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Paris - C'est lors d'une dispute qui les divise dans leur enfance que Polina Leonidov et Vadim Volochenko tombent éperdument amoureux l'un de l'autre. Les années s'écoulent voyant ainsi leur amour s'élever, toutefois dans le plus grand secret, car leurs cercles familiaux résident dans des milieux fort différents. Malencontreusement pour eux deux, Piotr Leonidov mis au parfum de leur idylle s'y oppose implacablement, jugeant le jeune homme de petit arriviste. Ne laissant aucun choix à sa fille aînée, il lui impose des fiançailles avec l'un de ses associés, M. Levkine, un homme bien plus âgé qu'elle et appartenant à son milieu, s'assurant ainsi d'éloigner pour toujours le jeune Vadim. Le coeur aussi brisé que sa belle d'apprendre leur union prochaine, Vadim quitte aussitôt le pays et coupe les ponts avec tout le monde, même avec ses propres parents. Mais après plusieurs années d'absence, Vadim revient finalement en France et apprend par sa mère que Polina, la seule femme qu'il a toujours aimée, n'a pas épousé M. Levkine. Seulement, voilà ! Vadim n'est clairement plus libre, car il est totalement, fermement, officiellement marié avec Moïsha, une belle infirmière...
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Seitenzahl: 287
Veröffentlichungsjahr: 2020
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Mon tendre Amour, A vos côtés, le temps devient futile.
[…] il y a des moments dans la vie où il suffit parfois d’avoir20 secondes de courage, juste 20 secondes d’audace et de courage etil peut en résulter alors, des choses magnifiques […]
Phrase tirée du film Nouveau départ de Cameron Crowe
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Epilogue
Paris, vendredi 7 avril 1989
Monsieur & Madame Piotr Leonidov sont heureux de vous apprendre la naissance de leur fille, Polina Larissa Tatiana Leonidov […]
Polina était donc la première-née des enfants Leonidov. Trois ans plus tard, Masha Viktoria Mila, sa petite sœur, apparaissait à la vie au sein de cette famille russe expatriée en France depuis trois générations. De parents extrêmement fortunés, les deux sœurs sont alors élevées dans l’opulence, mais avec des règles de savoirvivre incontournables pour leur futur épanouissement. D’un caractère déjà fort prononcé, que ces deux adorables fillettes se trouvent dotées d’une grande volonté ainsi que d’une générosité de cœur envers les personnes qui croisent leur chemin. En grandissant, elles continuent de partager l’une pour l’autre un amour fraternel incommensurable, et, dès lors qu’elles se retrouvent dans le même établissement privé, Polina fait en sorte de veiller ardemment sur sa petite sœur. C’est ainsi qu’un après-midi dans la cour de récréation, Polina sauva Masha d’une petite querelle qu’elle avait elle-même déclenchée auprès de Vadim Volochenko. Âgé de trois ans de plus que Polina — bien que celle-ci soit vraiment grande pour son âge —, Vadim jouait au rebelle devant ses copains de classe. Cependant, cela n’impressionna absolument pas la sœur de Masha qui n’avait pas sa langue dans sa poche. Après avoir été remis à sa place par celle-ci, Vadim finit par se rendre compte de la fille qui lui faisait front. Il la trouva si belle, avec ses joues toutes rougies, que son cœur manqua un battement. C’est d’ailleurs à cet instant précis qu’il tomba follement amoureux de Polina et c’est durant cette même seconde que celle-ci se sentit follement attirée par la beauté émanant de ce garçon qui la tenait toujours en vis-à-vis du regard. Durant ces quelques secondes, l’audace envahit Vadim. Assez pour qu’il s’approchât d’elle et qu'il lui sourit de toutes ses belles dents blanches en se présentant. Mais, sans savoir pourquoi, Polina lui laissa entendre uniquement son troisième prénom avec un petit reniflement de suffisance avant de le prendre au dépourvu en tournant les talons. Durant l’heure suivante, Polina conserva ses rougeurs au visage à cause de son cœur qui continuait de battre la chamade sous sa mince poitrine, qui lui faisait défaut au vu de son jeune âge, tandis que Vadim, malgré cet affront, se sentait le cœur plus papillonnant que jamais pour cette jolie blonde conquérante. C’était la première fois qu’une fille lui tenait tête avec une telle arrogance, et celle-ci promettait clairement d’être la femme qui lui volerait le cœur plus tard.
Si cela n’était pas déjà fait…
Les mois s’écoulèrent voyant les métamorphoses de leur personnalité, de leur corps et de leur cœur. Polina et Vadim devinrent indéniablement attirés l’un vers l’autre malgré leur jeune âge. Et dès lors qu’il posa pour la première fois ses lèvres sur celles de Polina, jamais plus il ne s’arrêta. Elle était la première fille qu’il embrassait et il comptait bien à ce qu’elle fut la dernière. Mais il prit garde de ne pas se faire surprendre par les sœurs de l’établissement dans lequel ils poursuivaient tous deux leurs études. Vadim était boursier et comptait bien terminer ses études sans se faire exclure pour mauvaise conduite. Mais il ne pouvait s’empêcher d’embrasser Polina qu’il préférait prénommer Tania, le diminutif de son troisième prénom, celui-là même avec lequel elle s’était présentée à lui la toute première fois. Aussi, dès que Polina atteignit l’âge de quatorze ans, elle demanda à Vadim, qui allait fêter ses dix-sept ans, de bien vouloir l’attendre et de l’épouser lorsqu’elle serait en âge d'être sa femme. Fortement amoureux, Vadim lui en fit la promesse. Les années virent alors leur amour grandir à l’insu de tout le monde et, surtout, de leurs parents respectifs. Puis, à quelques mois de fêter ses dix-huit ans, Polina songea que c’était le moment parfait pour présenter Vadim à son père et ainsi vivre leur amour au grand jour. Mais Piotr Leonidov ne l’entendit pas de cette oreille. Il jugea aussitôt mal venue cette fréquentation qu’il estimait trop peu élevée pour sa fille aînée qu’il destinait à un plus grand avenir. D’un caractère autoritaire et n’ayant jamais accepté d’être contredit, il ne prit même pas la peine de rencontrer Vadim et fit en sorte de l’écarter pour toujours de la vie de sa fille. Malgré l’époque révolue des mariages arrangés, la pauvre Polina se retrouva ainsi promise à M. Levkine, un homme beaucoup plus âgé qu’elle, sans pouvoir y redire quoi que ce soit. Sa mère Sofiya — alors âgée de trente-quatre ans — essaya bien de raisonner son mari afin qu’il revienne sur sa promesse, mais celui-ci ne voulut rien entendre à ses propos. Il était l’homme de la maison et c’était lui qui décidait de ce qu’il s’y passait. D’autant qu’il avait une réputation à tenir dans le milieu aisé qu'il fréquentait et l’image qu’il se devait de donner aux médias était celle d’une famille aisée avec des enfants bien loties. Or, Vadim Volochenko était pour lui tout le contraire, étant issu d’une modeste famille d’immigrés, dont le père n’était venu en France que pour trouver du travail. Polina avait tenté d’expliquer à son père que Vadim n’était pas l’être médiocre qu’il s’imaginait, mais plutôt un excellent étudiant depuis le primaire, et une personne droite qu’elle était très fière d’aimer et d’en être aimée en retour. Mais Piotr Leonidov ne voulut rien entendre de la vie de Vadim et ne savait donc pas qu’il avait quitté la Russie à l’âge de deux ans avec sa mère pour rejoindre son père en France où ils étaient tous, depuis, devenus des citoyens légaux. Il ne pouvait donc pas avoir connaissance que cela faisait maintenant plus de dix-huit ans que Vadim y vivait entouré de ses parents aimants. Il ne pouvait pas savoir également que Vadim parlait le français couramment ainsi que le russe et l’anglais et réussissait tout ce qu’il entreprenait. Qui plus est, Polina avait tenté une fois de plus d’apprendre à son père qu’au fil des ans, Vadim avait perdu son accent maternel et venait de rentrer en première année de médecine avec une année d’avance. Cependant, le père de Polina ne voyait là qu’un petit arriviste voulant mettre la main sur la fortune de sa fille. Pour lui, Vadim Volochenko ne correspondait en rien aux attentes de ce père bien trop exigeant et aux ambitions élevées qu’il avait planifiées pour sa progéniture. Malheureusement, Piotr Leonidov ne se rendit pas compte, un seul instant, qu’il brisait ainsi le cœur de sa première-née. Vadim aussi eut le cœur brisé et demeura inconsolable. Surtout, lorsqu’il lut dans un quotidien l’annonce prochaine du mariage de Polina et de M. Levkine, un célibataire qui se trouvait en affaires avec le père de la jeune femme. Piotr Leonidov voyait en cet homme, le gendre parfait. M. Levkine était aisé et avait hérité à ses dix-huit ans d’une société portant son nom comme Piotr Leonidov en avait lui-même hérité au même âge. Cet homme appartenant donc au même monde que la famille Leonidov, le père de Polina y voyait là l’opportunité de lui faire épouser sa fille sans que personne ne vienne compromettre ses plans. Évidemment, Polina s’offusqua devant l’intention ferme de son père de la marier à tout prix avec M. Levkine, et lorsqu’elle apprit l’âge avancé de celui-ci, elle souhaita presque mourir et même s’il n’y avait pas eu ces trente ans d’écart entre eux, elle n’aurait jamais pu envisager de l’épouser. C’est Vadim qu’elle aimait.
N’ayant plus l’autorisation de revoir sa belle et n’ayant pu tenir la promesse qu’il lui avait faite de l’épouser, Vadim finit par quitter la France en coupant les ponts avec sa vie passée excluant même ses propres parents du futur auquel il se destinait. Il s’expatria en Russie où il poursuivit ses études de médecine. Durant toutes ces années, Polina vit plusieurs fois toutes les saisons passer sans son retour. Leurs cœurs continuaient de battre à l’unisson, mais seulement dans les abîmes de contes impitoyables tels ceux des mille et une nuits… Vadim ne donna pas plus de nouvelles à Polina qu’à qui que ce soit, même lorsqu’il devînt un brillant chirurgien. Diplômé avec mention, il avait travaillé dans de beaux endroits et était devenu un homme plus mûr. Durant toutes ces années, il avait pensé que seul le temps le guérirait de ses blessures. Mais ce n’était pas vrai. Le temps était parfois cruel, car malgré cette longue période passée loin de Polina, Vadim avait toujours le cœur brisé comme au premier jour. Il fit toutefois quelques brèves rencontres sans lendemain jusqu’au jour où il rencontra une femme, Moïsha, lorsqu’il intégra le service d’une grande clinique privée de chirurgie esthétique du Qatar. Cette femme était infirmière et était plus âgée que lui. Elle lui tourna aussitôt autour et elle eut assez d’audace pour s’attirer ses faveurs. Moïsha réussit à l'attraper dans ses filets, assez pour qu’il s’engageât envers elle. Quelques mois plus tard, Vadim l’épousait. Celui-ci songea alors qu’il était peut-être temps pour lui de retourner en France et de présenter son épouse à ses parents. D’autant qu’il ne supportait plus de soigner de riches clients plutôt que des patients. Son retour auprès des siens fut heureux. Il se rendit compte que les bras de ses parents lui avaient autant manqué que les traits de leurs visages. La joie semblait avoir enfin envahi son cœur. Mais celle-ci fut de courtes durées lorsque sa mère lui annonça, au cours d’une discussion banale, que Polina Leonidov ne s’était jamais mariée avec M. Levkine. Vadim crut se briser pour la seconde fois de sa vie. Mais par respect pour son épouse, il contint, difficilement certes, sa douleur. Sa mère, sans se rendre compte du combat déplaisant qu’il menait contre ses propres émotions, lui raconta alors que M. Levkine avait été surpris en flagrant délit d’infidélité par des paparazzis, et ce, à quelques jours de ses noces. Polina avait rompu aussitôt ses fiançailles sans que son père vienne y redire quoi que ce soit. Seulement, la chose qui n’avait pas été mentionnée dans les journaux était que Polina n’avait pas eu le cœur brisé.
Elle l’avait déjà…
Vadim n’en fut que des plus malheureux d’apprendre ces faits. Il songea alors que c’était uniquement sa faute s’il ne l’avait pas épousée, car il s’était éloigné d’elle en se sauvant ainsi. S’il avait eu comme dans son enfance, ces vingt secondes de courage, il aurait pu affronter Piotr Leonidov et vivre avec celle qu’il aimait. Mais parfois, lorsque l’innocence de l’âge n’est plus, il est plus difficile d’affronter ses peurs. Et désormais, leurs sorts étaient fixés.
Ils ne pourraient plus jamais être ensemble…
Durant son absence, Polina avait grandi, avait mûri et était devenue la directrice générale des industries Leonidov — direction que lui avait offert son père, à ses côtés. Elle y travaillait avec ardeur et à l’aube de ses vingt-sept ans, elle menait son personnel d’une main de maître. Elle avait fait durant ces très longues années, quelques rencontres masculines, mais pas de quoi lui emporter le cœur comme Vadim.
Plusieurs semaines s’étaient écoulées depuis que Vadim avait été mis au parfum par sa mère de cette horrible nouvelle, qui lui dévorait un peu plus, le cœur, chaque jour. Pourtant, il ne s’était pas autorisé à revoir Polina. Il était évident qu’il ne pourrait pas supporter de la revoir tout en sachant que jamais elle ne lui appartiendrait. Alors, afin de ne pas la croiser, il s’était plongé dans ce qu’il faisait de mieux : opérer et soigner. Quant à sa femme, après deux mois passés à ses côtés, elle avait décidé de ne plus travailler dans son service. Il est clair que Moïsha n’avait pas épousé son mari pour l’attention qu’il lui réservait. Le luxe dans lequel elle vivait depuis leur union couvrait largement ce manque d’attention qu’il avait toujours eu à son égard. Cependant, Moïsha avait besoin d’action autour d’elle et en travaillant avec son époux, cela lui était impossible. D’autant qu’elle trouvait les médecins français bien plus amusants que ceux rencontrés au Qatar. Vadim, depuis leur retour en France, était devenu la plupart du temps absent, nerveux et son visage semblait être marqué à jamais par une affliction qu’elle ne s’expliquait pas. Moïsha avait catégoriquement changé d’hôpital et ne travaillait donc plus avec Vadim qu’elle supportait de moins en moins tant il n’était que peu présent lorsqu’il se trouvait avec elle sous le toit de leur demeure. Non pas que Vadim l’ait habituée à lui laisser entrevoir ses propres émotions, mais plutôt parce que, justement, il en était totalement submergé. Elle ne reconnaissait pas l’homme qu’elle avait épousé quelques mois plus tôt. Celui-ci semblait être marqué par une chose très profonde, ancrée dans son cœur, et dont il ne s’en était jamais ouvert auprès d’elle. Si bien qu’elle n’avait aucune idée de ce qui rendait si mélancolique son mari. Si une seule personne avait pu comprendre Vadim et lire en lui tel un livre ouvert, celle-ci aurait été, sans nul doute, Polina. Mais Moïsha ne connaissait rien du passé de Vadim et il n’avait aucune intention de l’éclairer à ce sujet.
Au fil des semaines, et après une décision commune, tous deux en avaient été réduits à se rendre à un rendez-vous hebdomadaire chez un thérapeute spécialisé dans les problèmes conjugaux. Il en était ressorti qu’avoir un enfant les aiderait grandement dans la consolidation de leur couple. Pourtant, Moïsha n’arrivait pas à tomber enceinte. Un doute s’immisça dans l’esprit de Vadim et il se persuada aussitôt que le problème venait exclusivement de lui, comme si ce fait était une évidence. À l’insu de son épouse, il fit des tests qui s’avérèrent malheureusement positifs. Les résultats, qui étaient tombés comme un couperet, annonçaient qu’il ne pourrait jamais procréer. Il avait décidé de garder cette information pour lui seul et de n'en parler ni à Moïsha ni à personne d’autre. Il avait besoin de temps pour digérer cette mauvaise nouvelle. Son couple battait déjà de l’aile et il ne voulait pas rajouter d’huile sur le feu. C’est avec le cœur serré qu’il songea qu’il avait dû faire quelque chose de grave dans une autre vie pour être ainsi puni dans celle-ci !
Paris, jeudi 7 avril 2016
C’était un soir de pleine lune. La luna del Cacciatoré1 telle que le lui disait si bien de son vivant son grand-père italien lorsqu’il lui racontait, dans sa jeunesse, des histoires de loups-garous. C’est donc dans cette nuit particulièrement lumineuse qu’Alexandre de Lacy arriva devant l’entrée du parking souterrain que lui avait indiqué Cécilia, sa petite sœur. S’apercevant que les barrières d’entrées et de sorties étaient relevées, il engagea son véhicule jusqu’au niveau -1, lieu où débutaient les premières places de parking. Il stationna sur l’une d’elles et arrêta son moteur avant de descendre de sa voiture avec une certaine nonchalance.
— Une BMW avec des vitres teintées, ce n’est pas si courant tout de même ! s’interloqua-t-il, en balayant du regard les quatre véhicules qui y étaient garés.
Il s’avança un tantinet avant de s’arrêter, le regard froncé :
— Saperlipopette ! s’exclama-t-il du juron préféré de sa défunte grand-mère, en s’apercevant qu’il y avait deux véhicules avec cette particularité.
Voilà où Alexandre de Lacy se retrouvait après avoir écouté sa petite sœur, une heure plus tôt. Il était rentré très tard de son travail et l'avait trouvée en pleurs sur les marches du perron de la demeure familiale, lieu de résidence où ils vivaient ensemble. Cécilia lui avait raconté qu'elle avait fait une bêtise en montant dans la voiture d'un garçon qu'elle connaissait à peine, après l'avoir rencontré le soir même à la sortie de la patinoire aux alentours de 22 heures.
Chose qu’Alexandre détestait lorsque sa sœur sortait le soir et surtout sans l’avoir prévenu auparavant.
Puis elle avait poursuivi son explication en lui disant qu'elle avait découvert qu'il était un dealer avant de se sauver de sa BMW en arrivant dans ce parking. Seulement, voilà ! Cette inconsciente avait fait tomber son portefeuille dans le véhicule de ce voyou avec tous ses papiers et surtout avec les clés de la maison accrochées dedans. Ne s’en étant aperçue qu’arrivée devant la porte, elle s’était mise à pleurer, la peur au ventre. Alexandre, fort protecteur avec son unique petite sœur âgée de dix-sept ans, l’avait rassurée en lui disant qu'il s'en occupait immédiatement. Il aurait très bien pu s’en référer à la police, mais après la journée chargée qu'il venait de passer au travail, il n'avait pas eu l’intention de passer des heures au commissariat de son arrondissement pour déposer une main courante. D’autant qu’il n’aurait pas été certain, durant tout le temps de sa déposition, que le véhicule de ce brigand soit encore stationné dans ledit parking. Il s'était alors lancé dans cette mission, sans vraiment prendre le temps d'y réfléchir auparavant…
— Alors, laquelle est-ce ? se demanda-t-il en se frottant le menton, là où une barbe naissante avait fait son apparition depuis le dernier rasage du matin.
Sans prendre le temps de s’assurer qu’il choisissait bien la bonne voiture, il opta pour celle qui avait le plus de vitres teintées. D’un pas alerte, il s’y dirigea tout en sortant de sa poche un petit réglet métallique qu'il avait récupéré dans son attaché-case avant de partir de chez lui. C’était sa défunte mère qui le lui avait offert lorsqu’il avait entamé ses études pour devenir architecte. Elle y avait fait graver quelques mots destinés uniquement à son fils tant adoré et cela faisait plus de dix ans que ce petit objet accompagnait Alexandre dans son quotidien. Aussi, dès que sa sœur lui avait dit qu’il devrait peut-être être obligé de forcer la portière d’un véhicule, il s’était dit qu’il pourrait sans doute s’en servir pour ouvrir celle-ci, si le propriétaire de la BMW n’acceptait pas de lui rendre les papiers et les clés de sa sœur, ou bien, surtout, s’il ne se trouvait pas dans son véhicule. C’est pourquoi il l’avait pris avec lui. Toutefois, au moment de se prêter à cette stupidité, il hésita à le poser contre la vitre avant, d'une teinte aussi noire que celle de l'arrière, en vue de débloquer ainsi le système d’ouverture. Alors qu’il prenait une nouvelle inspiration avec une grande hésitation à se lancer dans cette fripouillerie, Polina Leonidov, la propriétaire dudit véhicule, fit son apparition le surprenant par-derrière. Dès qu'elle avait vu cet homme penché sur sa voiture, elle s'était approchée de lui sur la pointe des pieds pour ne pas faire de bruit avec sa paire de hauts talons Gucci, l’un des cadeaux que sa mère lui avait fait livrer, ce jour à son bureau, pour ses vingt-sept ans.
— Je vous conseille d'arrêter immédiatement ce que vous êtes en train de faire, lâcha-t-elle d’une voix ferme, malgré un certain malaise qui la saisissait. J’ai un taser pointé droit sur vous, le menaça-t-elle.
Alexandre, surpris, leva les mains tout en laissant tomber sur le sol, dans un petit bruit métallique, son réglet. Il se détourna pour regarder de face cette femme dont il s'aperçut qu'elle le menaçait réellement avec un taser.
— Saperlip ! songea-t-il d’une moitié de juron tant l’engin paraissait démesuré dans sa main délicate.
D’ailleurs, il se fit la rapide réflexion d’où elle avait bien pu le sortir, car elle n’avait pas de sac à main, mais uniquement une jolie petite pochette coincée sous son bras gauche.
— Que pensiez-vous pouvoir faire avec cette règle sur ma Mercedes, dernier cri ?
— Une Mercedes ? répéta-t-il surpris. Imbécile ! se tonna-t-il en silence en penchant la tête sur la calandre dont l'étoile reluisante de la marque prenait toute la place centrale.
Alexandre avait bien vu la BMW qui faisait front à ce véhicule. Mais comme sa sœur lui avait parlé de vitres teintées, il s'était dirigé, à tort bien sûr, vers celle qui en possédait le plus, et ce, sans prendre le temps de vérifier la marque. Et voilà qu'il se retrouvait pris en flagrant délit de vol. La honte ! Cependant, il lui fallait se sortir de ce pétrin sans se faire arrêter et surtout sans se faire taser ! Ce qui en soi n'était pas encore gagné…
— Alors ?
Il ne lui fallut que quelques secondes d’audace pour lui répondre.
— Che vous prie de bien fouloir excuzer mon adidude, Madame, dit-il en imitant l’accent allemand. Ze n’est pas ze que vous groyez.
— Pas ce que je crois ! rétorqua-t-elle surprise tout de même par son accent.
— Voui, Madame ! Z’est une regredable erreur, che vous zazure, poursuivit-il d’une même intonation en se demandant bien lui-même d’où cet accent pouvait provenir, alors qu’il n’y avait eu dans les souches de ses ancêtres, que des Français et des Italiens.
— Eh bien, voyons ! Une regrettable erreur ! répéta-t-elle en se rapprochant un peu plus vers lui tout en le maintenant en joue.
Alexandre ne parlait plus et se demandait bien comment il allait se sortir de cette situation. C’est alors que le néon qui n’arrêtait pas de cligner au-dessus de sa tête décida enfin de rester allumé. Polina aperçut soudain son visage et quelque chose la frappa en plein cœur : une douleur forte, mais plaisante. Cet homme était à tomber à la renverse ! Elle ressentit aussitôt quelques frissons traverser son corps et elle ne put, au passage, s'empêcher de lâcher quelques jurons pour elle-même.
— Punaise ! Mer…credi ! Pour une fois que je tombe sur un homme plaisant, il faut que celui-ci soit un brigand ! Et de surcroît, un brigand allemand incapable de faire la différence entre une BMW et une Mercedes. C'est un benêt !
Alexandre toussota et Polina se ressaisit. Difficilement, certes ! Mais cela était fortement conseillé en cet instant. Il lui fallait jouer la prudence, on ne sait jamais. Heureusement que Constant, son ami d’enfance, avait insisté pour qu’elle conserve sur elle ce taser depuis qu’elle avait fait l’objet d’un braquage dans la rue à l’arme blanche par deux jeunes filles qui semblaient tout à fait innocentes. Alors, ce n’est pas parce que cet homme était remarquablement attirant qu’elle ne devait pas se méfier de lui.
Bien au contraire…
Elle le fixa et s’aperçut que ses yeux avaient une brillance qu’elle qualifia aussitôt d’attirante. Et voilà qu’il se mettait même à rougir ! Il était encore plus plaisant avec cette particularité qui donnait envie à Polina de le protéger plutôt que de l’assaillir. C’est alors qu’elle songea brièvement à Vadim, le seul qui lui avait volé le cœur. Elle secoua la tête comme pour le chasser de son esprit et fixa l’homme qu’elle avait devant les yeux. Elle n’arrivait pas à l’imaginer aussi stupide qu’il venait de s’en donner l’air. Et elle avait bien l’intention d’en avoir le cœur net.
— Alors ? Vous comptiez vraiment ouvrir mon véhicule avec ceci, dit-elle en frappant du regard le sol où se trouvait toujours le réglet.
— Voui, lâcha-t-il d'un air penaud.
— Vous avez regardé quoi ? Les experts Miami ! dit-elle avec une intonation anglaise.
— Non ! L’avaire Thomaz Grown, lâcha-t-il sans réfléchir, toujours affublé de son effroyable accent allemand.
Voilà que son voleur avait les mêmes références qu'elle en matière cinématographique !
— Je n'ai jamais vu Pierce Brosnan se servir d'une règle dans ce film, rétorqua-t-elle, mi-sérieuse mi-moqueuse.
Voilà que cette femme menaçante et incroyablement belle lui balançait au visage ses connaissances sur un film qu’il appréciait grandement. Un coin de sa bouche se transforma en demi-sourire qu’il préféra contenir tout en se disant :
— Une femme selon mon cœur…
D’ailleurs, celui-ci s’accéléra un tantinet plus qu'il ne l'était déjà. Dans d'autres circonstances, Alexandre lui aurait proposé un verre ou bien un dîner. Ou peut-être pas tant il était d’une timidité extrême. Surtout, qu’il avait plutôt intérêt à ne pas s'engager sur cette voie-là, s’il n’était pas certain de faire mouche, car elle, elle ne le raterait pas ! Et en la voyant ainsi, avec le bras tendu dans sa direction qui le maintenait toujours en joue, il n’eut aucun mal à se le rappeler.
— Que vessons-nous alors ? dit-il en se passant, avec un naturel incroyable, une main dans sa chevelure d’une belle couleur châtain.
Cette façon de parler et de se mouvoir donna quelques émotions plus profondes à Polina qui se tortilla sur ses hauts talons. Soudain, elle secoua frénétiquement la tête de droite à gauche, car sa main qui tenait le taser trembla. Juste à temps, elle retira son pouce du bouton tout en le conservant juste au-dessus. Soudain, tout alla très vite. Alors qu’il ne pleuvait absolument pas dehors, la foudre s’abattit sur le bâtiment. Toutes les lumières autour d’eux grillèrent d’un seul coup dans des éclats, tel un feu d’artifice, avant que les lampes de secours ne prennent concomitamment le relais. Dans un même temps, la résonance de la foudre tombant sur l’immeuble prenant par surprise Polina, celle-ci poussa un très long « non » tout en écarquillant ses magnifiques yeux, imitée par Alexandre lorsqu’il distingua les deux fils électriques du taser se propulser vers lui. Ensuite, plus rien…
Polina continua de fixer Alexandre. Celui-ci resta allongé et inerte sur le sol, tandis que des lumières se rallumaient plus loin, les laissant toujours dans une petite obscurité. Polina jeta par terre son taser et se dirigea précipitamment vers Alexandre. Il semblait ne plus respirer. Elle n’avait jamais suivi de cours de sauvetages, alors, que devait-elle faire ? Après l’avoir légèrement secoué, elle opta pour lui faire du bouche-à-bouche et elle s’essaya même dans un massage cardiaque. Auparavant, elle lui dégrafa le col mao de sa chemise d’un blanc immaculé tandis qu'elle se faisait, dans un même temps, la réflexion à voix haute qu'il était bien trop habillé pour commettre un vol.
— Merdeeeeuu ! s'écria-t-elle en posant ses mains sur son torse. Réveillez-vous !
Elle poursuivit ses massages et son bouche-à-bouche encore de longues minutes.
— Vous ne pouvez pas mourir, pas maintenant ! continua-t-elle de grogner. Vous êtes trop beau pour cela !
Après un ultime massage qui n’avait servi à rien du tout, puisqu’Alexandre n’avait pas fait d’arrêt cardiaque, mais s’était simplement évanoui, Polina s'apprêta à reposer ses lèvres sur les siennes. Alexandre ouvrit les yeux au moment même où elle effleurait sa bouche. Ils se fixèrent égarés tous deux dans de surprenants émois. Alexandre avait l’impression d’avoir été plongé dans un rêve cotonneux. Son esprit était ailleurs, certainement à cause de cet assaut. Il se sentait égaré et à la fois protégé en ressentant le corps chaud de Polina, si près du sien. Quant à Polina, ses pensées étaient d’un tout autre acabit ; plus vibrantes, plus d’ordre sensuel, plus… Elle avait le regard plongé dans le sien et sa bouche si proche de la sienne, qu’elle ne put résister à la tentation de la rapprocher davantage. Alexandre se laissa embrasser avec toute l’ardeur de la jeune femme avant de l’enlacer dans ses bras et de l’étourdir avec le baiser qu’il finit par lui donner. La bouche de Polina avait le goût sucré d'un bonbon à la menthe. Celle d’Alexandre, d'un bonbon à la fleur de violette…
Dans cette étreinte, Alexandre s’était retrouvé allongé sur elle. Alors, comme s’il se réveillait, il se rendit compte qu’il n’était pas en train de rêver. Il se détacha de ses lèvres en lui maintenant doucement les épaules, puis il se releva, soudain gêné par l'ambigüité de la situation. Polina était encore tout étourdie par cet échange surtout lorsqu’il l’aida à se relever en lui tendant une main avec élégance. Une fois debout, Polina vacil la quelque peu vers lui. Elle avait indéniablement encore envie qu’il l’embrasse.
Jamais personne ne l’avait embrassée ainsi. Bon, peut-être que Vadim l’avait déjà embrassée de cette façon, mais cela faisait si longtemps qu’elle n’en avait plus vraiment le souvenir.
Alexandre aussi chancela subrepticement vers elle, d’autant qu’il maintenait toujours sa main dans la sienne, la recouvrant entièrement. Mais après quelques secondes dans ce face à face chargé d’émotions fortes, mais silencieuses, Alexandre se détourna d’elle avec un petit salut de la tête, toujours sans un mot. Il s’en alla récupérer son petit réglet délaissé sur le sol et sans prendre la peine d’essayer de récupérer le portefeuille de sa sœur, il se dirigea vers son véhicule qu’il avait garé tout près de là.
— Et c'est tout ! s'exclama Polina en se rapprochant de lui.
Alexandre la regarda en secouant légèrement la tête comme s’il ne pouvait pas faire demi-tour pour aller l’embrasser à nouveau.
Alors qu’il en mourrait d’envie !
Mais il avait peur que cela ne le mène nulle part, et qu’il souffre encore, tels les mois passés. Polina s’arrêta à un pas de lui.
— Je vous sauve la vie et c'est ainsi que vous me remerciez ? l’interrogea-t-elle, en hésitant à se rapprocher un peu plus près de lui.
Il était beaucoup plus grand qu’elle et, après un demi-tour sur place, il n’eut aucun mal à la jauger.
— Zauvé la vie ! rétorqua-t-il toujours avec son accent ridicule. Prezque ôtée, non ? ajouta-t-il en relevant ses sourcils qui marquaient avec tant de beauté son regard vert-clair.
Polina n’apprécia que peu de se faire remettre à sa place, avec une telle nonchalance, par un homme qui semblait si parfait et qui lui plaisait tant. Elle avait tellement l’habitude de se faire respecter dans son travail auprès de son personnel et encore plus par les hommes qui l’entouraient, qu’elle se sentit quelque peu piquée.
Si seulement elle avait pu un seul instant se douter qu’Alexandre était aussi peu sûr de lui dans sa vie personnelle qu’il était le meilleur dans son travail, l’architecture ! Dans sa vie professionnelle, il n’y avait aucun doute, tout lui réussissait ! Mais pour le reste, c’était tout à fait autre chose… Il allait bientôt avoir vingt-sept ans, mais aucune femme ne partageait son quotidien. Il avait bien eu une amie, mais après deux années de vie commune, l’échec avait frappé à la porte de leur duplex et Alexandre s’était retrouvé seul dans celui-ci pendant des mois. Puis, à la mort subite de ses parents, il avait déménagé pour reprendre la demeure familiale afin de ne pas perturber sa petite sœur dont il était devenu le tuteur légal. Pourtant, il y avait un an de cela, il avait cru rencontrer la femme de sa vie. Enfin, c’était celle d’une année. Unique année durant laquelle Ingritte n’avait pas arrêté d’être jalouse de Cécilia et vice-versa. Alors Alexandre avait préféré rompre en se disant qu’il attendrait que sa petite sœur soit devenue plus adulte pour enfin songer à vivre sa vie d’homme. Et depuis, il n’avait laissé aucune femme lui chavirer le cœur. À tout le moins, durant les mois passés. Cependant, cela n’était plus vrai. Cette femme dans ce parking venait de s’employer à le faire. Il avait l’impression d’être à son premier rendez-vous et s’était senti rougir comme un adolescent de quinze ans. L’émoi qui le saisissait encore était si fort, qu’il avait l’impression qu’il risquait de mourir s’il se décidait à revivre cet échange. Resté silencieux, il resongea à ce baiser qu’ils venaient d’échanger. Il avait encore un léger goût de menthe dans la bouche et cette saveur lui titillait, avec caprice, le palais tant il ne voulait pas la perdre. Pourtant, avant cet instant, il avait toujours eu peu d’attrait pour la menthe sous toutes ses formes et appréciait plus particulièrement les bonbons à la fleur de violette que sa grand-mère lui avait fait découvrir dès lors qu’il eut assez de dents pour les croquer. Mais voilà qu’Alexandre recherchait mentalement à sentir cette effervescence mentholée qu’il avait adoré éprouver dans la bouche de cette femme. Il ferma fébrilement les yeux au souvenir de ses lèvres pulpeuses, de la tiédeur de sa bouche, de la douceur de sa langue, de ses rondeurs attirantes ainsi que de son corps si souple qu'elle lui avait laissé enlacer sans retenue.
Polina, restée vexée par ses dernières paroles, le fixait toujours en silence, le regard contrarié. Alexandre se trouvait toujours plongé dans ses pensées et ne semblait pas vouloir poursuivre un quelconque échange, qu’il soit vocal ou bien physique. Ce qui déplut à Polina qui mourrait d’envie de recevoir un autre baiser de sa part. Voyant qu’il ne daignait pas lui parler, elle s’exclama avec un sourire en biais et le regard plissé prêt à faire feu :
— Fort bien ! Puisque notre discussion est close, eh bien ! Eh bien ! répéta-t-elle complètement hors d’elle. Eh bien…soit ! s’exclama-t-elle tout en réajustant la veste de son tailleur avant de se décider à retourner finalement vers sa Mercedes.
Sans un mot, tant il se trouvait fébrile, sûrement à cause de cette perte de connaissance, Alexandre ouvrit la portière de sa voiture en poussant un long soupir. Polina lui lança un dernier regard par-dessus son épaule quand, soudain, elle s’aperçut qu’il venait de s’installer au volant d’un beau véhicule.
