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Brisé par une rupture amoureuse qui lui a arraché ses repères, le narrateur des "166 naissances" tente de tenir debout au milieu d’un quotidien qui vacille. Les nuits sans sommeil, l’alcool, les corps croisés puis fuyants ne suffisent plus à étouffer le bruit de ses pensées. Entre colère, désillusion et humour noir, il observe une société qui l’épuise autant qu’elle le fascine. Les visages rencontrés, les chambres provisoires, les villes traversées deviennent les décors d’une lente reconstruction. Ce récit à vif explore la frontière ténue entre désir de vivre et tentation du néant. Au fil des pages, une seule urgence demeure : apprendre à survivre à l’amour pour ne pas disparaître avec lui.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Arnaud Grivel a eu une enfance heureuse, soutenue par une mère aimante. Après de longues études, la maladie survient. Grâce à l’accompagnement de ses proches, il se forge un chemin à travers les épreuves, trouvant refuge dans la littérature. Dans "166 naissances", il livre un texte intense où l’écriture observe le réel tout en tentant de réinventer la vie.
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Seitenzahl: 63
Veröffentlichungsjahr: 2026
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Arnaud Grivel
166 naissances
Nouvelles
© Le Lys Bleu Éditions, Paris, 2025
www.lysbleueditions.com
ISBN : 979-10-422-9861-6
J’aicroiséunepersonnequim’amarquédavantage.Sonvisagemerevientsans cesse et cela me fait mal. Je n’ai pas pu faire ce que j’aurais voulu faire et cela me fait mal, jen’arrive pas àtrouver le sommeil.C’est terrible.C’est la punition pour détester les choses. Je dois réussir à trouver l’indifférence ou l’oubli, puisqu’il ne semble pas y avoir d’autres possibilités.
Onatouchéà unepartieinterditeetcelaesttrèsdouloureux.Comment ? Oui. C’est ainsi. Je me suis fait surprendre et j’y ai contribué. Oublie, s’il te plaît. Ce ne doit pas être si important. Crois-le. C’est pénible…
Des bisous, des bisous ! Vide ou pas. Je veux partir. Tous ces visages ne représententquasimentrien.Ilsparlentetjen’yvoisqueduvide.Çava ? Çava ?
Ça va ? Putain, j’ai compris. Tu crois que tu m’intéresses. Tu te trimballes et tu me sors ta question d’un seul coup. Je lis dans ton esprit et cela ne me plaît pas. Suis-je donc réduit à ta simple vision ? Je sais lire, si je dois le répéter ; je sais compter jusqu’à trois. Je vous laisse la platitude, mais je reste tout seul.
Je vais dehors et j’en aperçois un qui roule des yeux et qui voit au premier plan, commebeaucoup.Jevaispartiret essayerderejoindreuncertainbébéqui plantedescèdres etéviterde décriretoutesceschosesquel’onnevoitpas.J’ai besoin de l’arrière-plan cependant et je vais m’éclipser discrètement. Je ne me cache pas ; ce n’est pas une ruse. Je serai juste discret et je découvrirai les nouveaux mots, les nouveaux personnages et tout le reste, bien entendu.
Il y a un complot qui se trame autour de moi. Je démasque mes ennemis un par un. On essaie de m’attendrir pour mieux me faire chuter. Je vais peu à peu écarter tout le monde de ma vie. C’est un peu comme ces moustiques qui attendentsournoisementlebonmomentpourtepiqueretsucertonsang.Il faut que je me débarrasse de ces parasites, d’une façon ou d’une autre. Je dois trouver leurs failles et exploiter leurs faiblesses. Je ne les lâcherai pas jusqu’à ce que j’obtienne ce qu’on me doit.
Ilsdoivent voiruneautredemesfaces.Cela peut durerlongtempset ils m’aurontpresqueoublié,maisjesaurai lessaisirlorsqu’ilsnes’yattendrontplus. Cela va prendre du temps. Je connais la nature humaine et je leur montrerai le revers dela médaille.Qu’ilsseméfient, carjepourraiêtrelà pour détruireleur éventuel bonheur, pour qu’ils réalisent que leur vie ne vaut rien et qu’ils ont eu tort, pour qu’une affreuse grimace remplace un sourire.
Iln’estpasditquej’yarrive,maisjeferai ensortequelemessagepasse. J’ai donc trouvé une occupation dont je me serais d’ailleurs passé. Je les vois maintenantetjevaislesaccompagnerversunendroitqu’ilsn’imaginentpas.Ils se sont liés à la mort sans s’en rendre compte. La pourriture infeste les membres, empoisonne le corps. Au cœur du foyer, la vermine commence à grouiller.Lemalacontaminé lesouffle.Je vaisjouerà leurjeu,maisje vais beaucoup plus le pervertir. Tout ceci doit maintenant mûrir et pourrir.
Certainspionss’avancentettententdemefairechoir.Jejouelejeu,maistout ceci m’est bien égal au final. Ce ne sont que des effluves de vomi. Il n’y a pas forcément grand-chose à dire là-dessus. Je ne peux pas reprocher à un chien de renifler l’anus ou la pisse d’un autre chien. On ne bat pas un bébé à mort lorsqu’il s’est chié dessus.
Ilfautquejemecalme.Commejel’ai déjàexpliqué,jedétestelavie,maisje n’ai pas trouvé le courage de me supprimer. Je suis anéanti et presque tout m’indiffère.Ilm’estextrêmementpéniblederéaliserchaquejouravecuneforce inouïel’absurditédema vie.Il faut quejem’attacheà quelquechose,cen’est pas possible. Il doit y avoir quelque chose. Je me suis déconnecté. Alors ? Je joue le jeu qu’on m’a imposé, mais, en réalité, je m’en fiche. Je joue le jeu, car je n’ai rien trouvé d’autre, mais je suis un fantôme. Je communique avec les autres, mais je me trouve déjà si loin qu’ils ne m’atteignent pas. Ils remarquent une étrangeté. J’ai cessé d’être réel et d’exister, voyez-vous. Vous ne pouvez maintenant parler qu’à la personne visible. Ce monde a cessé d’exister pour moi et j’ai cessé d’existerpourcemonde.Jen’attendsmaintenantplusquelamort,laseulechose qui me rappelle que je suis vivant.
Jen’aipasderéellecroyanceet jecomprendsbeaucouptrop peudechoses.
Quepuis-jedoncencorefaire ? J’aimeraispouvoirmourirpaisiblementet mettre fin à ce supplice. J’ai du mal à supporter tout mon dégoût. Je me fiche complètementdeshumains.Ilssonttransparentspourmoi.Jeconsidèreque je suis déjà mort, car je ne peux pas échapper à mon sort. Mon être entier m’est étranger et je refuse d’en prendre réellement possession. Mon être ne m’appartientpasetjelerefuse.Jen’aiaucunréelpouvoirsurcequejepourrais croire être ma personne. Je n’aurai pas le dernier mot, mais au moins, je le sais.
Jevoistoutelasupercherieet,mêmesij’aiperdud’avance,je fixe intérieurement la vérité et je tutoie la mort. Je réalise de mon vivant. Il faut juste que je retienne que je dois jouer leur jeu, mais que j’accompagne l’univers.
Je n’ai presque rien à dire.Point.La chronique du psychopathe s’est écrite et d’autres histoires sont venues s’y ajouter. Je ne peux oublier les histoires précédentes,bien sûr.Onm’aditautéléphonedepenseràdesidéesplusgaies, plus réjouissantes.
Souvenons-nous !
Des pays étrangers, par exemple. Dédicace spéciale aux gens qui auront connu lepsychopatheinfini,hum,hum…Uneautrecigarette,whisky… Tudirasquec’est pour cette raison et jamais pour ce que j’ai dans mon esprit, hein, tu m’en diras tant. Le sommeil ne vient pas, ou difficilement.
Tellementrienà direquej’enfaisdesnuitsblanches.Lesilencen’estpasdans un verre, me diras-tu encore. Chut ! Connais-tu la cave aux mille délires ?
Probablementpas.Tul’asaperçueettul’asévitéeaveccourage.Jete diraià mon tour que tu…
Tout cela passeet j’imaginelelendemainavec exactitude.J’imaginelesgens éventuels,bien sûr,quimeregarderontetrefléterontmonétatd’espritouma santé.
Me donneras-tu un baiser pour apaiser ma peine ou vais-je devoir prendre l’initiative ? Tu me rejetteras probablement et je n’ai plus beaucoup de forces pour forcer les choses. Tu devrais m’aider, jeune fille au bord du port et de l’océan.Tum’asditdevenir,devousaccompagner,etj’airéponduquej’allaisvous rejoindre, n’est-ce pas ?
Jegrandis,ettoutça… C’estfini,etjemeréveilleencoredansmon véhicule.Je me sens assez mal, mais il faut que mon esprit et mon corps s’activent à nouveau. Je connais déjà les maux. La foule a fait place au désert, mais a aussi laissé quelques traces derrière elle. Il me reste des souvenirs et cela me mange le cerveau, non ? Jeune beauté, l’amazone n’est pas là et on dort…
Jesuissaisipardesidéescontradictoires.Certainespenséesqui
