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J'accède à l'âge de la naturité. Me voilà en bien belle posture, Face au futur, immature de nature, Pour déclarer mon investiture à la quadrature du cercle.
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Seitenzahl: 39
Veröffentlichungsjahr: 2017
UN EFFET D’AFFECT
Annexes au Carnet de Santé
Expérimenter la mort,
Expérimenter le feu,
Expérimenter les sens,
À mon deuxième chez moi,
Au collège de « Oui c’est Ma-mère »,
Âge d’un discernement,
Mon Frère, au nom de tous nos ‘F’ et forts,
Journal d’itinérance,
BLUETOOTHED
Que demande la feuille à celle qui la mine,
Coup de vieux
D’homme
Orage
Aujourd’hui je fête l’Aimé,
Je moins un,
La Naturité
Rôles consacrés, rôles qu’on se créés,
ART, subst. masc.
Huit mars deux mille treize,
Fée Clochette
Donne-moi le LA, Val ! Pour que j’accorde mes pulsations aux tiennes.
POSTAMBULE
Amicalement Vautre, Avril 2016
Nonuple novembre, Selena2
FLUOGRAPHIE
À la Nuit
À l’Âmi-maginaire
Au Partage
À l’Improbable
À la Fête
Aux Rires
À la Folie
Aux Amours
Au regard de l’Autre
DÉDOMMAGEMENT
LA VOISINE DE COOLOIR BOULEVARD DE L’EVASION, 2010
LADOUBLE RUE DE LA COUTELLERIE, 2002
Révérences
Frédéric FERNANDEZ
-Récits d’un dividu
Que fait l’enfant les mercredis et les fins de semaines?
Examen entre 5 et 6 ans : Jeux individuels
Examen entre 10 et 12 ans : Jeux individuels
Décrit en bleu sur les lignes de mes premières années de santé, le même bleu qui a teinté mes yeux. Ils m’ont permis de voir le jour en polychromie au quinze novembre mille-neuf-cent-soixante-seize. Maman a souhaité m’offrir le monde dans la meilleure clinique du moment, près de champs de courses et de leurs jockeys, un contresigne de mon futur mètre quatre-vingt-treize. Je suis son second enfant. Trois ans seront nécessaires pour que j’associe trois mots mais déjà autour de moi étaient à entendre : Maman, Papa et Frère.
Maman est professeure de sciences. Ses parents cultivent la terre sur laquelle ils ont fait pousser leurs enfants. Papa est technico-commercial, ses parents chérissent leurs enfants avec qui ils ont fui l’Espagne franquiste. Mon Frère est le premier petit fils de cette famille métissée. Alchimie de l’héritage, sur un plan gastronomique je crois avoir gardé le goût de cette émulsion de beurre de Normandie et d’huile d’olive.
La petite grande femme qui accompagna mon enfance, c’est Tata. La Tante de maman dont les fenêtres donnaient sur les nôtres. Elle veillait à mes journées, mes besoins, mes caprices. Tata fut ma deuxième nourrice, en tablier le dos courbé dans son jardin entre cerises, framboises et tomates pour ne citer que les rouges. Nous les mettions en barquettes puis sur une balance.
Nous les vendions au portail à pied de rue. En face, à la maison, il y avait les livres à lire, les jeux pour jouer, une cour où courir et aussi la cave. Une caverne alibabesque où entre conserves et bricolage, s’offraient à mes mains; les sciences naturelles. Maman les enseignaient.
Des fougères pour expériences, des vivariums de phasmes ; insectes fascinants dont le mimétisme aux branches les rendent imperceptibles. Je m’en croyais capable à fureter, louvoyer en quête d’objets palpitants.
J’y trouvais des insectes volants en boîtes de plastiques où au clou, des squelettes de mammifères et des ustensiles de laboratoires à m’en faire bouillir l’imaginaire. Des piles de manuels de biologie dont je dévorais les images, avide de tranches de vie, bien souvent au sens propre. Les volcans subjuguaient mon regard de petit pyromane.
Un creuset d’expériences à reproduire sans que ce soit avouable. Seule comptait la pratique secrète, aller au contact du vivant pour le faire mien un instant, quitte à en jouer, quitte à l’étouffer.
La pratique, tant de fois répétée, consistait à utiliser une boîte en plastique comme celle des cotons tiges avec un petit trou au fond. Je refermais le couvercle sur guêpes, abeilles ou bourdons au bout des pissenlits.
Une fois la bête emprisonnée dans cette boîte j’avais le loisir de filer l’exhiber à maman comme le chat ramenait fièrement une musaraigne en trophée.
Je mutais ensuite en un tortionnaire méthodique de ma prisonnière. Je secouais la boîte suffisamment pour l’assommer. L’immergeait dans un seau pour l’affaiblir.
Puis, je venais la déposer en appât agonisant près d’une fourmilière pour observer, en spectateur-réalisateur, le macabre festin.
Je m’éloignais de la maison, à vélo ou à pied. Parcourant les sous-bois à l’affût de trucs rarement propres. J’adorais le hasard des objets qui ressortent des labours, jetais pierres et branches, en frappais les troncs.
