Bien écrire de A à Z - Ted Oudan - E-Book

Bien écrire de A à Z E-Book

Ted Oudan

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Beschreibung

Dans l'ensemble de notre collection d'ouvrages traitant de l'écriture et de l'édition, s'il n'y a qu'un titre à emporter pour le train ou l'avion, c'est bien celui-ci.

Très dense et éclectique, il aborde la plupart des aspects de la création littéraire qui, à un moment ou à un autre, arrive au premier plan des préoccupations de toute personne qui écrit, que ce soit pour son plaisir ou pour être édité. Dès le premier coup d'œil, on comprend d'emblée toute sa portée et son efficacité. Peu de livres sont conçus pour aborder professionnellement autant d'aspects de l'écriture et de l'édition. Bien écrire, de A à Z se présente, en fait, comme une somme de plusieurs livres, et d'ailleurs, pour le concevoir, l'auteur a eu à abattre un travail de recherche de longue haleine et, surtout, il n'a pas hésité à " piocher " ici et là dans nombre d'ouvrages déjà édités par nos éditions.

Un condensé du monde de l'écrit et de l'édition et un précieux outil de travail. Ce guide aura sa place, constamment, à votre portée de main.

EXTRAIT

Voici un guide présenté sous forme de dictionnaire, un visa qui vous permettra, par une consultation rapide, d’accéder à un mot, lequel vous amènera immédiatement loin dans divers aspects de l’écriture et de l’édition.
C’est un outil précieux tous ceux qui écrivent : pour être édités, pour le plaisir, pour un journal, pour une mémoire, une thèse, etc.
Au premier coup d’œil, on comprend d’emblée toute sa portée et son efficacité. Peu de livres sont conçus pour traiter autant d’aspects différents autour de thèmes aussi vastes que l’écriture et l’édition. Bien écrire, de A à Ζ se présente, en fait, comme une somme de plusieurs livres, et d’ailleurs, pour le concevoir, l’auteur a eu à abattre un travail de recherche de longue haleine et, surtout, il n’a pas hésité à « piocher » ici et là dans nombre d’ouvrages déjà édités par nos éditions.
Ce guide se présente donc comme un document évolutif susceptible de s’enrichir de nouvelles clés au gré des transformations qui affectent quotidiennement le monde de l’écrit et de l’édition.

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Veröffentlichungsjahr: 2017

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Introduction

Voici un guide présenté sous forme de dictionnaire, un visa qui vous permettra, par une consultation rapide, d’accéder à un mot, lequel vous amènera immédiatement loin dans divers aspects de l’écriture et de l’édition.

C’est un outil précieux tous ceux qui écrivent : pour être édités, pour le plaisir, pour un journal, pour une mémoire, une thèse, etc.

Au premier coup d’œil, on comprend d’emblée toute sa portée et son efficacité. Peu de livres sont conçus pour traiter autant d’aspects différents autour de thèmes aussi vastes que l’écriture et l’édition. Bien écrire, de A à Ζ se présente, en fait, comme une somme de plusieurs livres, et d’ailleurs, pour le concevoir, l’auteur a eu à abattre un travail de recherche de longue haleine et, surtout, il n’a pas hésité à « piocher » ici et là dans nombre d’ouvrages déjà édités par nos éditions.

Ce guide se présente donc comme un document évolutif susceptible de s’enrichir de nouvelles clés au gré des transformations qui affectent quotidiennement le monde de l’écrit et de l’édition.

Il posa le document sur ses genoux, et tout en nettoyant ses lunettes avec son mouchoir, il déclara :

– Vous êtes le nouvel éditeur ?

Je répondis que oui.

– Avez-vous déjà publié un papier sur l’agriculture avant cela ?

– Non, répondis-je, c’est la première fois.

– Je m’en doutais. Avez-vous une quelconque expérience de l’agriculture ?

– Non, je crois que non.

– Mon instinct me le disait, dit le vieil homme, remettant ses lunettes et me regardant avec rudesse, alors qu’il repliait son papier soigneusement. Je voudrais vous lire ce qui m’a fait penser cela. C’est cet éditorial. Écoutez et voyez si c’est vous qui l’avez écrit : « Les navets ne doivent jamais être arrachés, cela les abîme. Il vaut beaucoup mieux envoyer un jeune garçon secouer l’arbre. » Bon, que pensez-vous de cela ? Car je suppose que c’est vous qui l’avez écrit ?

– Ce que j’en pense ? Ma foi, je trouve ça bon. C’est sensé. Je ne doute pas que chaque année, des millions et des millions de boisseaux de navets sont gâchés par ici, rien qu’en les arrachant quand ils sont à moitié mûrs, alors que si on envoyait un enfant secouer l’arbre...

– Secouez-vous vous-même ! Les navets ne poussent pas sur les arbres !

– Ah non, ben ça alors ? Qui a dit qu’ils poussaient sur les arbres ? Il fallait le prendre au sens figuré, complètement au sens figuré. N’importe qui aura compris que je voulais dire qu’il fallait secouer le pied de vigne.

(Mark Twain)

Il était minuit à présent et ma mission tirait à sa fin. J’avais terminé les huitième, neuvième et dixième gradins. J’avais achevé une partie du onzième et dernier. Il restait une seule pierre à placer et cimenter. Elle était lourde, et j’eus du mal à la placer correctement dans la bonne position. C’est alors que j’entendis un long rire émerger de la niche et qui me fit dresser les cheveux sur la tête. Il fut suivi d’une voix triste, que j’eus du mal à reconnaître comme étant celle du noble Fortunato. La voix disait :

– Ha ! ha ! ha !, He ! he !, quelle bonne blague effectivement, une excellente plaisanterie. On en rira beaucoup au palace, he ! he ! he !, en buvant notre vin, he ! he ! he !

– L’Amontillado ! dis-je.

– He ! he ! he ! oui, l’Amontillado. Mais est-ce qu’il ne se fait pas tard ? Ne sont-ils pas en train de nous attendre au palace, Lady Fortunato et les autres ? Allons-y.

– Oui, dis-je, allons-y.

– Pour l’amour de Dieu, Montresor !

– Oui, dis-je, pour l’amour de Dieu !

Mais je prêtai en vain l’oreille pour entendre la réponse à ces mots.

(Edgar Allan Poe)

Archives

Elles sont l’outil de base pour une recherche historique. Divisées en 5 centres, les Archives nationales rassemblent toutes les archives provenant des administrations centrales de l’Etat, plus certains fonds privés. Les deux centres les plus importants pour le biographe sont le Centre historique des archives nationales situé à Paris, rue des Francs Bourgeois, et le Centre des archives contemporaines situé à Fontainebleau.

La loi du 17 juillet 1978 protège la liberté d’accès aux documents administratifs et définit les modalités d’application de ce droit, notamment en précisant que le refus de communication doit être « motivé ». Mais une autre loi, du 3 janvier 1979 apporte certaines restrictions à cette transparence, notamment en instituant des délais pour l’ouverture des archives. L’article 6 prévoit la communication libre pour les documents qui l’étaient déjà, mais :

Tous les autres documents d’archives publiques pourront être librement consultés à l’expiration d’un délai de trente ans ou des délais spéciaux prévus à l’article 7 ci-dessous.

Article 7

Le délai au-delà duquel les documents d’archives publiques peuvent être librement consultés est porté à :

1°) Cent cinquante ans à compter de la date de naissance pour les documents comportant des renseignements individuels de caractère médical ;

2°) Cent vingt ans à compter de la date de naissance pour les dossiers de personnel ;

3°) Cent ans à compter de la date de l’acte ou de la clôture du dossier pour les documents relatifs aux affaires portées devant les juridictions, y compris les décisions de grâce, pour les minutes et répertoires des notaires ainsi que pour les registres de l’état civil et de l’enregistrement ;

4°) Cent ans à compter de la date du recensement ou de l’enquête, pour les documents contenant des renseignements individuels ayant trait à la vie personnelle et familiale et, d’une manière générale, aux faits et comportements d’ordre privé, collectés dans le cadre des enquêtes statistiques des services publics ;

5°) Soixante ans à compter de la date de l’acte pour les documents qui contiennent des informations mettant en cause la vie privée ou intéressant la sûreté de l’Etat ou la défense nationale, et dont la liste est fixée par décret en Conseil d’Etat.

En d’autres termes, le droit à l’information est bien gardé. En théorie, l’accès est libre à tous (au bout de trente ans !) En pratique, le «  secret défense » protège pendant soixante ans tout document jugé « sensible » qui sera immédiatement classé « confidentiel défense ». De nombreux historiens s’élèvent contre ces restrictions et réclament un système équivalant au « Freedom of Information Act » adopté en 1966 aux Etats-Unis, autorisant un accès beaucoup plus facile à l’information.

Pour une recherche contemporaine, mieux vaut donc trouver d’autres sources, notamment les archives privées (correspondances, journaux intimes, photographies) dont les fonds sont détenus dans divers lieux. Les archives municipales sont également très riches, sans oublier les archives de l’archevêché et diverses fondations privées. Il vous faudra cependant vous armer de patience pour obtenir les autorisations dont vous aurez besoin pour vous faire ouvrir ces archives.

Atelier d’écriture

Un atelier d’écriture est un espace-temps au sein duquel des participants peu nombreux perfectionnent leur écriture sous la conduite d’un animateur. En cela, l’atelier d’écriture participe à une pédagogie active du savoir-faire, opposée ou complémentaire du cours magistral de belles-lettres ou de français. Et souvent aussi d’une pédagogie de projet, dans la mesure où le but affiché est de produire, à la fin, un texte individuel ou collectif qui sera publié ou utilisé (pièce de théâtre, scénario, exposition, etc.).

Les nombreux débats sur les « meilleures techniques » à utiliser dans les ateliers d’écriture seront vains tant qu’on n’aura pas clairement affiché leurs buts. Tout but est légitime mais à condition d’être explicité. Et on conçoit aisément que bien des méthodes ne peuvent se justifier qu’en fonction du niveau du public (de l’illettré à l’écrivain), du but recherché (écrire pour soi ou pour les autres), et des genres étudiés (du journal intime au poème, au théâtre, ou au roman...).

Atelier d’écriture, pourquoi ? Afficher les buts d’un atelier d’écriture ne va pas de soi, car on peut en dénombrer plus d’une douzaine de différents. De fait, le critère le plus important en pratique est la nature de l’institution au sein de laquelle l’atelier vient s’inscrire : scolaire, universitaire, culturelle, professionnelle, sociale, etc. C’est elle qui donne la tonalité de la formation, en définit les finalités, et en détermine les moyens : animateur, locaux, périodicité, évaluation éventuelle, prolongements...

Atelier de développement personnel. Ce type d’atelier vise à développer l’expression personnelle, à libérer la personne de ses blocages, à oser affronter le regard des autres, par un travail au sein d’un petit groupe (sans jamais viser une publication quelconque).

Elisabeth Bing est la principale inspiratrice de cette approche, qui a formé à son tour de nombreux animateurs. Elle a développé ses idées dans son livre Et je nageai jusqu’à la plage (Ed. des Femmes) qui concerne ses débuts dans une institution pour enfants retardés. Pour elle, l’écriture est fondamentalement “réparatrice” d’une blessure ancienne. On écrit comme l’animal lèche ses plaies pour apaiser ses souffrances, sans pour autant toujours les guérir. De tels ateliers visent en priorité les personnes qui, comme on dit, “se cherchent” à travers l’écriture.

Ateliers de « création poétique ». Leur but premier est d’explorer les contraintes et possibilités offertes par la langue (française) pour réaliser des textes “poétiques” au sens large : poèmes, mais aussi romans. Leur outil principal est constitué par les jeux poétiques sous contrainte linguistique.

• Le principal cénacle est l’Oulipo, OUvroir de Littérature Potentielle, fondé par Raymond Queneau, et illustré surtout par Georges Perec. Il donne des séances publiques mais n’admet point d’autre participant que ses membres. Bien d’autres ateliers s’inspirent de ses méthodes.

• Le second mouvement est le Nouveau Roman, représenté par son théoricien vulgarisateur Jean Ricardou (Pour un nouveau Roman, Ed. du Seuil). Il a inspiré certains animateurs, mais son influence est en déclin.

Sous forme plus pédagogique, cette tendance est illustrée par tous les ateliers qui font des jeux d’écriture leur outil favori, mêlant le ludique et le sérieux. Le meilleur manuel est celui de Debyser et Carré, Jeu, langage et créativité (Ed. Hachette), deux formateurs de français langue étrangère au CIEP de Sèvres.

Ateliers à vocation littéraire. Ce sont des ateliers privés, suivis par des adultes volontaires, écrivant pour leur plaisir et désirant approfondir leurs techniques, le plus souvent dans le genre romanesque (romans, contes, nouvelles...).

C’est ce genre d’ateliers que nous organisons périodiquement à Ecrire Aujourd’hui. Soit sous forme de week-ends d’écriture, soit sous forme de séjours de 7 jours (à la mer, en Bretagne et dans le Var). La plupart des participants sont déjà “porteurs d’un projet d’écriture” et cherchent des techniques pour améliorer ou continuer leur manuscrit de manière à pouvoir le publier : roman, essai, poème, bande dessinée, thèse, mémoire, etc.

Pour les autres, il s’agit d’une initiation, de contacts, dans un environnement agréable (qui vaut bien un club de vacances anonyme).

Ateliers scolaires. Il faut distinguer trois pratiques, qui se développent.

• La pédagogie de projet. Ainsi au cœur d’une année scolaire en 5ème, en classe de français, Chantal Lavigne a choisi de faire écrire ses élèves pour produire en fin d’année un court roman d’aventure, écrit en petits groupes et faisant, à chaque étape l’objet d’un devoir corrigé et noté. On lira son excellent livre : Ecrire un roman en 6è et 5è (Ed. Retz)

• Les “PAE” : Projets d’Action Educatif. Un certain nombre prévoit une création écrite comme but ou comme moyen : voyage, visite d’usine, exposition, pièce de théâtre, spectacle, etc. Le “prof de français” troque alors son statut de “prof contre celui d’animateur, souvent pluri-disciplinaire, selon la vocation même de ces projets.

• Les interventions d’écrivains invités en classe de français. D’abord on prépare l’événement en étudiant l’œuvre de l’écrivain vivant (pour une fois !) et on prépare des questions à lui poser. Une fois l’intervention réalisée, on l’exploite, par exemple par un devoir, ou un article dans le journal de l’établissement.

On peut lire Les ateliers d’écriture à l’école primaire de Michel Perraudeau (Bibliothèque Richaudeau, Albin Michel, 1994), livre pédagogique assorti de jeux mais aussi. Les jeux d’écriture de Yak Rivais (Ed. Retz) particulièrement drôles et impertinents.

Ateliers pédagogiques universitaires. Non sans mal, « l’écriture créative » a été reconnue comme option dans les facultés de lettres et enseignée au cours de séminaires. Personnellement je connais trois cas :

• A Paris VII (Jussieu), le professeur et romancier Jean Guénot a conduit des séminaires remarqués en 3èmes cycles de Lettres et de Sciences Humaines. Il a révélé leur vocation à de nombreux élèves. Ses livres auto-édités sont vendus chez lui (85 rue des Tennerolles, 92210 Saint-Cloud).

• A Aix, Anne Roche a œuvré avec d’autres dans le cadre universitaire et a produit un bon manuel : Les ateliers d’écriture (Ed. Bordas) (Université de Provence, 29 avenue Robert Schuman, 13100 Aix).

• A Grenoble, Claudette Oriol-Boyer (Herbeys, 38380 Eybens) a mené une pratique et une réflexion dignes d’éloges, dans des cours et des séminaires menés le plus souvent dans le cadre de la faculté de Lettres. Elle publie la revue épisodique Texte en main (Librairie de l’Université, 2 place Léon Martin, 38000 Grenoble).

Ateliers de formation en entreprise. Les stages de formation permanente pour les salariés comprennent souvent des modules de “perfectionnement à l’expression écrite”. Ils sont importants pour les spécialistes de l’écriture : commerciaux, hommes de relations publiques, et surtout publicitaires, toujours à la recherche d’une stimulation de leur créativité.

On trouve de tels stages chez des spécialistes de la formation (CEGOS, etc). Ils utilisent notamment des techniques ludiques d’écriture sous contrainte, ou fondées sur des figures de style.

Payés par l’entreprise, ces stages de courte durée, visent surtout à stimuler les participants en leur ouvrant des horizons nouveaux.

Mon manuel L’expression écrite, 4e éd. (Ed. ESF - Collection Formation Permanente en Sciences Humaines) peut donner une vue de tels séminaires. De même, le livre de Philippe Pigallet, Ecrire, mode d’emploi (Ed. Nathan).

Ateliers à vocation d’animation culturelle. Ce sont des ateliers organisés pour distraire intelligemment les participants. Par exemple, le Comité d’Entreprise d’EDF-GDF, dans ses séjours de vacances, propose des “activités culturelles”, non seulement sous forme de cinéclub, de conférences ou concerts, mais encore sous forme d’ateliers de création : peinture, modelage, théâtre, chanson, et éventuellement atelier d’écriture. Voici une série de thèmes d’atelier :

- Créer des chansons à interpréter en groupe

- Créer des sketchs à jouer

- Recueillir des souvenirs d’anciens et les réciter devant le public, etc.

Ici les ateliers sont dirigés par des animateurs socioculturels, associés parfois à des professionnels de passage : conteurs, chansonniers, musiciens... l’écriture en groupe servant de base à une manifestation culturelle.

On trouve aussi de tels ateliers dans les bibliothèques ou les maisons de jeunes et de la culture, dans un cadre municipal.

Ateliers « d’histoire de vie ». Ces ateliers sont souvent organisés par des professeurs en Sciences Humaines dans les cursus universitaires de psychologie, sociologie, ethnologie. Spécialement à l’intention des futurs travailleurs sociaux qui auront à écouter des gens racontant leur vie, qu’il s’agira d’écouter, d’interroger, de faire réfléchir de manière à les guider ou à les faire évoluer.

A mi-chemin entre écriture de mémoires ou de généalogies, et d’analyses de sciences humaines (histoire, géographie, ethnologie, technologie), cette approche transversale est particulièrement enrichissante pour les participants, qu’ils soient étudiants, professeurs, travailleurs sociaux, ou simples particuliers désirant mettre leur vie en perspective. (Voir article dans Ecrire Aujourd’hui n° 41).

Ateliers de lutte contre l’exclusion sociale. Ils se sont développés beaucoup dans la dernière décennie, depuis la montée du chômage et de l’exclusion, dans le secteur public et privé (associations).

• Les exercices du type « histoire de vie » sont développés au cours des stages de recherche d’emploi, pour faire prendre conscience aux participants de leur expérience professionnelle et de leur potentiel souvent caché à leurs propres yeux, et de leur projet professionnel.

• Dans le cas des illettrés ou assimilés, le stage d’écriture prendra la couleur d’un cours de rattrapage en français, mené par d’autres méthodes.

II faut souligner, dans ce domaine, l’action exemplaire de l’association ATD - Quart Monde (fondée par le père Joseph Wresinski et animée par Geneviève De Gaulle), pour fournir en même temps qu’abri et nourriture aux plus pauvres, une formation culturelle de base, pour mieux s’exprimer par l’oral et l’écrit et retrouver une dignité culturelle perdue.

• L’Association “Jeunes et santé” (226 rue Charenton, 75012 Paris) anime, dans le cadre de sa lutte contre l’illettrisme, un réseau d’ateliers d’écriture dans 18 régions. De plus elle organise des rencontres de formateurs et un Concours national d’écriture.

• L’atelier Ecler, dans la Maison de la Promotion Sociale de Grenoble s’adresse à trois publics. Des analphabètes jamais scolarisés. Des immigrés qui connaissent leur langue, mais ne maîtrisent pas le français. Enfin des illettrés, qui n’ont pas su ou pu profiter de leur scolarité pour acquérir les bases.

Ce ne sont que quelques exemples parmi bien d’autres.

• Les ateliers d’écriture en prison sont animés par des personnes extérieures. Ils visent trois buts. Aider les condamnés à remplir leurs papiers, faire des démarches administratives. Les aider à établir des contacts avec le monde extérieur (lettres à la famille, aux amis...). Enfin, les aider à progresser en réfléchissant sur leur propre vie, ce qu’ils ont commis, et comment s’en sortir.

En prison, 60 % des détenus ont un niveau scolaire inférieur au certificat d’études. Il existe 183 prisons sur le territoire français. Environ 30 possèdent un atelier d’écriture qui se tient le plus souvent à la bibliothèque, et dont le but premier est d’apprendre aux participants à mieux lire, et à utiliser leurs lectures pour progresser.

Parmi les meilleures œuvres écrites en prison, il faut citer Suerte, l’exclusion volontaire (Ed. Terre humaine de chez Pion) de Claude Lucas, surnommé “le gangster philosophe”, splendide récit autobiographique. Mais aussi Où se perdent les hommes, de René Frégni (éd. Denoël), lui-même animateur d’ateliers à Salon-de-Provence, et aux Baumettes de Marseille.

La revue Liralombre publie des textes pour ou par des prisonniers. Elle est l’œuvre de Geneviève Guilhem de l’association Lire c’est vivre (23 av. Pasteur, 92170 Vanves).

Ateliers à vocation thérapeutique. Ces ateliers s’adressent à des personnes en souffrance ou atteintes de troubles mentaux, suivies par une institution, un médecin-psychiatre ou psychologue clinicien.

Ainsi les ateliers pour drogués (alcooliques, toxicomanes...) ou pour malades (dépressifs, schizoïdes...). Cette approche par « l’art-thérapie » est préconisée comme occupation et complément au traitement propre ment dit. Les cliniciens analysent les écrits et s’en servent comme indicateurs des troubles et des étapes de la guérison du patient.

• Ecrire contre l’alcool. Depuis 1992, l’écrivain Alain Bellet anime tous les 15 jours un atelier d’écriture au Service d’Alcoologie de l’hôpital de Tourcoing. Cette activité, libre et facultative, est conçue comme une aide à la “resocialisation” des malades. L’alcoolique, en effet, est un être solitaire qui interpose sa bouteille entre lui et le monde, qui se replie dramatiquement sur lui-même en tournant en rond. Donc la pratique du groupe est très importante, le fait que les patients écrivent, lisent aux autres, et surtout qu’ils échangent à propos du texte et d’eux-mêmes.

Ateliers pour le 36me âge. Dans les maisons de retraite, les foyers pour personnes âgées, on trouve souvent des personnes qui s’ennuient et qui voudraient se rendre utiles en léguant à leurs petits-enfants des souvenirs du temps passé.

Certains écrivent spontanément (comme ma grand-mère, morte à 104 ans qui nous a laissé un cahier de récits et de poèmes) mais il existe des animateurs qui facilitent la tâche et la stimulent.

• Exemplaire, à cet égard, est l’action de l’Association Vivre et l’écrire (12 rue de la Recouvrance, 45000 Orléans). Son originalité consiste à jeter des ponts entre les générations : enfants, adultes, retraités. Cela par courriers, animations, stages, conférences, aides à l’édition de livres, publication de livres (plus d’une vingtaine à ce jour).

Ateliers d’écrivains en résidence. Le système des écrivains en résidence, développé par le Ministre de la Culture, ou plus précisément les DRAC (Direction Régionale de l’Action Culturelle), vise à un raprochemment des écrivains et du public. Un contact direct qui ne passe pas par le filtre ou la glose du présentateur, de l’animateur culturel ou du critique.

Ils interviennent dans bien des lieux : lycées, collèges, maternelles, universités, maisons de la culture, associations, foyers, prisons, stages de l’ANPE, etc.

Ainsi, en 1998-99, l’écrivain Jacques-François Picquet, en résidence à Gif-sur-Yvette (Essonne) a-t-il proposé dans les bibliothèques et les associations culturelles des séances d’écriture animées par lui-même ou par des confrères : Georges-Olivier Chateaureynaud, Marie Redonnet et Françoise Bouillot (Cela, en concurrence avec des “Clubs-lectures” de leurs œuvres, ou des “Conférences-rencontres” avec ces mêmes auteurs). Il y en a, comme cela, des centaines à travers la France, qui sont le plus souvent annoncés dans la presse locale ou les bulletins municipaux.

• Dans son livre Ecriture en résidence (Ed. L’Harmattan, 1998) l’écrivain Nadine Brun-Cosne relate son séjour d’écriture mis en place par la DRAC Champagne-Ardennes et la ville de Reims. Un atelier d’adultes et 4 ateliers d’enfants en milieu scolaire. Ce livre se veut une réflexion sur les conditions à réunir pour favoriser au mieux une “entrée en écriture”.

• La FNAC, organisatrice du “Prix Goncourt des Lycéens”, qui consiste à faire lire des classes de lycées et à voter pour un auteur, a développé, depuis quelques années, des ateliers d’écrivain pour les anciens jurés. Ainsi au Mans, avec Eduardo Manet. A Angers avec Ricardo Monserrat et Erik Orsenna. En 1998, six ateliers ont été ouverts dans différentes villes de France, animés par des écrivains sélectionnés pour le prix : Olivier Rolin, Isabelle Jarry et quelques autres...

Ateliers pour journalistes. Les écoles de journalistes organisent en permanence des stages d’initiation ou de perfectionnement à l’écriture journalistique, qui, par certains côtés, visent à développer une meilleure créativité de ces professionnels.

Animés par des journalistes, ils rentrent dans le cadre de la formation initiale ou continue. Par exemple les stages du Centre national de la Profession de Journaliste (33 rue du Louvre, Paris 1er). C’est une écriture essentiellement centrée sur l’effet à produire sur les lecteurs : accrocher l’attention et la maintenir jusqu’au bout de l’article. En pratique, elle est extrêmement formatrice, et bien des grands auteurs actuels en sont passés par là, car elle permet de déboucher sur bien d’autres genres : nouvelles, romans, mémoires, témoignages...

Ateliers radio, TV, cinéma • · Pour l’écriture de dramatique, radiophonique, il existe, chaque été en juillet un stage pour professionnels organisé par Phonurgia Nova par DA Mairowitz (39 rue Buffon, 84000 Avignon).

• L’écriture de scénarios de cinéma - TV est enseignée dans les écoles de cinéma, comme la FEMIS à Paris, Palais de Tokyo (16e). Mais il existe aussi des stages sous forme de séminaires en province où des scénaristes plus ou moins prestigieux jouent aux “Script Doctors” : ils corrigent ou suggèrent des améliorations dans les projets de scénarios apportés par les confrères plus jeunes.

Ateliers d’affirmation politico-culturelle. Quand j’ai participé aux Premières Rencontres Nationales des Ateliers d’Ecriture, à Aix-en-Pro-vence, en 1993, j’ai découvert, à ma grande surprise, les fonctions insoupçonnées que pouvaient remplir les ateliers d’écriture dans certains pays étrangers francophones ou autres.

• En Amérique du Sud, spécialement en Argentine et au Chili, les ateliers d’écriture, compte tenu de la censure imposée par les dictatures en place, faisaient fonction de foyers d’opposition démocratique à ces régimes. Notamment en faisant circuler des textes interdits ou impossibles à éditer, et en maintenant une vie intellectuelle là où la censure tentait de l’empêcher...

• Au Canada (Québec) et secondairement en Belgique et en Suisse, les ateliers d’écriture étaient avant tout vécus comme des foyers de “Défense et Illustration” de la langue et de l’identité francophone minoritaires, face aux autres langues et cultures (américain, allemand, flamand...)

Auto-édition

Aucun éditeur n’a voulu de votre manuscrit et cela, malgré vos mille et une démarches. L’édition à compte d’auteur (chapitre précédent) n’est pas une formule qui vous convient (coût, publicité et diffusion nulles...). Mais vous avez la possibilité de fabriquer vous-même votre livre, de A à Z, et d’en assurer promotion et vente.

Un autre cas de figure : les rejets de votre manuscrit, par les éditeurs, tiennent à sa longueur : trop court pour faire un livre, trop long pour être édité dans un journal. À part cela, votre histoire est passionnante, et vous en avez la preuve formelle par des témoignages de tiers. Elle pourrait même atteindre un certain public, sauf que ce ne sera pas un assez large public pour devenir le best-seller dont rêvent tous les éditeurs.

Ce sont là les faits. Les auteurs rusés chercheront des solutions du type : « Je rallonge le texte pour en faire un livre. » Non, cela risquerait de n’être que du remplissage, sachant que sa conclusion avait déjà été fixée. Donc, la pagination ne changeant pas, que faites-vous ?

Vous prenez la solution la moins onéreuse (exit le compte d’auteur) et la plus libre. Vous vous auto-éditez. S’auto-éditer signifie donc tirer un trait sur la recherche d’un éditeur et prendre en charge, de A à Z, la destinée de son livre, depuis la décision que le manuscrit est bon pour devenir un livre, jusqu’à sa commercialisation, en passant par : la frappe du texte, la mise en page, l’impression, la promotion, le transport vers les lieux de vente, et même la vente elle-même. Voilà ce que suppose l'auto-édition.

Cependant, et cela va sans dire, l'auto-éditeur peut considérablement alléger le poids de cette entreprise titanesque dont on devine aisément difficultés et charges de tous ordres. Tout au long de ce chapitre, nous passerons en revue les détails de chaque phase, pour vous permettre d’en jauger lucidement l’importance.

À Écrire Aujourd’hui, nous avons toujours eu beaucoup de mal à convaincre les lecteurs qui nous contactent, de l’aisance à éditer soi-même son livre. D’année en année, nous voyons ce secteur de l’édition se préciser, et ses moyens se multiplier. Comment ? Les outils de l’informatique, à la portée d’un nombre de plus en plus important de personnes, facilitent considérablement le processus d’édition de livres, et d’auto-édition par voie de conséquence.

La méthode artisanale. Le minimum consistera à définir soi-même une présentation page par page de son texte, et à dactylographier celui-ci sur une simple machine à écrire. Mais, de plus en plus, les gens acquièrent leur propre ordinateur de traitement de texte et un logiciel allant avec. Ils font des mises en page de qualité (nous le verrons plus loin) qui, sur ce plan, n’ont souvent rien à envier aux livres de grande diffusion, et ceux de notre ami et nouvel éditeur sont là pour le confirmer. Chaque page est définitivement numérotée, et textes et numérotation sont cadrés dans le format du futur livre.

Ensuite, il ne reste plus qu’à photocopier les pages en autant d’exemplaires que de livres désirés. Ainsi, pour 300 exemplaires d’un livre de 100 pages (pour prendre cet exemple somme toute ambitieux), 30.000 photocopies seront nécessaires. Sachant que pour cette quantité, vous pouvez accéder au tarif de 15 centimes par copie, cela demanderait un budget de 4.500 F pour l’essentiel des photocopies. Or on sait, d’autre part, que cette somme pourra vous permettre d’acheter une petite photocopieuse... Donc, acte. On peut voir là, également, l’intérêt d’une association d’auteurs auto-édités qui auraient tous cotisé pour acquérir cette photocopieuse.

Une fois les feuilles réparties en 300 tas de 100, l’auteur les découpe au format exact du livre et, dernière phase, en fait la reliure. Les outils nécessaires à ces deux phases sont disponibles sur place dans les boutiques de reprographie. Encore une fois, nous verrons plus loin, que la solution moderne digne de l’année 1995 n’est pas excessivement plus onéreuse, et qu’elle évite à l’auteur fatigue, amateurisme visible sur l’ouvrage...

Responsabilisation et qualité. On l’a compris, l'auto-édition implique que l'auteur-éditeur veillera lui-même à la qualité de son futur livre. Celui-ci ne sera ni moins ni plus beau que ne l’a voulu son unique responsable. Lequel n’a eu recours à aucun intermédiaire dans son entreprise, car il s’agit bel et bien d’une entreprise. Il y a, dans la chaîne, une profession incontournable qu’il ne peut pas exercer lui-même : celle d’imprimeur. Il ne pourra pas l’éviter, à moins de vouloir retomber au stade artisanal de la photocopie, mais cela, nous venons déjà de l’évoquer.

Au niveau des coûts, la phase de l’imprimerie restera toujours la plus élevée. La seule façon de limiter les dépenses à ce niveau sera de demander des devis au plus grand nombre possible d’imprimeurs (ne pas hésiter à prospecter dans des départements éloignés, à charge d’inclure les frais de transport dans les devis avant de les comparer). Il faut toujours tenter de négocier ces devis pour obtenir des rabais car, dans les montants, l’imprimeur tient compte d’une part de la main-d’œuvre et, d’autre part, du prix du papier (celui-ci étant incompressible).

Supposons que votre livre est achevé. Vous reste-t-il quelque doute sur sa valeur finale ? Il ne tient qu’à vous, et à personne d’autre, de le repar-courir pour en jauger le niveau. Si vous jugez qu’un retravail s’avère nécessaire, il ne serait pas raisonnable de faire l’impasse sur cet aspect qui constitue le seul critère de pérennité de votre ouvrage. N’oubliez pas que c’est vous le seul responsable, et personne d’autre ne viendra vous demander de revoir tel chapitre ou tel autre. Il ne suffit que de voir comment, dans l’édition classique, les auteurs pressent leur éditeur de publier leur livre, et ont souvent du mal à se plier aux nécessités de se relire et de se corriger. On imagine aisément les dangers qui guettent l'auto-éditeur. Si cela doit vous prendre encore plusieurs semaines d’écriture, il faudra vous les accorder, c’est un effort que nous n’aurez jamais à regretter. Tandis que si, avec 3.000 exemplaires d’un ouvrage sous le bras, des témoignages de lecteurs convergent sur une même faiblesse de votre histoire que vous auriez pu corriger, on peut dire que vous vous serez fabriqué un magnifique chagrin. La qualité de votre futur livre (fond et forme) est sous votre entière responsabilité.

Étapes de l’auto-édition. Nous ne revenons pas sur la qualité littéraire du texte, en supposant que l’auteur y a donné le meilleur de lui-même, et qu’il a évité le piège que nous venons juste de désigner, et qui consiste à être indulgent sur la valeur du livre, sous le prétexte qu’il sera publié de toute façon. Du manuscrit au livre, on aura donc les étapes suivantes.

La frappe du texte. Si vous disposez d’un micro-ordinateur (et vous devriez en acquérir un si vous désirez vous auto-éditer ; lire, pour cela, notre chapitre sur les traitements de texte), vous pouvez rédiger votre ouvrage directement à l’aide de cet outil qui comporte de nombreux avantages, particulièrement au niveau des corrections et des réécritures. Par contre si, pour une raison ou une autre vous restez attaché au stylo au stade de la création, il faudra quand même songer à saisir ou à faire saisir votre texte au fur et à mesure. Mais, encore une fois, écrire directement au micro sera pour vous un bon investissement, en temps et en argent (les frais de saisie, si vous confiez votre texte à une secrétaire professionnelle, peuvent se chiffrer par milliers de francs si vous atteignez la centaine de pages). Ce n’est donc pas au stade de la saisie que vous devriez engager des frais importants.

Mise en page.