Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
L'amour et l'absinthe peuvent l'un comme l'autre nous enivrer, nous transporter, voire nous conduire à al folie... Est-ce à dire pour autant qu'ils peuvent être confondus ? Les six nouvelles et les deux poèmes de ce recueil démontreront qu'il n'est pas sans danger de se prêter au jeu de la confusion des genres. Ces textes, tour à tour joyeux, coquins, sombres ou mystérieux traitent tous du même thème "Absinthe n'y touche". Il y est question d'amours contrariées, qu'il s'agisse de celui que l'on porte à l'alcool, ou de l'inclination que l'on ressent pour l'être aimé... Ah, l'amour !
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 82
Veröffentlichungsjahr: 2019
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Ce recueil a été créé par un collectif d’autrices et d’un auteur, à l’occasion du premier anniversaire des éditions Noir d’Absinthe. Son thème – Absinthe n’y touche – avait été lancé comme une boutade, lors de l’appel à textes La folie et l’absinthe, organisé par Dorian Lake et dirigé par Émilie Chevallier Moreux.
Il est également l’occasion pour le collectif de remercier ces derniers pour l’excellence du déroulé de cet événement passé et pour la très bonne ambiance qu’ils avaient su y insuffler, pas même ternie par la déception de la non-sélection des membres du collectif.
La lune nous voulions, elle était hors d’atteinte,
De notre encre espérions marquer de notre empreinte,
Les pages vénérées de l’anthologie sainte.
Émilie n’entendit, hélas, pas nos complaintes.
Quelle folie était-ce aussi de partir sans crainte,
Ferrailler de nos plumes en tierce, en quarte, en quinte ?
Les nouvelles cardinales nous touchèrent de leurs pointes,
Le combat fut loyal, elles n’usèrent d’aucune feinte.
Dorian, jamais notre amour ne sera défunte,
Pour ces chères éditions dont tu tombas enceinte
Il y a douze mois : nous levons tous nos pintes,
Pour souhaiter une longue vie à Noir d’Absinthe !
Philippe Aurèle Leroux
pour le collectif Absinthe n’y touche
Niwie Ninon –
Fabienne Boerlen
D’argile et d’ezatrium –
Andréa Deslacs
La Fée Verte –
Alicia Alvarez
Abominations, Absinthe et Valhalla –
Camille Salomon
Artemis et l’absinthe –
Philippe Aurèle Leroux
Et alors le silence se fait –
Cynthia Rouzic
Artémisia –
Léa Carroué
Vert baiser –
Marin’ Maltese
Joyeux Anniversaire Noir d’Absinthe –
Collectif
Remerciements –
Philippe Aurèle Leroux
Fabienne Boerlen
« Il avance vers le danger,
par amour et conviction.
Il sent son cœur se serrer,
enseveli sous la passion. »
Alors que le soleil entame sa descente vers l’horizon, Amaël sent la fatigue le gagner ; ses muscles sont endoloris par la longue et rapide marche entreprise depuis la veille, dès l’aube, pour atteindre son but : la mythique forêt de Niwie. Cet objectif ne quitte pas ses pensées : les plants d’Absinthe de Niwie sont l’ingrédient principal du remède qui pourrait soigner Ninon, sa petite sœur condamnée s’il ne rentre pas à temps à Doriana. Ses yeux se remplissent de larmes à l’évocation de la fillette, mais le jeune homme se reprend vite : il doit rester concentré et ne pas être submergé par ses émotions.
Une dizaine de minutes plus tard, Amaël retrouve le sourire. Le sommet de la colline lui offre une vue dégagée sur la plaine. Il aperçoit enfin la forêt ! Sans s’en rendre compte, il accélère le pas, porté par son enthousiasme. Le Dorianais inspire profondément. Il est conscient du danger qu’il encourt : nul n’est jamais revenu de cette quête et nombreuses sont les légendes au sujet de la fée verte, Absinthia, gardienne des plants. Les doutes s’insinuent dans son esprit. Que deviendra Ninon s’il échoue ? Il ne supporte pas l’idée d’être responsable de la mort de sa sœur. Il faut qu’il réussisse. Il se remémore l’itinéraire que lui a donné le vieux sage du village. Amaël doit traverser la rivière et continuer en direction du couchant. Il fouille dans ses poches, en sort une petite poupée de paille et de rubans, cadeau confectionné par sa cadette pour lui porter chance. Son courage renforcé grâce à ce talisman, il pénètre dans les bois.
Il chemine pendant une bonne heure, surpris de constater le calme qui règne en ces lieux. Il traverse la rivière et part vers l’Ouest ; le jeune homme s’émerveille de la légère odeur qui flotte dans l’air. Serait-ce celle des plants d’Absinthe ? Son regard est attiré par une clairière d’où émane une douce lumière surnaturelle. Il approche de son but, il le sent. Aucun bruit ne trouble le silence, si ce n’est les écureuils jouant dans les branches et le chant des mésanges pourpres, dont la saison des amours débute. Quelques minutes d’observation suffisent à le convaincre qu’il n’y a pas de Fée en vue. Croyant en sa chance, le jeune homme avance prudemment vers les plants. Il tend la main et touche des doigts les feuilles des arbustes tant convoités.
— Arrête !
Amaël fait volte-face. Devant lui se tient une créature magnifique : des cheveux aussi noirs que le plumage d’un corbeau dansent au creux de ses reins et encadrent un fin visage, où deux yeux émeraude scintillent de vie. La bouche pulpeuse et rouge tranche avec la légère teinte verdâtre de sa peau. Habillée d’une robe moulante dévoilant ses formes généreuses, l’apparition arbore deux longues ailes dans son dos, semblables à celles des libellules.
Absinthia.
Bouche bée, le jeune homme semble hypnotisé par la Fée.
— Ne sais-tu pas que ces plants sont sous ma garde ? Nul ne peut les toucher sans que je donne mon accord.
— J’en suis conscient, Dame Absinthia. Ils sont toutefois nécessaires à l’élaboration d’un remède pour sauver la vie de ma sœur Ninon.
— Vous avez tous une bonne excuse pour me les voler...
— Mais elle n’a que sept ans ! objecte Amaël.
— Assez ! Nous débattrons demain, suis-moi !
Le jeune garçon obéit sans opposer de résistance, obnubilé par la Fée. Il n’a même pas conscience de ses actes. Ils arrivent finalement près d’une grande maison en bois, recouverte de mousse. Amaël remarque plusieurs hommes de différents âges qui accueillent Absinthia telle une déesse. Ils s’empressent de lui offrir de quoi se sustenter. Apercevant le nouveau venu, ils se montrent agressifs, crachant sur Amaël ou le bousculant, mais ces provocations cessent d’un simple claquement de doigts de la maîtresse des lieux. La Dame saisit Amaël par la main et ils franchissent ensemble le seuil avant de s’installer au bout d’une grande table en bois.
— Sois le bienvenu chez moi. Mets-toi à l’aise, voyons. Mes mignons vont nous préparer un repas. Tu resteras ici pour la nuit et demain, si tu le souhaites toujours, tu pourras prendre ce dont tu as besoin pour sauver ta sœur.
— Je vous remercie, mais je ne peux m’empêcher de m’interroger. Pourquoi m’avoir demandé de venir en votre demeure alors que j’aurais pu cueillir les plants tout à l’heure ? Je serais déjà en route pour mon village et les chances de survie de Ninon auraient été plus grandes.
— Je veux te faire découvrir l’hospitalité légendaire de Niwie. Sache que nul n’est prisonnier ici.
— Je rentrerai donc demain, affirme Amaël avec conviction.
— Si tu le dis. Mangeons à présent.
Des hommes apportent de lourds plateaux de nourriture, avant de se retirer, non sans avoir flirté avec Absinthia.
Après ce repas plutôt cordial, la Fée se rapproche d’Amaël et passe ses mains dans ses cheveux bruns, lui caresse la joue et lui susurre à l’oreille :
— Je vais te faire découvrir le plus doux et le plus enivrant des breuvages, réalisé à partir des pousses de mon absinthe. Ils produisent une boisson unique, que nul être en dehors de la forêt de Niwie n’a jamais goûtée.
La Dame se place devant un coffre en bois, marmonne des paroles incompréhensibles pour Amaël, psalmodies en langue féérique sans doute, qui déclenchent l’ouverture du mécanisme. Elle en sort une bouteille contenant un liquide vert, et différents ustensiles. Le jeune homme n’a jamais rien vu de tel. Il souhaite obtenir des réponses, mais Absinthia l’en empêche en plaquant son index sur les lèvres du curieux.
— Il s’agit d’un rituel sacré que tu vas avoir la chance de contempler. Respecte la solennité de l’instant.
La Fée s’empare de deux verres délicatement ouvragés dans lequel elle verse un peu d’absinthe, puis pose sur chacun une des cuillères en argent sur lesquelles elle place un cube de miel cristallisé. Elle ajoute lentement l’eau d’une carafe par-dessus. Lentement. Très lentement. Amaël ne comprend pas ce qu’il se passe : lorsque les gouttelettes entrent en contact avec le liquide vert, celui-ci change de couleur ! Quelle magie est-ce là ? Remarquant la stupéfaction de son hôte, Absinthia arbore un air ravi. Elle plante ses yeux émeraude dans ceux noisette du Dorianais et sourit en lui tendant un des verres. Elle ondule son corps tel un serpent qui s’approcherait de sa proie.
— Bois, Amaël. Le petit garçon que tu es au fond de toi deviendra un homme viril. Je te propose de vivre des expériences que tu ne connais pas encore. Bois !
Captivé par la fée, Amaël capitule sans résistance. La boisson coule le long de sa gorge. Le goût ne ressemble à rien qu’il ait déjà expérimenté, mais il se révèle étrangement savoureux. Son corps s’échauffe, brûle même, sensation troublante et agréable à la fois. Absinthia, toujours proche de lui, commence à le caresser et à déboutonner sa chemise. Elle remarque le renflement dans le pantalon d’Amaël et sourit : le jeune homme est plutôt gâté par Naturia de ce côté-là, elle va passer un bon moment. Amaël est cependant encore apathique. La Fée décide de prendre les devants et l’embrasse à pleine bouche, se frottant sensuellement à lui. Il retrouve finalement ses esprits et lui rend ses baisers. Amaël se réjouit : il va perdre sa virginité avec la plus belle créature de l’Univers. Absinthia l’entraîne dans une autre pièce au centre de laquelle se trouve un lit à baldaquin. Elle fait asseoir le jeune homme sur le bord, s’agenouille face à lui et commence à le débarrasser de son pantalon. Avec doigté, elle contemple avec gourmandise le membre prometteur du garçon qui ne dit mot de peur de briser la magie de l’instant. D’une main douce, la Dame entreprend de caresser cette preuve de virilité. Le plaisir gagne rapidement Amaël, très réceptif à ces attentions féminines ; il gémit. Il s’imagine posséder la belle créature et lui procurer la même ivresse. Il se sent puissant, invincible. Lorsqu’Absinthia commence à le lécher, c’en est trop. Amaël ne peut retenir l’explosion qui le submerge.
