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"2" c'est l'ouvrage incontournable à glisser dans sa poche, au fond de son sac, à garder tout contre soi, tout contre son coeur, afin de pouvoir le consulter à chaque instant de chaque jour de sa vie pour nous accompagner dans nos humeurs. Un livre à mettre entre toutes les mains pour imprégner les esprits à savoir aimer les autres et réapprendre aussi à s'aimer soi-même. Entre la Magie poétique des mots et la Beauté des illustrations, un voyage en apesanteur au-dessus des fondations de nos existences à élever. "2" c'est le binaire, la dualité, l'opposition des contraires avant que l'esprit ne parvienne au discernement et au non jugement ; la Sage Voie du Ternaire qui les transforme en d'indispensables complémentaires. "2" c'est aussi le nombre de ces écrits plébiscités au Salon Maçonnique du Livre et de la Culture de Rennes Saint-Grégoire où ils ont reçu tous les honneurs ... pour ouvrir la voie à venir. "Le Messager... chemin de Lumière", conte symbolique et initiatique, vous invite à l'introspection... Laissez-vous porter par l'humble philosophie de celui qui cherche, qui fouille, qui oeuvre à se façonner jusqu'à rendre possible son amélioration et espérer un jour rayonner aux confins de l'Univers. Avec "A la Croisée des Chemins", découvrez la sphère mystérieuse de la Franc-Maçonnerie où parfois les eaux troubles affectent les rivages paisibles de la Voie Initiatique. Plongez dans une noirceur si opaque que le Diable lui-même en tremble, effrayé par cette folle espèce humaine ayant surpassé les perversités de son Maître.
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Seitenzahl: 84
Veröffentlichungsjahr: 2020
Illustrations au fil des pages avec l’aimable autorisation de l’artiste Roger AMIOT, merci l’Ami !
Le Messager… Chemin de Lumière : conte symbolique et initiatique
chapitre 0 – conscience perdue
chapitre 1 – re-naissance
chapitre 2 – cruelle dualité
chapitre 3 – divin ternaire
chapitre 4 – l’Art et la matière
chapitre 5 – pentagramme
chapitre 6 – et lux in tenebris lucet
chapitre 7 – centre & cercles
chapitre 7 et plus – raison retrouvée
chapitre ∞– infini Cosmos
À la Croisée des Chemins : nouvelle policière
chapitre 1 – passé simple
chapitre 2 – subjonctif présent
chapitre 3 – conditionnel
chapitre 4 – futur antérieur
chapitre 5 – passé composé
chapitre 6 – passé antérieur
chapitre 7 – imparfait
chapitre 8 – présent
Épilogue – plus-que-parfait
Conte Initiatique & Symbolique
Arwal était mon nom.
J'étais Illustre Citoyen de l'Assemblée des Univers, aux confins du Céleste, quand les Hauts Membres du Suprême Conseil de l’Ordonnanceur m'ont imposé un cycle de vie dans le Monde des Hommes. J'étais alors en voie d’accéder à la Plus Sublime Sagesse, la Pleine Conscience ; seule cette dernière épreuve pouvait convaincre de me les laisser entrevoir et approcher.
Δ Δ Δ
Soudain, tout en moi s'est effacé, pour ne plus posséder que la vision binaire et la réflexion partiale des hommes.
La Pyramide d’Émeraude que j'étais alors devenue est retournée à la Pierre Brute, si parfaite soit-elle de naissance en ce bas-monde, hérissée des innombrables aspérités et contradictions humaines.
À mes premières foulées sur cette Terre, tout m'a été inculqué, une multitude de concepts établis, tant familiaux que sociétaux ou culturels. J'ai œuvré ainsi, durant de longues années, à les développer, les parfaire pour devenir d'absolues vérités, solides fondations incontournables à l'édification de ma vie ; limitant ainsi mon questionnement, occultant mon libre arbitre, persécutant ma libre pensée, par convention, facilité et… paresse.
Curieusement, tous ces préceptes issus de la main de l'homme excluaient cependant l'Homme du Grand Édifice ; ne profitant qu'à quelques-uns au détriment de tant d'autres.
Ces règles édictées faisaient fi de la matrice même les supportant, oubliaient le creuset et les habiles engrenages de l'extraordinaire machinerie universelle, la merveilleuse perfection de son fonctionnement.
Ma mémoire d'antan, délitée et anéantie, ne parvenait plus à percer la carapace de cette camisole terrestre afin de faire resurgir les Anciens Mystères acquis et rétablir la Paix en moi.
Je compris bien plus tard qu'il me faudrait chercher, chercher encore et œuvrer toujours…
… pour faire renaître cette sérénité perdue et pouvoir espérer de nouveau illuminer mon âme…
… à la veilleuse éternelle.
J'arpente la Généreuse Contrée des Hommes depuis bien longtemps maintenant, plusieurs décennies, errant et désorienté, déjà « cherchant » sans doute un peu.
Je me suis glissé dans les limbes enténébrés du versant sombre de la vallée devant me ramener à ma Source. J'en ai également exploré l'adret brûlant et escarpé, enluminé d'un soleil éclatant qui lentement déclinait à l'Occident pour fermer la carrière de chaque jour.
J'ai suivi cette route sinueuse qui longeait le torrent intrépide de mon existence, passant d'une rive à l'autre puis revenant. J'ai traversé souvent de vastes plaines jonchées de pavements bicolores, terre-pleins figuratifs de mes doutes et incertitudes.
Je me suis aussi heurté à de gigantesques parois qui barraient mon tracé pour le diviser en deux voies bien distinctes, l'une ornée de galets opalescents dont les fossés chatoyaient d’inestimables merveilles ; l'autre empierrée de sombres silex aux reflets crépusculaires et écrasée d'épais brouillards insondables.
Plus j'avançais, contraint au joug de mes évidences, plus je rencontrais d'immenses champs de batailles où tout n'était que désolation. J'y croisais nombre d’âmes perdues, douloureusement meurtries, affectées par ce monde cabossé qui vacille à la folie des hommes.
D'aussi loin que remonte ma mémoire sur cette Terre, jamais elle ne m'avait laissé le souvenir de cette sente qui part de l'origine de ma naissance pour venir s'insinuer aux méandres de mon vagabondage terrestre. Aucune empreinte visible, dans la poussière du tangible, de cet infime chemin sinueux s'entrelaçant aux événements de ma vie.
Seules ces deux voies tracées, scrupuleusement nettes, s'offraient à ma vision conditionnée, sous l'égide de dogmes et de principes adroitement imposés. Mon regard tantôt se portait sur le blanc chemin à l'évocation de petits bonheurs et d'instants de joies, parfois mes yeux s’enfonçaient dans le nébuleux sentier signifiant peines et espoirs envolés. Le premier était bouillonnant de mes vives passions et mes plus folles envies, lumineux d'échanges et de rires ; l'autre, ténébreux et glacial, se chargeait du lourd manteau de mes douleurs et de l’humeur cristallisée de mes tristesses.
Tant de questions m'assaillaient quand enfin…
… j'ai rencontré le vieil homme.
cruelle dualité
Un jour, plus hagard et fébrile que jamais, pris dans le dense tourbillon de ma folle existence et désireux de saisir hâtivement la bonne décision à une chose d'importance, je me retrouvai palpitant et haletant face à l'embranchement de mon jugement.
Courant en tous sens, ne sachant quelle direction suivre, un vieil homme vint à me dépasser.
L'énergie de sa foulée tranquille me stupéfia.
Je le hélai.
Il revint aussitôt à ma hauteur et stabilisa son allure nonchalante à ma course effrénée.
Je l'interrogeai.
‒ Vieil homme, comment fais-tu pour avancer si vite en marchant si posément ?
Il me regarda, amusé.
‒ Ce n'est pas mon pas qui est rapide, mon ami, je suis bien trop vieux à cela…
« C'est toi qui péniblement piétines dans l'ignorance, le fanatisme et l'ambition déréglée. »
Vexé par ses propos, je l'interpellai vertement.
‒ Tu ne me connais donc pas, c'est évident ! Si tu avais la moindre idée de tout ce que je possède et tous ceux qui besognent pour moi à cette réalisation, peut-être aurais-tu une opinion autre de l'importance de celui qui va à tes côtés !
Il laissa un court laps de temps s'écouler avant de répondre à ma réplique cinglante.
‒ Ton immodestie est affligeante et dénote bien de ton égarement !…
Puis de renchérir :
‒ Sache que le véritable Roi ne possède que le strict nécessaire et surtout n'asservit personne ! L'homme a besoin de si peu pour être heureux qu'il pense devoir tout posséder pour l'être. Vouloir viscéralement tout avoir, c'est creuser sa tombe, insidieusement, petit à petit.
Sa remarque eut sur moi l'effet d'une bonne gifle. Avec humeur et agressivité, je lui lançai, mauvais.
‒ Qui donc es-tu, vieillard, pour oser me juger ainsi ?
Avec un œil malicieux et sans moindrement se départir de son calme, il finit par me répondre.
‒ Je ne te juge pas, l'Ami… comment le pourrais-je ! Pourquoi juger un homme en devenir alors que je ne suis moi-même qu'aux prémices du Chemin. Bien loin de moi une telle ineptie. Je t'observe et constate que tu t'agites beaucoup mais que toute cette énergie dispensée ne te fait pas mouvoir ni aller de l'avant. Recentre-toi !
Interloqué par sa répartie, j'accélérai un peu plus mon train. Sans sourciller, il s'adapta.
‒ Je ne fais qu'aller de l'avant, les yeux rivés au loin sur le point du but à atteindre, sans m'en détourner d'aucune façon, finis-je par lui dire, le souffle court.
‒ Alors, tourne la tête de droite et de gauche, associe les contraires et vois enfin loin devant ; bien au-delà du point de ton but… peut-être iras-tu alors vraiment de l'avant et surtout beaucoup plus haut.
Irrité, je voulus m'éloigner de cette compagnie qui me contrariait et me mis à courir à en perdre haleine. Voilà que je le distançai un peu mais, suffocant, je fus contraint de ralentir ma course.
Il me rejoignit à nouveau, serein et détendu.
‒ Ce n'est pas possible, me renfrognai-je, tu me caches quelque mystère. Es-tu humain seulement ?… Tu sembles flotter au-dessus du sol, comme en lévitation. Mais de quelle étrange dimension viens-tu ?
Il argua, comme une évidence :
‒ De celle accessible à tout Homme qui se donne la volonté de l’atteindre et œuvre sans cesse à ce faire.
Puis renforça son propos :
‒ Cherche donc au fond de toi, explore, fouille... tu y trouveras très certainement la juste réponse. La Lumière est souvent cachée au plus profond des Ténèbres, dans les territoires les plus obscurs. Quand tu l'apercevras alors tu découvriras tant de richesses insoupçonnées mais surtout… que l'Homme a aussi un Cœur.
‒ Et comment en aurais-je le temps !… Je travaille tant que mes nuits ressemblent à la tourmente de mes jours, lui avouai-je, sourd à son discours.
‒ Si tu penses n'avoir de temps alors je ne peux guère pour toi. Si tu ne cherches à voir derrière l'apparence, reste ancré dans les limons du bord de ta rivière, enlise tes pas et oublie les bienfaits du courant.
Il fit quelques enjambées de plus.
‒ Je te dirai cependant une dernière chose encore : le temps cosmique est immuable, l'homme en a fait la variable terrestre d'une équation devenue irraisonnée.
« Une seconde reste une simple seconde, qu'elle soit agitée ou sereine. L'important n'est-il pas de bien l'utiliser ?
« … Bonne route à toi. »
‒ Attends !... m'exclamai-je.
Mais déjà sa frêle silhouette s'effaçait avec une vélocité impressionnante, main gauche en l'air en guise de salut.
Éreinté, à la limite de l’asphyxie, je stoppai et ne pus qu’observer sa fuite.
Quand il fit face à la montagne divisant la route en deux directions, je le vis s'enfoncer tout naturellement dans la roche pendant que sa main s'abaissait lentement en lâchant un morceau de papier plié.
Ce jour-là, je restai longuement à sonder la paroi pour tenter d'élucider le miracle de cette traversée.
Puis, je me mis en devoir de trouver le sens profond du message qu'il m'avait laissé.
« Ne reste pas bloqué par l'épaisse et haute muraille de ton existence ! Ne t'échenille pas à vouloir y creuser une porte chimérique, un accès onirique. Contourne-la avec grande humilité et prends plaisir à ce nouveau chemin de vie ».
