7 minutes et plus… - Valéry Hardiquest - E-Book

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Valéry Hardiquest

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Beschreibung

Que vous évoquent un écrivain interloqué, un ours en peluche, un cartable bien en ordre, une peur du noir, un jour qu’on n’oublie pas, une lettre inattendue, un idéal haut perché, une attraction envoûtante, un pouvoir étonnant, une petite panthère noire, un tueur impuni et un parfum de chance ?

Douze nouvelles de longueur variable, dans un monde où l’on manque souvent de temps pour lire. L’humour, le suspense et l’émotion sont trois axes essentiels dans ces récits surprenants et revigorants desquels émane une belle énergie positive. De petites doses de fantastique, de romance et de surréalisme viennent aussi renforcer la magie des mots. Alors, prêts à embarquer pour de nouvelles randonnées littéraires ?

Un recueil de nouvelles positives à ne pas manquer !

EXTRAIT D' UNE PLUME VOYAGEUSE

Avez-vous déjà trouvé des objets hors du commun ne vous appartenant pas à l’intérieur de votre poche de veste ? Comment ont-ils atterri là ? De quoi s’agit-il ? Autant de questions que ne s’était jamais posées Ethan Dickers avant cette étonnante journée.
Il venait de retirer sa redingote, sans en fouiller les poches, et de la pendre, ruisselante au porte-manteau. Oui, elle était trempée. Le fiacre l’avait pourtant déposé à quelques mètres à peine de l’entrée de sa demeure. L’état de son vêtement n’était pas surprenant au vu des véritables cordes qui s’abattaient dans la rue. Il n’y avait plus eu pareille pluie depuis belle lurette.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Valéry Hardiquest est un « petit Belge », né en 1974. Son curriculum vous dira qu’il est enseignant et papa de deux garçons. Nourri à la BD durant son enfance, les tiroirs de son bureau avaient déjà lu quelques-uns de ses textes.
En 2012, les hasards de l’existence l’ont aidé à ouvrir une nouvelle route avec les mots. Actif sur le Net, 7 minutes et plus… est son premier ouvrage. Un second recueil « feel good » a vu le jour en 2015 : Sur la route des possibles.

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Seitenzahl: 106

Veröffentlichungsjahr: 2017

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Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé est pure coïncidence.

À ma famille,Petits et grandsJeunes « marcheurs » et« Randonneurs » aguerris.

« Si tu veux rester jeune toute ta vie, continue d’évoluer, d’apprendre, de découvrir et ne t’enferme pas dans des habitudes qui sclérosent l’esprit, ni dans un confort engourdissant de ce que tu sais déjà faire. »

Laurent Gounelle

AVANT DE COMMENCER

Chères lectrices et chers lecteurs,

Le titre de ce recueil a failli être « Celui qui aimait lire sept minutes » ou « Avez-vous du mal à lire plus de sept minutes sur l’écran d’un portable ? » ou d’autres encore, dont je vous épargne l’énumération (vous n’êtes pas là pour ça). Après maintes tergiversations, je lui ai préféré celui que vous avez lu sur les pages précédentes. Tous ont pour objectif de faire allusion aux différents canaux de diffusion des écrits d’un auteur et au temps que l’on peut accorder à la lecture dans ce monde où tout se bouscule. Le titre gagnant, plus énigmatique, est à la fois un clin d’œil et un constat d’expérience personnelle. Sur le Net, c’est plutôt sept minutes en moyenne tandis qu’avec un livre, le créneau horaire peut être bien plus vaste, si le planning le permet. Petite analyse courte, je vous rassure !

Internet et ses vecteurs occupent une place considérable dans notre espace de vie en 2014. Les portables, les tablettes et autres smartphones sont devenus, en l’espace de quelques années, des éléments omniprésents dans notre univers (vous l’avez sans doute remarqué…). On peut encore aisément se passer de l’un ou l’autre, mais la fameuse Toile touche un pourcentage très important de la population de nos contrées. Si nous faisions le parallèle avec des mouches et les fils d’un arachnide, nous nous y tiendrions serrés, bien au chaud et l’araignée aurait l’embarras du choix pour choisir sa prochaine « victime » parmi un nombre incalculable de proies.

Je ne vais pas m’étendre ici sur le débat des apports positifs ou néfastes de ces technologies. Le Net regorge de situations montrant les qualités mais aussi les dérives possibles de ce média. Parmi les bonnes choses, notons simplement qu’il permet parfois de soulever des montagnes et de mettre en relation des gens qui, autrement, ne l’auraient jamais été. Il faut reconnaître que ce n’est pas mal…

Il y a un effet « partage » qui est autrement plus vaste que jadis. A nouveau, je ne jugerai pas ici de leurs qualités. On trouve de tout… Richesse, pauvreté et absurdité des contenus se côtoient. Il faut de tout pour faire un monde.

Pour les auteurs qui se lancent, ce mode de partage à distance, est un indéniable plus. Les premiers pas se font souvent par cet intermédiaire. J’ai moi-même eu l’occasion de faire découvrir quelques-unes de mes nouvelles au travers d’un site de publication en ligne, en l’occurrence Short-Edition, permettant à mon aventure de prendre un envol public plus large. Je continue d’ailleurs à le faire, avec des écrits inédits, construits exclusivement pour cette plate-forme.

Mais… Tout le monde n’aime pas lire longtemps sur le Net. Une info courte, ça passe chez beaucoup. Quand il s’agit d’un texte plus long, d’une nouvelle demandant sept minutes ou plus, on perd énormément de monde (j’en fais, parfois, partie). Le court a du bon dans un monde où nous sommes si nombreux à courir après le temps et peut offrir, en quelques pages, un condensé de sensations et d’émotions qui vous marqueront autant qu’un long roman. Mais, un écran n’est pas toujours le meilleur vecteur d’un point de vue confort pour le découvrir. Et puis, il y a encore tant d’amoureux du livre papier ou de cette mise en page « historique » comme peuvent l’offrir les livres numériques en reproduisant un confort de lecture similaire (voire supérieur, diront certains). Un bouquin, qu’il soit papier ou virtuel, reste un acteur essentiel pour bon nombre de lecteurs. Croyez-moi, le premier cité n’est pas encore prêt d’être détrôné. Les étagères de vos bibliothèques ont encore une très longue vie devant elles.

Ce constat m’a naturellement donné envie de partager de manière plus large quelques-unes de ces nouvelles « numériques », dont certaines sont enrichies de passages supplémentaires. De plus, j’ai également tenu à ce que ce premier ouvrage contienne des récits totalement inédits. Ils sont au nombre de quatre.

Pour la plupart de ces histoires, mon objectif, hormis le plaisir de les écrire, est d’offrir des sourires au lecteur. Certains critiqueront peut-être la présence importante de thématiques a priori futiles ou légères (notamment une romance un peu orientée chick-lit, mais vous trouverez aussi un bon zeste de philosophie, d’humour, de suspense ou de fantastique). D’autres n’apprécieront peut-être pas mon choix d’opter généralement pour des happy-ends. Parfois, je suis peut-être un rien fleur bleue. Personnellement, j’adore aussi lire de bons thrillers haletants, mais profitons aussi des arcs-en-ciel que peut offrir la vie !

Vous tenez donc entre les mains un « bon vieux recueil » à découvrir comme bon vous semble. Le premier de mon aventure magique avec les mots. Déjà merci de l’avoir choisi.

Tournez cette page et puis… Bonne lecture !

UNE PLUME VOYAGEUSE

Avez-vous déjà trouvé des objets hors du commun ne vous appartenant pas à l’intérieur de votre poche de veste ? Comment ont-ils atterri là ? De quoi s’agit-il ? Autant de questions que ne s’était jamais posées Ethan Dickers avant cette étonnante journée.

Il venait de retirer sa redingote, sans en fouiller les poches, et de la pendre, ruisselante au porte-manteau. Oui, elle était trempée. Le fiacre l’avait pourtant déposé à quelques mètres à peine de l’entrée de sa demeure. L’état de son vêtement n’était pas surprenant au vu des véritables cordes qui s’abattaient dans la rue. Il n’y avait plus eu pareille pluie depuis belle lurette.

Ethan s’était juré que, si un jour, il lui prenait l’envie excentrique d’acquérir un de ces véhicules à moteur qui commençaient à fleurir dans les avenues pavées de la capitale, il fallait absolument choisir un modèle fermé. Le climat très variable de nos régions excluait, en effet, d’opter pour une automobile découverte.

Le jeune homme de trente-trois ans se pencha pour rassembler quelques bûches afin d’allumer rapidement un bon feu. En 1909, c’est encore le moyen le plus rapide pour se réchauffer. Il fallait, au plus vite, couper cette désagréable sensation de cru peu propice à la création. Ethan, beau parti, célibataire et écrivain de son état, appréciait créer à quelques mètres de la chaleur rassurante dansant dans l’âtre. Il alluma un quinquet dont il venait de remplir le réservoir. Le bureau d’Ethan, sur lequel attendaient quelques feuillets, fut inondé d’une douce lumière orangée.

Des maisons voisines venaient d’être récemment raccordées à l’électricité. Il s’agissait de travaux assez onéreux, mais, de l’avis des propriétaires, cette nouvelle invention transformait complètement la vie, pour un mieux. Tourner un petit levier, appelé interrupteur, suffisait à faire apparaître la lumière. Des boules de verre translucide diffusaient un éclairage se répandant uniformément dans la pièce. Les fabricants de cire, d’huile et de pétrole avaient sans doute du mouron à se faire.

Ethan, en tant que citadin, se rendait compte que de nombreuses révolutions étaient en marche. Il était persuadé que ce n’était pourtant là que le début de ces incroyables changements.

Il s’installa au bureau, sortit son porte-plume et un encrier. Il prit soin de rapprocher son fidèle quinquet, compagnon indispensable pour coucher ses idées sur papier.

Les mots se bousculaient dans son esprit. Il plongea l’outil dans le petit pot d’encre noire. La plume resta désespérément vierge. C’était la panne sèche. Pas celle de l’inspiration mais bien du précieux liquide de Chine.

Ethan était bon pour ressortir. Il enfila sa redingote, se préparant à affronter une nouvelle fois les éléments déchaînés. Il eut été plus prudent d’étouffer le feu, mais le jeune trentenaire ne le jugea pas nécessaire. La papeterie se trouvait à deux pas seulement, il serait vite de retour.

Arrivé sur le trottoir, il eut la surprise de découvrir un ciel radieux. Plus un nuage n’obscurcissait le plafond de l’étroite rue. Chose plus étonnante encore, le sol était sec. Le soleil et le vent avaient dû s’associer. Le jeune écrivain ne chercha pas d’autres explications et ne s’en inquiéta pas davantage. Les doux rayons rendraient sa petite course plus agréable, c’était là l’essentiel.

Il fit quelques pas pour déboucher dans une large avenue voisine. Des dames aux toilettes élégantes déambulaient à présent sur les pavés. Un vendeur de journaux haranguait les passants en scandant de gros titres à sensations. Une maraîchère dressait son étal de fruits et légumes sur une placette. Visiblement, elle avait réussi à protéger le produit de ces récoltes du tumulte des précipitations. Elle avait sans doute trouvé un abri pour elle et sa charrette à bras car, ni l’une ni l’autre, n’étaient pas, le moins du monde, mouillées.

A proximité de la marchande, quelques gamins s’amusaient avec divers jouets. Au vu des sourires qu’ils affichaient, diabolos, cerceaux et billes les enchantaient. Certains d’entre eux semblaient lorgner les pommes déposées sur le présentoir en bois. Tentation gourmande…

Ethan eut soudain quelques vertiges. Il faillit trébucher et trouva un appui salvateur auprès d’un réverbère. Il frotta quelques instants ses paupières avant de les ouvrir à nouveau. Une jolie jeune femme, portant un enfant dans ses bras, se tenait, face à lui, à une dizaine de mètres de sa position. Jusque-là, rien d’étonnant. Ethan plissa les yeux pour mieux voir. La tenue de ces deux personnes était des plus singulières, ne ressemblant en rien à ce qui se portait d’ordinaire. Avec la main restée libre, la belle inconnue envoya un baiser volant dans la direction de Dickers.

L’écrivain resta interloqué, totalement surpris. Ce geste tendre lui était-il adressé ? Il regarda derrière lui en s’attendant à découvrir le conjoint de cette mystérieuse inconnue. Mais personne n’occupait le trottoir dans son dos.

Il reprit sa position initiale et fit un pas en arrière. La jeune femme et l’enfant n’étaient plus là. Il regarda vers la maraîchère. Ils ne s’y trouvaient pas. Ethan scruta les alentours. Pas la moindre trace de leur présence.

Il se frotta énergiquement les yeux puis posa une main sur sa bouche. L’étourdissement s’était dissipé mais il ne comprenait rien à ce qu’il venait de vivre. Il secoua la tête en signe de dépit et reprit calmement sa marche. Il continua quelques instants à tenter de retrouver ces deux silhouettes particulières avant d’abandonner assez vite. Il était arrivé devant la boutique de monsieur Charles.

Il s’agissait d’une caverne d’Ali Baba pour les amateurs d’art, qu’il soit écrit, dessiné, ou peint. Le magasin recelait en effet mille trésors pour les passionnés que sont les écrivains, les illustrateurs et les peintres. Ethan faisait, bel et bien, partie de la première catégorie.

Une personne avait devancé le jeune auteur dans la boutique. A sa dégaine comme à sa tenue, il s’agissait très probablement d’un amoureux du pinceau. Une chemise ample à carreaux, une salopette tachée de toutes sortes de couleurs et une casquette posée de travers ne laissaient planer aucun doute. Lorsque monsieur Charles revint de l’arrière-boutique avec une grande toile vierge, Ethan sut qu’il ne s’était pas trompé. L’artiste peintre régla son achat et ce fut au tour de Dickers d’être accueilli par le commerçant.

— Bonjour monsieur le romancier. Que puis-je pour vous aujourd’hui ? Papier, encre ou porte-plume pour cette fois ?

La voix du propriétaire de la papeterie était chaleureuse et accueillante, comme il se doit mais avec un petit côté presque amical, vu la fréquence de la venue d’Ethan en ces lieux. Il était ce que l’on appelle un bon client !

— Bonjour monsieur Charles. C’est le second qui me fait défaut. Mon porte-plume est orphelin de son carburant. Sans lui, il est comme une de ces automobiles privées d’essence, d’une grande beauté mais tout à fait inutile.

— Oh, ne me parlez pas de ces machines… Pas plus tard qu’hier, j’ai bien failli me faire renverser par une de ces carrioles sans chevaux.

— Le progrès, monsieur Charles…

— Nous n’avons pas fini d’en voir de toutes les couleurs avec ces nouveautés abracadabrantes ! Un jour, les gens regretteront notre belle époque.

— Que voulez-vous, il faut vivre avec son temps. Peut-être vendrez-vous un jour des machines que nous commanderons à la voix et qui écriront à notre place.

Ethan portait un sourire malicieux sur ses lèvres.

— Je ne sais pas si j’ai envie de voir ça… Depuis Mark Twain qui fut un des premiers à proposer ses textes aux éditeurs tapés avec une machine à écrire, je m’étonne encore d’arriver à vendre autant de stylos à plume et d’encriers. Vous finirez aussi par avoir une Sholes et Glidden… Vous verrez !

— Sans doute mais, j’apprécie trop faire danser les mots à la main pour m’en passer complètement.

— Vous avez raison. C’est bon pour mon commerce et rien ne remplacera jamais le talent des écrivains. Surtout pas une machine. Ce n’est pas vous qui me contredirez.

— Sur ce point, je vous donne raison.