1,99 €
Des textes, qui parle d'un ex-marin qui court autour de la feuille blanche pour y poser son ancre...
Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:
Seitenzahl: 29
Veröffentlichungsjahr: 2019
© 2019 jean-françois Joubert
Tous droits réservés.
ISBN: 9782322187508
Conception et édition : BoD - Books on Demand
Lundi, la Lune se promène seule tout là-haut, complète ou en banane ; j'aime qu'elle éclaire mes nuits et m'entraîne vers Mars. Mardi, j'ai des doutes, des absences de calcul, et je circule dans ma ville de Mercure. Mercredi, j'ai mal. Les enfants jouent à la balle et leurs cris heurtent les oiseaux que Jupiter surveille du coin de l'œil. Jeudi, je m'évade. Une balade sur un champ de pâquerettes, je rêve au sourire de ta silhouette, douce Vénus. Vendredi, souvenir d'une marelle, d'une pierre que l'on jette pour monter au ciel, le paradis de Saturne. Samedi, mon regard se promène de rue en ruelle et je pense à l'avenir, au dimanche.
La Terre appelle de toutes ses forces le Soleil et je crève sans rayon charnel.
Le temps m'assassine lentement. Victime d'un viol de mémoire, je perds ton image. Un instant, l'astre jaune s'absente sur des sentiers peu clairs. Ils troublent l'ombre d'un vers solitaire, j'invite une nuée d'étourneaux, un chat volant, des nuages trop beaux, deux mouettes et un goéland. Solidaire et sauvage la troupe anime le tableau. Mensonge !
La vérité...
Mon âme saigne et je reste aveugle devant la nature, brisé, coupé en deux. Depuis que ta silhouette est lointaine, j'habite une ville fantôme. Bien sûr, des chants de marin me rassurent, ils poussent leurs ballades dans la moindre fissure, et mon être tremble comme le hêtre se donne aux vents. Parfois, je voudrais nager sous la coque de ton bateau, effleurer la quille et faire le malin, sauter de joie devant l'étrave... que tu m'applaudisses, dès demain. Le calme me traîne sur des courants d'incertitude, je ne suis plus maître de mon destin. J'implore le ciel d'une nouvelle rencontre et il pleut. Alors je m'évade de ma cage à épines de roses, je m'expose dans la vallée de la mort, et le sable fin n'est rien qu'un compagnon de voyage. La lune à l'abandon, tu es le ciel de ma raison, et je divague...
Un cri m'arrache à ma dernière pensée, je lève la tête, un oiseau me parle.
— Tu dors ?
Quelle question !
Ses yeux rouges me percent et, transparent, je reste muet dans cet ultime face à face. Je songe...
Souvent, j'ai rêvé d'ailes, de ce pouvoir d'aller vers l'horizon, d'y adopter une falaise pour construire mon nid, chaud, douillet, éloigné des ravages du nuage de la fumée des hommes, si proche du rivage, aux côtés de ces vagues dociles qui submergent mon humeur. Longtemps, mes nuits se sont penchées sur ce plaisir exquis de liberté. Des ailes, des plumes, et la force de m'abandonner au voyage, pour voir la nature, la sentir sous ma peau, vivre. Des ailes pour que ce mirage m'entraîne loin de ses orages, sous ces grêles de pluies qui menacent de poursuivre nos tombes. Des ailes pour longer des îles, survoler la question et rentrer sans raison vers un champ d'eau douce, une perle de pluie.
