Amants de rois - Louise-Marie Libert - E-Book

Amants de rois E-Book

Louise-Marie Libert

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Beschreibung

Les amours de nos souverains ont déjà fait couler beaucoup d’encre : maitresses, épouses répudiées, mariages morganatiques, impuissance et peine à offrir à la couronne son héritier tant attendu...

Dans cet ouvrage, à la fois rigoureusement historique et décapant, Louise-Marie Libert se penche sur les amours interdites et... homosexuelles des grands souverains de l’Histoire.

Des pharaons à Soliman le Magnifique, en passant par les Grecs, les Romains et les empereurs chinois, s’appuyant sur des textes de l’époque, l’auteure dévoile l’intimité des grands noms de l’Histoire.

Saviez-vous que...

... Richard, Cœur de Lion, avait dû épouser une dame par obligation ?

... si Alexandre le Grand collectionnait les femmes, l’amour de sa vie restera à jamais Héphestion ?

... Henri III avait à sa cour bon nombre de mignons ?

... les souverains pontifes ne respectaient pas tous leur vœu de chasteté et, bien souvent, avec des hommes ?



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Veröffentlichungsjahr: 2020

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© Éditions Jourdan

Paris

http://www.editionsjourdan.fr

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ISBN : 978-2-39009-386-2 – EAN : 9782390093862

Toute reproduction ou adaptation d’un extrait quelconque de ce livre par quelque procédé que ce soit, et notamment par photocopie ou microfilm, est interdite sans autorisation écrite de l’éditeur.

Louise-Marie Libert

amantsde rois

à Pierre dont l’aide m’est si précieuse

CHAPITRE 1 : L’ANTIQUITÉ

MYSTÉRIEUSE ÉGYPTE PHARAONIQUE

L’époque hellénistique est riche en documents évoquant l’homosexualité des pharaons de la branche des Ptolémée1. En ce qui concerne les périodes antérieures allant de l’Ancien Empire à la Basse Époque, les textes sont peu explicites. En effet, avant les grandes découvertes archéologiques qui débutent à la fin du XVIIIe siècle et se poursuivent, avec ardeur, de nos jours, la principale source de renseignements sur l’Histoire de l’Égypte était une chronique rédigée par Manéthon qui avait « classé » les dynasties et les avait divisées en « périodes » de milliers d’années de civilisation.

Or Manéthon est un auteur « récent ». Il a vécu au IIIe siècle avant notre ère. Prêtre et auteur égyptien renommé, Manéthon écrivit, à la demande du pharaon Ptolémée II, une « chronique » de l’histoire des Égyptiens. Sa fonction sacerdotale lui donnait accès aux archives des pharaons et aux bibliothèques des temples contenant d’anciennes chroniques tout comme des récits légendaires. Il écrivit en grec, ce qui permit une large diffusion de son œuvre, par ailleurs toujours consultée actuellement et faisant encore, dans une certaine mesure, autorité.

Grâce à Champollion et à la pierre de Rosette, les égyptologues furent à même de déchiffrer les textes des mastabas et des autres sépultures royales et nobles. Grâce à cette nouvelle et riche source de renseignements, ils purent se faire une opinion plus personnelle de la personnalité des pharaons. De ces études, il ressort que très peu de pharaons furent homosexuels, soit que le fait restât ignoré, soit qu’il fût jugé comme banal ou, au contraire, comme un penchant à taire. Seuls deux pharaons semblent vraiment « impliqués » dans l’Histoire des princes gays : Pépi II (Ancien Empire) et Akhenaton (Nouvel Empire).

Qui sait ? Des éléments nouveaux peuvent encore surgir et modifier la perception des mœurs royales du pays du Nil.

Pépi II

Pharaon de la VIe dynastie, Pépi II peut être considéré comme un personnage historique devenu « légendaire ». Manéthon prétend qu’il vécut au moins centenaire, ce qui lui permit de régner pendant quatre-vingt-quatorze ans ! Il sera la dernière grande figure de l’Ancien Empire égyptien avant que le pays ne connaisse une période intermédiaire marquée par des années chaotiques. Son père Pépi Ier ayant disparu très jeune, Pépi II eut droit au trône vers -2246 et conserva le pouvoir jusqu’en -2152, fait pour le moins exceptionnel.

À l’évidence, son très jeune âge ne lui donnait pas la possibilité d’assumer immédiatement ses fonctions qui échurent à Ankhnesmérirê II, sa mère qui assura la régence pendant sa minorité. Elle fut aidée dans cette tâche par son frère, Djaou, déjà vizir depuis des années.

Si l’on en croit les inscriptions du tombeau de l’un de ses hauts fonctionnaires, Hirkhouf, Pépi II eut à cœur, tout au long de son règne, de développer le commerce. Hirkhouf, ainsi que d’autres « explorateurs », se virent confier la tâche de rechercher de nouvelles routes caravanières afin d’entrer en contact avec des régions lointaines riches en étain et en turquoise, matières très appréciées par les Égyptiens. D’après les hiéroglyphes décorant la tombe d’Hirkhouf, ce dernier captura même un malheureux pygmée afin de le ramener à la cour de Pépi II. Le pharaon lui avait manifesté, dans un long courrier, sa curiosité pour cette « petite personne ».

Comme beaucoup de pharaons, Pépi II entreprit très jeune la réalisation de son « royaume funéraire » et fit bâtir, à cet effet, un grand complexe dans le site de Saqqarah. Autour de sa sépulture, de nombreux dignitaires firent ériger leur propre mastaba afin d’accompagner leur souverain dans l’au-delà. L’identité des épouses de Pépi II reste relativement nébuleuse, mais il aurait au moins épousé l’une de ses sœurs et se serait aussi uni à l’une de ses tantes. Il appartient à un groupe très restreint de pharaons (avant l’arrivée des Ptolémée hellénistiques) qui furent homosexuels.

Un conte du Moyen Empire (malheureusement bien postérieur à l’époque de Pépi II) lui prête une étonnante « aventure » avec l’un de ses généraux. Une nuit, selon ce récit anonyme, Pépi II se rendit en grand secret dans la demeure de ce militaire de haut grade et, «Après que Sa Majesté eut fait ce qu’il désirait à son égard » il s’en retourna tout naturellement au palais. Le narrateur ne précise pas si cette visite fut unique, exceptionnelle ou répétitive. Aucune connotation morale n’apparaît dans ce récit.

Akhenaton

Les représentations du pharaon Akhenaton sont peu banales. Assez « classiques » au début de son règne, elles évoluent avec le temps, nous livrant l’image d’un souverain androgyne. Affirmation voulue et symbolique d’une nature bisexuelle ou image d’un être présentant des difformités morphologiques dues à une maladie endocrinienne ?

Fils de Tiyi et du roi Amenhotep III, Akhenaton régna de -1355 à -1338, d’abord sous le nom d’Amenhotep IV avant de transformer son nom en Akhenaton. Dégoûté de la puissance des prêtres d’Amon et d’autres dieux secondaires, ce pharaon mystique et poète se tourna essentiellement vers le culte d’Aton, l’une des formes de la divinité solaire qui domine tout le panthéon égyptien.

Critiqué par son monothéisme qui tranchait dans une société très dominée par les prêtres, le roi décida de créer, ex nihilo, une nouvelle capitale afin de délaisser Thèbes. Amarna surgit du désert. Akhenaton y vécut avec sa famille, c’est-à-dire son épouse, la très célèbre Néfertiti, et ses six filles dont deux semblent avoir été aussi ses épouses. La ville se peupla de disciples d’Aton, et de fonctionnaires royaux en grand nombre. Akhenaton crée aussi l’art amarnien où toute sa famille est symboliquement représentée avec des corps difformes et androgynes, à l’image du sien.

Après la mort du roi monothéiste, Amarna délaissée par sa population et les membres de la famille du pharaon connut une lente destruction. Il est remarquable qu’avant la mort d’Akhenaton, le nom de Néfertiti ait déjà disparu des textes amarniens.

Les liens familiaux d’Akhenaton avec Toutânkhamon (son successeur après une période de politique agitée) divisent les égyptologues. Pour les uns, le jeune roi de la célébrissime tombe creusée dans la vallée des Rois serait le demi-frère d’Akhenaton, pour d’autres son fils, né d’une concubine.

Mais le personnage le plus controversé de la vie d’Akhenaton est Smenkhkarê, qui fut son corégent à la fin de la période amarnienne. Lorsque Carter et Carnarvon ouvrirent la tombe de Toutânkhamon, ils découvrirent un extraordinaire mobilier funéraire. Parmi une foule d’objets les plus divers marqués du nom du très jeune pharaon, certaines pièces portaient des représentations figurées et les hiéroglyphes donnant à penser qu’ils avaient été extraits de la tombe de Smenkhkarê et transférés dans la tombe de Toutânkhamon pour une raison encore inconnue.

Parmi ces objets insolites se trouve une stèle, conservée à Berlin. On y voit, enlacés comme des amants, Akhenaton et Smenkhkarê, portant l’un la couronne de Basse-Égypte, l’autre celle de Haute-Égypte. Une autre représentation des deux personnages est assez parlante également puisqu’on peut y lire : « Smenkhkarê est aimé d’Akhenaton» et « Akhenaton est aimé de Smenkhkarê ».

Même si ces preuves peuvent paraître minces et laconiques, elles permettent de supposer que si les liens entre les deux hommes furent politiques, on ne peut exclure l’homosexualité du pharaon admirateur du dieu Aton.

En fait, bien des questions restent en suspens à propos d’Akhenaton, le plus controversé des pharaons.

1. En fait, la dynastie des Ptolémée n’est pas égyptienne de souche. Elle tient son nom de son fondateur, Ptolémée, général macédonien d’Alexandre le Grand et fils de Lagos. On appelle aussi cette dynastie d’origine grecque du nom de Lagide. Elle règne de 320 à 30 avant notre ère et impose un art et des mœurs hellénistiques.

La Bible : DAVID, ROI D’ISRAËL

Vie politique de David

Le règne de David se situe au Xe siècle avant notre ère. Sa vie nous est contée dans le premier livre de Samuel, le deuxième livre de Samuel et aux premiers chapitres du Premier Livre des Rois. David n’était qu’un jeune berger de la tribu de Juda, fils de Jessé, mais il avait des talents artistiques exceptionnels. Les qualités de David vinrent aux oreilles du roi Saül. Ce roi d’Israël, mélancolique, fit venir le jeune pâtre auprès de lui. Pour apaiser les humeurs de Saül, David lui jouait de la harpe et le charmait de sa voix juvénile puis il retournait garder ses moutons. Petit à petit, il devint indispensable à Saül qui l’invita à vivre dans son palais.

Personne n’ignore que ce bel adolescent tua Goliath, le géant philistin, avec une simple fronde ! Cet épisode de la vie de David (ou de sa légende) fut largement exploité par les artistes chrétiens pendant des siècles et le plus célèbre des « David » est sans conteste celui de Michel-Ange dont on connaît le goût prononcé pour les éphèbes.

Il semble que la mort de Goliath provoqua un premier rapprochement entre le jeune David et Jonathan, fils aîné et successeur potentiel de Saül. Après son exploit guerrier, David devint un héros ovationné de tous et, dès lors, il ne charme plus guère Saül qui n’éprouve plus pour le jeune poète-guerrier que rancœur et jalousie.

David est obligé de s’enfuir, car Jonathan l’a prévenu des intentions meurtrières de Saül à son égard. Heureusement, David parvient à échapper aux sbires de Saül grâce à son épouse Mikal. Il prend, dès lors, la tête d’un groupe de frondeurs déterminés à renverser Saül. David et ses proches ne devront pas aller jusqu’au bout de leur révolte, car Saül décède bien à propos.

David deviendra roi de Juda puis d’Israël. Il fait de Jérusalem sa capitale et y transfère la mystérieuse arche d’Alliance. Devenu un grand conquérant, il élargit ses frontières de l’Égypte à l’Euphrate. Il n’hésite pas à envoyer certains de ses généraux au front afin qu’ils disparaissent et que leurs épouses deviennent veuves, comme ce fut le cas de Bethsabée. David convoitait cette dame, Bethsabée lui donna un fils : le grand roi Salomon. Or, dans la vie de ce roi qui semble grand amateur de jolies femmes, un homme joue un rôle des plus importants : Jonathan, fils de Saül.

Jonathan l’amant

Les relations de Jonathan et de David commencent quand ce dernier est encore le jeune berger qui retourne parfois chez son père. Des extraits du Premier et du Second livre de Samuel sont à lire avec attention : « Or, dès que David eut fini de parler à Saül, Jonathan s’attacha à David et l’aima comme lui-même. Ce jour-là, Saul retint David et ne le laissa pas retourner chez son père. Alors Jonathan fit un pacte avec David qu’il aimait comme lui-même. Jonathan se dépouilla du manteau qu’il portait et le donna à David, ainsi que ses habits, et jusqu’à son épée, son arc et son ceinturon ».

Il faut noter la répétition de la phrase « il l’aimait comme lui-même ».

Quand Jonathan apprend que son vieux père jaloux de la gloire de David veut le faire assassiner : « Saül parla à son fils Jonathan et à tous ses serviteurs de son projet de faire mourir David. Or Jonathan fils de Saül désirait David ».

Dans un autre passage des Premier et Second Livres de Samuel, lors d’une dispute entre Saül et Jonathan, le père injurie son fils et il semble que l’insulte soit homophobe : « Saül se mit en colère contre Jonathan et il lui dit qu’il est un fils dévoyé par la rébellion ! Je sais bien que tu prends parti pour le fils de Jessé [c’est-à-dire David] à ta honte et la honte du sexe de ta mère ».

Il semble bien qu’en fait Saül considère que Jonathan se comporte en femme avec David. Plusieurs traducteurs et interprètes du texte penchent sérieusement pour cette hypothèse. L’attrait que David ressent pour Jonathan transparaît aussi dans les textes. Quand Jonathan meurt lors d’une bataille, David ne peut cacher son désespoir, et son émotion éclate quand il rédige l’éloge funèbre du garçon aimé : « À cause de toi, Jonathan, mon frère, je suis dans la détresse ! Tu m’étais si cher, ton amour m’était merveilleux plus qu’un amour de femmes ».

David veut-il signifier qu’une forte amitié fraternelle vaut plus que l’amour des femmes, considérées comme des inférieures, ou exprime-t-il clairement une passion homosexuelle ? Que les deux hommes eussent une (ou des) épouse ne change rien au mystère qui entoure les relations du roi David et de Jonathan.

Gréco-Romains

L’Olympe donne l’exemple

Le regard que porte l’Antiquité classique sur l’homosexualité masculine, et en particulier la pédérastie, n’a aucun rapport avec les discours moralisateurs et culpabilisateurs proférés par les autorités civiles et religieuses après la « prise de pouvoir » par le christianisme dans l’Empire romain.

La mythologie grecque (et romaine) donne plusieurs exemples d’amours entre hommes adultes, entre un homme mûr et un très jeune garçon. Zeus (Jupiter) maître de l’Olympe donne l’exemple d’une passion pour un bel éphèbe : Ganymède, fils du roi Tros (Troie) et de la nymphe Callirrhoé. Mais la mythologie étant un ensemble de récits forts complexes et recréés, remaniés à diverses époques, certains récits accordent à Ganymède d’autres parents. Seul un fait demeure et devient la constante de tous les récits : Ganymède est d’une beauté extraordinaire et son charme lui vaut l’honneur de devenir l’échanson des dieux, par la volonté de Zeus.

On ne compte plus les amours de Zeus pour des humaines, des nymphes ou des garçons, mais Ganymède eut, seul, le privilège d’être enlevé par Zeus et admis au sein des immortels de l’Olympe. Homère cite déjà l’éphèbe et nombre d’auteurs ont eu à cœur de relater ce mythe, chacun à sa manière. Parmi eux se trouvent Apollodore, Pausanias et bien d’autres. Ganymède fut maintes fois représenté avant que le Moyen Âge ne mette sous le boisseau les « images de l’immoralité païenne » ou ne galvaude la culture antique.

Avec la Renaissance, les mythes antiques eurent à nouveau la cote. Peintres et sculpteurs eurent le loisir d’exploiter l’histoire de Ganymède, même si, en principe, la pédérastie était à l’époque sévèrement condamnée et réprimée. Le thème de prédilection des artistes est indubitablement le rapt du jeune homme par Zeus ayant revêtu la forme d’un aigle, son symbole. Afin d’atténuer le chagrin et la colère des parents de Ganymède, Zeus leur offrit de merveilleux cadeaux.

Ganymède garda une jeunesse et une vie éternelles auprès de Zeus, son amant. Son rôle était d’animer les banquets divins en servant le vin et en chantant de belles mélodies d’une voix cristalline. Tel est décrit Ganymède par les auteurs grecs et son mythe inspirera également les écrivains et poètes latins.

Ovide le cite dans ses Métamorphoses et ses Fastes. Ganymède tient aussi une place dans l’Enéide de Virgile, dans les Odes d’Horace et les Élégies de Properce. Pourquoi, en bon « païen » grec ou romain, un roi humain se serait-il privé des plaisirs que Zeus, roi de l’Olympe, s’accordait volontiers ? Zeus n’était-il pas un exemple à suivre et à honorer ?

Alexandre Le Grand

Alexandre le Grand (Alexandre III de Macédoine) naquit à Pella en -356 et mourut (après de multiples conquêtes le menant jusqu’à l’Indus) à Babylone en -323. Il était le fils de Philippe II de Macédoine et d’Olympia, l’une des « fortes femmes » de l’Antiquité et une mère « terrible »2. Roi à 20 ans, il fut soutenu par sa mère, Olympia, une matriarche puissante et parfois meurtrière lorsque les intérêts de son fils adoré étaient menacés. Il s’était taillé un immense empire, en assurant sa suprématie victorieuse sur les territoires jusque-là assujettis aux Perses achéménides. Après son décès, son empire reliant Occident et Orient fut partagé entre ses principaux généraux qui créèrent leurs propres dynasties. Alexandre le Grand, fils de Philippe II de Macédoine, le conquérant avait été l’élève d’Aristote. Il chérissait un rêve : la fusion des philosophies grecques et des idées orientales.

Dans son immense (mais éphémère) empire, il fit ériger plus de soixante villes portant son nom. Alexandrie, en Égypte, reste incontestablement la plus célèbre de ses fondations.

Un caractère « très » particulier

Si Alexandre le Grand fut un conquérant comme il en existe peu dans l’Histoire, la cause ne peut en être que son caractère que l’on qualifierait volontiers de « bipolaire » dans la mesure où il s’apparente aux caractéristiques du dieu Apollon tout ayant des tendances proches de Dionysos dont sa mère Olympia entretenait le culte avec passion. Homme curieux de l’inconnu, Alexandre se montre adepte du dépassement de soi. La vie pourrait se décrire comme une quête du « toujours plus loin, plus grand, plus étrange ».

Il voulait soumettre toujours plus de territoires à son autorité, être toujours « plus grand » quitte à traverser fleuves, montagnes et déserts pour prouver que rien ne s’avérait impossible pour lui et ses armées. Ce désir d’un perpétuel dépassement de soi s’accompagne d’un orgueil démesuré. Alexandre est un homme qui ne supporte pas de n’être pas admiré et que la moindre critique peut mettre dans une rage noire. En fait, il poursuit une quête de l’immortalité, celle de sa gloire. Il ne méprise pas les peuples conquis. Au contraire, Alexandre souhaite un empire fusionnel en favorisant les mariages entre Grecs et Orientaux, en cherchant à mélanger avec harmonie religions et rites des origines les plus diverses.

En individu impulsif, Alexandre le Grand peut, par accès de fureur, devenir un assassin voire un génocidaire. Il multiplie les destructions de cités, les exécutions de soldats. Quand il ne fait pas la guerre, Alexandre devient philosophe. Ancien élève d’Aristote, la philosophie des cyniques l’attire. On le traitera de « philosophe en armes », car il pratique à merveille la rhétorique. Parfois sobre et frugal, Alexandre se laisse souvent aller à une ivresse sans mesure bien qu’il prétende s’y livrer plus pour complaire à ses amis que pour son bien-être et son plaisir personnels. En outre, bien que faisant preuve parfois d’une grande rationalité, Alexandre s’adonne volontiers aux pratiques magiques superstitieuses, consultant tant les devins grecs que les oracles égyptiens ou les prêtres chaldéens.

Une personnalité aussi particulière eut, bien entendu, des amours excessives, il ne pouvait en aller autrement !

Les femmes dans la vie d’Alexandre

Il était normal que tout prince contracte des unions matrimoniales, principalement avec des princesses étrangères afin de tisser des liens politiques ou de renforcer des alliances. En grand conquérant, Alexandre le Grand ne pouvait échapper à la règle afin de consolider son pouvoir sur les territoires acquis par ces faits guerriers. Plusieurs auteurs rapportent cependant que, dès son adolescence, le peu d’attrait pour le sexe féminin avait provoqué une grande inquiétude chez ses parents, Philippe II et Olympia. Ils eurent l’idée de recourir à la plus courante des pratiques : les charmes de la plus belle des courtisanes, Callixine. La dame, cependant des plus convoitées, dut déployer toutes ses astuces érotiques pour « dégeler » ce client hors normes.