Après avoir souffert - Camille Puel - E-Book

Après avoir souffert E-Book

Camille Puel

0,0
0,99 €

-100%
Sammeln Sie Punkte in unserem Gutscheinprogramm und kaufen Sie E-Books und Hörbücher mit bis zu 100% Rabatt.

Mehr erfahren.
Beschreibung

Un voyage initiatique à la recherche de soi, c'est ce que la narratrice, cassée, bouleversée, expérimente dans une histoire à laquelle la détresse, le chagrin et l'amour viennent se mêler.

Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:

EPUB
MOBI

Seitenzahl: 60

Veröffentlichungsjahr: 2020

Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



« Les histoires se ressemblent. Et il y a toujours d’autres histoires. Il suffit d’un rien, parfois, un angélus qui sonne, des êtres se rencontrent, ils sont là, au même endroit. Eux qui n’auraient jamais dû se croiser. Qui auraient pu se croiser et ne pas se voir. Se croiser et ne rien se dire. Ils sont là. »

Claudie Gallay, Les Déferlantes

J’ai toujours eu une facilité déconcertante à tirer un trait sur des pans tout entiers de ma vie. Sur des gens. Des endroits. Des moments. Je n’ai pas d’attache. Je n’ai pas de cœur. Pas toujours.

Mais la vie déjoue nos plans. C’est ce que j’ai appris. Et une personne, une seule, peut briser l’armure. Alors il est des peines qui demandent un voyage. Un voyage pour se reconstruire. C’est pour cela que j’ai fait mes valises. Et je m’en suis allée. Sans me retourner.

ta peau sur ma peau quand j’ai décidé de partir

et puis ton souffle dans mon cou,

tes lèvres sur ma gorge

mes doigts courent dans tes cheveux

ton cœur contre mon cœur

partout ton odeur

ce que je t’aime.

mais les perles dans le creux de mes yeux,

qui se souviennent de ton sourire tout près du sien

ton sourire contre celui d’une autre

les cils qui presque s’entremêlent

après, mes jambes qui flanchent

– ces lèvres devaient être les nôtres

je ne suis pas sûre de comprendre

je ne suis pas certaine de savoir

mon Amour, comment est-ce qu’on survit à ça ?

à ses joues et tes mains et vos corps et puis moi plantée là ridicule débile et détruite et ruinée je le sens le gouffre qui se creuse à l’intérieur.

Il y a eu après ça mon reflet dans la flaque – c’était un jour de pluie. J’espérais y trouver des réponses. Je continuerai de les chercher.

Ma respiration qui tremble – je ne pense pas être capable de le supporter. Je ne le serai pas. Je ne le serai plus. Mais ça va bien ; ça va toujours.

Je ne sais pas si tu sais que je sais. Je ne sais pas si tu sens. Si tu sens que je suis là. Juste là. Que je vous vois. Je ne pense pas. Mais même si tu savais, je ne crois pas que tu perçoives mon cœur si bousillé. Parce que je ne suis pas tienne – et pourtant si. Et parce que surtout, mon Amour tu n’es pas mien.

Alors, j’ai continué de courir. Toujours tout droit, toujours tout droit.

Je suis passée devant ce bar dans lequel tu m’avais emmenée boire un verre. Mon premier verre. La musique était bonne, la lumière faisait briller ta peau métissée. Notre table était à l’écart de celles des autres, qui nous avaient regardés avec des yeux curieux. Je crois savoir pourquoi. Et tu le sais aussi. Je suis une grande femme. Une femme grande.

Les hommes me regardent. Souvent. Dans la rue, le métro, partout. Ils me sourient. Je n’ai jamais bien compris pourquoi. Je ne crois pas qu’ils se moquent de moi.

Ce jour-là, d’ailleurs comme à chaque fois que tu es à mes côtés, leur regard s’était posé sur moi, puis sur toi.

De nouveau sur moi et puis encore sur toi – il s’assuraient de bien saisir la nature de nous. Lorsqu’ils pensaient comprendre, leur sourire se ternissait un peu. Comment pouvais-tu être avec moi ? Mais s’ils savaient – que tu ne l’étais pas.

Tu n’avais pas encore coupé tes cheveux. Je les adorais comme ça. Surtout lorsque tu les coiffais en de jolies boucles souples qui sentaient la vanille. Tu m’avais fait siroter dans ton verre. Je sens encore le liquide chaud qui pétille doucement dans ma gorge et descend et descend et descend tout brûler sur son passage jusqu’au creux de mon ventre.

Ce que je t’aime.

et, mon Amour, je sais

qu’on ne peut pas forcer les gens

à nous aimer

encore moins les forcer à nous aimer

de la façon dont nous le voulons

de la façon dont nous, nous les aimons

alors il s’agit de se recroqueviller,

de laisser les larmes couler à l’intérieur

de les laisser se déverser

dans l’abysse que cela creuse dans le cœur

jusqu’à ce qu’il se referme

– si toutefois c’est possible de guérir de cela.

Je pensais que je n’étais plus capable d’amour véritable. Puis tu es arrivé dans ma vie, sans prévenir, et tu as tout balayé. J’ai aimé avant toi, tu es de vous deux le plus violent. Et ce n’est pas pour autant que j’attends quoi que ce soit. En tout cas pas pour de vrai. J’aurais voulu que l’on s’aime, toi et moi, comme on a, je crois, su le faire. Simplement, en parlant. Mais je sais que souvent la vie contredit ce qui était censé se produire. Ce plan-là n’était pas parfait. Ce n’était d’ailleurs à dire vrai pas même dans mes projets. De te rencontrer. De tomber amoureuse.

Et c’est en ça que c’est beau.

c’est en ça que tu es bouleversant

tu es arrivé et ma vie n’a plus jamais été la même

tu t’es abattu sur moi et tu as tout ravagé

tu as pris l’ancien livre et l’as brûlé,

en même temps qu’une partie de moi

– tu es une marque indélébile

le poison et l’antidote.

C’est en m’endormant à tes côtés que mon corps me dérange un peu moins. C’est quand tes yeux, tes mains et tes lèvres et ta langue le parcourent tout entier que je suis heureuse qu’il soit précisément comme il est. Que je suis heureuse d’être qui je suis. D’être celle que je suis quand je suis avec toi. Tu me rends meilleure. Tu m’ouvres les yeux un peu plus chaque jour sur ce que c’est qu’aimer, et rien que pour ça, rien que pour ça mon Amour, j’ai envie d’y croire. A mon amour pour toi. A mon amour pour moi ?

Et je me retrouve à penser à toi dans cet avion.

Je pense à toi. Encore. A toi et à ce soir-là. Tu te souviens ? Ce soir où je t’ai tout dit. J’étais si nerveuse. Nerveuse à cause de l’incertitude de ce que serait ta réaction. De ce que serait ta réponse. J’espérais quelque chose. Je ne m’attendais à rien.

Je connaissais par cœur ce que je m’apprêtais à te dire. J’avais tout répété avec ma sœur. Encore et encore et encore. Des dizaines de fois.

– J’adore notre relation. J’adore être avec toi.

– Mais ?

– Mais le truc c’est que je t’aime. Je t’aime. Et j’en suis arrivée à un point où j’ai besoin de savoir ce que toi tu penses. Parce que je veux pas t’aimer dans le vide.

Il y a eu mon cœur qui se serre. Si fort. Ma gorge qui tremble. Je vais pleurer ? Non non non.

– Tu sais, il faut pas se fier à mes gestes. J’adore ta personnalité, et j’aurai toujours de l’attirance pour toi. J’ai envie qu’on reste proches parce que j’aime notre relation, mais je pense qu’il faut pas que tu espères plus que ce qui se passe déjà parce que je sais pas ce que je veux sentimentalement.

– D’accord. D’accord…