutieusement caché dans le smartphone de l’agent immobilier. Liam eut accès à tous les appels téléphoniques, aux textos et à la boîte mail de l’afghan.
Très vite, L’Organisation pour laquelle travaillait Liam put remonter jusqu'aux noms des hauts dirigeants talibans et un jour, le nom du chef d’Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri, apparut dans un listing de transactions immobilières. L’Egyptien, un septuagénaire diminué, cherchait tout le confort d’une résidence à Kaboul. Liam apprit que les Talibans le protégeaient jalousement dans une maison du quartier de Sherpour.
La suite, Liam Randson alias Mask-G l’a découvrit dans les journaux avec l’envoi par les Forces Américaines de deux missiles HellFire R9X dans le but de hacher en menus morceaux Ayman al-Zawahiri, tué sur son balcon.
— J’ose à penser que vous ne nous avez pas convoqué pour nous féliciter de cette mission, suggéra l’agent Django One.
— Non effectivement, proclama Avicennes. Je vous envoie tous les deux sur une nouvelle mission.
Dans le bureau d’Avicennes, siège de l’E.A.S. (Elpia Assurance et Sécurité)
Avicennes paraissait plus jeune que son âge à part quelques rides qui assombrissaient son front.
Alors que la plupart des adultes de son âge arborait un physique lié à leur embonpoint de père de famille insouciant de suivre un régime alimentaire et une activité physique régulière, Avicennes était un senior de 59 ans en pleine forme physique et morale.
Son teint légèrement bronzé contrastait avec ses cheveux gris et ses yeux bleus translucides. Ce jour-là, il portait un costume sombre de chez Father and Son qui mettait en valeur son allure athlétique. Devenu depuis peu le nouveau Boss d’une organisation secrète de renseignements, il avait pris ses fonctions avec autorité et sans concession à la tête d’E.A.S.
Il expliqua aux deux agents ce qu’il attendait d’eux avec sa voix posée : « Nous avons besoin de plus d'infos sur les agissements paramilitaires d’une cellule terroriste qui sévit sans aucune impunité dans les quartiers sensibles de la région parisienne. Notre informateur nous a confirmé que des caïds pro-Al-Qaïda étaient placés au coeur de ces banlieues, souvent eux-mêmes issus de ces quartiers afin de recruter et de former de nouveaux soldats pour le compte d’Al-Qaïda. »
— Ils veulent embrigader les jeunes des cités désoeuvrées ? En faire des fous d’Allah ? S’offusqua Mask-G.
— Oui, répondit Avicennes. Par l’intermédiaire d’un vaste réseau de trafic de drogue. Quoi de plus alléchant pour ces jeunes que de gagner par jour ce que leurs parents gagnent par mois ? Selon mes informations, les recruteurs amadouent les jeunes gamins à peine âgés de seize ans dans une des banlieues de la région parisienne en les employant comme vendeurs ou guetteurs pour le compte d’un gros trafiquant contre de l’argent. Puis, la spirale de l’influence du groupe et de la violence fait son effet. Ils sont pris dans le tourbillon du trafic de drogue, de la vente des armes et de la prostitution. Et pour défendre leur juteux trafic de stupéfiants ainsi que leur territoire, ils se fournissent en armes via des réseaux souterrains établis par Al-Qaïda.
— Et donc quelle est ma mission ? interrompit froidement Django One.
— Notre mission, rectifia vivement Mask-G.
Avicennes regarda tour à tour les deux hommes pour leur manifester qu’ils étaient à ses yeux sur le même pied d’égalité. Puis, il continua son explication :
Au mois de Juin dernier, une opération judiciaire de la sûreté départementale des Yvelines assistée des policiers du SOPSR (service d'ordre public et de sécurité routière) et du commissariat de Mantes-la-Jolie a permis l’arrestation de cinq suspects identifiés comme étant les protagonistes de ce vaste trafic. Sur les 5 individus, l’un a craché le morceau : « deux grossistes » seraient à la tête de ce trafic de drogue. L’un a été interpellé dans les semaines qui ont suivi l’opération. Mais, il n’était que le bras droit d’un autre caïd du nom de Balla. Ce serait ce dernier qui oeuvrerait à partir de la cellule dans laquelle il est incarcéré. Nous devons impérativement l’approcher afin de comprendre son lien avec Al-Qaïda.
Et pourquoi les autres individus interpellés n’ont-ils pas craché le morceau ni même son bras droit ? Objecta Mask-G.
Les réseaux sont très organisés et agissent comme des entreprises multinationales. Afin d’éviter le démembrement de l’ensemble du réseau, Al-Qaïda exige que chaque cellule fragmente l’information, expliqua Avicennes.
C’est une garantie pour eux, ajouta Django One. Chaque individu connaît ce qu’il doit faire mais ne sait pas ce que fait son voisin. Seul le mec qui dirige la cellule est détenteur des informations. Comme c’était le cas des réseaux de résistance. Ça s’appelle la fragmentation de l’information. Très efficace !
C’est bien cela, renchérit Avicennes en se raclant la gorge.
Et où se trouve incarcéré ce fameux Balla ?
