Vivre en Majuscules - Marie-Madeleine Caseau - E-Book

Vivre en Majuscules E-Book

Marie-Madeleine Caseau

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Beschreibung

Une forte conviction anime la vie de l’auteur : la Parole de Dieu fait ce qu’elle dit. La grande révélation, l’unique révélation surgit à la première page du Livre de la Genèse: « Dieu dit et cela est. » Mais voilà que la Parole a été perdue, détournée, et même pervertie. Dieu est Parole, Dieu se dit, en se disant se donne à l’homme. En se donnant Dieu fait advenir l’homme à son être, parole à l’image de Dieu, mais parole blessée, abîmée, voilée. La Parole n’a pas dit son dernier mot dans le silence de la Croix ! Au matin de Pâques, elle se lève et appelle « Marie! » Elle envoie: « Va dire à mes frères ! » Elle fait ce qu’elle dit : « Pais mes brebis ! ». Sœur Marie-Madeleine vous invite à commencer à apprendre un autre art de vivre, vivre de la Parole. Ainsi en prenant rendez-vous chaque mercredi, milieu de la semaine, jour en creux ou en trop-plein, jour pour rebondir. Au souffle de la Parole, un passage s’offre, de la vie à la Vie. À nous la Parole, à nous d’écouter et d’entendre le Ressuscité nous lever, écrire nos vies en Majuscules alors que nous les griffonnons en minuscules, en paroles intéressées. À nous de nous laisser conduire par la Parole livrée au jour le jour ! Il faut reconnaître que ruminer la Parole chaque jour est une grâce – grâce à apprivoiser.


À PROPOS DE L'AUTEURE


Sœur Marie-Madeleine Caseau, aujourd’hui Présidente de la Congrégation des Bénédictines de sainte Bathilde, et prieure de Vanves, partage au jour le jour sa forte conviction: la Parole de Dieu fait ce qu’elle dit. Elle est agissante et travaille le coeur de tous ceux qui se mette à son école, comme le propose saint Benoît : « S’appliquer fréquemment à la lecture des écritures. » Fruit de sa lectio, ce commentaire pratique invite la Rencontre.

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Seitenzahl: 208

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Vivre en Majuscules

Illustration de couverture

[à venir]

notre catalogue complet d’audiolivres MP3 sur

saintlegerproductions.fr

Envois de manuscrits :

1, chemin des pièces Bron

49260 Le Coudray-Macouard

Sœur Marie-Madeleine Caseau

Vivre en Majuscules

« Si tu savais le don de Dieu ! »

Jn 4, 10

Préfacé par

Jacques Nieuviarts a.a. exégète

En version MP3

La Règle de saint Benoît

lue par des moine de l’abbaye Saint-Martin de Ligugé.

Commentée par le Père Jean-Pierre Longeat osb

Présentée par Dom Guillaume Jedrzejczak,

président de la Fondation des monastères.

Suivie de La Vie de saint Benoît, de Grégoire le Grand,

lue par Étienne Dahler – 12 h

© Saint-Léger éditions, 2016.

Tous droits réservés.

Préface

Écoute !

Au moment où j’ouvre ce livre, avec précaution et un peu impressionné par la majuscule inscrite dans son titre, me reviennent à l’esprit les premiers mots de la Règle de saint Benoît : « Écoute, ô mon fils, les préceptes du maître et incline l’oreille de ton cœur ». Cet appel à l’écoute traverse la bible de part en part. Le livre du Deutéronome le fait résonner en des paroles magnifiques que tout juif pieux redit matin et soir avec des bénédictions :

« Shema Israël, Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces paroles que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur. Tu les rediras à tes fils, tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé ; tu les attacheras à ton poignet comme un signe, elles seront un bandeau sur ton front, tu les inscriras à l’entrée de ta maison et aux portes de ta ville. » (Dt 6,4-9).

Sœur Marie-Madeleine Caseau, prieure du monastère de Vanves (Hauts de Seine) a, avec ses sœurs, l’intuition que cette écoute de la Parole de Dieu fait croître, fait grandir. Revient alors le mot « majuscule » et, avec lui, l’ombre fugitive d’un doute : et si cette croissance était hors de portée, ou trop orgueilleuse peut-être ?.. Coup d’œil rapide dans le dictionnaire : majuscula, en latin, signifie « un peu plus grande ». C’est le diminutif de major (au neutre majus), qui est le comparatif de magnus, grand, au comparatif : plus grand. Au diminutif, ce doit être accessible pour nous. Comment ? Sr Marie-Madeleine le déploie à dose hebdomadaire, traçant de mercredi en mercredi – comme un fil d’or soutenu par sa discrète attache en milieu de semaine –, une carte des chemins d’amitié avec Dieu. Un mot, sous sa plume, est répété et s’entend peu à peu autrement, comme une parole familière, un murmure saisissant, un secret qui s’éveille et se déploie, et parle au cœur. La liturgie, discrètement, lui donne un écho. Ainsi la Parole s’éveille. Viennent, en contrepoint, des paroles du pape François, dans son encyclique… majeure et au titre lumineux : Laudato sí, vibrant plaidoyer pour une écologie totale, une contemplation de la création qui engage en actes et appelle à la justice pour une véritable sauvegarde de la planète et de l’homme, partout.

Ainsi sommes-nous appelés à vivre en majuscule, à respirer à pleins poumons, à accueillir la Parole de Dieu pour qu’elle se déploie en nous et grandisse. « L’Écriture sainte […] croît avec ceux qui la lisent. », disait saint Grégoire Le Grand (vie siècle). 1 « L’Ecriture grandit en celui qui prie », répondent en écho d’autres chercheurs 2. Peut-être est-ce la même chose !

Le chemin est tracé. Ainsi nous irons aux chemins de la parole, au pas buissonnier de qui aime le soleil levant et les senteurs matinales, l’éveil du cœur et le regard bienveillant au pays des hommes.

« Si tu savais le don de Dieu ! » (Jn 4, 10). C’est le sous titre de ce livre. Laisse-toi guider.

P. Jacques Nieuviarts, assomptionniste, exégète

1. S. Grégoire le Grand, Moralium libri, XX, i, 1 (PL 76, 135C).

2. Aldo Natale Terrin éd., Scriptura crescit cum orante. Bibbia et liturgia-2, 1993.

Introduction

« COMMENT pourrai-je comprendre si personne ne m’explique ? »

Ac 8, 26-40

Cette remarque, pleine de bon sens et marquée de désir, d’un eunuque éthiopien à Philippe nous concerne tous ! Beaucoup d’entre nous lisent l’Écriture sans bien la comprendre. Nous la lisons, la scrutons même, mais elle reste une histoire assez étrangère, parfois obscure et peut-être même source de scandale, de révolte, d’abandon.

Il est heureux que l’Église nous donne un chemin, celui de l’année liturgique : empruntons-le comme l’eunuque, Livre en mains !

Il est heureux que le Pape François nous ait offert un char, l’année de la Miséricorde : ne le quittons pas, avançons allègrement, propulsés par l’encyclique Laudato Si’ !

Il est heureux que l’Esprit nous travaille, frères, sœurs lecteurs : gardons toujours au cœur cette question, « Qui nous donnera à comprendre l’Écriture pour qu’elle devienne Parole, Parole de vie éternelle ? » (Ac 8, 29-40)

Il est heureux que la Parole s’anime pour informer, former et transformer ceux et celles qui s’en nourrissent : ces « Philippe » d’hier et d’aujourd’hui saisis, travaillés, habités par cette voix qui murmure « Christ est ressuscité ! Ne cherchez pas parmi les morts Celui qui est vivant ! »

Il est heureux que Dieu nous surprenne et que sa vie nous rende joyeux en chemin, parce que notre vie devient sa Vie quand sa Vie vient en notre vie.

Vivons en Majuscule ! « Oui, vivons en Majuscules ! »

Rassurez-vous, c’est simple mais tellement fondamental !

Dieu n’a pas disparu du tout : Il est ! Dieu est : Dieu avec nous, cet Emmanuel que nous célébrons quand nous nous rassemblons en Église. Il est et se donne pour devenir le centre, la source de notre vie. Si Dieu est, nous sommes en lui, de Lui, avec Lui et nous faisons ce qu’Il fait, parce qu’Il le fait par nous, en nous et pour nous.

C’est cela vivre en Majuscules : laisser la place à Dieu dans notre vie pour que notre vie devienne sa Vie ! Que notre oui devienne son Oui, notre offrande, son Offrande, et son Pardon, le nôtre ! Nous avons à passer de moi à Toi et encore de nous à Lui !

Vivre en Majuscules, c’est donc contempler Celui qui vient nous sauver et le contempler à tel point qu’ll vient demeurer en nous et faire de nous un Être de chair, à son image.

Vous voyez que notre ami, l’eunuque éthiopien, est un vrai contemplatif. Il voit de ses yeux attentifs tout ce qui bouge, change, évolue autour de lui. Il est tellement aux aguets que ses yeux voient l’invisible ! L’eau devient appel, signe, Vie nouvelle : « Voici de l’eau, qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? » (Ac 8, 29-40)

Nous vous proposons de parcourir quelques étapes pour apprendre à voir jusque dans l’invisible du Regard de Dieu en apprenant à l’écouter !

Vivre en Majuscules, jour après jour, nous fera progresser du créé vers l’Incréé, passer du visible à l’Invisible, courir vers le Père comme insensiblement parce que portés par la Parole, soulevés par l’Esprit, enthousiasmés par les frères.

De l’Avent au Christ-Roi de l’univers, du temps et de l’espace, apprenons les Majuscules !

Jésus s’en va.

En passant, il voit un homme appelé Matthieu

Assis au bureau des impôts.

Jésus lui dit : « Suis-moi ! »

Matthieu se lève et il suit Jésus.

Mt 9, 9

Chapitre 1

Genèse de l’écriture

Avant de nous mettre en route, une petite explication sur la genèse de ce livre. « Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau qui donne ses fruits en son temps. » (Ps 1) En effet, au cours de l’année écoulée, des eaux sont passées pour nourrir en profondeur la vie quotidienne. Ces eaux provenaient de plusieurs sources :

La Parole de Dieu reçue chaque jour, de la liturgie et donc de l’année liturgique, de l’Avent au Christ Roi. Ce sera une porte d’entrée pour la méditation.La vie de l’Église, en particulier la parole percutante du Pape François touchant l’écologie globale ; l’encyclique Laudato Si’ constituera la trame de la réflexion.La vie de nos communautés monastiques qui cherchent, s’entraident, marchent et évoluent au rythme du monde. Le titre a jailli lors d’une réunion d’abbés, d’abbesses bénédictines de la Congrégation Subiaco-Mont Cassin, province de France. Le thème de la désappropriation nous occupait et lors d’une synthèse je demandais que l’on mette dans une phrase clé le mot vie avec une majuscule. Un refus très spontané et unanime m’a donc interpelée. Nous recevons la vie de Celui qui est le Chemin, la Vérité, la Vie. Il vient en nous, il demeure en nous et notre vie, la plus banale, la plus médiocre, la plus noire est sa Vie ! Sa Vie en nous pour que nous devenions peu à peu chrétiens, porteurs du Christ, porteurs de Dieu, véritablement Tente, Maison, Tabernacle de Dieu.

Cette pensée a fusé comme une bombe : il faut apprendre à vivre en Majuscules et non seulement l’apprendre, mais le transmettre, le faire découvrir, le faire aimer.

Alors comment passer de nos vies minuscules à sa Vie en Majuscules ? Belle dynamique pour une année dédiée à la Miséricorde grâce au jubilé offert comme une fenêtre ouverte sur le Mystère infini de Dieu.

L’année de la miséricorde va s’achever. La Porte sainte de la Basilique saint Pierre à Rome va être fermée, comme les dix-mille portes à travers le monde, comme notre porte au monastère de Vanves. Et pourtant, rien ne sera plus comme avant.

Cette fermeture annonce déjà un espace autre : espace de la transformation, espace des inversions, espace des apprentissages décidés, espace de la révolution nécessaire pour cheminer en fraternité et construire la Paix.

Il me semble que le Pape François trace en pointillés les contours de cet espace dans l’Encyclique Laudato Si’. À chacun de se mettre au travail pour donner chair à ces appels et habiter véritablement cet espace.

Pour les journées du Patrimoine de 2015, nous avons tenté de relever un défi : celui de réveiller les consciences en illustrant l’Encyclique Laudato Si’ par des peintures, des poteries à partir de sept mots pointés, mots pointillés, mots qui seront les têtes de chapitre de ce livre : Matière, Vertige, Être, Science, Conscience, Révolution, Fraternité.

La Vie est riche, complexe, bouillonnante ! Une foultitude d’infos, de messages, de propositions, de « choses » est à portée de mains, en continu, et nous sommes parfois las, fatigués de trier, discerner, choisir. Nous avalons tout pêle-mêle et le vide s’installe insidieusement, pourtant, cet espace murmure un ailleurs désiré parfois bien timidement. Il est pourtant là, cet ailleurs assoiffé, « terre aride, altérée, sans eau » (Ps 62,2). « Une seule chose suffit » dit Jésus à Marthe, « Marie a choisi la meilleure part » (Lc 10, 38-42) ; quelle est-elle, cette seule chose qui suffit ? Comme la Perle précieuse, cherchons-la ! (Mt 13, 43-46)

« Le royaume des cieux est encore semblable

à un marchand qui cherche de belles perles.

Il a trouvé une perle de grand prix ;

et il est allé vendre tout ce qu’il avait,

et l’a achetée. »

Mt 13, 45-46.

Chapitre 2

Chemin faisant

Reste à chacun de trouver le bon usage de ce livre, non pas à lire comme un roman, ni comme un manuel pour tout savoir, encore moins comme la vérité à saisir, ou à garder intacte, et absolutiser.

Jésus parcourt les routes de Galilée, il parcourt nos routes, où que nous soyons, qui que nous soyons. Ce livre est né, chemin faisant, et désire continuer à accompagner le lecteur, pour que chemin faisant, il découvre où mettre ses pas au bon moment, au bon endroit, pour trouver Celui qui le devance et le cherche, Dieu.

Une sorte de GPS : Guide pour les Pauvres appelés au Salut.

Chaque chapitre est autonome et peut être lu

à partir de la Parole de Dieu : celle indiquée en italique.à partir du titre, un de ces sept mots-pointillés existentiels.à partir du temps liturgique, en fonction d’un jour choisi pour soutenir le chemin, à mi-route entre deux dimanches !

Le mercredi a gagné mon cœur, jour souvent compliqué pour les parents, jour des activités pour les jeunes, jour encore de KT pour les privilégiés, jour de mou dans les entreprises, jour de rebond, jour de travail communautaire au monastère !

En route avec les 52 semaines de l’année qui commence par la première semaine d’Avent.

Rendez-vous chaque mercredi pour boire à la source, partager, nous reposer, faire le point, repartir le souffle apaisé, regonflé, l’Esprit en travail d’enfantement.

Or, vous, vous ne suivez plus ces désirs, vous suivez l’Esprit de Dieu parce qu’il habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit du Christ, il n’appartient pas au Christ. Mais le Christ est en vous. Bien sûr, votre corps va mourir à cause du péché. Mais, puisque vous avez été rendus justes, l’Esprit Saint vous donne la vie. Dieu a réveillé Jésus de la mort. Si l’Esprit de Dieu habite en vous, ce Dieu qui a réveillé le Christ de la mort donnera la vie par son Esprit à vos corps qui doivent mourir.

C’est pourquoi, frères et sœurs, nous avons une dette. Ce n’est pas envers nos désirs humains que nous avons une dette : nous ne devons pas vivre comme ils le demandent. Si vous vivez en suivant ces désirs, vous mourrez. Au contraire, si, avec l’aide de l’Esprit Saint, vous faites disparaître vos façons de faire égoïstes, vous vivrez. En effet, tous ceux que l’Esprit de Dieu conduit sont enfants de Dieu. Et l’Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves qui ont encore peur, mais il fait de vous des enfants de Dieu. Et par cet Esprit, nous crions vers Dieu en lui disant : « Abba ! Père ! » L’Esprit Saint lui-même nous donne ce témoignage : nous sommes enfants de Dieu. Alors, si nous sommes enfants de Dieu, nous recevrons en partage les biens promis par Dieu à son peuple, et ces biens, nous les recevrons avec le Christ. Oui, si nous participons à ses souffrances, nous participerons aussi à sa gloire.

Rm 8, 9-17

Chapitre 3

Matière

Au commencement : la matière

Il est bon de commencer l’année liturgique et donc ce livre par un arrêt significatif sur la matière. Une revue non exhaustive des expressions françaises utilisant le mot est matière à réflexion, constatez par vous-mêmes : matière première, matière grasse, entrée en matière, matières à enseigner, matières à répartir, matière grise. Elle interroge après avoir surpris. Ne serions-nous pas matières ?

Le Pape François, dans l’encyclique Laudato Si’ se fait chantre de la matière. Écoutons-le :

« Laudato si, mi’ Signore ». «Loué sois-tu, mon Seigneur ! », chantait saint François d’Assise. Dans ce beau cantique, il nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe. »

Cette sœur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l’exploiter. La violence qu’il y a dans le cœur humain blessé par le péché se manifeste aussi à travers les symptômes de la maladie que nous observons dans le sol, dans l’eau, dans l’air et dans les êtres humains. C’est pourquoi, parmi les pauvres les plus abandonnés et maltraités, se trouve notre terre opprimée et dévastée, qui « gémit en travail d’enfantement ». Nous oublions que nous-mêmes, nous sommes constitué d’éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure.

LS 1 et 2

Nous nous unissons pour prendre en charge cette maison qui nous a été confiée, en sachant que tout ce qui est bon en elle sera assumé dans la fête céleste. Ensemble, avec toutes les créatures, nous marchons sur cette terre, en cherchant Dieu, parce que « si le monde a un principe et a été créé, il cherche celui qui l’a créé, il cherche celui qui lui a donné un commencement, celui qui est son Créateur. »

Marchons en chantant !

Que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l’espérance.

LS 244

Dieu Tout-Puissant, qui es présent dans tout l’univers et dans la plus petite de tes créatures Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe, répands sur nous la force de ton amour pour que nous protégions la vie et la beauté.

Inonde-nous de paix, pour que nous vivions comme frères et sœurs sans causer de dommage à personne.

« La Parole me réveille chaque matin » et matin après matin, elle creuse son lit et y pose ses enseignements. Elle ne remonte pas vers le Père, sans avoir fait le bien. Une chance pour nous, c’est d’en faire l’expérience maintenant, en cette période de l’année propice à la méditation auprès d’un bon feu. Commençons dès maintenant, avec le mercredi de la première semaine de l’Avent, ne manquons pas le départ, tout commence, tout crépite de joie, tout est prêt, même le cœur : « Viens en nous, Père des pauvres, viens Dispensateur des dons, viens lumière de nos cœurs ! » (Séquence à l’Esprit)

Mercredi première semaine de l’Avent – Mt 15, 29-37

Jésus partit de là et arriva près de la mer de Galilée. Il gravit la montagne et là, il s’assit. De grandes foules s’approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d’autres encore ; on les déposa à ses pieds et il les guérit. Alors la foule était dans l’admiration en voyant des muets qui parlaient, des estropiés rétablis, des boiteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël. Jésus appela ses disciples et leur dit : « Je suis saisi de compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, ils pourraient défaillir en chemin. » Les disciples lui disent : « Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour rassasier une telle foule ? » Jésus leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Il prit les sept pains et les poissons ; rendant grâce, il les rompit, et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules. Tous mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles pleines.

Viens !

À la lecture de l’Évangile du jour, on peut rester sceptique et ne pas envier Jésus pour la foule qu’il attire !

Jésus partit de là et arriva près de la mer de Galilée. Il gravit la montagne et là, il s’assit. De grandes foules s’approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d’autres encore ; on les déposa à ses pieds et il les guérit. Alors la foule était dans l’admiration en voyant des muets qui parlaient, des estropiés rétablis, des boiteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël.

Mt 15, 29-31

Des boiteux, des muets, des estropiés, des aveugles, et beaucoup d’autres… mais n’en sommes-nous pas, nous aussi ?

Ces miracles signent la présence du Messie ! Ils parlent d’eux-mêmes, pas besoin de paroles, d’explications, d’arguments, ces miracles ne sont que la manifestation attendue du Messie pour tout le peuple d’Israël qui l’attendait. Les prophètes les avaient annoncés, tous pouvaient reconnaître le Messie à ces miracles.

Qui attendons-nous et à quel signe saurons-nous qu’Il est là ?

Comme chrétiens, nous attendons le Fils ressuscité, « il viendra dans sa gloire ! » (Mt 16, 25-31) et nous ne manquons pas de signes de sa présence, déjà là : sa Parole, son Eucharistie, nos frères et sœurs, sa Miséricorde ! Nous attendons qu’il revienne, il l’a promis : « Dieu sera tout en tous ! » (1 Co 15, 28). Le pas encore de sa Présence se manifeste par notre espérance ardente ! Nous la célébrons à chaque Eucharistie.

Christ est venu, Christ est né

Christ a souffert, Christ est mort,

Christ est ressuscité,

Christ est vivant,

Christ reviendra,

Christ est là !

Deuxième mercredi de l’Avent – Mt 11, 28-30

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Venez !

Un évangile très court, qui mérite d’être appris par cœur !

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Deux impératifs qui n’appellent aucune résistance : Venez ! Prenez !

Un troisième accourt à la mémoire du cœur : Mangez!

Venez pour trouver le repos, prenezmon joug pour devenir doux et humble de cœur, mangez pour être participants de la nature divine, et donc sauvés !

La source jaillit en un fleuve intarissable d’eau vive ! Venez ! Prenez ! Mangez !

Nous sommes si peu habitués à une telle invitation gratuite où l’hôte qui invite se fait lui-même don, don total, nourriture pour la route.

Venez ! Prenez ! Mangez !Jésus ne le crie pas, il le murmure au fond des cœurs assoiffés de vraie vie, des cœurs qui écoutent et se vident d’eux-mêmes.

Venez ! Prenez ! Mangez !Apprenons de Lui que le chemin est long vers la réconciliation, la porte est celle de son cœur doux et humble, le joug celui de son corps livré pour nous !

Venez ! Prenez ! Mangez ! et tous les impératifs se bousculent…

Devenez mes disciples,

allez par le monde entier !

à chacun d’entendre le sien qui conjugue le même appel :

Suis-moi !

Troisième mercredi de l’Avent – Lc 7, 18b-23

Les disciples de Jean le Baptiste annoncèrent tout cela à leur maître. Alors Jean appela deux d’entre eux et les envoya demander au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Arrivés près de Jésus, ils lui dirent : « Jean le Baptiste nous a envoyés te demander : es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » À cette heure-là, Jésus guérit beaucoup de gens de leurs maladies, de leurs infirmités et des esprits mauvais dont ils étaient affligés, et à beaucoup d’aveugles, il accorda de voir. Puis il répondit aux envoyés : « Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! »

Mais qui est qui ?

« Es-tu celui qui doit venir ?

Qu’êtes-vous allés voir au désert ? »

Jean-Baptiste s’interroge sur l’identité de Celui qu’il avait reconnu comme l’Agneau de Dieu… la prison et la perspective de la mort ébranlent ses convictions. Il ne sait plus, il tremble et interroge.

Jésus répond aux disciples en les interrogeant sur l’identité de celui qui les envoie, de celui qui est en prison et qui risque la mort.

Jeu de questionnements plus que jeu de questions, pour mettre en route, pour éveiller la conscience et le cœur à la vraie question : Qu’attendent-ils ? Que désirent-ils ?

Le royaume des cieux et sa justice ?

C’est ce royaume que Jésus désigne, c’est ce royaume qu’il décrit :

les aveugles voient,les boiteux marchent,les lépreux sont purifiés,les sourds entendent,les morts ressuscitent,la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres…

Le royaume des cieux frappe à notre porte aujourd’hui, mais sommes-nous assez désireux de l’accueillir en nous reconnaissant aveugles, boiteux, lépreux, sourds, morts, pauvres ? Sommes-nous assez humbles pour demander, crier, appeler ?

Bonne Nouvelle, pour aujourd’hui, c’est à eux que le Fils est envoyé, c’est pour eux qu’il vient !

C’est à nous qu’il répond, si notre cœur s’interroge : Qui es-tu ? Es-tu Celui qui doit venir ?

Entendons :

« Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! »

jour de bonheur,

car de révélation pour les petits du Royaume…

en sommes-nous ?

Attention, n’oubliez pas de pointer sur votre agenda le 17 décembre, pas forcément le quatrième mercredi de l’Avent… pour la « Pause O » !