Vie de Martin de Tours - Sulpice Sévère - E-Book

Vie de Martin de Tours E-Book

Sulpice Sévère

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Beschreibung

La vie du saint, qui fut soldat avant de recevoir le baptême et de quitter l'armée pour rejoindre l'évêque de Poitiers. Il devint évêque de Tours en 361 et fonda un monastère à Marmoutier.


À PROPOS DE L'AUTEUR


Sulpice Sévère a été marqué par la vie de l’homme de Dieu qu’était Martin. Il veut montrer comment Dieu et l’homme peuvent agir ensemble. Avec ce livre, le cœur et les actions de Martin sont restés vivants en France et en Europe jusqu’à aujourd’hui.

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Seitenzahl: 115

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Sulpice Sévère

Vie de Martin de Tours

La collectionLa Manne des Pères

Collection dirigéepar Sœur Marie Ricard, Bénédictine de Martigné-Briand (49)

La liste des ouvrages déjà parus se trouve en fin de volume.

Couleurs des bandeaux de la collection

rouge : IIesiècle

vert : IIIesiècle

jaune : IVe-Vesiècle

terre de Sienne : VIesiècle et au-delà

Envoi de manuscrit ou de projet audio :

Saint-Léger éditions

1, chemin des pièces Bron

49260 Le Coudray-Macouard

02 41 67 79 30

Sulpice Sévère

Vie de Martin de Tours

Extraits

© Saint-Léger éditions, 2015.

Tous droits réservés.

Nombreux sont nos contemporains qui découvrent avec plaisir les Pères de l’Église.

Grâce à leurs écrits, leurs prédications, c’est la foi chrétienne qui est nourrie.

Il n’est donc pas surprenant que cette étude engendre un vrai bonheur chez tous ceux qui l’entreprennent, en même temps qu’elle participe à un accroissement de leur témoignage dans le monde d’aujourd’hui.

Je me réjouis profondément de cette traduction rendant accessibles au plus grand nombre ces textes essentiels de notre patrimoine spirituel. Je forme tous mes vœux pour la fécondité de cette entreprise.

Angers, le 24 septembre 2014

+Emmanuel Delmas évêque d’Angers

L’éditeur remercie très fraternellement

Mère Céline Guilbot osb, prieure des Bénédictines de Martigné-Briand (49), Père Jean-Pierre Longeat osb, président de l’Alliance Inter Monastères (92), Père Michel Dujarier et Lydie HK Rivière, Xavière.

7

Texte source

Sulpice Sévère, Vie de saint Martin, Paris, éditions du Cerf, 1967, sources chrétiennes n°133

Traduction par Jacques FONTAINE, Professeur à la Sorbonne

La mise en français fondamental a été faite par des moniales du monastère de Craon et de l’Abbaye Sainte-Marie de Maumont. Elle a été révisée par Monsieur Jacques FONTAINE.

Introduction et jalons

Frère Antoine-Frédéric Gross, osb (moine de Ligugé)

Un « Livret général », donnant des repères historiques généraux, est édité à part et offert pour l’achat d’un exemplaire de la collection La Manne des Pères.

À demander à votre libraire.

Il est aussi téléchargeable sur : saintlegerproductions.fr

Cette représentation de saint Martin provient de la page de titre du bréviaire de la Collégiale Saint-Martin à Tours, imprimé chez Matthieu Latheron en 1519.

Cette xylographie a servi à l’affiche du Comité National Saint-Martin en 1960.

Martin priait et lisait les choses de Dieu toute la journée.Même quand il lisait ou quand il faisait autre chose,son cœur continuait à prier.

(Vie de Martin, chapitre 26)

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REPÈRES HISTORIQUES

Le IVe siècle

Le IVe siècle est une époque troublée, sur le plan politique général en même temps qu’à l’intérieur de l’Église.

L’arianisme

À Alexandrie, le prêtre Arius(256-336) soutient que le Christ est inférieur au Père et qu’il n’est pas Dieu. Dire que Jésus n’est pas Dieu est une erreur grave : elle rejette purement et simplement l’Évangile et la foi chrétienne qui affirment que Dieu s’est fait vrai homme. L’Incarnation, ce n’est pas un homme que Dieu va diviniser, mais Dieu qui devient homme.

Reconnaissons-le : une seule personne en deux natures, vrai Dieu et vrai homme, c’est ce qui est le plus difficile à croire. Des origines à nos jours, les mêmes doutes nous assaillent. Arius et les ariens sont les premiers d’une longue série1.

1. Pour plus de détails sur Arius et l’arianisme, voir le N° 2 dans la Collection MdP : la Vie d’Antoine, par Athanase d’Alexandrie (en particulier pages 26 et suivantes).

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Au IVe siècle, les évêques réagissent et au Concile de Nicée (325), ils proclament solennellement que le Christ est Dieu, égal au Père.

L’arianismeva se répandre partout et durablement. Cette erreur doctrinale va malheureusement avoir des répercussions politiques. Les empereurs, généralement par intérêt politique, soutiennent ou persécutent l’Église, envoyant les évêques en exil et cherchant à mettre des ariens à leur place. Hilaire de Poitiers, Athanase d’Alexandrie passeront des années hors de leurs diocèses.

L’Empire

En 306, Constantinest acclamé comme Auguste (empereur)par les légions romaines de Bretagne. Va suivre une période très compliquée de rivalités : on se retrouve à un moment (entre 308 et 310) avec sept empereurs ! Au terme d’intrigues et de luttes sanglantes, en 312, restent deux Augustes, Constantin, pour l’Occident, et Licinius, pour l’Orient. Mais chacun entend bien être le seul maître.

En 320, Constantin entre en lutte ouverte contre Licinius. En 324, une série de défaites oblige Licinius à se soumettre. Il sera exécuté, ainsi que son fils, son héritier. Constantin est désormais l’unique Auguste. Les immenses territoires à l’Occident et à l’Orient forment un unique empire : l’Empire romain.

La fondation de Constantinople(sur la petite ville de Byzance, entièrement remaniée) marque

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une nouvelle étape. Constantin en fait la capitale de l’Empire, la « Nouvelle Rome »2.

Constantin meurt en 337 ; ses trois fils revendiquent chacun la succession et se proclament Augustes. Constantet Constantin IIsont assassinés. Leur mort laisse la place à Constancequi devient, comme son père, l’unique empereur. Il nomme César (sorte de vice-empereur) son cousin, Julien, et l’envoie en Gaule, alors menacée par les envahisseurs germains.

Julienremporte de grandes victoires, et ses troupes le proclament Auguste. Constance évidemment part en campagne contre lui, mais meurt de maladie, en 361. Julien ne règnera que deux ans ; il meurt en 363, lors d’une expédition contre les Perses.

Pendant les deux années de son règne, il s’emploie à rétablir le paganisme, ce qui lui vaudra le surnom d’apostat. Julien l’Apostat avait reçu une éducation soignée et avait été baptisé. Esprit brillant et fin politique, il commence par promulguer un édit de tolérance pour toutes les religions, avant d’adhérer, dit-on, aux cultes païens.

Théodoseest le dernier empereur régnant sur l’Orient et l’Occident réunis. D’abord empereur d’Orient (379), il devient, en 394, empereur d’Orient

2. Il est étonnant de constater que le prestige de Rome traverse les époques. Même si, au IVe siècle, le centre de gravité politique a été depuis longtemps déplacé au profit d’autres centres (Ravenne, Trêves, Milan), Rome demeure la référence symbolique. [Voir, dans le n° 5 de la collection MdP,La Vie et les miracles de Benoît de Nursie, le Rappel historique, pages 13 et suivantes]. Rappelons qu’au XVIe siècle, des écrivains russes revendiquèrent, pour Moscou, le titre de « Troisième Rome ».

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et d’Occident, redonnant ainsi aux deux parties l’unité perdue depuis trente ans.

Il devient chrétien en 380 et promulgue, avec Gratien, empereur d’Occident, l’Édit de Thessalonique, qui fait du christianisme l’unique religion officielle.

Théodose doit faire face à un rival ambitieux, Maxime, qui avait été son compagnon d’armes. Jaloux du succès de Théodose, devenu Auguste, Maxime, en 381, se fait proclamer empereur par ses troupes alors qu’il combat en Bretagne (contre les Irlandais et les Écossais). Il envahit la Gaule. L’empereur Gratien est tué.

En 383, Théodose est contraint de reconnaître Maxime comme empereur d’Occident. Ses exigences deviennent de plus en plus démesurées et Théodose lance une expédition contre lui. En 388, Maxime est fait prisonnier et exécuté.

Il faut attendre 394 et quelques épisodes de rivalités et de meurtres pour que l’unité de l’Orient et de l’Occident soit réalisée pour la dernière fois. Théodose, Auguste de l’Empire romain, meurt l’année suivante. Il a partagé l’Empire entre ses fils. Sans qu’il le sache, ce partage sera définitif, les deux parties, l’Orient et l’Occident, s’éloignant progressivement l’une de l’autre.

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Histoire

Vie de Martin

313 : La « Paix de l’Église »

325 : Concile de Nicée

337 : Baptême et mort de Constantin

353-361 : Constance, empereur

361-363 : Julien l’Apostat, empereur

Théodose : 379-395

384-388 : Maxime, empereur d’Occident

316 : Naissance de Martin

350 : Hilaire, évêque de Poitiers

354 : Baptême de Martin

356 : Martin quitte l’armée

360 : il fonde le monastère de Ligugé

371 : Martin évêque de Tours

372 : Il fonde Marmoutier

385 : Martin rencontre l’empereur Maxime.

397 : Mort de Martin

Abréviations :

ch. et le chiffre renvoient aux chapitres de la Vie de Martin

MdP : collection La Manne des Pères

Le signe *renvoie au Vocabulaire (p. 115)

À la fin du volume (p. 89), des Jalonsdéveloppent des thèmes permettant une meilleure intelligence du texte de la Vie de Martin. Il est possible de s’y référer à tout moment.

Les paroisses fondées par Martin en Touraine.

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INTRODUCTION

Qui était saint Martin ?

Saint Martin a laissé un grand souvenir dans toute l’Europe. Plus de 3 000 lieux y portent son nom. Pourtant beaucoup de gens aujourd’hui ne savent pas vraiment qui était saint Martin.

Il est né en Hongrie au début du ive siècle. Ses parents n’étaient pas chrétiens. Son père était militaire. Il a passé sa jeunesse en Italie. Là, il a voulu devenir chrétien, mais ses parents n’étaient pas d’accord et l’obligent à devenir militaire comme son père.

C’est là que se place l’épisode de sa vie le plus célèbre car il a été beaucoup représenté dans les œuvres d’art. À la porte de la ville d’Amiens, Martin partage son manteau de soldat avec un pauvre (ch. 3).

À ce moment-là, Martin n’est pas encore baptisé. Il n’est que catéchumène*. La nuit suivante, le Christ lui apparaît. Il porte la moitié du manteau qu’il a donné au pauvre. Alors Martin se fait baptiser.

En 356, Martin quitte l’armée. Il vient à Poitiers auprès de l’évêque saint Hilaire. Celui-ci lui donne la fonction d’exorciste*c’est-à-dire qu’il est chargé de chasser les esprits mauvais.

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Peu après, Martin retourne en Hongrie, parce qu’il veut que ses parents deviennent chrétiens. Au cours de ce voyage, Martin connaît beaucoup d’épreuves, car il doit combattre l’esprit du mal*. Sa mère devient chrétienne, mais pas son père.

Vers 360, il revient à Poitiers. Avec l’accord d’Hilaire, il se retire dans un lieu désert à l’écart de la ville et se fait moine. Des disciples*viennent auprès de lui et veulent imiter sa manière de vivre.

Parmi eux il y a un catéchumène. Pendant une absence de Martin, le catéchumène meurt. À son retour, Martin, en priant intensément, réussit à le réanimer. Ce miracle rend Martin célèbre.

Vers 370, la ville de Tours a besoin d’un évêque. Les habitants choisissent Martin. Devenu évêque, Martin reste moine. Il va habiter dans un lieu désert près de la cité : Marmoutier. Là, de nombreux disciples le rejoignent.

Martin va prêcher la parole de Dieu aux gens des campagnes. Il détruit les temples que les paysans avaient construits pour les faux dieux. Il les remplace par des monastèreset des églises.

En 385, Martin se rend à Trêves3, qui est alors la capitale de la Gaule. Il y rencontre d’autres évêques ainsi que l’empereur Maxime. Il y fait aussi des miracles : il guérit des malades et chasse les esprits mauvais.

3. Trêves est une ville qui se trouve aujourd’hui en Allemagne. Au ive siècle, Trêves était la capitale de la Gaule. Des troupes nombreuses y étaient installées pour protéger la frontière.

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À l’automne 397, Martin va visiter un village où il a construit une église car les chrétiens ne sont pas d’accord entre eux. Martin rétablit la paix.

Mais il tombe malade et meurt. Son corps est ramené à Tours où il est enterré le 11 novembre.

La vie de Martin nous est surtout connue par les livres de Sulpice Sévère.

Qui est Sulpice Sévère ?

Sulpice Sévère appartient à une famille de notables gallo-romains4. Il est né vers 360. Il est donc beaucoup plus jeune que Martin. À Bordeaux, il fait des études de droit Il devient avocat. Il aime aussi beaucoup lire et écrire. Il est l’auteur de trois livres d’histoire.

Sulpice Sévère a un ami très cher : Paulin5. Il l’a connu à Bordeaux.

Paulin aussi aime lire et écrire. Il est poète. De plus, il a de grandes qualités d’administrateur. À 25 ans, il a déjà été gouverneur de plusieurs provinces. Ses richesses sont immenses. Il a des propriétés en Espagne et en Italie.

4. Les Gallo-romains sont les habitants de la Gaule colonisée par les Romains. Ils ont adopté les coutumes des Romains.

5. Paulin est né à Bordeaux vers 353, sous le nom de Pontius Meropius Anicius. Il faisait partie d’une des plus riches familles de Bordeaux. Il a eu pour précepteur le poète Ausone. Consul en 379, il était aussi poète. Il s’est retiré à Nole en Campanie et il fut évêque de cette ville vers 409. Il est mort à Romeen 431. Il vivait à la même époque que saint Augustin.

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Sulpice Sévère et Paulin ont pris pour femmes des chrétiennes. Mais eux ne sont pas encore disciples du Christ.

Paulin va perdre son frère et son premier enfant. La femme de Sulpice meurt aussi. Par cette souffrance, Dieu va ouvrir leur esprit et leur cœur. Ils vont devenir chrétiens.

Paulin se fait baptiser le premier. Il veut suivre le Christ de plus près, alors il donne aux pauvres toutes ses richesses. Cet exemple frappe vivement les gens riches. Plus tard, Paulin part pour l’Espagne et, là-bas, il devient prêtre.

Pendant ce temps, Sulpice apprend les grandes choses que Martin accomplit. Il désire faire sa connais-sance, aller à Tours et à Marmoutier. Il va voir Martin.

Martin dit à Sulpice : « Suis l’exemple de Paulin ». Alors, Sulpice demande le baptême. Il ne garde qu’une seule propriété, entre Toulouse et Narbonne. Là, il fondera un monastère.

Tous les ans, Sulpice Sévère fait le voyage