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Jean de La Brète, pseudonyme d’Alice Cherbonnel, est née à Saumur en 1858 et décédée à Breuil-Bellay (Maine-et-Loire) en 1945. Elle a écrit de nombreux romans pour jeunes filles et connut le succès avec Mon oncle et mon curé (1889). Couronné par l’Académie française (prix Montyon) et constamment réédité jusqu’en 1965, ce roman est porté à l’écran en 1938 par Pierre Caron, avec Pauline Carton.
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Veröffentlichungsjahr: 2016
Aimer quand même
Jean de la Brète
I
Bernard Cébronne, fils d’un chirurgien qui avait eu ses heures de célébrité, et lui-même médecin éminent, traversait un soir de mai le jardin du Luxembourg. Absorbé dans une rêverie, il regardait distraitement les vieux arbres, témoins de tant de vieilles choses, les fleurs de printemps plantées à profusion dans les massifs, toutes les beautés nouvelles qui rajeunissaient les grandes allées.
C’était un de ces soirs doux et paisibles, où les promesses de la terre refleurie excitent les bons espoirs, calment les pensées douloureuses, où le bien semble émaner de la nature entière, où rien ne fait prévoir le mal.
Quelques promeneurs remarquaient la haute taille de M. Cébronne, son visage intelligent aux traits accentués, et peut-être se demandaient-ils quel était le sujet de sa méditation profonde.
La réponse leur eût été donnée si, le voyant s’arrêter devant des jacinthes magnifiques, ils l’avaient entendu murmurer : « Elle les aime... ces fleurs lui rappellent une époque heureuse de sa vie. Pauvre enfant ! »
Il s’assit sur un banc et s’absorba dans ses pensées jusqu’au moment où il se sentit frappé sur l’épaule.
– Ah ! c’est toi enfin, Henri ! Il y a une demi-heure que je t’attends, dit-il au nouveau venu en lui serrant la main.
L’ami, qui venait de le rejoindre, contrastait avec lui de la façon la plus complète. De taille moyenne, élégante, il n’avait pas cette apparence de force qui frappait chez M. Cébronne. Avec son visage fin, terminé par une barbe en pointe, il ressemblait, moins l’expression d’astuce et de libertinage, aux portraits d’hommes peints à l’époque des Valois.
De vieille famille parlementaire, avocat de talent, M. des Jonchères était lié depuis son enfance avec le docteur Cébronne.
– Quoi ! c’est toi qui rêves si profondément, Bernard ?
– Je rêve, oui ! Cela t’étonne chez un homme de travail et d’action.
– Non, rien ne m’étonne d’une nature comme la tienne... Je soupçonne depuis longtemps que tu es amoureux, mais comme, évidemment, tu désirais cacher tes sentiments, je n’ai pas questionné... L’heure des confidences est-elle venue ?
– Elle est venue... Voilà pourquoi je t’ai prié de me rejoindre ici.
– Eh bien ?
– Eh bien, dit M. Cébronne, passant son bras sous celui de son ami et marchant lentement avec lui, eh bien, dans une heure j’aurai demandé la main de Mlle Gertrude Deplémont.
– Deplémont ? répéta M. des Jonchères, je ne vois pas ce nom dans tes relations.
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