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Ce cantique s'adresse à un dieu obscur, c'est un chant irréligieux qui puise sa source dans l'inconscient où la pulsion de mort se dilue dans la pulsion de vie où les mots deviennent impardonnables. Les phrases se nouent et se dénouent et quittent l'amarrage du Sens pour le retrouver un peu plus loin comme un monologue intérieur, là où la réalité se brise délivrant l'univers onirique, là où le refoulé surgit au milieu des constructions morales; Ce chant est fait de juxtapositions et de collisions de mots pour éprouver le malaise et l'évanouissement, la forme et la déformation du monde sensible.
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Seitenzahl: 185
Veröffentlichungsjahr: 2024
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CANTIQUE POUR L’OBSCUR
Poésies
Le monde manque d’une pâture ardente
Pour nourrir ses troupeaux enchantés
Michel Leiris
« Haut-Mal »
Aux grands maîtres du Surréalisme
*
Tu t’es jetée dans les bras d’Amphitryon comme l’acarus de tes bubons pour abjurer la mater dolorosa flottant dans son image telle une accide oubliant le livre ouvert devant elle,
l’accoucheuse nous achale pour faire sortir l’occasion de ses ovaires pour un hâbleur de pacotille, qu’en sera-t-il du pacte où nous fûmes allongés couverts de feuilles de padou et de nos phrases enlacées pour ces nuitées, Hypnos avait menti car nous étions cariés dans la gueule du futur, un palan fixé à la nuque, le père se tenait dans un palazzo et tombait à pic sur sa progéniture goinfrée d’épithètes éventés quand d’autres célébraient la Panagia assurés d’être admis dans les cieux administrés par un pontife pâmé par nos prières.
Que Dieu immole les visiteurs comme il fait dérailler les locomotives portant les cercueils cachés dans les wagonnets de plomb roulant dans la plaine anéantie.
*
L’yeuse a perdu ses glands parmi les aubépines pour nourrir les requêtes des locuteurs de tupi-gurani jouant de leurs flûtes turgescentes dans le tumulte andin faisant tressaillir les vautours
qui tournent autour des volcans vultueux alors que tu souris, alors que tu as loué ta verve aux gnomes souffreteux se livrant à la simonie des notaires,
au diable les races de Japhétiques et les procédures des rabbins, je sais les correspondances des panégyries prolixes avec les oukases de la justice aux soutes confidentielles
Le questeur pérore sur les prolongements obsédants de mon esprit et je ne me fierai plus aux portulans qui indiquent les phares sur les côtes pommelées de mon empire, je n’aurai d’autres grâces que les astres cachés derrière toi,
j’ai gommé mon patronyme aux péages des routes oubliées, l’oïdium a rongé ma voix d’ovipare muée pour l’éloge des muftis,
je ne dresserai plus ma muleta pour surseoir au moisi de la miséricorde, le dandy s’est décousu devant l’ire des calotins lors que les synodes avaient traqué le camphre de nos chambres.
Car voici l’illimité et l’ouragan païen se disperse de porte en porte exfiltrant le baiser létal des étoiles dans la perversion des naufrageurs qui balayent la mémoire des mécanismes.
*
Recel des regards érodés sur son corps transi par l’effroi rompu par les suppôts jouant un staccato pour son sevrage virginal, pour la fraude de sa nuque et de ses
reins,
Il faudra suppléer au superflu des supplices tant que n’aura pas pris fin le sacerdoce des orphelins,
Les Hespérides ont quitté leur jardin d’illusion, à charge de clamer l’innocence de Jason dans son exil creusé d’avens et de tunnels aux remugles délétères,
Dans le sextuple endroit où l’on peut convoler, là où flagornent les caciques courroucés par leurs instincts de prêteurs, le réveil sera saumâtre au zénith du delta.
*
Tant de gorges attendent les lumières du rhéteur tapi dans ses diagrammes attendant le regain des sentences, le doute dans sa trachée, les valises pleines de valses triviales,
Dans les landaus la palabre des nouveau-nés nous a tirés d’un sommeil révélateur de nos avanies pour donner la becquée aux hydres des vénéfices, ourdis dans les raidillons de ces montagnes talentueuses sous le ciel sec et dru des supplices,
ma face de varan recouvert de tellure suinte d’une lymphe hagarde, se tourne vers les messies et leursmilices, il n’y aura plus de place pour les fraudeurs choyés dans leurs chiffres chlorotiques.
*
La verve divinatoire de l’aruspice défait les atomes liés dans mon thorax, j’ai réfuté les flux du regard selon les vœux d’un impatient relaps dont le chant allait sforzando jusqu’au summum des conciles,
La colophane de la figure filtre les fonds du marais de l’esprit vibrant dans sa bible falsifiée,
autant de tavelure sur mon ramage et d’oïdium sur mon front quand je transgresse sous la grand voile dépliée de mon esquif, le dos criblé de lapilli, le lanugo de mon poitrail attire l’outrage des femelles qui viennent jusque dans la sacristie se jeter aux pieds du Fils entouré du polyptyque des prophètes,
nous ne subirons plus les brimades des bossus édentés et verbeux, lors qu’ils nous fouettaient le jour de l’assomption pour une saillie perdue,
L’ire des coolies pour le fret du coton sur les débarcadères agace les mariniers aux mains de saindoux troussant les ouvrières des filatures quand les cheffes bouffies croassent dans les baraques.
*
J’ai cru au dithyrambe des bateliers au regard pélagique debout comme des chandelles pour éconduire les sirènes, les rousseurs de leurs cambrures flottent dans les rouleaux d’écume quand le ressac vient à moi dans les pores de mes bras, seul avec mes solécismes quand je gâche mes phrases dans les mares, là où les amphibiens m’accusent de simulacre,
J’ai recueilli le suc suave du styrax pour survivre aux morsures du succube qui engendre ses avatars dans les terriers quand sonne le tocsin, les prosateurs transcrivent leur veda un trachome dans les yeux saignant sur leurs chemises pour le sacre des tsiganes.
*
Le diacre rosâtre arrose les arums pour l’évangile du rimailleur qui grogne dans les recoins du vide, il ajuste son frac pour les lueurs insignes des lampyres, les rameurs de la barge sont passés au loin sous l’arche de la nuit loin des rumeurs de l’euphuisme quand les rayons s’accrochent encore à la lune récidivée entre les pylônes des punitions qui surgissent gravement le long des rituels, le sigisbée est contrevenu aux manières des salons des parvenus ornés de corindons, outrageant les visages de Janus au regard rectiligne gardant les portes des amphithéâtres,
Au seuil des solstices, les hommes ternis ont fuit dans les steppes noires comme des Sarmates sur leurs hongres blonds, tenant leur crinière et poussant le cri lugubre des rois rasés par les accoucheuses de leurs fratries.
Les phares du frère puiné n’alarment plus les scansions des grèbes, ils rôdent autour des chiffres du cadran, les plus gradés saluent et vont frétiller devant les experts exsangues, quand la chair a failli et que l’erreur va poindre au gré des jours consignés.
*
L’éphèbe éperdu épelle notre nom pour nous rendre notre escorte, j’ai vu sourdre son visage et fleurir les rhizomes quand pleure l’adagio dès l’avènement du jour et que babillent les divorcés sous les arcades d’ardoise, la vérité bégaye dans les avoines des chevaux et ses orbites sont excavées par le solde de nos dettes,
sacrées sont nos empreintes dans les sainfoins, j’extrairai le suc des salicornes pour les requêtes des saisonniers qui ahanent sur leurs araires,
les alinéas retiendront les phrases dans le bec de l’alcyon, la colombe défaillante a perdu sa chitine et la bégumdéçue s’est perdue dans les dédales des allégories pour la fringale des fripiers.
*
Dans le sombre décor qui enivre le jour, des trombes de nuages avalent les montagnes, un curare instillé le long de mes bras gourds, paralyse mes pas qui s’enlisent dans la sagne.
Les cyprès de la plaine se plaignent douloureusement, ils s’enroulent dans leurs branches en leurs coiffures bleues, les pies sophistiquées jacassent bavardement, le ciel s’est effondré sur le long fleuve sableux. Les sbires ont inversé le schisme des églises et leurs simagrées accompagnent les sonates dans les stalles désertées.
*
Je te salue Terre de têtards pour ta tiédeur timorée, les zélateurs tondus se tiennent devant toi quand se multiplient les thalles et quand point le porphyre sur tes hauteurs imputées au diable, tu veilles dans tes replis quand se lève le bref répons, nous pleurons quand le simoun balaye les cistanches et les roses de Jéricho,
l’image a expié sur l’enveloppe des yeux, faudra-t-il porter la toge devant le sépulcre ? Avares sont les jours
de l’avent quand les têtes benoites roulent dans l’oratoire, le visage est exsangue quand il expire par ses canthus, des larmes de lymphe coulent pour l’hubris des anges dont les quadriges foulent les nuages ascendants,
oint de myrrhe et entouré d’icônes dans la longue liturgie de la nef, le battement d’ailes du bombyx derrière les paravents du soir pour les dernières saturnales figent l’histoire blafarde du chrétien cloué par une sagaie.
*
Sis parmi la clairière et ses blanches labiées/ se tient l’abadie des dandies accoutrés, /le fumet de cacodyle qu’exhalent leurs livrées,/ fleure sous la galène des
nuages pommelés,
Les râles se réveillent dont le plumage rutile/sur le lac vineux bordé de chênes noirs/la barge doucement suit les ondes ductiles/qui caressent les rives où les ajoncs viennent boire,
J’ai rêvé l’irréel où les hommes vont raire/leurs grands bois ramifiés, leurs prunelles de raphides/ils courent incontinents à l’acumen des chairs/ frayer dans les frimas leurs ardeurs fervides.
*
L a terreur du talion sévit dans les travées, d’un petit édicule s’échappe une voix grêle, la colombe au bandeau portait une clarine, ses yeux sont des saphirs et elle sent la rosée fraiche des jachères, pourrais-je écrire sans solécismes l’exquis festin de la Kabbale quand les idolâtres nous interdisent la route du désert,
les hommes laqués pour les palabres n’ont cure du vibrato des récits, ils font des courbettes avec leurs falbalas et leurs têtes de fennec à leurs exécuteurs testamentaires,
le typhon soulève le souverain torve et pédant qui joue dans les palestres pour les pancraces prochaines, ses sujets pellagreux écoutant le péan retentir à l’aurore pour le jubilé des reines, et quand vient le souvenir les
vaches vêlent des veaux tordus baignant dans leur chyle pour la malchance des potentats,
la colère des tyrans utopiques fait danser les apsaras dans le chant des échos tandis que l’amant déboutonne ses phrases licencieuses pour le dernier décan.
*
Sous le ciel rapiécé entre les arbres rances, les lavandières languides chantent pour le rachat de leurs fautes sous les radiances de l’empyrée et ramassent la rançon de leurs rêves dans le ru qui rugit dans la ration des roches, entre les vallons veinulés, économe éros de
l’eccéité dans l’armature des pensées,
Le dalmate décati exhale son déclin quand l’heure déficiente se fane et tout va au vacuum avec le ladanum des augures penchés sur l’avenir invalide et la vase jaune remonte dans les réticules des yeux là où le regard se rive sur les damaras séchant sur les fougères lancéolées quand reculent les janissaires galeux aux cols gansés de verroteries,
La saburre coulera de nos becs assouvis, époque de laquais et de falots raccourcis, époque de fabulateurs ablués de l’urine des damnés, nous vivrons comme des macrobes dans ce monde perclus.
*
Soudaine dans la sylve profonde l’incurie du poète préhenseur du galbe des dryades avec, perdu, le rire qui sourd des replis d’organdi, le corps émondé dissonant, son va-tout dans l’iris brisé jetant des banderilles aux femmes en caraco dansant dans les patios,
Le vocable luit comme la main distraite et le bruit comme le feu desserre les murs capaces qui enferment la pudeur des ongles, les dalles de l’idole mènent au seuil du scalp du néant là où disparait le fardeau de l’adieu,
Je l’ai vu ovuler et c’était l’œuvre obsédante des noctambules, voilà les cadrans de sa demeure qui fait tanguer la syntaxe, les poupées sont lasses et leur humiliation attise les langues des aficionados,
Eclairs dans le sommeil austère des nonnes sans odorat qui nagent sur l’herbe rousse en bêlant, la taille de grive saccagée dans le résonnement boréal minimise la phobie des serrures qui ramasse tous les assauts de l’or, la poésie parle pour les filandres qui s’arriment au port, elle marche lentement sur les chemins de la lune.
*
Les doigts fouillent la nuit cherchant les idylles, les arbres sont aveugles et l’écho des dialogues appellent les algues du voyageur pendues à ses souliers, qui goûtera au miel de cet ennui, au verso des mots est la plume consumée, ils demeurent dans les asiles ténébreux des batailles, que de naufrages secrets rejetés sur les rives mordues par l’écume entêtée, voici tous les soldats réunis autour des cygnes qui paressent dans la lumière viride, ils gagnent la patience plantée des oriflammes des affres que nous connûmes, le vivre est ouvert pour revendre les cendres et les coraux ont peuplé la candeur pélagique dans le miracle de l’horizon qui nous hèle de l’infini lointain des preuves,
la soif de l’étranger prime les querelles des détroits là où s’exaucent les vents de l’équateur attaché à la taille migratoire au rythme de la Terre.
Homme apeuré aux jambes indulgentes et ses journaux d’insectes purpurins au byssus gluants, radié dans sa résine, errant sans remords ni pourquoi, arraché à la pyrite des messages foulés de la terre, les scorpions du chagrin nidifient sous ses pas, la ruine des mots est l’ivresse intime de la phrase qui traine dans les espaces cruciaux là où le silence devine le poète qui ajoute toujours un terme du fond de son ravin, la beauté exècre le visage qui fléchit dans sa brume sur le lac altier des passions matinales,
Sous l’ove des cirrus le soleil surpris rend l’impatience de ses rayons qui reculeront jusqu’à la fin du fini pour le destin anonyme de nos ventres.
*
La matrice jouit de toutes ces paroles qui balayent de lumière le voyage contre le sol noué des prophéties, là où se génère le prestige de l’aurore, la mémoire du désir ondoie chez les hommes du sommet qui crient comme les vigies des synecdoques cocasses pour exacerber les flots sombres et orgueilleux qui annulent les rivages clandestins pour noyer le vertige de l’enfance nue,
là où les volcans s’abreuvent, j’ai séparé l’espace indocile des deux mers où se divisent les eaux, l’eau claire et la fange, le mythe des statues englouties dans le halo du Temple et les oracles disparus dans leurs livrées de nacre.
*
Je serai son féal et mes poignets seront lacés quand viendra le lamento pour alléger mes excès, attelé à ses reins comme la lamproie pour extraire ses largesses lascives, tandis que les violes exécuteront maestoso la musique innée de sa peau madrée, je recueillerai sa salive rageuse pour m’inoculer sa vaccine asphyxiante et matricide, je serai prisonnier de ses ballerines dansant une quadrige bannie du salon de ses émois, il faudra renaître des miettes de ses victoires et boire la lie du rancio, lauréate elle sera lapidée pour la psalmodie des laudes,
Ils planteront leurs cacheteros dans son cou de grive mythomane et tout sera écrit avec l’encre de la pieuvre aigrie, l’idée se videra comme la bouteille de ses pleurs qui assouvissent le goût de la solitude en haillons, je n’écrirai plus pour sa gouverne de vers à peine coiffés sur la margelle de son antre, là où on nous appelle nous irons en béquilles avec nos matricules de fiancés aux clairons,
Le vide toujours s’accroche à nos bras pour entrouvrir les mains du règne des satrapes et déchirer les lèvres du scandale, nous resterons à portée du soleil pour parler des ruches de la raison quand la mer haussera ses épaules d’écume désignant les grondements avares de Poséidon, les relaps se tiendront tour à tour dans les rues muselées, chevrotant de larmes, leurs orgies braillant sous les porches à chaque frémissement de robes.
*
Quand pérore le misandre ibidem pour l’insu du chanoine d’antan ramage le coryphée dans son astrakan noir et luisent les iules pour occire l’inverti l’air épars envoûte les esquisses les santons bien rangés autour de la pulsion,
S’évade la goule pour dévorer les corps alignés pour le ratio, les monarques abdiquent pour toutes les abjections de leurs empires débâtis quand leurs cadets s’embarquent dans leurs caïques pour scruter les rayures des rives, sont disparates du monde les bacchants qui assourdissent l’écume des cieux,
les messies turbulents aux cols de padou dans leurs plastrons de dentelles calcaires, iront écraser le Moi et recueillir les clés des clématites assidues ab ovo sur les balcons des instincts.
La réalité est reçue dans les filets repentis pour les ramassis d’hommes rebiffés et les mots convulsent dans le fond pour trouver leur oxygène, ils seront commis à l’obsession des refrains pour le régal des plâtriers,
Dans le reflux des ténèbres on découvre les spires de la parole et les spondées des mots tumultueux émergeant tels des saxifrages d’entre les pierres pacifiées ou les tremblements du doute,
Sur le paillis s’allongera la mère coiffée pour son fils quand retentira le scherzo des plaines sentimentales alors que les soiffards planteront leurs rostres dans l’œil de la robe corrompue.
*
Imputable au succube la paresse à l’envi sis dessus l’idolâtre idoine aux sermons allusifs, la mer laquée jusqu’au large comme un langage muet que lape le mal-aimé pour ses larcins et ses plagiats
Marasme des massifs maternels et ses fleuves puritains coulant dans le purgatoire des regrets répandus dans les replis des asphodèles loin du cursus duMoi et de ses distinguos,
Les mots dégouttent sur l’écritoire, ils écœurent les courlis qui bégayent sur la lande entre les parenthèses des idiomes, les édits des effarés façonnent les faillites, la fiancée guérie s’illumine de ses fertiles illusions, elle ouvre son isthme pour laisser rentrer l’organe du sens, au temps pour elle de goûter au gel nacré du faquin suppôt des notaires au col empesé d’amidon quand leurs jardins clinquants étaient survolés de tantales endiablés,
J’ai vu ouvrir l’annuaire de Son Nom dans le Livre arrogant du tabernacle et tout se purin ravalé pour des prologues promus pour la plèbe, dans l’interstice de la pudeur, j’ai trouvé l’extase des jachères et les caves des barbares, le vin râpeux du regard et les taches purpurines des vallées,
Je sais la moire brodée de son dos pour les rites du printemps et l’asphalte autour des yeux du retour, le doigt pointé du soleil réfléchi sur ses dents, autant de salves de souvenirs qui fuient sous les ongles et les bracelets des gitans dans la fièvre ourdie pour moi seul.
Le mot est organe de dissuasion.
Ecoute celui qui a oublié la parole et qui s’est pendu à ton regard.
La gorge a soif des pierres de nulle part.
L’enfer glacé ronge les tombes aux abois.
Le vide nous a élus et le refuge est en cendres.
L’art consent les dupes.
Face à face le visage trouve le chemin de l’infini et ses sillages.
La carte du Tendre est tracée sur le dos des nymphes accouchées.
Tu ne te sauveras point, onzième commandement.
*
Tes mains frigides volent au-dessus de la steppe tavelée par ses absinthes noires tandis qu’une trombe arrose la tellure de sa figure jusqu’à l’horizon rubigineux,
Des rufians pérorent aux bras de leurs pimbêches sous le signe des palombes laquées aux yeux de sel, aux ailes labiées achetées pour trois kopecks dans une volière de sarcasmes et nourries à l’ivraie,
Les lacunes de leurs phrases infrangibles issues des infidèles aux terres indivises gagnent le frai dans les étangs de mots fétiches,
Le râle du poème renverse le terme de la route là où les bosquets touffus se prennent à interroger le sentier des rimes,
Pertes, pertes à jamais conçues comme les robes des rochers lors que les aiguilles de fer serpentent dans les répétitions, l’écriture se consume, brûlant d’errance pour le narrateur qui attend ses preuves,
L’écrivain croit à la submersion des mots, le texte est saisi comme une colonne de flammes, il a survécu, nous avons survécu aux perspectives du décalogue, la frayeur nous a percé de sa lance de feu,
Le texte s’est égaré dans une fuite impossible sans atteindre le pardon de la copie soucieuse de l’embrasement, c’est le théâtre nu qui a donné le silence du livre entouré de son obscurité comme les tâtons de la nuit anonyme et glorieuse, la bouche ouverte et les yeux crevés du poème, vagabondage des stances hachées comme la femme et ses générations,
sans hâte le mensonge renchérit le réel, avec le silex il a taillé l’homme et sa faim, de quel mal souffre le scribe et ses paragraphes tuméfiés lancéolés et ses encorbellements à l’issue de ses pages.
*
Idoine est la parole et nous naîtrons par le vent des sables comme la rose éphémère pour la sainteté de nos emprunts, le dieu minuscule s’est effaré de notre savoir qui dénoue sa présence, change et métamorphose jusqu’au bout de l’être, point de devenir où l’on s’adonne, point d’îles de supplices voguant dans notre contenance,
Le soleil distant tremble dans son suc quand s’avive le corps limpide, la légende court au ras de l’eau, tant étrange est l’étranger avec ses mains froissées lors que le visage retrouve ses initiales, un ciment nous sépare du surplus de ses cheveux d’exode, au milieu de mille reproches son dieu a été tué mais le meurtre était salutaire car le fléau est ce mur et ces convois de lumière et la sourdine de l’horizon qui s’emplit d’ombre,
S’il n’a pas appris, la gifle l’a tu et il n’a pu finir la strophe de ses desseins, les angles des réponses restent ouverts pour recueillir les rayons astraux sur toutes les mers, sur tous les océans de pierre,
Que celui fouisseur plante la première dague, qu’il souffre dans la sourdine des cieux, qu’il fasse gicler la fange autour du vide, que ses prières villeuses raflent le corps présumé, toutes condensées permutent les orbites, immergé dans la flache menaçante personne ne sauvera l’immensité des propos ourdis dans la sueur des flammes,
La vague inonde les velléités du monde jusqu’à son fond là où se creuse l’os des grand empires.
*
Dans le coffre des phrases se trouvent les corindons des mots étincelants qui pétillent comme les pétioles des pervenches et le jour d’ennui se propage, journal de ses questions promu aux fatalistes noués à leurs lendemains d’enfance, si claire était la valse des vallons quand les véneries s’acharnaient sur les proies, dans l’hésitation du soleil vairon, oscillant pour les vaincus dans l’air mat sillonné de sampans.
Tant de salves estimées pour le rapt des étoiles borgnes, sur la rosée des cils va l’outrance de l’éros, l’ondée sur la peau sous l’ombrage des ogives, les nervures de l’œil du néophyte aux flaques mutilées, se dresse le monolithe au minuit léthargique, les laquais hérétiques ont levé leurs héros par-dessus leurs épaules, les voix grégaires s’élèvent pour l’heure du gnomon,
Voudrons-nous agenouiller le gotha aux gandouras grège devant nos hypothèses pour faire évader nos étrennes et nos déboires, nos coursiers seront courroucés par le chaos des sentes, la Loi prohibe la narcose des négligents qui expurgent l’extase de nos écrits confluents conçus dans les cachots là où la pierre expire dans les asiles des gandins,
