Cet amour inconnu d'où monte la parole - Eric de Rus - E-Book

Cet amour inconnu d'où monte la parole E-Book

Eric de Rus

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Beschreibung

Ce recueil poétique dévoile une dimension essentielle de la parole humaine qui ne consiste pas à dire mais à faire entendre la force de présence des choses les plus humbles dans leur ouverture sur la transcendance. Tel est l’enjeu d’une « poétique de la Présence » où « parler n’est pas représentation mais mise en présence de la Vie». La poésie prête voix à ce qu’il y a de plus originel et d’ultime : la Vie en tant que Présence absolue qui est l’Amour même.

J’ai cherché un verbe qui laisse parler les nuances infinies de la Vie. Un verbe où respire la voix musicale des choses, où vibre le vol de l’oiseau, où murmure l’imperceptible mouvement que font les fleurs en s’ouvrant aux premiers rayons du soleil, où tinte sans bruit l’écume qui expire entre deux vagues à l’unisson avec la mouette reprenant son souffle entre deux cris. J’ai cherché un verbe qui n’exclut rien, familier de la nuit, capable de veiller au chevet de celui qui meurt seul. Un verbe toujours vivant comme l’enfance, qui console la douleur et ne blesse jamais le silence. L’écriture est ici la trace d’un contact avec le mystère d’un Amour ineffable d’où monte la parole poétique.



À PROPOS DE L'AUTEUR

Né à Toulouse, Éric de Rus est marié et enseigne la philosophie (agrégé, docteur et qualifié aux fonctions de maître de conférences). Outre son intérêt pour la pensée anthropologique et pédagogique d’Édith Stein à laquelle il a consacré plusieurs publications, il a écrit des essais sur la démarche artistique, la quête spirituelle ainsi que des recueils de poésies dont plusieurs ont été primés. Son itinéraire poétique a fait l’objet d’un documentaire : Éric de Rus, poète de la Présence (CFRT/France 2).

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Seitenzahl: 46

Veröffentlichungsjahr: 2023

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cet amour inconnu d’où monte la parole

DU MÊME AUTEUR

Intériorité de la personne et éducation chez Edith Stein, Cerf, 2006.

L’art d’éduquer selon Edith Stein. Anthropologie, Éducation et Vie spirituelle, Cerf-Carmel-Ad Solem, 2008.

L’Art et la Vie (entretien avec Mireille Nègre), Éditions du Carmel, 2009.

Le chant du feu ou le vacillement de la parole (poésie), Atlantica, 2009.

La personne humaine en question. Pour une anthropologie de l’intériorité, Cerf-Carmel-Ad Solem, 2011.

Quand la vie prend corps. Un essai à deux voix (avec Mireille Nègre), Cerf, 2012.

Le cœur épousé (poésie), Ad Solem, 2012.

Une existence épiphanique. Cristina Kaufmann, Ad Solem, 2013.

Vivre en incandescence (poésie), Ad Solem, 2013.

La vision éducative d’Edith Stein. Approche d’un geste anthropologique intégral, Salvator, 2014.

La Présence. Une expérience poétique, Mélibée, 2017.

Un souffle de beauté (avec Mireille Nègre), Saint-Léger, 2017.

La parole ardente. Pour une poétique de la Présence, Saint-Léger, 2018.

Quand l’exil devient envoi. Sur le réalisme mystique de Thérèse d’Avila, Éditions Universitaires Européennes, 2018.

Anthropologie phénoménologique et théorie de l’éducation dans l’œuvre d’Edith Stein, Cerf, 2019.

Prêter voix. Un chemin de création avec Edith Stein, Saint-Léger, 2020.

La brisure et l’envol. Fragments d’une traversée intérieure, Saint-Léger, 2021.

La grâce d’altérité, Salvator, 2023.

© Saint-Léger éditions, 2023.

Tous droits réservés.

Éric de Rus

cet amour inconnu d’où monte la parole

Poésie

À Catherine, ma bien-aimée

Élévations

Je porte au fond de moi un amour

que pour mon bonheur je n’ai pas oublié.

Je chante en son honneur mes plus beaux chants

et c’est en toute foi que je le dis.

Reinmar de Hagueneau, Chants d’amour

I

Ce que vous êtes, Amour, comment mon intelligence le saurait-elle ?

Et pourtant, ce que vous êtes, Amour, ma volonté y aspire, mon cœur le désire.

Mon intelligence cherche ce qu’elle ne peut trouver.

Ce que vous êtes, Amour, par amour vous le révélez comme rien en moi n’est capable de le découvrir. L’Amour tel qu’en Lui-même en sa souveraine Beauté.

Depuis cette heure immémoriale tout mon être, de vous, est épris. Depuis, ma vie est sans repos.

Vous êtes en moi blessure et feu, nostalgie d’abîme, fontaine de clarté et Nuit, oui, surtout l’immense Nuit d’aveuglante Lumière.

Vous êtes mon errance et ma quête, vous que tout en moi désire.

Au sommet de mon être vous êtes le gouffre sans fond de mon ignorance agenouillée qui tient l’intelligence adorante et la langue en vertige.

Sans la quête ardente, sans la passion haletante, sans le manque laissé par votre Passage, sans votre amour qui est la gloire de ma pauvreté, aurais-je su la Lumière qui brûle aux confins de la Nuit ?

Lumière que je ne vois pas mais dont il me suffit de prononcer le Nom. Le Nom de la Lumière d’avant la naissance du tout premier matin du monde.

Amour, comment se fait-il que l’enfant de la Nuit pour qui la seule aurore est celle que célèbre le merle noir à la fine pointe de l’aube, et dont les yeux n’ont jamais vu d’autre clarté que celle du soleil, puisse dire au soleil : « Tu es obscurité » ?

Il en est ainsi à cause de vous, Amour, dont l’Ombre incrustée dans la moelle de ma vie darde plus lumineuse que mon sang, plus éblouissante que le seul jour connu de moi.

Comment saurais-je la Nuit, et que la Nuit est Nuit, sans l’or répandu de votre Cœur palpitant en ma chair ?

Ainsi, sans vous connaître, depuis toujours je vous ai reconnu.

II

Qu’êtes-vous, Amour, en cet exil de la vie mienne ?

La trace indélébile d’une Absence laissée par le Passage de votre Présence.

Que l’Absence puisse habiter un cœur avec la force de la Présence, je l’ai appris de vous. Secrète connaissance que ni l’intelligence ni l’imagination ne peuvent prodiguer. Connaissance enfouie dans la blessure causée par vous.

Et ces élévations qui montent des tréfonds de l’âme, d’où viennent-elles ? Une Voix, sans bruit de mot, tinte à l’intérieur et respire au cœur faisant la main vibrante dont l’écriture trace un chemin.

Une Voie inconnue frayée par la Douceur d’une Présence de fin silence plus ancienne que les mots.

La main livre passage, sans rien retenir de ce qui la traverse.

Divin vagabondage du cœur en un Pays où l’aveugle est le seul voyant, abandonné à l’Insaisissable tel un fiancé à sa bien-aimée en sa première danse.

De vous, Amour, j’ai su que se perdre est sagesse, que marcher c’est aimer, que chaque pas est le premier, que l’Inconnu est la Voie.

III

En vous, Amour, perdre c’est trouver l’Inespéré, seule mesure de l’espérance.

Te souviens-tu, mon âme, de la bienheureuse errance sur des chemins insoupçonnés, sans autre but que le chemin ?

Et cette joie libre d’avancer sans but, la sens-tu encore palpiter au cœur ?

Soudain – la rencontre de l’arbre-candélabre. Ce tronc scindé à la base en trois branches étendues comme de longs bras suppliants enlaçant l’eau claire dévalant des sommets. Et du milieu du rire cristallin de l’onde répandue, Votre Beauté – inouïe – surgissante.

L’immense transperçant l’infime.

Fulguration de l’Amour fichée dans la mémoire comme un trait de lumière qui ne faiblit pas.

IV

Amour, ma parole initiale, mon verbe ultime, vous le repos de ma douleur, la couronne de ma joie, inaltérable clarté bruissante au creux de ma nuit.

Absence plus incandescente que toute présence, enchâssée comme la neige éternelle au cœur lumineux du printemps.

De mes allégresses vous êtes la brisure, la place vide qu’aucune conquête ne saurait remplir.