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Cette autobiographie retrace le cheminement de la foi d’une femme au cours de son existence, l’empreinte indélébile de dieu dans une vie. Comment dieu peut-il régir une entité du commencement jusqu’à la fin de ses jours ? Peut-Il contrôler chacun des aspects de nos vies ? Un duel entre foi et religion . C’est l’histoire d’une femme simple qui appartient à dieu .
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Seitenzahl: 120
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Au Dieu d’amour qui soutient mon âme dans le combat de cette vie ,
À Raïssa ,ma fille ...
Une année sans fin
Melissa ADOUANE
Une année sans fin
CHAPITRE I
MES PREMIERS PAS
Un jour qui change une vie
C’est à 4 heure du matin, que commençait le travail, un jour de mai 2002, dans une petite bourgade dénommée Bussy-Saint-Georges. C’est les yeux embrumés de sommeil, dans l’attente incessante de son arrivée que Raïssa vit le jour.
Comme un doux réveil annonçant le changement radical d’une vie, de nos vies.
Nos trois cœurs symbiotiques battaient aux rythmes de mes contractions, ça y est, c’était l’heure, le moment fatidique, tant attendu, tant espéré. Ma joie était complète et entière ne sachant plus que faire, la précipitation se mêlant aux palpitations, nous nous rendîmes là où notre destinée allait naître.
Je me souviendrai toujours de ces grands murs blancs et froids dans lesquels j’ai attendu de voir son visage apparaître. Sa main posée sur mon ventre, il trépignait d’impatience à l’idée de rencontrer celle qui faisait battre son cœur à la chamade, celle qui en ce jour le rendit père.
C’est après une interminable attente, dans la souffrance de l’enfantement apaisée par des substances médicamenteuses salvatrices, que Raïssa fit entendre la beauté de son chant et nous combla d’une joie ineffable.
Envahi par l’émotion, un mot unique sortit de sa bouche « merci Jésus » comme une mélodie à mon âme, le mot fût dit, la bénédiction naquit.
Troublée, émerveillée, subjuguée, je ne puis répondre à cela mais j’acquiesçais telle une mère naissante avec dans la voix, un chevrotement qui en disait long sur mes émotions du moment.
Lorsqu’on la posa sur mon sein, je compris enfin quel serait le combat de mes vingt prochaines années, rassurée par la présence de celui qui crut en moi, je me sentais prête à affronter toutes les difficultés d’une vie .
Mon jeune âge, son inexpérience, nos prémices professionnels incertains, rien ne semblait représenter un frein à sa venue. Nous faisions entrer la lumière là où l’obscurité de nos vies fades et sans saveur, régnait.
J-1 Elle est là, près de moi, je sens l’odeur du lait sur sa bouche repue, ressens son petit cœur battre rapidement, elle est là et elle va bien. La chambre plongée dans l’obscurité, je pense et nait en moi une crainte, à la joie se confond le doute et l’inquiétude.Serait-ce le baby-blues ? déjà ?ou une réalité que je vois désormais en face .
J-2 La nuit a été agitée, mais j´étais psychologiquement préparée à cela .C´est exactement tel que les livres le décrivent, je ne fus pas surprise, mais au contraire conditionnée, je me préparai au prochain réveil intempestif .
La maternité est comme une évidence, je la sais et elle me sait .Certains dictons affirment qu'un enfant choisit son parent et de fait il s’adapte et ressent les subtilités de ses gestes, de ses mots et de son intonation. Cette enfant est faite pour moi, il existe déjà une interaction, je l’effleure, elle s’apaise, je parle fort, elle fronce les sourcils, ça y est la communication est établie.
J-3 La pièce submergée d’un sommeil inquisiteur m’inspire le calme et la relaxation, la détente comme sur un lit de pétale, je la regarde, l’observe et scrute le moindre geste, le moindre sursaut, ou gémissement qui me ferait savoir qu'elle a besoin de moi et oui, je suis enfin désirée, attendue et espérée.
J-4 La sortie de la maternité approche, les questions s'amoncellent, serai-je à la hauteur ? et si je n’y arrivais pas. À la vue de mes inquiétudes, l’équipe médicale ordonna que je reste un peu plus longtemps avec eux afin de me rassurer. Les pleurs commencèrent à ruisseler le long de mes joues bombées, alors que je regarde ce petit être, mon cœur éprit d’un amour exclusif, je réalise qu’elle et moi nous n’étions plus un être mais deux individus à part entière.
J-5 Mon corps se mit à révéler cette rupture, je commence à réaliser que le temps ne suffira pas à éloigner de moi, mon reflet du miroir. Une marque indélébile est posée sur mon ventre comme un signe de dieu. Mes prières furent alors d’une intensité jamais connue auparavant.
J-6 Elle, lui, moi et dieu nous ne faisions plus qu’un. Dans cette alliance harmonieuse se dessinaient des projets d’avenir plein espérance, de joie.
J-7 Elle et moi sommes prêtes à rentrer chez nous. Ses yeux s’ouvrent peu à peu et lui donnent une vision de plus en plus précise sur le monde qui l’entoure. Ses heures d'éveil sont de plus en plus longues .Elle arrive enfin chez elle.
Et la lumière fut..
L’atmosphère était humide, la terre, riche de fruits exotiques de toutes espèces et fertile, nous foulâmes le sol des îles Caraïbes, d’un pied ferme, la Guadeloupe. Nous quittâmes l’angoisse et le stress parisien pour arriver à destination de cette île paradisiaque où tout avait commencé.
Le temps des présentations est arrivé, le divin enfant est reçu comme le Messie au sein de la famille. Tous les yeux étaient rivés sur la beauté de l’angelot, l’amour se saisit du petit être et l’emplit de son esprit.
Un temps d’oisiveté ou repos et maternité se conjuguait sans dissonance. La cure de jouvence était en marche, l’amour prit sa place.
Trois mois étaient passés, le désarroi du baby-blues n’était plus. Le sentiment de fierté fût l’émotion du moment, le chérubin endormi sourit aux anges et les larmes de joie inondèrent mon être et firent chavirer mon âme.
Jubilation et ferveur étaient les maîtres mots, nulle ne pouvait atteindre cet état de bien-être suprême. Nous faisions, un, à nouveau.
De retour à Paris, transportant dans mes valises les rayons de soleil de Guadeloupe et tous un tas de souvenirs inoubliables ancrés dans l’écume de mon cœur. Le temps de la réflexion surgit .Puis, comme si mon instinct guidait mes actes, sans savoir pourquoi, je ressentais ce qui était bon de faire. J’étais, ce que l’on appelle dans le jargon judéo-chrétien, inspirée.
Le calme fit place à l’action qui dans son feu galvanisant, me permit de projeter. Un flux d’énergie s’emparait de moi, je bâtissais notre avenir. Je devais avancer et croire que celui que je priais, pourvoirait, que l’avenir serait prospère et pour cela je décidai de, passer mon permis de conduire, préparer une formation pour devenir infirmière. Ce métier, qui pour moi était plus qu’une vocation mais un véritable sacerdoce, mon esprit était calibré pour la réussite, rien ni personne ne pouvait entraver mon ambition. La machine était en route vers le succès.
La lumière est entrée dans ma vie et m’a embrasée.
Cette étape de ma vie fut, somme toute, étrange. Raïssa fit de moi une mère et mes jours s’éclairaient. Cette enfant portait en elle, une force, qui me poussait à me surpasser .Je l’observais, mois après mois, grandir et évoluer, son regard perçant me déshabillait, près d’elle je ne pouvais pas tricher, c’est la vérité des sentiments qui montrait le bout de son nez .Elle sut faire naître, en moi, plusieurs désirs, je peux avancer aujourd’hui qu’elle a été le moteur de mon ambition. Je rêvais de faire de ma maternité, une profession et comme Raïssa grandissait, je souhaitais la prolonger et devenir auxiliaire de puériculture. C’est alors que débuta un long cheminement professionnel auprès des enfants .Je commençais à projeter, dans un centre de formation situé en plein cœur de Gennevilliers .Ce centre de préparation aux concours était localisé dans une cité délabrée où les ordures grouillaient depuis des jours au sol .Des couches et toutes sortes ordures ménagères tombaient des gratte-ciels si hauts que les rayons du soleil n’y entraient pas .Les locaux se trouvaient au rez-de-chaussée, c’est là que démarra ma carrière professionnelle dans le secteur paramédical .Après deux mois de formation, je compris que j’avais été catapulté dans une autre dimension. Les filles qui participaient à ces cours avaient des allures de garçon manqué, sorties tout droit du ghetto. Je venais la boule au ventre assister au programme de préparation. Un jour, alors que je travaillais tranquillement dans un coin de salle, vint une jeune fille de type africaine visiblement atteinte de troubles psychologiques, elle proférait ne plus vouloir me voir dans le centre de formation. Elle commença à m’insulter, c’est doucement que je lui susurrai de se calmer .Les raisons de ces agissements ? Il y en avait pas, prétendit elle et rétorqua que ma tête ne lui revenait pas .À cette époque j’étais très soumise et je n’osais regarder dans le blanc de l’œil mon adversaire, je baissai la tête instinctivement lorsqu’ elle se mit à me frapper de toute sa haine .Je me levai la peur au ventre et tremblotante, je m’en allai voir le responsable du centre pour chercher du secours . Après de longues minutes d’explication, de pleurs et de gémissements, je rentrai chez moi retrouver ma petite famille.
C’est lors d’un stage organisé par le centre, en service maternité à l’hôpital Franco-britannique de Levallois-Perret que j’entrepris mon premier apprentissage professionnel. J’en garde un souvenir incroyable, la multitude d’accouchements auxquels j’ai pu assister ravivèrent la nostalgie de ce que j’avais vécu, quelques mois auparavant. C’était un moyen de revivre ces instants précieux et uniques aux travers de ces femmes, une sorte de renaissance .Je bénéficiais d’un encadrement de haute technicité, les sages-femmes étaient expérimentées et aguerries . J’avais enfin décroché la blouse blanche, j’enfilai mes premiers sabots, ce fut un honneur et j’offris le meilleur de moi-même ...Ma vision idéalisée du soin était en train de naître .Mon objectif étant fixé, je travaillerai dans les hôpitaux coûte que coûte .
Le concours approchant, je redoublais d’effort, mes notes étaient source d’encouragement. Cependant, entrer dans une école d’auxiliaire de puériculture semblait être le parcours du combattant. Malgré, l’excellence de mes résultats, mon nom paraissait toujours sur la liste d’attente.
Je décidai de postuler en crèche, la première structure où j’ai fait mes armes était un établissement de quartier avec peu de moyen. La puéricultrice en poste, appréciait mon travail, ce qui suscitait des jalousies. Je partis ensuite dans un autre établissement de la ville d’Asnières-sur-Seine, cette fois un peu moins rustique avec les moyens nécessaires permettant un bon fonctionnement .Je réalisai un mois, juste ce qu'il me fallut pour comprendre que l’hôpital était l’endroit où j’aspirais travailler, ma blouse blanche me manquait déjà. Dépitée, par les échecs récurrents aux concours d’auxiliaire de puériculture, je décidais de passer le concours infirmier. Je m’inscrivis, à celui de l’hôpital de Notre Dame du Perpétuel Secours. Et comme, une évidence, je me rendais régulièrement à l’église de la Rue du Bac afin de demander la réussite aux épreuves à notre sainte vierge Marie la Miraculeuse .J’ai longtemps attendu l’exaucement de cette requête, j’eus même la sensation, un temps, d’avoir un dieu sourd à mes demandes car aucune de mes tentatives n’étaient probantes .Je ne savais pas à ce moment que je déposais mes prières au mauvais endroit. Il me fallait une église plus fervente, avec un feu consumant toutes les zones obscures de ma vie, l’église catholique a recueilli mes prières mais pas ma ferveur.
Déçue de ces échecs cuisants, je décidai de me lancer à la conquête du permis de conduire. Je ne voulais compter sur personne et j’aspirais à un peu plus d’autonomie .Sans attendre, je m’inscrivis, à l’auto-école, ma fille alors âgée de 15 mois, je devais absolument réussir .Une semaine en apprentissage intensif et je remportai ma victoire du moment .
Le temps des promenades, sous la pluie et la neige, était révolu, nous étions enfin véhiculées .C’est avec le geste incertain que, je roulais dans ma nouvelle charrette, une Renault 19 dénichée dans un journal automobile spécialisé .Mon bébé à l’arrière, je dois avouer que je conduisais avec une épée Damoclès au-dessus de ma tête .Le cœur palpitant, je me rendais sur le périphérique en faisant mon signe croix. J’étais tétanisée mais déterminée à avancer un peu plus chaque jour.
Mon bébé grandissant, elle gagnait en force et en puissance. Mon sentiment de responsabilité devenait de plus en plus prononcé .Je devais être digne de ce cadeau des cieux et plus elle évoluait, plus je me sentais apte à voler de mes propres ailes. Mais quelque chose dérangeait le bon avancement de nos projets .Je m’éloignais peu à peu de son père .J’aspirais à autre chose .Mon rêve de mariage semblait prendre l’eau .Je n’arrivais pas à le faire adhérer à cette institution. Deux ans suivant sa naissance, nous commencions à faiblir dans notre relation .Ma foi interdisait le concubinage et je ne sus pas composer avec cette idée. M’installer dans une telle relation affective, m’était presque impossible .Au courant la troisième année de Raïssa , les difficultés prirent une dimension ingérable .Professionnellement, nous étions tous deux au point zéro, nous ne savions plus quelle direction choisir .Le père de Raïssa, alors dans un désarroi complet s’en alla vers la Guadeloupe rejoignant sa mère et le reste de sa famille .
Commençait, là, mon enfer, ma famille était brisée, celle que j’avais toujours espérée avoir, ma victoire, m’a été enlevé sans même que je le réalise .À ce moment précis, je n’étais que l’ombre de moi-même, m’enivrant afin d’apaiser la douleur, je n’avançais plus .Amaigrie, trois jours passaient sans que je n’avale quoique ce soit .Une ombre, un squelette voici à quoi je ressemblais .Mon père très aidant décidait de me soutenir à sa mesure .Ma souffrance était telle que je la comparais à l’enfer. Je n’imaginais pas que cela pouvait exister, je grandissais.
CHAPITRE II
UNE SACRÉE DESTINÉE
Sur la route des Suds
Après quelques années passées à Paris, le temps était venu pour nous de quitter la région d’où je suis native, pour un long périple vers le sud de la France. Je pris donc ma vieille Renault 19 et m’en allai à Pau, jolie cité des Pyrénées-Atlantiques, pour redéfinir un avenir meilleur.
