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Lorsque quelqu'un croise notre chemin, est-ce vraiment le fruit du hasard ? Jonathan est entré un jour dans sa vie et il a bouleversé à jamais son univers. Il a ébranlé ses doutes, ses certitudes et fait exploser, une à une, les barrières derrière lesquelles elle se croyait protégée, la mettant à nu. Eléonore état loin d'imaginer à quel point l'amour qui allait les unir serait aussi fort...
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Seitenzahl: 295
Veröffentlichungsjahr: 2022
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« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, je vous propose la routine… elle est mortelle. »
Paulo Coelho
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Chapitre 34
Chapitre 35
Chapitre 36
Chapitre 37
Chapitre 38
Chapitre 39
Eléonore adorait Paris.
Paris avait toujours été pour elle, la plus belle des capitales. Paris, ville avant-gardiste, de la culture de la mode et du luxe, de l’exubérance, du plaisir et des excès. Elle aimait son effervescence, sa dynamique, sa démesure, sa beauté et ses mystères et elle n’avait eu qu’une envie, pendant ces trois longues années passées à l’étranger, celle d’y revenir à nouveau. Elle en avait si souvent rêvé et, aujourd’hui, elle pouvait enfin savourer ce moment, son rêve était devenu réalité !
L’appartement, qu’elle avait déniché, se trouvait au dernier étage d’un bel immeuble parisien, dans un quartier qu’elle affectionnait tout particulièrement : le 6e arrondissement. Il était magnifique, spacieux, avec une hauteur de plafond impressionnante et de grandes fenêtres sans aucun vis-à-vis. Lorsqu’elle sortit sur le balcon, son choix fut définitif, il était idéalement situé et la vue y était magnifique, elle ne pouvait espérer mieux !
Ce quartier de la capitale, à la fois chargé d’histoire et très branché, la fascinait depuis toujours et elle s’était promis de s’y installer dès son retour des Etats-Unis.
L’appartement avait d’une vue exceptionnelle sur le Palais du Luxembourg avec ses jardins, ses nombreuses statues, ses fontaines et son grand bassin, où les enfants, depuis des générations, faisaient inlassablement évoluer leurs modèles réduits de bateaux. Il y avait les fameuses serres, si réputées, abritant de riches collections horticoles. Une Orangerie, avec une collection impressionnante d’agrumes, de palmiers de toute sorte, de lauriers roses, de grenadiers, de bigaradiers, qui forçaient l’admiration de biens des jardiniers, sans oublier un rucher pour s’initier à l’apiculture. Ce lieu, toujours si magnifiquement agrémenté de parterres fleuris, était le rendez-vous de prédilection de nombreux Parisiens et des visiteurs du monde entier qui venaient depuis toujours s’y promener.
Il y avait également les habitués, qui jouaient régulièrement aux échecs ou au bridge et puis les curieux de passage qui évoluaient là en simples spectateurs.
Le Jardin du Luxembourg, crée en 1612, à la demande de Marie de Médicis, était situé en bordure de Saint-Germain-des-Prés et du Quartier Latin. Malgré le nombre des années, il était inchangé dans ses grandes lignes et représentait parfaitement les jardins à la française. Avec ses belles allées ombragées, il permettait la promenade et la rêverie à n’importe quelle époque de l’année.
L’allée des philosophes, empruntée jadis par Rousseau et surtout la promenade des Soupirs, refuge éternel des amoureux, étaient toujours aussi populaires et n’avaient aujourd’hui, rien perdu de leur charme.
Eléonore connaissait parfaitement ce jardin pour y être venue elle-même de nombreuses fois pendant son adolescence et, lorsque le soleil était de la partie, rien n’était plus agréable que de s’asseoir, avec un bon roman, sur les fameuses petites chaises vertes à disposition un peu partout. Grâce à sa notoriété, la beauté de cet endroit était restée intacte au fil du temps.
D’après l’agent immobilier, qui souhaitait avant tout réaliser rapidement sa transaction, une telle opportunité dans ce quartier était très rare… Mais ce dernier ne lui apprenait rien et, malgré son prix exorbitant, sa réflexion fut de courte durée, Eléonore étant complètement tombée sous le charme des lieux.
Elle devrait amputer sérieusement le patrimoine légué par sa mère, mais qu’importe, elle allait avoir ce qu’elle désirait depuis si longtemps : habiter dans la rue de Médicis, en plein Quartier Latin !
***
Assise dans le vaste salon, sur son vieux pouf en cuir, qui l’avait fidèlement suivi dans chacun de ses déménagements, Eléonore passait consciencieusement en revue, les tâches indispensables qu’il lui faudrait entreprendre pour que cet appartement soit totalement à son goût. Elle devrait le moderniser avec une déco et des couleurs tendances, adopter un aménagement moderne tout en alliant design et élégance. Elle considérait la liste qu’elle avait faite, d’un air dubitatif. Etait-elle vraiment obligée de faire tout cela avant de reprendre son travail ? Non, ce n’était pas une obligation, l’appartement était vivable tel quel, mais sa maniaquerie l’emportait toujours.
Elle devait, en priorité, décoller l’horrible papier en relief bordeaux, agrémenté de petits angelots grassouillets et souriants, qui semblaient la narguer en permanence, et repeindre les murs. Relooker la cheminée en marbre et son imposant miroir, décaper le magnifique parquet en chêne, recouvert généreusement depuis des lustres, de plusieurs couches de cire brunâtre, puis le vitrifier. Il faudra ensuite rafraîchir les chambres, quant à la cuisine et la salle de bains, elles seraient son dernier challenge !
Eléonore ne disposait plus que d’une quinzaine de jours pour tout entreprendre avant d’occuper son nouveau poste, ensuite, tout deviendrait plus compliqué.
La grosse maison d’édition parisienne pour laquelle elle allait travailler l’accaparerait d’ici peu et les prochaines semaines s’annonçaient déjà chargées. Le Salon du livre avait lieu dans deux mois et la liste de ses lectures en suspens s’allongeait dangereusement. Les nouveautés littéraires, les rendez-vous avec la presse et les auteurs, les coups de fil toujours plus nombreux, à cette époque de l’année, ne lui laisseraient bientôt guère de répit et elle savait par expérience que l’ambiance au bureau se transformerait rapidement en une course effrénée dans laquelle elle se devrait d’être performante et en première ligne.
Elle avait déjà connu cela à New York, pendant ces trois ans, mais aujourd’hui les choses étaient différentes. Son stage outre-Atlantique, dans une maison mondialement connue, lui avait permis d’acquérir une certaine expérience et elle disposait à présent d’une notoriété professionnelle non négligeable et de nombreux contacts toujours forts utiles dans ce milieu.
Avec la rentrée littéraire qui se profilait à l’horizon et ses nombreuses relations, l’avenir pour elle s’annonçait prometteur. Dans l’immédiat, elle décida de ranger toute cette future effervescence dans un coin de sa tête et de profiter pleinement des quelques jours de liberté qu’il lui restait pour mener à bien sa tâche. Son but immédiat, étant de se consacrer, en priorité, à sa nouvelle installation. Très déterminée, Eléonore enfila sa panoplie de peintre : un vieux bas de jogging, un tee-shirt usé, sans oublier ses gants en caoutchouc et, après avoir attaché ses longs cheveux, elle les protégea d’une casquette et alla chercher son escabeau. Une fois le réservoir de sa décolleuse rempli, elle était prête à attaquer !
A la fin de la première journée, elle se félicita du travail effectué. Le papier mural du salon et de l’entrée avait disparu… bye-bye, les horribles angelots ! Le lessivage de la salle de bains était terminé et demain ce serait au tour de la cuisine et des deux chambres…
Lasse, Eléonore décida de s’octroyer une petite pose. Un verre de vin, voilà ce qu’il lui fallait. Elle plongea le nez dans les cartons éparpillés sur le sol de la cuisine afin de trouver un verre à pied et dénicha un coffret à l’intérieur duquel, une précieuse bouteille de vin rouge « Lafite 2011 », reposait sur son écrin de velours rouge. C’était un cadeau de Gary, un ex petit ami New-Yorkais. Elle l’ouvrit avec précaution et s’en servit un verre. Elle en but une gorgée, Gary ne s’était vraiment pas moqué d’elle !
— Santé et bonheur dans ma nouvelle demeure et merci à toi Gary, dit-elle en levant son verre, ton vin est une pure merveille !
Elle regarda sa montre : 17 h. Le jour déclinait peu à peu, elle avait le dos et les membres endoloris, alors elle décida d’arrêter. Il lui fallait encore nettoyer les outils, faire un peu de rangement avant de profiter, en solo, de sa soirée. Dans la foulée, elle saisit son Smartphone et composa le numéro d’un restaurant italien, près de chez elle, afin de se faire livrer une de leurs savoureuses pizzas.
Ce soir, elle n’avait pas le courage de sortir faire des provisions.
Eléonore aspirait plutôt à dîner au calme, et à se détendre en pyjama, devant un programme débile à la télévision avec un plateau-repas, certes pas très diététique, mais tout à fait approprié dans de telles circonstances.
Elle sortit sur son balcon et admira au loin, le ciel incandescent.
Le soleil, rouge orangé, avait entamé sa descente paresseuse sur la cime des arbres du somptueux jardin du Luxembourg qui, à cette heure, ressemblait à une véritable oasis de verdure. Le spectacle était superbe. Mon Dieu que Paris lui avait manqué !
Eléonore respira l’air du soir à plein poumons, ravie d’être là. Dans l’immédiat, son bonheur était total et, d’ici une petite demi-heure, elle serait confortablement installée devant son téléviseur, savourant, avec un plaisir indéfinissable, une savoureuse pizza aux quatre fromages, accompagnée d’un vin rouge d’exception !
L’eau à la bouche, elle se précipita dans la salle de bains pour y prendre une douche rapide et se changer avant l’arrivée du livreur…
***
Aussitôt couchée, Eléonore avait sombré, en quelques secondes, dans un sommeil lourd, profond et sans rêves. Elle avait dormi d’une traite, ce qui était relativement rare, sans doute la fatigue, due à sa récente installation et à ses travaux de peinture, devait y être pour beaucoup. Ce matin, elle venait de se réveiller, encore une fois trop tôt, et, depuis son lit, elle regardait la lumière pâle du jour filtrer à travers les rideaux de sa chambre. Sous la chaleur de sa couette, elle n’avait pas envie de bouger. Eléonore était contente d’être dans ce nouvel appartement, sans pour autant, pouvoir faire obstacle à cette terrible angoisse qui peu à peu l’habitait. C’était comme un trou béant, un vide impressionnant au-dessus duquel elle évoluait en permanence et où elle craignait de tomber à tout moment, car il n’y avait rien à faire et c’était à chaque fois la même chose : dès qu’il se passait un changement important dans sa vie, son bonheur laissait la place, quelques jours après, à un effroi sinistre. Elle examinait la rosace du plafond, juste au-dessus de son lit, en se demandant si ce déménagement, cette nouvelle vie qui démarrait pour elle, dans un nouveau lieu, avec un environnement professionnel différent et d’autres personnes à connaître, lui permettrait de se sentir cette fois-ci, pleinement comblée.
Rien n’était moins sûr…
Sa mère lui avait dit, maintes et maintes fois, qu’elle ne serait jamais heureuse car elle passait son temps à fuir, c’était vrai, sa mère avait toujours été avec elle très perspicace. Il lui était impossible de rester à un même endroit très longtemps. Après quelques mois, elle avait un besoin viscéral de tout quitter, les personnes qu’elle avait connues, celles qu’elle avait appréciées et celles qu’elle avait aimées, les hommes avec qui elle avait eu une simple aventure et ceux pour qui elle avait éprouvé des sentiments plus forts, sans pour autant se livrer entièrement. Elle devait aussitôt partir, changer de lieu, construire autre chose, ailleurs. Les objets, les amis, les amours, elle s’en était toujours lassée très vite, ayant énormément de mal à s’attacher à qui que ce soit, à quoi que ce soit et où que ce soit, elle était comme ça.
Ça ne l’empêchait pas de vivre, ça l’empêchait seulement d’être pleinement heureuse.
C’était une quête constante, une fuite en avant, sans but précis, mais qu’elle se devait d’entreprendre absolument, si elle voulait continuer à exister sur cette terre…
Que cherchait-elle au juste ?
Sans doute un endroit où elle se serait sentit enfin apaisée, rencontrer quelqu’un qui l’aurait comprise, écoutée, rassurée, quelqu’un qui lui aurait donné envie de poser ses valises et de s’installer définitivement. Un homme qu’elle aurait aimé, d’un amour exclusif et passionné, comme elle l’avait toujours secrètement souhaité. On disait d’elle qu’elle était jolie, intelligente, qu’elle avait une bonne situation, qu’elle était une femme de caractère très indépendante, ayant le goût de l’engagement dans tout ce qu’elle entreprenait. Cela l’avait toujours amusée, les gens la connaissaient si mal !
Eléonore n’était pas du tout celle qu’ils croyaient et elle n’était pas non plus celle qu’elle prétendait être. L’image qu’elle leur renvoyait était complètement erronée, très loin de la réalité. Elle avait aussi ses faiblesses, ses failles et elle était tout sauf cette personne si sûre d’elle que certains imaginaient. C’était quelqu’un d’instable, de vulnérable et de tourmenté, une femme torturée, en errance, n’ayant jamais trouvé son port d’attache, très loin de cette fille forte, ouverte et si indépendante que les gens se plaisaient à décrire.
Eléonore s’approcha de la fenêtre et admira au loin, le ciel parisien. Les premiers rayons du soleil caressaient la cime des arbres. Un jour nouveau, plein de promesses se levait. Elle se dirigea, d’un pas lent, vers la salle de bains et regarda quelques instants l’image que lui renvoyait le miroir. Elle n’avait pas la ligne mannequin : blonde grande, longiligne, non, elle avait plutôt des formes qui l’avaient toujours complexée et qu’elle aurait voulues moins généreuses. Elle avait de longs cheveux bruns, une peau mate et des grands yeux couleur noisette très expressifs. Eléonore ne passait jamais inaperçue et ce depuis son adolescence, alors qu’elle aurait préféré se fondre dans la masse.
Elle soupira devant son reflet, elle aussi avait bien du mal à reconnaître cette femme qui la regardait toute nue, chaque matin…
***
Jonathan était son voisin de palier.
Ils avaient fait connaissance quelque temps auparavant lors de l’installation d’Eléonore dans l’immeuble, un soir où une importante fuite d’eau chez elle, l’avait obligée à prévenir le voisinage en urgence avant l’arrivée du plombier.
Il n’y avait que deux appartements par palier et lorsqu’elle frappa à sa porte elle fut surprise de tomber sur un garçon jeune et très séduisant. Il lui ouvrit en peignoir, les cheveux mouillés, sortant visiblement de sa douche, parfaitement décontracté malgré sa tenue, et la dévisageant, sans aucune gêne.
— Bonsoir.
— Bonsoir, que puis-je pour vous ? lui demanda-t-il tout en continuant de s’essuyer les cheveux avec sa serviette.
— Je suis vraiment désolée de vous importuner à une heure pareille, mais je suis votre nouvelle voisine et je tenais à vous informer que j’ai une fuite d’eau dans ma cuisine que je n’arrive pas à colmater, j’ai appelé le plombier qui normalement ne devrait plus tarder, mais pour l’instant je ne sais pas quoi faire car l’eau continue de se propager un peu partout dans l’appartement et je crains le pire !
Elle avait parlé d’une traite, complètement affolée. Lui, semblait très à l’aise en l’écoutant et d’un calme hallucinant.
— Vous êtes toujours aussi paniquée ?
— Il y a de quoi, l’eau peut causer de sérieux dégâts !
— Attendez-moi une minute, je vais venir avec vous et nous allons couper votre arrivée d’eau tout simplement !
— C’est possible sans couper l’alimentation de tout l’immeuble ?
— Bien entendu.
— Ah… c’est super.
— Allons-y !
Il sourit, prit ses clefs, ferma sa porte et la suivit dans son appartement.
— Vous êtes dans l’immeuble depuis quand ?
— Je viens d’emménager, il y a de cela… une semaine environ.
— Une semaine… je savais que l’appartement avait été mis en vente, mais je ne vous avais encore jamais aperçue, ni même entendue !
— En fait, je sors très peu de chez moi en ce moment, j’ai pas mal de choses à faire dans l’appartement et je voudrais avancer les travaux de peinture avant la reprise de mon travail, prévue dans deux semaines.
Après avoir pataugé dans l’eau qui s’était généreusement répandue sur le carrelage, il chercha directement une trappe dans la cuisine, qu’elle n’avait, bien entendu, pas remarquée, trouva le robinet d’arrêt et stoppa immédiatement la fuite.
— Maintenant vous pouvez attendre le plombier en toute sérénité, enfin, il vous faudra éponger rapidement toute cette eau si vous ne voulez pas voir débouler votre voisin du dessous, c’est un véritable emmerdeur !
Elle ne pouvait s’empêcher de le dévisager, agréablement surprise par son charme et sa gentillesse.
— Je vous remercie infiniment.
— Il n’y a pas de quoi, je m’appelle Jonathan et vous ?
— Eléonore.
— Eléonore ?
— Oui… je sais… ça surprend toujours, c’était le prénom de ma grand-mère maternelle.
— Mais il est magnifique votre prénom et si peu commun !
— Vous pouvez le dire !
Il sourit, l’oeil pétillant de malice.
— Eléonore je suis ravi d’avoir fait votre connaissance, mais je dois vous abandonner. Je suis attendu…
— Je vous en prie.
— Je ne peux malheureusement pas vous aider dans l’immédiat, mais je vous propose de venir chez moi un de ces soirs, boire le verre de l’amitié et nous ferons plus ample connaissance, qu’en dîtes-vous ?
— Avec plaisir.
— Parfait, dit-il avec un sourire craquant.
Son regard s’attarda sur les pots de peinture alignés dans l’entrée.
— C’est vraiment vous qui faites toutes les peintures ?
— Oui.
— Vous êtes courageuse, vous permettez que j’y jette un eoil ?
— Je vous avertis : ce n’est pas terminé !
Il pénétra dans le salon, parfaitement à l’aise, en regardant tout autour de lui et visiblement impressionné.
— Beau travail… joli ce blanc… c’est très lumineux !
— Merci.
Eléonore l’observait en douce. Il avait un très beau visage, de magnifiques yeux verts et uniquement vêtu de son peignoir, avec ses cheveux bruns mouillés, il était sexy en diable !
— Je vous dis à bientôt, Eléonore, et félicitations !
— A bientôt et encore merci.
Il la gratifia d’un sourire enjôleur et sortit de l’appartement avec la même décontraction. Au moment de revenir dans le salon, elle vit la serviette de son voisin oubliée sur le dossier du canapé, mais on sonna aussitôt à sa porte.
— J’ai oublié ma serviette, Eléonore, et je voulais vous dire, si vous avez besoin de prendre une douche ou autre, vous pouvez venir sans problème chez moi, j’y suis la plupart du temps.
— Je vous remercie mais le plombier ne devrait plus tarder.
— Uniquement au cas où il ne viendrait pas ce soir, c’est une proposition amicale, vous ne pourrez pas rester sans eau si l’intervention tardait à se faire !
— C’est très gentil à vous mais…
— Ne soyez surtout pas gênée, bonne soirée.
— Bonne soirée.
Il n’y avait pas à dire, son jeune voisin était non seulement, sympathique, mais séduisant… extrêmement séduisant…
***
Ses congés étaient à présent terminés, ainsi que la peinture de l’appartement. Elle avait travaillé dur pour achever en temps et en heure l’objectif qu’elle s’était fixé. Elle admira fièrement le plafond impeccable, les murs et les superbes moulures d’origine recouvertes d’un blanc satiné immaculé, ce qui donnaient encore plus de luminosité et une impression d’espace dans la pièce. Le marbre de la cheminée avait été rénové, le parquet décapé et lasuré, ça avait été son plus gros chantier, mais le rendu était superbe.
Tout n’avait pas encore trouvé sa place, le temps lui avait manqué pour achever complètement son rangement et quelques cartons traînaient encore ici et là sur le sol, attendant d’être vidés. Il lui faudrait prospecter dans quelques magasins et trouver deux meubles de rangement supplémentaires, mais cela ne l’empêcherait pas de vivre et de bouger une fois qu’elle aurait repris son travail.
Ensuite, il ne lui resterait plus qu’à s’atteler à la décoration, pour rendre cet appartement plus personnel. Quelques posters dans des jolis cadres, une ou deux plantes, un beau tapis surdimensionné pour mettre en valeur son spacieux salon et le tour serait joué !
On sonna à sa porte. C’était son voisin. Jonathan affichait un look décontracté qui lui allait bien : jean taille basse et tee-shirt noir en V. Il avait un sourire éclatant et ses yeux étaient d’un vert magnétique…
— Bonjour Eléonore !
— Bonjour.
— Seriez-vous libre ce soir, j’organise une petite soirée entre amis et j’apprécierais beaucoup que vous soyez des nôtres ?
Malgré les courbatures, elle avait besoin de distraction, alors elle accepta l’invitation.
— Pourquoi pas !
— Génial ! Et cette peinture, elle est finie ?
— Oui, vous voulez voir ?
— Avec plaisir.
Il se dirigea vers le salon en regardant tout autour de lui.
Eléonore ne pouvait s’empêcher de le regarder, elle aimait sa façon de se déplacer, tout en souplesse, sa façon de s’habiller, simple et décontracté en jean, tee-shirt et Converses. Il faisait juvénile et moderne, avec sa silhouette élancée. Son regard était très doux, il pouvait donner l’impression d’une certaine fragilité, mais elle était certaine qu’il n’en était rien…
— Vous avez fait des merveilles, je suis stupéfait par votre travail. Cet appartement est très lumineux avec ces murs blancs… et le parquet est carrément méconnaissable… Vous verrez mon appartement ce soir, il est… différent, et beaucoup moins bien rangé, dit-il en souriant. Félicitations Eléonore, vous avez des doigts de fée, c’est magnifique !
— Merci, désirez-vous boire quelque chose Jonathan ?
— Un bon café, vous auriez ça ?
— J’ai ça !
— Alors c’est parti pour un café, sans sucre, il me faut ma dose de caféine pour être d’attaque !
Elle préparait le café dans la cuisine lorsqu’il surgit d’un seul coup derrière elle, la faisant sursauter.
— Vous m’avez fait une de ces peurs !
— Vous êtes beaucoup trop émotive Eléonore.
— Je sais…
— Vous vivrez seule dans cet appartement ?
— Oui, pourquoi ?
— C’est surprenant…
— Vous trouvez ?
— Oui… alors pas de petit copain ?
— Non, pas de petit copain !
Jonathan la regardait, l’air perplexe.
— Ravi de l’apprendre mais je trouve tout de même cela curieux…
— C’est vous qui êtes curieux ! Tenez, asseyez-vous et buvons ce café !
— Et si on se tutoyait ?
— D’accord.
— Que fais-tu dans la vie ?
— Je travaille dans l’édition.
— Génial, j’adore lire, tu pourras me conseiller !
— Avec plaisir.
— Eléonore, je sens qu’on va bien s’entendre tous les deux et sans vouloir paraître indiscret, tu as quel âge ?
— 26 ans.
— Et moi 29 ans, tu me dois donc allégeance !
— Je tacherai de m’en souvenir.
Il buvait son café sans cesser de la dévisager, avec une certaine insistance.
— Quoi ? finit-elle par lui demander.
— Tu es magnifique et j’aimerais faire quelques portraits de toi… Elle sentit aussitôt le rouge lui monter aux joues.
— J’ai horreur d’être prise en photo !
— Tu ne dois pas rougir, je suis sincère et en plus, c’est mon métier, je suis photographe !
— Ah !
— Ça te dirait de poser pour moi, un de ces jours ?
— Je crains que ce ne soit pas une bonne idée, je ne suis pas photogénique.
— Je ne suis pas d’accord avec toi, tu as quelque chose de particulier, quelque chose de fascinant dans le regard…
— C’est la première fois qu’on me dit ça !
— Normal, c’est moi le photographe, les autres ne voient rien !
— Je serais un très mauvais modèle.
— Je n’en crois pas un mot… j’aimerais beaucoup capturer cette tristesse que tu as au fond des yeux.
— Mais je ne suis pas triste !
— Triste ou tourmentée, où les deux à la fois, je ne sais pas très bien encore, mais j’apprendrai à te connaître… si tu le veux bien… J’aimerais percer un jour le secret que cachent ces jolis yeux…
Elle le regarda, troublée par ce qu’il venait de lui dire et il continuait à soutenir son regard, comme s’il voulait lire le fond de ses pensées. Cette idée la mit aussitôt très mal à l’aise et le pouvoir envoûtant de son regard, la fit frissonner au plus profond d’elle-même ; elle baissa les yeux.
— J’adore quand tu rougis… bon, je dois y aller, merci pour le café et à ce soir, vers 19 h.
— Parfait, je serai là.
— Mais j’y compte bien !
Au moment de sortir, il se retourna et spontanément l’embrassa sur la joue.
— C’est normal, on est copains à présent non ?
Elle aima son parfum et elle frissonna au contact de ses lèvres sur sa joue. A partir de ce jour, Eléonore et son voisin de palier, Jonathan Ray, devinrent inséparables.
Au fil du temps, leur complicité était évidente et ils s’entendaient à merveille. Bien que Jonathan eût aimé, donner une orientation un peu plus intime à leur relation, Eléonore lui avait fait comprendre, non sans mal, qu’il serait préférable qu’ils restent uniquement bons amis.
A cette époque-là, elle tenait, avant tout, à son indépendance et son besoin de liberté était si grand, qu’elle ne l’aurait sacrifié pour rien au monde…
***
L’appartement de Jonathan était effectivement différent du sien, plus grand, avec une enfilade de petites pièces, surchargées de meubles et de bibelots de toutes sortes. Des étagères dégoulinant de livres et de statuettes, quelques objets d’art, qui, d’après elle, n’étaient pas suffisamment mis en valeur. Les murs étaient remplis de cadres avec des photos, probablement les siennes, dont certaines vraiment très réussies. Dans l’entrée, de magnifiques portraits d’inconnus, en noir et blanc, des paysages sublimes, des fleurs rares, des oiseaux aux plumages extraordinaires, des photos insolites de rues obscures et inquiétantes, de forêts, de mer déchaînée et de ciel tourmenté tout pour lui semblait être source d’inspiration. Il prouvait, avec ces clichés, souvent très originaux, l’excellence de son savoir-faire et toute la richesse de sa créativité…
— Tu aimes mes photos ?
— Beaucoup.
— On me dit souvent qu’elles sont sombres, empreintes d’une certaine tristesse, un peu comme tes yeux, lorsque je te regarde, c’est pour cela que j’ai à coeur de te photographier.
Eléonore ne comprenait pas très bien pourquoi il tenait tant à la prendre en photo, en fait, elle détestait poser. Elle ne s’était jamais sentie assez détachée par rapport à son image, pour se regarder ensuite, immortalisée sur du papier glacé. Et puis les photos personnelles, posées sur les meubles ou les étagères comme des reliques, ce n’était pas son truc. Jonathan lui prit la main et l’entraîna au milieu du salon où il demanda, aux personnes présentes de faire le silence. Tout le monde se tourna vers eux, curieux de savoir ce que Jonathan allait leur annoncer et se demandant qui pouvait être cette inconnue qu’il tenait par la main.
— Je vous présente Eléonore, ma nouvelle voisine de palier, alors soyez « cools » avec elle et mettez-la à l’aise, j’y tiens personnellement !
Puis il passa son bras par-dessus son épaule, dans un élan très protecteur.
Ses amis, dont quelques-uns étaient déjà bien éméchés, s’approchèrent pour la saluer à tour de rôle en la pressant de questions, sur sa vie, son métier et, en quelques minutes, elle s’intégra au groupe, sans aucune difficulté.
Eléonore ne regretta pas d’être venue car elle passa une merveilleuse soirée en leur compagnie. Elle observait tout ce petit monde, rire, boire, fumer, manger et commença à se détendre à son tour. Ils avaient l’air si heureux d’être là, ensemble, et elle avait vraiment besoin de voir des gens heureux…
Quelques filles, en admiration devant Jonathan, voulaient tout savoir sur les fameuses soirées qu’il passait dans le monde du « showbiz », et lui semblait intarissable sur le sujet. C’était un oiseau de nuit, fasciné par ce monde parallèle, éphémère et artificiel, aimant faire la fête et toujours curieux de nouvelles aventures. Jonathan aimait se trouver constamment sur le fil du rasoir, poussant, toujours plus loin, ses propres limites et, par la même occasion, celles des autres.
Son carnet de bord était bien rempli et il se trouvait souvent invité à certaines soirées… très privées. Les femmes, la nuit et la ville étaient son terrain de jeu favori et les jeunes filles présentes, curieuses et avides de sensations, insistaient pour connaître les derniers potins du roi de la nuit. Avec son charme et son magnétisme, Jonathan était du genre à attirer tous les regards. Eléonore l’écoutait parler et répondre patiemment à chacune d’entre elles. Il avait une voix douce, bien timbrée et semblait si passionné par ce qu’il racontait que l’on ne pouvait que l’écouter et être admiratif devant un tel enthousiasme.
Les filles présentes semblaient éblouies… et elle avec…
Elle n’était pas la seule à le trouver craquant : deux amies à lui, étaient suspendues à ses lèvres, surtout une petite blonde pour qui Jonathan semblait avoir, un intérêt tout particulier. Pendant un court instant, elle les observa discrètement tous les deux, discuter et rire, puis le regard de Jonathan croisa le sien. Il lui fit un clin d’oeil complice avant d’embrasser à pleine bouche la jolie blonde, qui, en fait, n’attendait que cela depuis un bon moment. Il la regarda à nouveau et lui adressa un sourire aussi charmeur qu’enfantin, Eléonore comprit que son choix était fait : ce soir, il ne dormirait pas seul…
Au cours de la soirée, Jonathan vint la voir plusieurs fois.
Il voulait savoir si elle ne s’ennuyait pas, si elle ne manquait de rien, si elle avait suffisamment à boire et à manger et puis soudain, il disparut… Machinalement, Eléonore chercha des yeux la petite blonde avec qui il semblait si proche, mais tous les deux avaient réussi à s’éclipser en douce.
— Ne cherchez pas Jonathan, il est en mains !
Elle rougit, gênée comme une enfant qui venait d’être prise en flagrant délit.
— Mais qui vous dit que je le cherche ?
— J’avais cru… en règle générale toutes les filles cherchent Jonathan et il ne termine jamais la nuit seul.
— Tant mieux pour lui !
— Eléonore, je crois ?
— Oui, c’est exactement ça.
— Moi, c’est Oscar, vous me plaisez beaucoup, vous êtes très jolie.
— Enchantée, Oscar, et merci pour le compliment.
— C’est sincère, vous connaissez Jonathan depuis peu, si j’ai bien compris ?
— Oui en effet.
— Vous le connaîtrez mieux assez rapidement, vous verrez…
Elle se demanda où il voulait en venir car Oscar ne paraissait pas au mieux de sa forme, il semblait complètement « stone ».
— Ça vous dirait de finir la nuit avec moi ?
— Je ne pense pas, non.
— J’aime votre franchise, même si elle me fait mal. Je sais, vous aussi vous préférez Jonathan… toutes les filles préfèrent Jonathan… et lui papillonne… de l’une à l’autre… butine, se délecte de leur nectar, sans jamais se poser sur l’une d’elle…
— C’est très poétique !
— Et tellement vrai…
Quitte à choisir elle aurait préféré finir la nuit dans les bras de Jonathan sans aucune hésitation, mais dans l’immédiat elle devait faire quelque chose pour cet homme qui tenait à peine debout !
— Je crois que vous avez surtout besoin de vous reposer.
— Seul ?
— Oui, seul !
— Non, je crois que c’est d’une femme comme vous dont j’ai besoin, dit-il en lui prenant la main.
Il sentait l’alcool et le tabac et se dandinait dangereusement.
— Je vais chercher ma voiture et je vous emmène dans la nuit parisienne, Eléonore, on va s’éclater tous les deux jusqu’au petit matin !
C’était déjà le petit matin…
— En attendant, allongez-vous ici et prenez un peu de repos avant de repartir, vous n’êtes pas en état de conduire !
— Allongez-vous à mes côtés Eléonore.
— Ce ne serait pas raisonnable de ma part.
— Auriez-vous peur de céder à la tentation ?
— Aucun risque !
— Que vous êtes blessante mademoiselle, mais je peux vous prouver que je suis en pleine forme Eléo… nore. Qu’est-ce que vous en dîtes ? dit-il en se redressant avec difficulté.
— C’est votre but… me séduire Oscar ?
— Bien sûr.
— Je vous trouve encore assez lucide finalement, malgré votre état !
— Quel état ?
— Vous tenez à peine debout !
— Ne soyez pas désobligeante Eléonore et partons ensemble, murmura-t-il à son oreille.
— Une autre fois.
— Une autre fois… je n’oublierai pas cette promesse, j’ai une très bonne mémoire…
— Je n’en doute pas un seul instant. En attendant appuyez-vous sur moi.
— Hum… j’adore votre parfum Eléonore… rose et jasmin ?
Elle aida Oscar à s’allonger sur le canapé, non sans difficulté et après lui avoir retiré ses boots et ses lunettes, elle le recouvrit d’un plaid. Oscar murmura quelque chose d’inaudible et se mit aussitôt à ronfler, le nez dans les coussins…
***
Eléonore se réveilla le lendemain matin, avec une migraine carabinée. Elle n’était plus habituée à boire de l’alcool pendant toute une nuit, dans une atmosphère plombée par la fumée et le bruit, comme lorsqu’elle était étudiante.Et quelque chose lui disait que les cigarettes de certains des invités de Jonathan, ne contenaient pas que des feuilles de tabac. Non seulement elle avait le crâne en compote, mais son estomac avait également été mis à rude épreuve. La journée s’annonçait difficile !
Même la faible lumière qui éclairait sa chambre lui faisait mal aux yeux. Elle se leva péniblement et se traîna jusqu’à la cuisine. Pour commencer, il lui fallait boire un grand verre d’eau fraîche avec un comprimé d’aspirine. Puis, toujours en mode « zombie », elle se dirigea vers la salle de bains, attacha ses longs cheveux, laissa tomber sa nuisette au sol et pris une longue douche bouillante. Elle avait des nausées et la bouche pâteuse. Le miroir lui renvoya son image, pas très flatteuse. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu la « gueule de bois », la dernière fois étant sa soirée d’adieu passée avec Gary à New York la veille de son départ pour Paris. Gary était un amateur de bons vins, de femmes et un joyeux fêtard…
Elle avait mis deux jours à s’en remettre !
Eléonore enfila un tee-shirt « over size » et un shorty, on était dimanche et elle n’avait pas l’intention de s’habiller tout de suite. Elle devait avant tout se reposer et récupérer de sa soirée trop arrosée. Elle se prépara un thé à la bergamote et citron pour digérer et alluma la télévision en sourdine afin d’écouter les informations du jour. C’est alors qu’on sonna à sa porte. C’était Jonathan, en jean et tee-shirt, nu-pieds, cheveux hirsutes et mouillés, avec des yeux encore gonflés par le manque de sommeil.
Lui non plus ne semblait pas au mieux de sa forme.
— Bonjour voisine !
— Bonjour Jonathan, tu as une mine… radieuse.
— Tu trouves ? Pourtant j’ai baisé jusqu’au petit matin !
Elle ne put s’empêcher de sourire en l’écoutant parler avec une telle désinvolture.
— Ça ne se voit pas.
— Peut-être, mais moi je le sens, je suis lessivé, dit-il en baillant.
— Tu viens de te réveiller ?
— Oui, le temps de prendre une douche… Remarque, tu n’as pas l’air mieux que moi !
— J’ai très mal à la tête ce matin et j’ai l’estomac en vrac.
— Je croyais que toi aussi, tu avais passé ta nuit à b…
— Non, moi, j’ai simplement trop bu !
— C’est tout ?
— Oui, c’est tout…
— Mais tu as aimé la soirée tout de même ?
— Evidemment, c’était génial !
— Certains de mes amis t’ont trouvé sympa et… très belle aussi.
Elle esquissa un sourire en coin.
— Que puis-je pour toi ?
— Oh, excuse-moi, je n’ai plus de café en poudre, pourrais-tu me dépanner ?
— Oui, suis-moi.
— Tu sais que tu es super sexy en tee-shirt, sans rien dessous, dit-il en lorgnant sur sa poitrine.
— Mais comment…
— Tes seins, ils pointent et c’est très joli !
