Bons baisers d'Helen - Malcolm Tirésias - E-Book

Bons baisers d'Helen E-Book

Malcolm Tirésias

0,0

Beschreibung

Ce roman nous plonge dans la vie de Malcolm, enfant surdoué de cinq ans, qui habite avec sa famille à Thèbes. Il va vivre des aventures douloureuses et complexes. Après avoir tué accidentellement une petite fille à l’école maternelle, il sera retrouvé, des années plus tard, par le père de cette dernière, le diabolique maître Klaus Phalaris. Pour se venger, celui-ci fera alors vivre un véritable enfer au jeune garçon et à sa famille. Il ira même jusqu’au pire et à l’irrémédiable. Après leur avoir effacé la mémoire grâce à l’hypnose et à des drogues, maître Phalaris tentera de gommer toutes les traces des abominations commises mais cela suffira-t-il pour ne pas être retrouvé et puni ?

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern

Seitenzahl: 212

Veröffentlichungsjahr: 2017

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Les gens ne réalisent pas à quel point un simple livre peut changer toute une vie.

Malcolm X

Avertissement

Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite.

Sommaire

Préambule

1

re

Partie

Chapitre I La tragédie

Chapitre II Le retour

Chapitre III L’incident

Chapitre IV Le test

Chapitre V Les premières visions

Chapitre VI L’association

Chapitre VII La recherche

Chapitre VIII Le souvenir

2

e

P

ARTIE

Chapitre I La découverte

Chapitre II La décision

Chapitre III La photo

Chapitre IV L’appartement

Chapitre V Le logo

Chapitre VI Le secret

Chapitre VII Les deux parrains

Chapitre VIII La nuit

Chapitre IX L’internat

Chapitre X Le nettoyage

3

e

P

ARTIE

Chapitre I Le surgissement

Chapitre II Le cours

Chapitre III L’aide

Chapitre IV La prise de contact

Chapitre V La rencontre

Chapitre VI Le détective privé

Chapitre VII La destinée

Chapitre VIII La cérémonie

Chapitre IX L’hôpital

Conclusion

Communication

Préambule

Ce livre relate les aventures de Malcolm, un jeune enfant visionnaire, victime de manipulations et en proie à l’impensable. Grâce à son don de prédire l’avenir, il va mener un combat acharné contre maître Klaus Phalaris, un avocat assoiffé de vengeance.

Tirés de faits réels, les actes que vous allez découvrir n’ont jamais pu être prouvés devant un tribunal. Cette vie, Malcolm vous la raconte.

***

Malcolm est le témoin direct d’une vie révolue. Il comprit qu’il était de son devoir d’en relater les faits avec la plus grande précision possible dans ces descriptions et ces déroulements, tout en simplifiant et changeant parfois les détails.

Il est le témoin vivant qui a assisté à la folie humaine jusqu’à son état le plus extrême.

Ce livre raconte une histoire interdite qui ne peut et ne doit plus arriver. Dans une société où les témoins de telles abominations sont rares, Malcolm a décidé de briser le tabou. Voulant continuer à vivre avec son cœur, il n’a plus souhaité garder en lui l’affaire de sa vie.

Certaines personnes se demanderont pourquoi Malcolm a voulu de nouveau ouvrir les brèches de la souffrance comme s’il n’avait pas assez souffert. Cela est dû à son extrême dégoût de l’injustice.

En effet, les horreurs commises sont trop graves pour qu’il les oublie. Pourtant, il a essayé de continuer à vivre tant bien que mal. Si Malcolm oubliait son passé et s’il refusait d’y croire, ce serait comme nier la vie. De tels évènements, bien que difficiles à croire, sont le fruit d’une vie humaine.

Son histoire doit être étudiée pour faire évoluer les mentalités. L’être humain est capable de réaliser les merveilles les plus extraordinaires. Malheureusement, l’homme est aussi capable du pire en tant que barbare et destructeur de ses propres œuvres. Il semble toujours autant attiré par une volonté de puissance qui peut le pousser à la folie.

Pour que les générations futures ne laissent plus de telles dissimulations avoir lieu, Malcolm est là pour vous rappeler le passé.

Ce livre est une dénonciation et une leçon tirée de la vie. Il sera la preuve écrite de ce à quoi Malcolm a assisté. Même après sa mort, les lecteurs se souviendront !

Malcolm vous le dit, la vie vaut la peine d’être vécu. Il est Malcolm !

1re Partie

Chapitre I

La tragédie

L’histoire démarra en 1989. Dans une ville nommée Thèbes, un jeune enfant âgé de presque trois ans était en classe de maternelle. Il se nommait Malcolm.

Ses cheveux étaient coiffés à la coupe au bol, il revêtait les habits que ses parents lui choisissaient. Il était déjà grand pour son âge. Sa taille était plus imposante que les autres enfants de sa classe.

Son père, Richard, était médecin généraliste et, étant fils unique, ses parents avaient pu lui payer ses études de médecine. Richard, tout comme son père qui était chauve, avait le cuir chevelu qui commençait à se dégarnir, prouvant le lien de parenté qui existait entre eux.

Sa mère, Helen, avait arrêté de travailler pour élever ses deux enfants. C’était une belle femme. Elle prenait soin de son physique. Ses cheveux étaient plutôt mi-longs. Helen avait une sœur plus jeune qu’elle de quelques années seulement. Ses parents vivaient à moins d’une heure de Thèbes.

Les deux époux s’étaient rencontrés durant leurs études à la faculté de médecine. Le coup de foudre avait été immédiat.

Avec la grande sœur de Malcolm, Emma, plus âgée de six ans, ils vivaient tous au-dessus du cabinet médical du père.

Un matin du mois de mai de cette même année, Helen conduisit ses enfants à l’école. Le jeune Malcolm entra dans la cour avec son petit cartable qui contenait son goûter pour la pause de dix heures et quelques crayons de couleur. Il était huit heures et l’enfant intégra la classe avec ses camarades. Les dessins abondaient dans la classe. Chacun des élèves développait ses facultés et utilisait ses mains pour créer. La sonnerie de l’établissement sonna les coups de dix heures. C’était la récréation tant attendue par tous. Les enfants lâchèrent tous leurs crayons et feutres. Au signal de la maîtresse d’école, ils partirent rejoindre les autres camarades dans la cour de l’école.

Au moment où le jeune Malcolm retrouvait ses copains pour s’amuser, une fillette arriva devant lui. Ils se mirent à se disputer. La petite fille, un peu plus âgée que lui, avait cinq ans et demi et s’appelait Adeline. Son père, maître Klaus Phalaris était avocat dans la ville. Elle avait deux sœurs plus grandes qu’elle.

La fille avait l’habitude de se moquer de Malcolm et venait régulièrement l’embêter. Ils étaient en haut d’un petit escalier dans la cour de l’école quand le garçon se mit à s’énerver. Elle le gifla en rigolant davantage. Mais d’un coup, l’enfant, humilié, la poussa de ses mains. La fillette bascula dans les marches et sa tête percuta le sol. Malcolm pleurait, la petite fille ne bougeait plus. Toute la cour venait de s’arrêter de jouer. Le silence précéda la panique chez le personnel de l’école. Adeline Phalaris venait de mourir.

Chapitre II

Le retour

Durant l’année 1991, Malcolm avait grandi. Il venait de fêter ses cinq ans. Il avait déménagé dans une autre maison que son père avait fait construire. Un habitat beaucoup plus grand que l’ancienne maison. Malcolm avait assisté au chantier.

Il avait vu son père désherber le terrain fraîchement acheté, l’aidant avec sa petite brouette d’enfant. De couleur rouge et jaune, elle ne servait pas à grand-chose, mais qu’importe, l’essentiel était qu’il participe aux travaux.

Son père était toujours médecin à Thèbes. Il n’avait vendu que les étages de la maison et avait gardé le rez-de-chaussée pour son cabinet médical. Sa mère était toujours femme au foyer, elle s’occupait de ses enfants qu’elle aimait tendrement.

La famille avait décidé de ne plus parler de la tragédie de la petite Adeline. Le cours de leur vie avait repris. Grâce à la bonne volonté des parents des camarades de classe de Malcolm, personne ne lui reparla de cette histoire tragique. Il arriva, certes, que quelques camarades lui en rappellent les faits. Mais Malcolm ne savait pas de quoi ils parlaient. Il était trop petit et le choc lui avait fait oublier. Il ne se doutait pas qu’un tel évènement ait pu avoir lieu, tout simplement parce qu’il ne s’en souvenait pas bien. Malcolm avait un blanc dans ses souvenirs. Il ne se rappelait pas bien des années précédentes, c’était flou.

***

Le père de la petite Adeline, décédée en 1989, avait eu beaucoup de mal à se remettre de la mort de sa fille. Le traumatisme suivi d’une grosse dépression lui avait fait oublier partiellement les évènements. Sa famille, avec qui il avait déménagé à Mycènes, une ville proche de Thèbes, ne lui reparla jamais de la tragédie. Il semblait avoir enfoui le nom de l’enfant qu’il avait fait chuter. Les personnes qui le côtoyaient, avaient refusé de lui donner des informations sur cette affaire car ils avaient peur de ce qu’il serait capable de faire. Lui demandant d’oublier, il n’insista plus.

Un jour, Klaus Phalaris se retrouva devant le bâtiment, à la sortie de l’école maternelle de Thèbes. Des parents d’élèves durent l’apercevoir et se demandèrent ce qu’il fabriquait à cet endroit. Il avait décidé de revoir les lieux deux ans plus tard. La scène se passa au courant de l’année 1991.

Chapitre III

L’incident

Les écoliers se retrouvaient dans la cour de l’école pour jouer ensemble. Les filles sortirent leurs cordes à sauter, une partie des garçons jouaient au loup.

Tout se passait bien jusqu’à ce que Malcolm et l’un de ses camarades se disputent. Boby était en classe avec lui. Ce dernier n’était pas très doué à l’école et beaucoup d’élèves se moquaient de lui pour diverses raisons. Des insultes commençaient à jaillir de leur bouche. Jackson, le maître d’école qui surveillait, en entendant ces mots, intervint :

— Boby et Malcolm. Arrêtez immédiatement ! ordonna-t-il.

Les deux enfants, bien loin d’arrêter là, se dirigèrent sur le côté de la cour à l’abri des regards. Ils se trouvaient à côté des fenêtres de la classe. Boby demeurait dos au maître. Malcolm, lui, était face à son camarade. Jackson ne les regardait plus, il surveillait d’autres enfants qui jouaient à la marelle de l’autre côté de la cour. Son regard se perdait dans le mouvement de leurs jambes. Il ne pouvait plus voir Malcolm et Boby. Ces derniers se mirent de nouveau en colère l’un contre l’autre. Boby se retourna pour voir si le maître d’école les regardait. Quand il s’aperçut qu’ils n’étaient pas observés, il donna un coup de poing dans le ventre de Malcolm. La respiration de l’enfant fut bloquée quelques instants. Il était plié en deux et semblait étouffer, heureusement, cela n’allait être que provisoire. Il pressa ses deux petites mains contre son ventre en le massant pour tenter de faire disparaître la douleur. Quand Malcolm reprit ses esprits, Boby grinçait des dents. Sans doute s’apprêtait-il à lui porter un nouveau coup, plus violent.

Si Malcolm ne faisait rien, il aurait été ridiculisé par ses camarades qui l’auraient appris par la suite. Il lui fallait agir contre Boby. Il jeta un coup d’œil dans la direction du maître et, s’apercevant que ce dernier ne le voyait pas, il passa à l’offensive. Malcolm se rapprocha de Boby en regardant par terre afin de ruser. Il plaça son pied gauche derrière les pieds du garçon de façon à pouvoir le faire trébucher. Et là, avec une étrange rapidité, il lui flanqua un coup de poing dans le ventre tout en le poussant vers l’arrière. Boby tomba brusquement. L’enfant ne bougeait plus, il semblait inanimé sous l’effet du choc. Sa tête avait claqué contre le béton du sol. Malcolm examina ses yeux ; ils étaient fermés. Il était choqué par ce qu’il venait de faire.

— Boby est-il mort ? Est-il évanoui ? se demanda l’enfant.

Pris de panique, il se mit à genoux à côté de l’enfant inanimé et le secoua vivement. Que venait-il de faire ? Boby ne remuait toujours pas. Le rythme cardiaque de Malcolm s’accéléra, son pouls augmenta brusquement. Des larmes se mirent à couler sur ses joues, tellement il était dépassé par ses actes. Il le secoua encore et encore et s’excusa en lui demandant de se réveiller. Mais rien à faire, Boby n’ouvrait pas les yeux. Les regards des enfants qui jouaient dans la cour se tournèrent dans sa direction. Sans tarder, le maître tourna la tête. Jackson comprit ce qui venait de se passer. Il galopa à toute allure vers l’enfant en détresse, se mit à genoux devant eux et cria :

— Qu’est-ce que tu as fait ? Mais qu’est-ce que tu as fait ! s’alarma Jackson en secouant Boby.

— Je n’ai pas fait exprès, maître. Il est tombé par terre, pleura Malcolm.

— Réveille-toi Boby ! dit Jackson en prenant le garçon dans ses bras.

Tous les enfants avaient brusquement cessé de jouer. Ils observaient la scène qui se déroulait devant leurs yeux. Jackson se releva rapidement et se précipita à l’intérieur du bâtiment. Que pouvait-il bien y faire ? Il rentra dans la salle de cours et y empoigna le téléphone. Il composa le numéro pour appeler le SAMU puis repartit en s’empressant vers l’extérieur. Une femme décrocha :

— Urgences, j’écoute, énonça la voix féminine.

— Je m’appelle Jackson. Je suis maître de l’école maternelle de Thèbes. Un enfant est inconscient dans la cour, envoyez vite une ambulance, répondit-il, puis il raccrocha.

Après avoir composé le numéro de la police, il entendit un homme lui répondre :

— Police nationale, j’écoute, fit la voix.

— Je suis maître de l’école maternelle à Thèbes. Un enfant a reçu des coups, envoyez quelqu’un, expliqua Jackson en mettant un terme à la communication.

Puis, il ouvrit son répertoire téléphonique. Il repéra les numéros de téléphone des parents de Boby et de Malcolm qu’il composa respectivement. Il leur expliqua l’affaire en leur demandant de venir vite.

Après quoi, il se remit à genoux devant Boby. Malcolm se trouvait à côté d’eux et continuait à pleurer. Ses joues étaient semblables à des torrents.

Quelques minutes passèrent quand une ambulance apparut sur le côté du bâtiment.

Tout semblait éteint dans la cour, il n’y avait plus un bruit, plus un mot. Les regards étaient fixés sur la scène. Jackson aperçut les secouristes et se releva en marchant dans leur direction. Un dialogue s’instaura entre eux :

— Est-ce vous qui nous avez appelé ? Que se passe-t-il ? demanda le plus âgé des ambulanciers.

— Il y a eu une bagarre entre deux enfants. L’un d’eux est tombé la tête sur le béton, expliqua le maître.

Les deux ambulanciers se déplacèrent rapidement vers Boby. Soudain, la mère de Boby apparut sur le devant de l’école, elle semblait scandalisée. Très vite, la mère de Malcolm se trouva également dans la cour de l’école. Elles regardaient côte à côte les faits qui se déroulaient sous leurs yeux impuissants. Le père de Malcolm, Richard ne tarda pas à arriver.

La police nationale débarqua, les fonctionnaires placèrent leur voiture sur le trottoir devant le véhicule du SAMU. Le gyrophare illuminait la cour d’un bleu inquiétant. Le petit Boby se trouvait sur le brancard, inconscient. Sa mère pleurait. Un fonctionnaire de police posa des questions aux adultes quand, très vite, il comprit qui était le maître d’école qui avait appelé. Les deux personnes dialoguèrent :

— Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda le policier à Jackson.

— C’est cet enfant, Malcolm qui s’est battu avec lui, fit Jackson en pointant du doigt le garçon.

— Vous êtes ses parents ? demanda le fonctionnaire en interpellant Helen et Richard.

— Oui, c’est nous, confirma la mère.

— L’un de vous doit me suivre ! insista-t-il.

Malcolm pleurait de plus en plus. Il demandait pardon avec insistance. Mais c’était trop tard, les erreurs étaient faites. Helen entra dans le véhicule de police. Tous les regards scrutaient Malcolm, tout le monde le regardait en s’interrogeant.

La mère du petit Boby était montée dans l’ambulance. Le véhicule faisait route vers l’hôpital de Thèbes, proche de l’école. Le plus jeune des ambulanciers, donc le moins expérimenté, avait pris le volant. L’autre prodiguait les premiers soins à l’enfant. Il posa sa main sur le poignet du garçonnet de façon à prendre son pouls. Il sentit un battement, certes faible mais le pire était évité. Il le plaça sous oxygène en lui appliquant un masque qui était bien trop grand pour lui, mais qu’importe, l’essentiel était que le cerveau ait un apport suffisant en oxygène. L’ambulancier ausculta la tête du petit garçon :

— C’est sans doute un choc au niveau du crâne, dit-il.

— Va-t-il s’en sortir ? s’alarma la mère.

— Tant que nous ne lui avons pas fait d’examens, je ne peux rien vous dire, madame.

L’ambulance arriva très rapidement au service des urgences de l’hôpital. Dans un temps très bref, les deux ambulanciers sortirent le petit du véhicule. Le brancard roulait à présent dans les couloirs de l’hôpital. Le plus âgé des ambulanciers partit avec Boby.

L’accueil était assez vaste ; en effet, cet hôpital était le plus grand de tous les hôpitaux de la ville. Il accueillait bon nombre de patients malades, ayant des problèmes de toutes sortes.

L’ambulancier interpella une secrétaire pour qu’elle prenne contact avec la dame en détresse. Un dialogue s’instaura entre les deux femmes. Le petit Boby se trouvait dans les abîmes de l’hôpital.

Pendant ce temps, le véhicule de police roulait en direction du commissariat. L’un des policiers empoigna la radio qui permettait de communiquer avec le central et parla :

— Corbeau 12 à Yannick, vous me recevez ? dit-il.

— Je vous reçois Corbeau 12, à vous de parler, répondit la voix masculine.

— Nous amenons une personne ; la mère du petit garçon qui se serait battu avec un camarade, qui est aux urgences, articula le fonctionnaire.

— Reçu, termina la voix.

Pendant ce temps, Malcolm et son père se sentaient vraiment seuls au monde. Ils ne pouvaient plus faire marche arrière, seul le temps déciderait de leur sort. Le garçon et son père quittèrent l’école. Richard décida de dialoguer avec Malcolm dans la voiture :

— Malcolm, dis-moi, que s’est-il passé à l’école tout à l’heure ?

— Je n’ai pas fait exprès, papa, ronchonna le petit.

— Dis-moi la vérité maintenant, et ne me mens pas, exigea-t-il.

Le garçon faisait couler des larmes de regrets quand il commença à expliquer à son père le déroulement de la scène. Puis, Richard poursuivit d’un ton sévère :

— Je t’ai déjà dit qu’il était interdit de te battre avec l’un de tes camarades. Tu vois ce que cela a fait ! Nous allons avoir des problèmes. C’est ta maman et moi qui serons punis à cause de toi. Tu seras puni en rentrant à la maison.

Helen arriva devant le commissariat de police situé à quelques kilomètres de l’école, plus proche du centre-ville. Le véhicule de la police nationale s’arrêta devant une grande grille verte avec des pics sur le dessus. Sa taille était imposante, elle décourageait quiconque souhaiterait s’évader. Sans un mot, le fonctionnaire, côté passager, sortit de la voiture sans refermer la porte. Il se déplaça en direction de la fameuse grille verte. Il y enfonça une grosse clé qu’il tourna sans hésitation. La colossale grille s’ouvrit, des grincements de charnières retentirent jusque dans l’automobile. Le policier repartit s’asseoir dans le véhicule. Le conducteur enclencha la première et la voiture entra sur le parking du commissariat, et se gara sur une place attribuée. Les deux hommes en uniforme sortirent du véhicule ; l’un d’eux ouvrit la porte arrière afin de faire sortir Helen. Le fonctionnaire prit la parole :

— Maintenant, suivez-nous ! fit-il d’un ton autoritaire.

Sans répondre, la mère obéit aux agents de l’État. Elle fut escortée jusque dans les locaux. Les couloirs du bâtiment sentaient la vieille peinture. Helen remarqua des cloques sur les murs, un seul frottement de main et le revêtement se serait arraché comme un rien. Les peintres n’avaient pas mis les pieds là-dedans depuis bon nombre d’années. L’état des lieux témoignait du manque de moyens financiers pour restaurer les commissariats.

Dans les couloirs, les agents circulaient de toutes parts ; aucun d’eux n’avait remarqué la présence de la mère. Elle marcha quelques instants puis arriva dans une pièce d’une bonne vingtaine de mètres carrés. Deux policiers en uniforme se trouvaient derrière une sorte de comptoir. Les agents, qui avaient accompagné Helen, s’arrêtèrent brutalement, puis l’un d’eux s’adressa à son collègue :

— Voici la personne en question, c’est la mère du petit garçon qui s’est bagarré, fit-il en la montrant du doigt.

Le policier observa Helen et dit :

— Eh bien ! Quel âge a-t-il ? demanda le fonctionnaire.

Helen hésita, puis elle comprit qu’elle devait répondre :

— Il a cinq ans, monsieur, répondit-elle, terrorisée.

— Dis donc, il commence très tôt pour se bagarrer ! signala le même policier.

— Mais je suis sûre qu’il n’a pas fait exprès, répliqua la mère.

— Et vous, madame ? Où étiez-vous pendant les faits ? demanda-t-il.

— J’étais à la maison. Mais Malcolm n’est pas quelqu’un de violent, vous savez, fit-elle remarquer.

— Bon, nous en reparlerons tout à l’heure. Nous allons faire une déposition. Vous avez le droit de passer un coup de téléphone pour appeler votre mari.

Le visage d’Helen changea soudainement. Elle ne pouvait pas accepter la situation. Le policier poursuivit :

— Vous ne resterez avec nous que le temps que nous ayons une déposition. Après quoi, votre mari viendra vous chercher et vous pourrez sortir, expliqua-t-il en changeant de ton et en voulant apaiser la situation.

Les deux policiers bloquaient la sortie. Des larmes de tristesse coulèrent des yeux d’Helen.

Une bonne demi-heure s’était écoulée. La forte intensité des néons blancs ne rendait vraiment pas l’endroit dans lequel elle se trouvait chaleureux. Ce type d’éclairage que l’on trouvait surtout dans les garages semblait humilier Helen. Cette lumière était inquiétante, elle présageait de mauvais évènements. Helen stressait toujours autant. Elle connaissait la gravité de la situation. Elle se tenait assise en attendant sa sentence quand deux agents arrivèrent devant elle. Helen se leva brusquement en les observant avec une certaine inquiétude. L’un d’eux s’arrêta, il la fixa et lui dit :

— Veuillez nous suivre, madame.

Un agent passa devant elle, Helen le suivit, pendant que l’autre agent se plaçait derrière. Elle était escortée. Elle parcourut quelques dizaines de mètres qui furent ponctués par de nombreux regards foudroyants de la part des autres policiers qui circulaient. Ensuite, le groupe gravit quelques marches. Ils marchèrent encore dans un couloir obscur et s’arrêtèrent devant une porte ; l’agent de police toqua. Après avoir entendu une réponse, il ouvrit la porte. Les deux fonctionnaires ne rentrèrent pas. Sans parler, ils firent signe à Helen de pénétrer dans la pièce. Elle observa l’endroit dans lequel elle se trouvait. Le sol était recouvert de tout petits carreaux de nuance jaune et rouge donnant un aspect orangé. Malgré une grande fenêtre avec simple vitrage qui permettait à la lumière du soleil de rentrer et d’illuminer les lieux, un tube de néon éclairait l’entrée de la pièce. Il y avait une grande plante verte, quelques armoires à tiroirs pour y ranger des dossiers clés. À côté de la porte, se trouvaient un grand bureau blanc et un fonctionnaire assis sur une chaise qui fusillait du regard Helen. La mère resta plantée devant lui, il entama la conversation :

— Prenez place et asseyez-vous, exigea l’agent.

Les deux agents de police la laissèrent dans la pièce et refermèrent discrètement la porte. Helen ne remarqua pas leur départ, elle était trop tracassée par la suite des évènements. Elle pencha la tête en arrière et vit que la peinture du plafond, noircie par le temps, s’écaillait. Le fonctionnaire, d’une quarantaine d’années, ne parla pas immédiatement. Il lisait un texte sur une feuille. En fait, il s’agissait du dépôt de plainte du père de Boby. Soudain, il leva la tête et prit la parole :

— Vous avez de la chance, l’hôpital nous a appelés pour nous dire que le petit garçon est conscient. Il a eu un léger coup sur la tête mais rien de grave a priori. Ses jours ne sont pas en danger, affirma-t-il.

Helen serra sa main comme signe de réjouissance, mais l’inquiétude était toujours palpable.

Dans la pièce close, les discussions avec le policier reprirent :

— Alors, madame. Pouvez-vous m’expliquer pourquoi votre fils de cinq ans se bagarre de la sorte ?

— Je vous assure, monsieur, c’est la première fois qu’il agit ainsi.

— En êtes-vous sûre ? Dois-je vous rappeler ce qui s’est passé en 1989 ?

— Avec son père nous avons tout fait pour ne pas lui reparler de cette époque.

— Comment l’éduquez-vous ?

— Tout à fait normalement. Il reçoit des punitions quand il fait des bêtises. Mon mari et moi élevons notre enfant tout à fait convenablement. Ni trop strict, ni trop léger. Croyez-moi, affirma Helen.

— Comment est-il à la maison ?

— C’est un gentil garçon. Mais c’est vrai qu’il ne ressemble ni à sa sœur ni aux autres enfants. Il est souvent contrarié, il casse souvent ses jouets. Il ne veut faire que ce qu’il souhaite et se met souvent en colère. Mais il n’a jamais été violent, se défendit la mère.

— Vous devriez en parler à quelqu’un de qualifié avant que ça ne se complique davantage.

— Je vais y réfléchir sérieusement, monsieur. Je m’inquiète beaucoup.

Le père de Malcolm, Richard, arriva au commissariat, ayant été prévenu par sa femme qui lui avait passé un coup de téléphone depuis le poste de police. Il comprenait la situation et se doutait des risques qu’ils encouraient. Dès qu’il entra dans le bâtiment, il s’adressa à un policier qui aurait sans doute pu le renseigner :

— Bonjour, monsieur. Je suis le père du petit Malcolm. Ma femme est dans le commissariat, déclara Richard, troublé.

— Ah oui. Je suis au courant, fit le policier.

— Je vais la chercher.

Signant différents papiers pour sa sortie, le couple finit par quitter le commissariat tout à fait en règle. Ils partirent en direction de leur domicile, bien plus accueillant que le commissariat.