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Il existe quelque part, caché aux confins des forêts sombres et mystérieuses du Canada, une rumeur encore jamais vérifiée.
Lorsque Ethan et ses amis préparent leurs derniers instants ensemble, avant de partir pour leurs études de part et d’autre du pays, ils se sont fait la promesse de découvrir la véracité de cette rumeur.Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 209
Veröffentlichungsjahr: 2025
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L’alarme du portable retentit à travers la pièce, jouant les premières notes de la chanson eyes of the tiger de Survivor.
Ethan encore à moitié endormi traversa le salon afin de l’éteindre et appuya sur l’écran de l’appareil, la musique s’arrêta aussi vite qu’elle avait commencé.
Il resta un instant la main encore suspendue en l’air et l’air pensif, il se demandait ce qu’il avait pu oublier alors que l’heure du départ venait de retentir, mentalement il dressa une check-list de son matériel :
Il avait bien pensé à tout le nécessaire de camping. Réchaud et autres ustensiles, il avait également assez de rechange et prit les bonnes chaussures de randonnée ; consciencieux il avait même pensé à toute une trousse de secours pour palier à la moindre blessure s’il venait à y avoir le moindre problème. Il retraversa le vaste salon et s’arrêta devant la commode du secrétaire de son père. Dans le premier tiroir de la commode reposait l’arme de sécurité de la maison ; il réfléchit un bref instant et se décida à sortir l’arme calibre 38.
Il la regarda un long moment avant de se décider de la remettre à sa place ; il voulait bien être prudent, mais il n’était pas sûr qu’apporter une arme à feu dans ce genre d’expédition soit de bon augure. Et puis après tout ils ne risquaient rien, bien que la région soit peuplée d’ours, ceux-ci ne seraient pas un problème si on ne les dérangeait pas.
Il referma le tiroir de la commode et s’en retourna vers son sac afin de terminer sa liste mentale de tout son matériel. Il se passa la main dans ses longs cheveux noirs, qu’il trouvait un peu trop long, décidément il aurait dû l’aller chez le coiffeur avant de se lancer dans ce genre de voyage, mais il n’en avait pas eu le temps. Il dégagea les quelques mèches rebelles qui lui tombaient le long de ses yeux verts puis se remis dans la vérification de son matériel. Il savait qu’il était important de ne rien oublier et qu’une fois la porte de la maison passée il n’y aurait pas de retour en arrière possible.
Une fois chose faite, il se dirigea vers la cuisine afin de remplir les poches de son sac de randonnées de bouteilles d’eau, de barres énergétiques et autres snacks, il termina par les plats lyophilisés si légers et si pratiques à leur expédition. Le sac commença à être plein à craquer aussi s’en retourna-t-il vers le salon pour une dernière vérification de son matériel.
Il promena son regard le long de la pièce afin de vérifier qu’aucune affaire oubliée ne trainait puis il enfila sa polaire et la surmonta d’une doudoune légère de couleur kaki puis termina par lacer ses chaussures.
Ça y est, il était enfin prêt. Il regarda l’écran de son portable ; six heures pile. Parfait il était à l’heure.
La sonnette de la porte d’entrée émit un son strident. Ce devait être Riley qui, toujours ponctuel devait l’attendre. Il jeta son lourd sac sur ses épaules, attrapa son portable et son bonnet et se dirigea vers l’entrée de la maisonnée.
Riley attendait sur le pas de la porte, un sac à dos énorme sur le dos et vêtu d’une veste de chasseur marron, il avait les traits tirés, preuves du réveil difficile qu’il avait dû affronter ce matin. Sa tignasse blonde était camouflée par le bonnet noir qu’il arborait sur la tête et ses yeux noisette malicieux étaient encore à moitié fermés par le manque de sommeil. Lorsqu’Ethan ouvrit la porte, celui-ci le salua par une accolade.
—Salut, mon pote ! S’écria Riley d’une voix tonitruante alors j’espère que tu es prêt pour le long voyage ! parce que moi je le suis, et à fond !
Riley le gratifia d’un grand sourire et d’un clin d’œil. Il était le meilleur ami d’Ethan depuis la primaire et aujourd’hui encore à l’université les deux amis étaient toujours inséparables et c’était ensemble qu’ils s’étaient lancés le pari fou de ce voyage.
Ethan claqua la porte du logement et emboîta le pas de son ami vers la voiture, il plongea son lourd sac à dos dans le coffre déjà bien rempli de la Chrysler puis alla s’installer côté passager de l’habitacle.
—Bon alors. Commença Ethan. On passe récupérer les autres et on décolle c’est bien ça ?
—Yep. C’est exact. Lui répondit Riley en enclenchant le contact. La vieille Américaine toussota puis démarra.
Ils firent le tour du rond-point de la rue résidentielle et prirent la bifurcation menante à la route départementale de Yorkton. La petite bourgade était encore endormie dans la fraicheur de la matinée et peu de monde arpentait ses routes, aussi les deux amis roulèrent sans difficulté le long de la rue principale afin de rejoindre la nationale.
Ils roulaient en silence, écoutant les chansons de la radio grésillant, l’on reconnaissait les airs de « rock around the clock » de Haley & The Comets qui passait sur les fréquences.
Le soleil pointait timidement au-dessus des collines et déjà sa pâle lueur se diffusait, faisant apparaitre les nappes de brouillard s’étendant paresseusement au travers des champs et des forêts de conifères. La fraicheur de la nuit avait déposé une couche transparente de givre sur les plantes et les routes étaient recouvertes d’une fine couche de neige qui avait dû tomber pendant la nuit. Même si l’été ne tardait pas à poindre, les températures restaient fraiches pour la saison, preuve que la planète se déréglait, lentement, mais sûrement.
La voiture filait sur la route et déjà l’aurore se faisait plus présente, les rayons du soleil réchauffaient la terre et Ethan se sentait mieux ; il avait du mal avec le froid, alors il se réchauffa les mains en soufflant dessus, son souffle formant un nuage de condensation à chaque fois qu’il expirait.
Riley faisait la moue, on voyait dans son regard qu’il était tracassé, Ethan ne lui demanda pas pourquoi, il ne connaissait que trop bien son meilleur ami pour savoir que ça concernait Magalie, une des membres de l’expédition et ex-petite amie de Riley ; ces derniers s’étaient séparés il y a peu et cela faisait du mal à Riley qui ne comprenait pourquoi Mag l’avait quitté. Cela faisait trois ans qu’ils étaient ensemble et leur relation était fusionnelle, aussi quand elle avait mis fin brusquement à leur couple cela avait causé une profonde tristesse au garçon qui ne se remettait pas de cette rupture. Ethan avait conseillé à Riley de ne pas lui proposer cette expédition, mais Riley avait saisi cette occasion afin de voir s’il était possible d’opérer un rapprochement et de peut-être recoller les morceaux avec elle. Il avait donc proposé à Magalie de les accompagner dans leur périple.
Cela faisait déjà plus de vingt minutes qu’ils roulaient sur la route 9 en direction de Canora, le téléphone d’Ethan sonna, il regarda nonchalamment son écran pour voir qu’il s’agissait de Lyam, ce dernier devait les appeler afin de savoir où ils en étaient, Ethan ne répondit pas, jugeant qu’ils n’étaient plus très loin et préférant continuer à réchauffer ses mains.
Dix minutes supplémentaires passèrent et ils arrivèrent à la ville de Canora ou le duo bifurqua sur un parking de covoiturage à l’entrée de la ville, ils avisèrent une Ford Ranger sur le fond du parking et allèrent se garer à ses côtés. Dans la voiture trois personnes étaient assises et attendaient. Lorsqu’elles avisèrent la Chrysler qui se garait à côté, elles sortirent de la voiture en claquant les portières. Une femme blond platine aux immenses yeux bleus sortit de l’arrière du véhicule et se précipita vers la Chrysler avec un sourire éclatant.
Ethan ouvrit la vitre de la voiture avec un sourire taquin et la salua.
—Hey, Zoé ! comment ça va ?
La jeune femme lui répondit par un sourire impeccable, elle était vêtue d’une doudoune rose et d’un bonnet blanc à pompon, ses mains étaient enfoncées dans les poches de sa doudoune, elle se pencha pour embrasser sur la joue Ethan toujours dans la voiture.
—Salut beau gosse ! lui lança-t-elle. Vous en avez mis du temps, Lyam commençait à s’impatienter.
Ce dernier fit un signe de la main par-dessus le toit de la Ford en direction des deux amis.
Zoé tressauta sur place pour se réchauffer.
—brrrrrrrr ! il fait super froid ! Dit-elle en enfonçant encore plus les mains dans les poches de sa doudoune.
Ethan hocha la tête en signe d’assentiment et sortit de la voiture afin de prendre Zoé dans ses bras et la frictionner pour la réchauffer. Ils furent rejoints par Lyam, géant, large comme une armoire à glace aux cheveux bruns ébouriffés, l’air maussade et une femme brune de petite taille aux cheveux coupés en carré plongeant.
—Et moi je n’ai pas le droit à un câlin ? râla Magalie en faisant la moue.
Ethan lâcha un rire franc et lâcha Zoé afin de prendre Magalie dans ses bras et la serrer fort contre lui. Riley les rejoint et salua Magalie d’un signe de tête avant de faire une accolade à Zoé. Lyam les rejoint et pris ses deux amis dans ses bras en râlant.
—Alors comme ça on ne répond pas à mes appels ?! Dit-il l’air faussement outragé en direction d’Ethan.
Ethan le gratifia d’un sourire et le pris à nouveau dans ses bras, Lyam se dégagea avec un faux air de dégout sur le visage et se mit face à son ami.
—Bon ce n’est pas tout ça, mais il va peut-être falloir penser à y aller, c’est qu’on a de la route.
—Ouaip, ce n’est pas faux. Acquiesça Riley en s’allumant une cigarette.
Magalie le regarda fumer avec le nez retroussé et se retourna vers Ethan.
—On a tout pris, je pense, faudrait peut-être faire une dernière vérification avant de partir pour être sûr, mais je pense qu’on n’a rien oublié.
Ethan suivit Magalie à l’arrière de la Ford et la jeune femme ouvrit le coffre de la voiture, un amoncellement de sacs s’étalait devant lui, ainsi que d’autres nécessaires de camping. Ethan en eut un bref tournis en pensant à tout ce matériel qu’ils devraient tous porter. Rapidement il fit l’inventaire du nécessaire de survie avec la jeune femme, puis une dizaine de minutes plus tard ils revinrent vers leurs amis toujours en train de discuter dans le parking. Magalie enfila ses gants et se réchauffa les mains avant de claquer le coffre de la Ford.
—Bon on est bon niveau matériel. Annonça Ethan.
—Enfin une bonne nouvelle ! entonna Lyam qui commençait à s’impatienter tout en regardant sa montre.
Ethan regarda l’heure sur son portable. Il était sept heures et demie, ils avaient un peu de retard sur leur planning, mais ce n’était pas grave, ils le rattraperaient sur le chemin, après tout ils n’étaient pas à une heure près sur leur voyage.
Riley revint de sa voiture avec une carte de l’état et la déploya sur le capot de la Chrysler, la carte du Canada apparut devant le groupe d’amis.
—Voilà, là on est à Canora, faudra qu’on roule sur la 9 en direction de Stenen, Hudson Bay jusqu’à atteindre Umpher ville, ensuite on bifurquera sur la 10 jusqu’à Cranberry Portage, là on quittera la route pour suivre le sentier des lacs et marcher jusqu’au sud de la réserve indienne de Wepuskow Ohnikahp ; notre objectif devrait se situer vers le sud de Putakawagan. On va en avoir pour environs 15h de voitures et plusieurs jours de marche, mais ça devrait le faire avec toutes les réserves qu’on a prises.
Le groupe d’amis acquiesça en silence et chacun s’affaira à ses affaires. Ethan sorti son lourd sac du coffre de Riley et le transféra dans le coffre de la Ford, pour ce voyage il valait mieux privilégier le 4x4 de Zoé plutôt que la familiale de Riley.
Les dernières vérifications faites Riley écrasa sa cigarette par terre et le groupe d’amis s’installa dans la voiture. Zoé enclencha le contact et le moteur commença à vrombir. Ça y’est ils étaient partis.
Les paysages se profilèrent sans fin durant le trajet, tantôt ce fut des forêts aux arbres imposants et menaçant tantôt d’immenses étendues d’herbes et de champs de maïs avec leurs épouvantails ont l’air tristes, courbés par la force des éléments.
Les heures s’étiraient et l’humeur était à la joie dans la voiture, les amis alternèrent entre chansons et discussions endiablées sur le long voyage qu’ils étaient en train d’entreprendre. Magalie et Zoé discutaient entre elles tandis que Lyam Ethan et Riley parlaient des derniers résultats de football américain et supportaient leurs équipes respectives. Le trajet se continua dans la bonne humeur et le soleil pointait déjà haut dans le ciel lorsque le groupe décida de faire une halte a une aire de pic nique afin de se restaurer et se délier leurs membres fourbus par le trajet.
Ethan mangeait un sandwich à la dinde et au fromage tandis que Riley fumait une cigarette, les deux femmes marchaient côte à côte à la lisière des arbres tout en grignotant un paquet de chips, Lyam lui avait opté pour des barres énergétiques. Le soleil pointait timidement au travers du feuillage dense des arbres de la clairière et le pépiement des oiseaux offrait une mélodie vivace aux oreilles du groupe
Riley déploya nouveau la carte, cela faisait maintenant plusieurs heures qu’ils roulaient et il voulait faire le point sur le temps de trajet restant ; ils avaient dépassé Stenen et étaient à mi-chemin de Hudson Bay, Riley était satisfait, ils avaient rattrapé leur retard et ils arriveraient tard dans la soirée au niveau des sentiers où ils devraient quitter la voiture, mais qu’importe, ils avaient prévu de bivouaquer le soir même avant d’entamer la marche jusqu’au sud de la réserve indienne.
Les deux femmes revinrent vers le banc de pique-nique.
—Alors on en est où ? demanda Magalie tout en enfournant une poignée de chips dans sa bouche.
Riley mal à l’aise se décala un peu pour lui faire voir la carte. La présence de Magalie aussi proche de lui lui faisait perdre ses moyens, aussi s’empourpra-t-il légèrement du fait de la proximité de la jeune femme.
—On est ici. Dit-il en se raclant la gorge et pointant du doigt un point sur la carte. On a fait une bonne partie du chemin, mais je pense que nous en avons encore pour 11 à 12h de voiture. Si on a de la chance, on atteindra ce point-là ce soir, sinon on s’arrêtera pour continuer le chemin demain dès le lever du jour.
—Ah non ! pas d’arrêt ! grogna Lyam assis sur la table. On termine tout ce soir et demain on commence à marcher, c’était le deal.
—Ça dépendra de ce qu’on arrive à couvrir comme trajet. Essaya de défendre Ethan en croquant à nouveau dans son sandwich.
Lyam s’en retourna à sa barre énergétique en bougonnant tandis que Zoé se dirigeait vers lui afin de le sommer d’arrêter de tirer la tête. Le groupe d’amis termina de se restaurer, ramassa ses paquetages et retourna à la voiture où ils reprirent la route. Ils roulèrent ainsi encore une bonne partie de l’après-midi et de la soirée avant d’atteindre la nationale 10 ou ils bifurquèrent. Ils atteignirent Cranberry Portage vers le milieu de la nuit, épuisés ils garèrent la voiture sur le bas-côté de la route sur une aire de repos et descendirent leurs affaires de la voiture.
Ils commencèrent à installer les tentes de leur campement tandis que Zoé et Magalie partaient en quête de bois afin de faire un feu leur permettant de se réchauffer ; après un long moment dans les bois sombres un halo de lumière d’une des lampes torches apparues à la lisière du camp, les jeunes femmes revinrent les bras chargés de buches alors que les garçons avaient terminés de dresser le campement. Ethan s’attaqua a démarrer un feu dans l’âtre du foyer et après quelques essais infructueux il arriva finalement a faire partir les flammes en soufflant dessus.
Assis en cercle autour du foyer, aucun d’entre eux ne disait mot, les flammes chatoyantes dessinaient sur leur visage des arabesques vives et faisait ressortir l’éclat de leurs yeux, le réchaud dégageait des odeurs de gaz et sifflait doucement dans le silence de la nuit. Une fois l’eau bouillie, trop épuisée pour discuter le groupe d’amis se contenta de bivouaquer un repas lyophilisé réchaud en silence puis terminèrent leur repas par une infusion fumante. Après plusieurs minutes dans un silence inconfortable, Riley prit la parole.
—Voilà les gars, on l’a fait, on est arrivés au bout de la route … demain il va falloir marcher si on veut espérer atteindre le barrage avant la fin de la semaine.
Ethan compta mentalement les jours dans sa tête, ils étaient lundi, si le groupe avançait à bonne cadence ils pourraient être au barrage avant la fin de la journée de samedi, ça semblait réalisable. Mais cela était sans compter sur les imprévus, le rythme de chacun et surtout leur motivation. Mais il ne doutait pas de cette dernière ; les membres du groupe étaient tout partant pour ce projet et cela faisait longtemps qu’ils avaient commencé les préparatifs et l’entrainement par le biais de longues randonnées et bivouacs.
Le groupe continua de discuter sur le chemin à prendre et la localisation du barrage pendant un long moment avant que le sommeil ne les gagne, de là ils décidèrent d’aller se reposer dans leur tente, Zoé partit avec Magalie tandis qu’Ethan, Riley et Lyam partagèrent l’autre tente ; seul le feu continuait de crépiter doucement dans le silence de la nuit et ses ombres inquiétantes.
Le lendemain matin Ethan sortit de sa tente sans un bruit, le soleil pointait à peine à l’horizon et la forêt était recouverte d’une épaisse nappe de brune donnant à la lisière des bois des allures de forêt hantée. Il prit le papier toilette et se dirigea vers les talus afin d’aller se soulager et s’enfonça dans la forêt. Aucun bruit ne se faisait entendre dans les bois, le silence était inquiétant, mais Ethan ne s’en rendit pas compte, il marchait à travers les épaisses fougères afin de se trouver un coin adéquat jusqu’à ce qu’il entendît un craquement sinistre non loin de lui, immédiatement il stoppa le pas et tendis l’oreille. Rien. Il avait dû rêver, pourtant il ne se sentit pas serein, mais il continua néanmoins son chemin. Il trouva enfin un endroit qui lui convenait et déboutonna son pantalon lorsqu’à nouveau un craquement retentit dans les bois, cette fois plus proche de lui, immédiatement il tourna la tête vers l’origine du bruit et se redressa, mais il ne vit rien à travers les épaisses broussailles ; il dressa n néanmoins l’oreille afin d’écouter le bruissement des feuilles ; quelque chose se déplaçait non loin de lui, il en était sûr. Il se rapprocha doucement d’un buisson, lentement a pas de chat puis il tendit la main afin de pousser les feuilles, mais quelque chose se précipita hors du buisson et fondit sur lui, il n’eut que le temps de voir une masse grise se précipiter et disparaitre derrière un mur de fougère ; son cœur battait la chamade et il poussa un cri de surprise lorsque le lièvre le dépassa et disparut dans la végétation.
—Putain de lapin ! éructa-t-il le cœur au bord de l’explosion. J’ai failli avoir une crise cardiaque !
Il s’assenera et retourna a ce pourquoi il était venu tout en essayant de se calmer, ce lapin lui avait fichu une peur bleue, il en rigola mentalement en se disant que s’il venait a avoir peur d’un simple rongeur ce périple dans les bois allait être bien drôle.
Il termina de faire ses besoins, se rhabilla et retourna vers le campement, il était toujours le seul réveillé, aussi décida-t-il de retourner chercher du bois afin de rallumer le feu.
Il revint les bras chargés de bois qu’il déposa près du foyer et entreprit d’entreposer les buches sur l’âtre, il inséra des boulettes de papier sous le tas qu’il venait de faire et alluma le feu, il souffla longuement dessus afin que la braise reprenne, le feu se mit à crépiter puis des flammes apparurent. Ceci fait-il entreprit de faire bouillir de l’eau afin de préparer le café, Riley sorti de la tente à ce moment-là en baillant a s’en décrocher la mâchoire et en s’étirant de tout son long, il n’était vêtu que d’un tee-shirt et d’un caleçon aussi frissonna-t-il au contact de l’air glacé du matin.
—Salut, mon pote. Lança-t-il en bâillant à nouveau. Fait pas chaud ce matin.
Ethan rigola doucement.
—En même temps tu as vu ta tenue mon pote ? Tu t’es cru en plein été ou quoi ?
Riley le gratifia d’une tape sur l’épaule et s’en retourna dans la tente afin de récupérer son manteau, il enfila également une paire de chaussettes et ses bottes puis revint s’asseoir près du feu au côté d’Ethan. Lyam et les filles dormaient toujours, aussi les deux garçons restèrent près du feu à se réchauffer en silence.
Le réchaud émit un sifflement et l’eau commença a bouillir, Ethan plongea une rasade de café dans la casserole et commença a mélanger la préparation.
—À ton avis on va réussir à atteindre le barrage avant la fin de la semaine ?
Ethan ne répondit pas tout de suite, concentré sur sa préparation et sur la question posée par Riley, il termina de remuer le café et attrapa deux tasses dans le sac d’ustensiles a ses côtés.
—Faut voir. Répondit-il en servant une tasse encore brulante à son ami. Je pense que c’est faisable, mais ça dépendra du rythme de chacun et aussi des imprévus, après on a assez de provisions pour tenir plus longtemps que le temps qu’on s’était fixé donc de ce côté-ci on ne risque rien, mais je pense qu’en marchant 30 a 40 kilomètres par jour c’est faisable.
—C’est énorme ! s’emporta Riley en sifflant. Je ne sais pas si on ne s’est pas fixé un trop gros objectif avec ce voyage …
Ethan demeura pensif aux dires de son ami et centra son regard sur sa tasse de café, les nappes fumantes s’en échappaient et virevoltaient devant lui, lui réchauffant le visage.
Ils se replongèrent dans leurs pensées, laissant s’installer le silence, chacun pensait à ce périple qu’ils avaient décidé d’entreprendre ; il est vrai qu’ils n’avaient pas choisi la facilité, mais depuis le temps qu’ils en rêvaient ils savaient que cela en valait la peine.
La province de Saskatchewan regorgeait de mystères et parmi le plus célèbre de tous était le barrage de sycomores qui s’étendait à perte de vue, perdu quelque part entre la réserve indienne de Wepuskow Ohnikahp ; et celle de Putakawagan.
Aucune photo n’était trouvable sur le Net et jamais personne ne l’avait vue, mais l’on racontait qu’un immense charnier de ces arbres formait un barrage immense long de plusieurs dizaines de kilomètres et qu’au-delà de ce barrage se cachait une terre encore inexplorée ; toutes les cartes d’ailleurs ne référençaient aucun point derrière les réserves, preuve irréfutable qu’il n’y avait encore jamais eu d’exploration permettant de référencer ce secteur.
La forêt était inhospitalière et dangereuse et le périple était long aussi jamais personne ne l’avait tenté par manque d’organisation, mais depuis qu’ils étaient sortis du lycée les deux amis s’étaient promis qu’ils feraient un jour cette expédition et qu’ils découvriraient ce mystérieux barrage et ce qu’il se cachait derrière ce mur de sycomores.
Une buche s’effondra dans le foyer ce qui provoqua une série de crépitement et les escarbilles s’envolèrent dans le ciel, petits fragments rougeoyants mourant lentement au contact de l’air glacé.
Les filles se réveillèrent un peu plus tard et sortirent de leur tente engoncée dans leur doudoune, grelottantes de froid elles vinrent immédiatement se réchauffer près du feu
—Bonjour, bonjour. Lâcha Zoé en bâillant doucement.
Magalie nous salua également d’un coucou de la main, le regard encore endormi et les traits tirés par la courte nuit passée, elle se servit a elle et a Zoé une tasse de café et vint s’asseoir près de Riley qui gêné de la situation détourna le regard vers Ethan. Ethan le poussa gentiment du coude et lâcha un clin d’œil à son ami. Seul Lyam dormait encore. Mais il ne tarda pas à se lever et vint s’asseoir à côté de ses amis tout en se grattant la tête.
—Salut, tout le monde. Lança-t-il en se servant également du café et piquant une barre chocolatée dans le sac de victuailles.
Il vint s’asseoir à côté de Zoé et but son café tranquillement. Le groupe au complet ils commencèrent à discuter de leur voyage et Riley fidèle a lui-même sorti sa carte ainsi qu’un GPS électronique spécial randonneur, il commença a rentrer des coordonnées géographiques dessus, notamment leur position de départ afin de pouvoir revenir a leur point initial. Il termina de paramétrer l’appareil et se retourna vers Magalie afin de lui montrer comment se servir de l’appareil. Celle-ci curieuse et assidue l’écouta patiemment tout en le dévorant du regard. Riley ne sembla pas s’en rendre compte, ce qui amusa Ethan.
Le soleil avait terminé d’apparaitre paresseusement et l’aurore laissait place au début de matinée, les températures remontèrent légèrement, rendant l’air environnant moins froid et plus supportable au groupe, Zoé et Magalie démontaient leur tente tandis que Lyam s’en revenait de la forêt, Riley était toujours concentré sur le GPS ainsi que sur le trajet a faire, il calculait mentalement les étapes du voyage et les possibilités à réaliser, Ethan s’affairait à ranger le réchaud et les ustensiles de cuisine méthodiquement dans les sacs afin que ce soit le plus facile à transporter. Après une heure de préparation et de toilette, le groupe était prêt à partir.
