Cecilia, sans accent - Anne Leconte - E-Book

Cecilia, sans accent E-Book

Anne Leconte

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Beschreibung

Quand Anne et Marc souhaitent avoir un enfant tout ne se passe pas comme prévu. Suivant leur désir de devenir parents ils se lancent dans l'adoption d'enfants. Les chemin est long et fastidieux: il leur faudra beaucoup de patience et de ténacité pour constituer la famille de leur rêve. Mais la vie n'est pas un rêve.

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Seitenzahl: 86

Veröffentlichungsjahr: 2018

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La construction des plus grands bonheurs est parfois invisible.

Sommaire

Deux enfants plutôt qu’un

Au commencement…

Les enfants de « Folie »

SOUDAIN… LE TELEPHONE SONNA ! Ou « l’attribution » tant espérée…

ET PUIS… UNE FAMILLE, LA MIENNE ! Ou la rencontre tant attendue…

ENSEMBLE, ENFIN ! Ou comment s’organise notre nouvelle vie

La maladie

Le coup de Massue

D’espoirs en désespoirs

« Les anges n’aiment pas devenir vieux »

MILLE MERCIS !

Quelques photos

Deux enfants plutôt qu’un

Octobre 2006, courrier pour la famille

« Après plusieurs années de doutes, nous nous sommes enfin décidés : nous fonderions notre famille en adoptant deux enfants de plus de 3 ans ! Ce choix très personnel a été motivé par différentes raisons qui nous touchent intimement. Il a été mûrement pensé, pesé et discuté.

Nous nous sommes préparés en lisant de nombreux témoignages et conseils, en réfléchissant profondément.

Nous étions prêts à relever le défi, tout en sachant que nous aurions besoin de la bienveillance et du soutien de notre entourage.

Aussitôt prise, cette décision nous a redonné un peu d’espoir. L’espoir de devenir parents. Mais l’attente a été longue. Très longue. L’épreuve morale, elle, aura duré jusqu’à ce que nous devenions enfin un papa et une maman.

Le chemin a été long. Ardu également. Mais aujourd’hui nous avons le plaisir et la joie de vous en dire quelques mots. De vous raconter ce qui a été notre projet le plus important et le plus difficile à la fois. Et de vous expliquer pourquoi. Nous espérons d’abord que vous ne nous méjugerez pas et que vous accepterez notre décision. Puis que vous considérerez nos enfants comme faisant partie intégrante de notre famille. Plus que jamais nous avons besoin de votre soutien à tous, et de votre compréhension.

Nous espérons également que, via ces quelques lignes, vous appréhenderez au mieux l’heureux événement qui s’apprête à emplir notre maison de bonheur. Un double heureux événement qui, certainement, gonflera vos cœurs de joie.

La première démarche a été d’obtenir un agrément auprès du service de l’aide sociale à l’enfance (ASE) de notre département. Une demande que l’ASE de Haute-Corse a instruite en procédant, comme le veut la Loi, à une enquête sociale et à des investigations psychologiques. Nous nous sommes donc entretenus en premier lieu avec une assistante sociale. Des entretiens très conviviaux, parfois en couple, parfois individuels, au cours desquels nous avons abordé notre volonté d’adopter non pas un mais deux enfants, qu’il s’agisse d’une fratrie ou non.

Ce souhait a surpris. Et au cours des rendez-vous nous avons ressenti quelques réticences. Mais nous n’avons pas cessé d’insister à chaque rencontre, montrant à quel point nous étions déterminés, expliquant que nous avions bien réfléchi aux conséquences et quelles étaient nos motivations profondes.

Accueillir deux enfants c’était ne pas les séparer, qu’ils soient de la même famille ou qu’ils aient simplement tissé des liens à l’orphelinat. C’était éviter également qu’ils se sentent trop déracinés.

Nous avions choisi d’être disponibles à l’arrivée des enfants ; c’était de toute façon notre choix de vie, que nous devenions ou non parents.

Nous pouvions assumer matériellement l’arrivée simultanée de deux enfants : nous avions les moyens financiers et suffisamment de place à la maison.

Nous étions à proximité d’une partie de la famille et d’amis en cas de besoin.

Nous étions entourés par de nombreux bambins.

Nous n’avons pas non plus hésité à concéder qu’il nous faudrait peut-être du temps pour nous organiser au départ. Et que nous ferions appel au psychologue de l’ASE en cas de difficulté. Nous avons dû montrer que nous étions conscients de nos limites.

Puis, aux questions de l’assistante sociale, sont venues s’ajouter celles de la psychologue. Sensiblement identiques bien que plus approfondies.

Bien sûr nous n’avons jamais menti. Et le fait que certains membres de la famille ignoraient notre projet n’a pas été un obstacle pour l’obtention de l’agrément.

Cette première étape a duré onze mois : nous avons envoyé notre demande à l’ASE de Bastia en novembre 2003, les entretiens se sont déroulés au printemps 2004 et nous avons eu la joie de recevoir notre agrément fin septembre 2004. Enfin nous décrochions le sésame : l’autorisation de vivre notre vie le plus naturellement et simplement possible !

Un an ! Cela parait bien long mais ce temps a été nécessaire à l’épanouissement de notre projet. Il a permis à nos cœurs de s’ouvrir davantage encore, au point de devenir béants tels des bras accueillants.

Dès le rendez-vous avec le service d’aide sociale à l’enfance de Bastia, nous avons su qu’il nous serait quasiment impossible d’adopter un enfant pupille de l’État (en général né sous X). Nous avions compris au début de nos entretiens que nous devrions nous tourner vers l’étranger.

Une fois l’agrément en poche, et pour poursuivre un parcours « normal », nous avons dû trouver une association agréée susceptible de nous aider. Ces associations sont peu nombreuses. On les appelle les OAA, les organismes agréés pour l’adoption. Environ 40 % des adoptions en France sont réalisées avec leur aide.

Malheureusement, pour des raisons qui nous échappent aujourd’hui encore, la prise en charge par une de ces OAA nous a été refusée. Et nous avons perdu un an supplémentaire en espoirs vains. Ce temps additionnel nous a beaucoup affectés.

Nous avons insisté encore quelques mois auprès d’autres associations mais sans succès. L’hiver 2004-2005 nous a paru aussi difficile que les années précédentes, lorsque l’infertilité nous plongeait dans le doute et le désespoir.

Au printemps 2005, après avoir longuement consulté les fiches de renseignements gouvernementales mises à notre disposition sur internet et concernant les pays étrangers ouverts à l’adoption internationale, après avoir plusieurs fois discuté au téléphone avec la MAI1, l’administration française chargée des adoptions internationales, nous avons monté notre dossier, l’avons fait traduire puis légaliser. Enfin, l’espoir au cœur, nous l’avons déposé dûment complété à l’ambassade de Hongrie. C’était en juillet 2005. Depuis, nous attendons un apparentement et espérons que ce sera pour 2007.

Oui, un jour prochain le téléphone sonnera. L’Agence française de l’adoption nous confirmera avoir reçu un dossier concernant des enfants proposés par les autorités hongroises, et nous avertira de son envoi. À réception, nous aurons quelques jours pour le consulter. Pour donner une réponse en vue d’obtenir un rendez-vous en Hongrie afin de rencontrer nos enfants. Nous les rejoindrons ensuite à l’orphelinat ou plus probablement en famille d’accueil. Nous partagerons avec eux, quotidiennement et pendant une à deux semaines, des moments qui dureront de plus en plus longtemps. Puis, toujours en Hongrie, nous serons réunis l’espace d’un bon mois. Un mois que nous passerons à nous adopter mutuellement. Une assistante sociale signera alors un rapport autorisant la rédaction des papiers nécessaires à la sortie de Hongrie et à l’entrée en France de nos enfants. Et enfin nous rentrerons chez nous. En famille !

Voilà donc en quoi consiste ce projet qui nous tient tant à cœur : adopter une fratrie de deux enfants âgés de 3 à 6 ans. Un projet singulier qui vise à créer une famille. Notre famille. »

C’est ainsi qu’en octobre 2006 je me suis préparée à devenir maman. Très vite, je me suis inscrite sous le pseudo « Folie » sur un forum de discussion consacré à l’adoption et créé par une jeune maman adoptive. Sa créatrice et administratrice, Isabelle, l’avait appelé "Parlons adoption". J’ai pu échanger avec des personnes suivant le même parcours que nous.

Ce contact avec d’autres familles adoptantes et adoptives a réellement été nécessaire pour m’aider à vivre cette longue attente. Il m’a permis de mieux supporter l’isolement de notre démarche, et de continuer d’apprendre à propos de l’adoption, de réfléchir et de faire évoluer mes opinions.

Ce livre est un recueil de quelques-unes de mes interventions. Il est donc composé d’une sélection des discussions auxquelles j’ai participé et qui s’articulent en différents sujets abordés dans chaque catégorie du forum. Elles racontent les fondations de notre famille et retracent le chemin qu’il nous a fallu parcourir pour la construire.

Les premiers textes ont été écrits avant même que je devienne maman. Tous traduisent et expriment mes interrogations, révèlent une partie de ce parcours parsemé d’espoirs et de désespoirs.

Avant sa clôture fin 2009, le forum « Parlons Adoption » a permis à de nombreux participants de partager leur histoire personnelle. Ses membres nous ont énormément soutenus pendant toute l'aventure racontée dans ce livre. Je leur en serai toujours reconnaissante.

1 La Mission pour l’adoption internationale est devenue en 2006 l’AFA, l’Agence française de l’adoption.

Au commencement…

Sujet : Qui dans le couple en a parlé ? - Lundi 2 octobre 2006 - 13 :22

Pour moi c'était une évidence depuis l’adolescence : j'adopterai mes enfants ! Pour différentes raisons, je n'ai jamais imaginé être maman biologique plus d'une fois. Bien avant de rencontrer des difficultés pour mettre au monde un bout d'chou, j’ai toujours su que si ça ne fonctionnait pas simplement je refuserais toute autre méthode de reproduction qui ne soit pas naturelle.

Je ne peux que remercier mon homme d'avoir accepté cette décision, ce qui n'est pas forcément évident pour tout le monde. Il n'était pas contre l'adoption mais il préférait d'abord avoir un enfant biologique, et voir ensuite. Avec chéri, nous ne nous imaginions pas sans enfant ! Mais ce dernier n'est jamais arrivé et au bout de trois ans, nous nous sommes tournés tout naturellement vers ce projet. Bien sûr c'est moi qui lui en ai reparlé, qui ai contacté le conseil général, me suis renseignée afin de tout lui expliquer pour que nous soyons ensemble dans cette démarche. Et voilà !

Sujet : Idéaliser l’adoption ?- Lundi 23 octobre 2006 - 14 :38

Je ne suis pas encore maman mais je suis loin d'idéaliser. Au contraire, je m'inquiète et j'ai très peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas me sentir bien avec mes enfants (et surtout qu’ils ne se sentent pas bien avec moi). Et si je m'en occupais mal ? Et si ça se passait mal, au niveau santé et surtout psychologique (attachement, etc.) ?

Sujet : Fratries ? Mercredi 18 octobre - 2006 - 8 :48

Nous attendons un apparentement pour deux enfants, une fratrie. Notre agrément stipule "un ou deux enfants simultanément", mais avec le temps c'est devenu pour nous deux enfants !

Sujet : Fratries ?- Mercredi 25 octobre 2006 - 9 :38