Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Ce livre qui oscille entre poésie et prose n'est pas un journal intime mais plutôt un album photo où chaque texte est un instantané de l'état d'esprit de l'auteur. L'intention est le plus souvent poétique. Au détour, on y rencontrera aussi humour et dérision.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 125
Veröffentlichungsjahr: 2019
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
À toutes les personnes qui ont un jour influencé la course
de mon existence en me prêtant leur souffle
Cet ouvrage est un recueil de courts textes, de petits essais, de réflexions, de poèmes évoluant sur la frontière ténue, si tant est qu’il y en ait une, entre prose et poésie. Chacun d’eux constitue un instantané de mon état d’esprit à un moment donné de ma vie. J’ouvre un album photo où il n’y a pas d’image, au sens strict, mais seulement celles créées par l’alchimie de mes mots.
Dans un souci de clarté, j’ai organisé ce recueil en plusieurs parties au sein desquelles mes écrits sont classés de façon à peu près chronologique. Cette chronologie est celle des dates de création des textes eux-mêmes. Comme on décrit une photo en disant « là, j’avais 20 ans », j’ai précisé mon âge en en-tête de chaque texte afin de suivre plus facilement le fil du temps de mes préoccupations et de mon écriture.
Dans cette succession se télescopent des éléments autobiographiques et d’autres purement issus de mon imagination ; un peu comme dans nos rêves endormis où notre rapport à la réalité vacille. Dans ce jeu de labyrinthe, se succèdent images de synthèse et émulsions photographiques. Ma seule quête est de prolonger les reflets dans les miroirs, persistance rétinienne où rien ne vieillit.
Ces pages survolent près de 40 ans de ma vie où, de temps en temps, je prends la plume pour pleurer, crier, aimer, me révolter, exister… m’envoler.
La création a toujours été pour moi un besoin vital comme respirer même si j’ai eu parfois des périodes d’apnée plus ou moins longues. Créer pour me souvenir… me souvenir de moi, de l’intérieur, comme une radiographie dont la transparence révèlerait mes rêves, mes obsessions, mes espoirs et ma vision du monde à l’instant où mes mots se sont posés sur le papier.
J’ai libéré l’encre et je suis parti à ma découverte.
« L’horaire du vide » est une trilogie intimiste, menée un peu comme un journal où je m’éveille progressivement à l’écriture, aux autres, à l’amour… à la vie.
Du premier volet « Prince désarçonné » commencé à l’âge de 15 ans, je n’ai gardé que quelques morceaux choisis, ceux qui sont les moins égocentriques. Je quittais douloureusement l’enfance pour une adolescence taciturne et ténébreuse. Je ne renie pas pour autant l’écorché vif que j’étais alors, en dedans, et qui m’a construit. D’ailleurs des réminiscences mélancoliques surgissent de temps en temps dans mes textes, comme un volcan jamais éteint dont la lave vient parfois déborder, brûlante et rougeoyante, de sa bouche.
Dans le deuxième volet « Le chemin de l’Aube », je décortique mon affect dans des textes où la rime est rare, mais dont l’intention se veut poétique. J’y dévoile mes doutes, mes désirs, mes peines, mes indignations, ma mélancolie, mon romantisme exacerbé. J’aborde, souvent dans des envolées lyriques et quelquefois avec redondance, des thèmes comme la beauté, la sensualité, la paternité, la liberté, la guerre, la solitude et ses contraires. Dans ce décor, le rêve est omniprésent et les regards, obsessionnels.
Le troisième volet « D’amour et deux vies » est un aboutissement, le tremplin définitif à ma vie d’adulte. Je m’épanche sur mes bonheurs et saigne de mes tristesses.
Métaphore et oxymore sont mes compagnons de route tout au long de ce parcours poétique dont les étapes se terminent très souvent par des points de suspension, déposés comme des points d’orgue pour prolonger le ton de ma réflexion… ou son silence grandiloquent.
17 ans
La Guerre
La guerre, de son voile noir, a recouvert le monde d’un linceul.
La paix a déchiré à quelques endroits cet habit lugubre.
La guerre, bonne couturière, a recousu ce drap d’un fil dur arraché aux cieux noirs de l’enfer.
La paix, de ses ciseaux fragiles, a coupé de petits lambeaux de cette étoffe épaisse de suie.
Le fil et les ciseaux se battent depuis l’aube des jours. Le fil est long, les ciseaux sont petits, fins, mais dorés.
Un bras qui sort d’un brouillard dense se tend dans le vide, dressé vers l’inaccessible. L’espoir est son muscle.
J’entends derrière cette vitre de brume métallique des cris, des pleurs. Le sang hurle de toute sa rougeur tandis que le brouillard se transforme en une fumée noire, épaisse, nauséabonde.
Des feux s’allument, des vies s’éteignent. La nuit illuminée ne peut dissimuler cette vérité. Le jour, quoique plein de soleils embrasés, se lève sans se lever vraiment.
Où est l’amour ? Où est l’amitié, la fraternité, la sincérité ? Je ne vois que la haine injustifiée de deux hommes qui ne se connaissent pas et pourtant se détestent à mourir.
Où sont ces deux mains qui se joignent ? Je ne vois que des poings levés ou brandissant des engins de mort. Le fanatisme a affûté la haine. Tranchante, cinglante, elle frappe. Le sang crie, les enfants pleurent et meurent de faim, de froid… de ne plus être aimés.
La paix, près de la cheminée, entourée de ses enfants, attend son compagnon, l’homme. Qu’elle est belle ! Ses cheveux blonds scintillent de mille éclats divins. Ses yeux bleu-vert réchauffent et illuminent l’humble maison comme un sapin de Noël dans un cœur d’enfant. Mais son compagnon ne rentrera pas ce soir. Il trompe sa déesse. Il fait l’amour à la guerre.
Les enfants et la femme pleurent cette absence. Que ce foyer aurait été chaud et parfumé de bonheur s’il était rentré. Il se serait assis près de sa femme, en face de la cheminée, et après l’avoir embrassée, il aurait posé sa tête sur son épaule et aurait été heureux. L’éclat des flammes dans les yeux, il lui aurait dit : « je suis si bien près de toi » ou tout simplement : « je t’aime ». Les enfants auraient contemplé silencieusement ces amoureux et d’un sourire complice, auraient allumé leurs visages.
Rentre homme ! Elle ne t’en voudra pas d’avoir hésité. Rentre pendant qu’il en est encore temps ! Elle t’aimera d’autant plus qu’elle voudra se rendre digne de ton choix. Ne cherche pas un bonheur plus matériel, plus charnel ! Ce bonheur est si dérisoire, si éphémère. Regarde celui que t’offre ta compagne : un bonheur paisible, simple et doux ! La haine ne vaut rien. L’amour seul doit te guider ; il est le chien de l’aveugle.
Pense aussi à tes enfants à qui tu n’as pas raconté de jolis contes, ce soir. Tu n’as pas le droit de les faire souffrir, de les faire pleurer par pur égoïsme. L’amour, la guerre ne sont pas des jeux. L’un tue, l’autre fait battre ton cœur : il te fait vivre.
Regarde au fond de toi, au plus profond de toi-même jusqu'à ce que tu te sentes vide, si vide… et là, tu sauras !
17 ans
La Vie
La vie est cette ombre qui nous accompagne et qui, suivant l’orientation de notre astre solaire, nous entraîne ou se laisse traîner.
La vie est une rose, pas souvent très rose, qui s’épanouit, parfois nous enivre, souvent nous pique, puis fane.
La vie est l’être aimé. Jeune, il défit le monde de ses yeux clairs, d’un bleu pur sans nuage. Il peut ensuite devenir cruel et même, à la fin, infidèle et nous quitter.
La vie est une histoire d’amour qui se termine toujours par un drame. La passion se conjugue aussi au passé…
17 ans
Aujourd’hui c’est le printemps et pourtant il neige.
Un ange est mort ! C’était un bébé qui était, paraît-il, fort et respirait la joie de vivre. Cependant le temps n’a pas voulu de lui. Il tendait la main au printemps. Celui-ci, déguisé en hiver, l’a abandonné. Les saisons luttent entre elles : ce que l’hiver lui avait donné, le printemps l’a volé. C’est peut-être pour cela qu’il neige. Quelle injustice ! Voler à des parents leur enfant de trois mois, leur voler leur bonheur, leur espoir et ne leur laisser que le chagrin, l’abandon, la solitude au sein d’une société indifférente. Seuls devant la mort, seuls face à leur souffrance !
Ô nature, serais-tu aussi cruelle, aussi lâche ?
Que devient la foi si les anges meurent ?
Ô nature, lui as-tu ôté la vie parce que son unique défaut était d’être… un enfant. Oui, ce n’était qu’un petit être innocent, pur, dont le visage souriait à la vie comme une fleur sourit au soleil.
Tombe la neige ! Recouvre tout ! Cache derrière ton soleil blanc les malheurs et les maux qui ne quittent jamais les hommes. Oui neige, fais cela pour moi ! Cache-moi les réalités d’un monde sans cœur ! Et quand neige tu mourras, épargne mes yeux ! Quand ton sang pâle coulera, fais qu’aucun autre sang, qu’aucune larme ne s’y mêle ! Fais que ton sang soit le dernier à couler dans les veines de cette terre… !
17 ans
Quand l’amour et la foi sont, rien n’est destructible. Les bombes tombent même sur les églises.
Éclats d’amour
Ils se faisaient face. Elle tenait une grenade à la main. Lui, essayait de la dissuader de tout faire sauter.
Ils s’étaient vus quelquefois auparavant et éprouvaient une attirance l’un envers l’autre. Elle, c’était une idéaliste dont le terrorisme était devenu son moyen d’expression. Lui était résigné depuis longtemps. Il rejetait la violence.
Elle avait peur. Elle se sentait forte. Il lui expliqua que sa lutte était finie, qu’elle pouvait encore s’en sortir. Elle avait les yeux qui brillaient.
« Qu’avez-vous à m’offrir dans cette société pourrie ? », lança-t-elle comme un ultimatum.
Parfois, alors que le silence devrait être, des mots viennent et brisent tout : des mots fourbes, des mots fatals. Il lui dit qu’elle n’agissait que pour son propre compte, par pur égoïsme.
Ces mots barbelés lui déchirèrent le cœur, ses yeux s’embuèrent. Elle ouvrit sa main lentement : « Salaud ! ». La grenade dégoupillée tomba à ses pieds. Elle voyait clair à présent : il n’avait pas tort, mais elle refusait d’abandonner, d’ailleurs il était trop tard.
L’homme, d’un geste vif, poussa du pied la grenade de l’autre côté de la pièce et s’accroupit. Il lui ordonna de s’allonger. Au lieu de cela, elle se jeta dans ses bras. Pour le protéger.
Ils s’aimèrent ainsi une fraction de seconde. La grenade explosa. Un éclat la toucha au dos. Elle se cambra un peu sous la douleur. Un léger cri sortit de ses lèvres rouges. Cri de souffrance, cri d’amour. Sa tête tomba doucement, délicatement sur l’épaule de l’homme.
Elle mourut dans ses bras. Une larme coula sur la joue de l’homme, une larme pour ce bonheur fugace. Il avait aimé et avait été aimé dans cet instant. Il avait ressenti la force de son étreinte au plus profond de lui-même. Il prononça son prénom comme on dit « je t’aime ». Il sentait son propre cœur battre péniblement. Il aurait voulu qu’il puisse battre pour deux. Sa main caressa ses cheveux. Il pleura son prénom. Son ange révolutionnaire s’était définitivement envolé.
Par la suite, il n’aima plus personne comme il avait aimé cette femme. L’amour unit deux êtres même lorsque la mort les sépare…
18 ans
Prince désarçonné
Je ne suis pas allé en classe aujourd’hui. Il faisait trop noir sur ma vie. Une journée pour me retrouver. J’ai cherché, creusé au fond de moi, je n’ai rien vu qui me ressemble, qui soit moi, seulement des pièces à assembler.
Je suis perdu. Je suis resté dans cette petite chambre, seul. Mais il me fallait sortir, avoir froid. Alors je suis sorti, enveloppé de mon épais manteau. Mais mes yeux avaient tiré leurs rideaux, je n’ai rien vu, à part moi, du dedans, comme dans cette petite chambre seule.
Mes yeux ont pourtant entrouvert leurs paupières lorsque j’ai senti la douce odeur du petit parc et lorsque j’ai entendu les petits enfants de l’école maternelle jouer. À cet instant, ma bouche s’est tordue. Sourire ? Puis l’ombre s’est refaite : nuées de regrets ardents cachant un soleil qui n’existe pas, qui n’existe plus.
Pauvre petit prisonnier de l’enfer
Prince désarçonné n’est plus que serf enchaîné
Visage d’enfant oublié ne sachant plus sourire
Amant de la nuit
Corps ayant la nausée du jour
Laisse des yeux clos sur ses pleurs
Âme fouettée
Traînée sur des barbelés
Tempêtes effrénées
De regrets pénétrant
Jusqu’au sang
Un esprit agonisant
Immense sablier s’écoulant sur mon corps
Sablier devenant sables mouvants
Le temps est une épée qui me traverse doucement
Nostalgie du passé
Avenir enneigé
Tu es désespoir
Mélancolie perdue ne t’adoucira pas ce soir
Mer de pétrole noir
Je me noie dans mes pensées
Au fond est ma douleur
Je tends un bras vers des cieux absents
J’ai besoin de moi
Pas de cet individu dans la glace
Qui ne me ressemble en rien
J’ai besoin d’amour
J’ai besoin de mes yeux dans un autre regard
Pour ne plus voyager seul dans mes pensées
J’ai besoin de ma bouche sur des lèvres douces
Pour respirer l’air d’une autre poitrine
Où un cœur battant me dirait :
Réveille-toi ! Défends-toi !
Passe à travers ce miroir fêlé !
N’aie pas peur des coupures !
Et lorsque tu seras de l’autre côté
Ton sang, signe de vie, sourira
Tristesse ! Que tu sois poème ou prose, tu débordes de mon besoin d’amour. Amputé de l’enfance, j’attends cette fille pour illuminer ma vie.
Doigts jaunis par le souci que je disperse en fumées, je fais les cents pas en prenant bien soin de ne pas piétiner mon rêve.
18 ans
Hommage
Sur une île, vivait un couple de petits vieux.
Puis un jour, la vie de la petite vieille s’est effacée. Maintenant, ses yeux ne voient plus le ciel, le soleil et les étoiles. Elle n’entend plus les vagues mourir et renaître. Elle ne sent plus le parfum salé du vent. Elle ne touchera plus ses fleurs qu’elle soignait avec tant de passion.
Ils se plaisaient à nous raconter leur jeunesse. Parfois, ils s’enflammaient comme des enfants. Mais le temps passe et ne trompe pas les vieux. Ils savaient qu’un jour, leurs chemins qui ne faisaient qu’un depuis bien longtemps se sépareraient, que leur histoire aurait une fin, qu’il leur faudrait tout oublier.
Aujourd’hui, le vieil homme reste seul avec ses souvenirs.
La vie s’efface, comme un nom gravé sur le sable mouillé, que la marée montante engloutit.
18 ans
Le bonheur surgit rarement du présent mais souvent de son souvenir.
D’après Jules Renard
L’absence est à l’amour, ce que le vent est au feu. Si le feu est petit, il s’éteint ; s’il est grand, il se ravive.
D’après Roger Bussy-Rabutin
19 ans
Que devient le présent si le passé fait encore souffrir… ?
J’ai tant d’avenirs à oublier.
L’adolescence est la fin de l’imitation et le début de la création.
OU
19 ans
La montagne avait déchiré le ciel. Son sommet baignait dans un azur ocre. Déjà un pelage nocturne caressait mes yeux. Un voile mystérieux enveloppait les forêts funambules. J’allumais mes yeux. Des étoiles jaillissaient des flancs des montagnes. Les montagnes et les cieux se fondaient en nuit. Les lumières artificielles brûlaient mes yeux engourdis de sommeil.
Enfin, nous arrivâmes chez nos amis. Mes sensations, aiguisées par le voyage, me faisaient ressentir ces retrouvailles avec émotion. Ainsi l’amitié me berçait dans un doux rêve de fatigue. Dans un bonheur flou, le sommeil s’invita.
19 ans
Le lendemain matin, au réveil, suffoquant de bien être, j’ouvris une fenêtre. Le matin était pâle. Je fis glisser mes yeux sur le flanc enneigé d’une montagne. Je me sentais enivré de tant de beauté face à ce paysage inhabituel pour moi.
Mes promenades furent déroutantes. Mes yeux étaient si petits.
Horizon détrôné par les neiges éternelles.
Neiges éphémères nourrissant des torrents capricieux.
Chemins inattendus.
Forêts rebelles.
Glaciers aux reflets insolites.
…
Et nous nous resterons sur la Terre
Qui est quelquefois si jolie
Jacques Prévert(Paroles)
20 ans
La fleur de l’Amour
J’aimerais être le vent qui cambre tes cheveux
J’aimerais être musique pour mordiller tes oreilles
J’aimerais être ton souffle pour embraser tes mots
J’aimerais être le rouge pour embrasser tes lèvres
J’aimerais être le bas qui glisse sur ta jambe
J’aimerais être la nuit qui se blottit contre tes reins
J’aimerais être la sueur qui perle sur ton corps
J’aimerais être le frisson du désir qui soulève tes seins
J’aimerais être la chaleur du plaisir qui t’endort dansmes bras
