Chasses Gardées - Raymond Christon - E-Book

Chasses Gardées E-Book

Raymond Christon

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Das E-Book Chasses Gardées wird angeboten von La Compagnie Littéraire und wurde mit folgenden Begriffen kategorisiert:

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EPUB

Seitenzahl: 145

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Raymond Christon

Chasses Gardées

La Compagnie Littéraire

Catégorie : Roman

www.compagnie-litteraire.com

À ma muse,

À Brigitte, Inès, Jacques et René pour leur amitié et leur soutien,

À Maîtres Claude, mon frère et Henri Leclerc pour leurs précieux conseils.

L’œdème de Quincke

« Allo! Fred, appelle vite le SAMU, viens tout de suite, tout de suite, c’est urgent, c’est grave! Antoine... il lui est arrivé quelque chose… »

Affolée à la vue de mon visage boursouflé, de ma démarche titubante et par le son de ma voix, faible, rauque presque inaudible, ma sœur, les yeux écarquillés de stupeur, s’est précipitée sur son téléphone.

Quelques minutes plus tôt, au volant de ma voiture, j’ai commencé à avoir du mal à respirer. Sentant ma gorge se resserrer, ma respiration devenir de plus en plus haletante et la peau de mon visage me tirailler, j’ai bifurqué vers le centre-ville et me suis garé en catastrophe sur le trottoir en face de chez elle. Un peu plus tard, couché sur le dos, je peine à ouvrir les yeux, tant mes paupières sont lourdes, gonflées. J’ai du mal à distinguer ce qui m’entoure. Tout me semble flou. J’ai l’impression de ressembler à un ballon difforme. D’une main je tâte quelque chose qui me gêne au niveau du coude et comprend qu’il doit s’agir d’un dispositif de perfusion. Près de ma tête je sens une présence et une autre à mes pieds. Aux taches blanches, je devine qu’il s’agit d’infirmiers ou de médecins, ailleurs une autre personne, peut-être mon frère Fred, dont j’ai cru reconnaître la voix et l’allure, dans un flou de film d’horreur. Par la fenêtre entre-ouverte, des bruits sourds et incessants me parviennent de la ville. J’ai la gorge de plus en plus serrée, je manque d’air. Telle la lave fluide d’un volcan, l’œdème colmate toutes les issues, progressivement, irrémédiablement. J’ai chaud, j’étouffe dans cette cage roulante. Je suffoque, je me sens partir, tout s’embrouille dans ma tête, je pense que tout est malheureusement fini, que la situation est irréversible. Le « pin-pon » caractéristique d’une ambulance me fait réaliser que l’on me conduit à l’hôpital. Elle file à vive allure. J’espère qu’elle a pris la voie rapide car il y a tant de monde et d’enfants le matin dans le centre-ville qu’elle risquerait d’arriver trop tard.

J’essaie de me remémorer ce qui vient de m’arriver. Chez ma sœur, dans le couloir menant de l’entrée à la chambre, je me suis senti faiblir, quoique mes jambes continuaient à me porter, et surtout étouffer. Je frissonnais malgré une température extérieure proche de 30° C à cette période de l’année. Je me suis allongé sur un lit et j’ai senti ma respiration devenir de plus en plus difficile. Toute ma gorge gonflait progressivement. Ma trachée-artère devait se rétrécir. Bientôt l’air ne passerait plus. Combien de temps me restait-il à vivre? Pour la première fois j’ai pensé à la mort. Sans trop y croire, j’en accepte l’idée tant je sens mes forces me quitter. J’ai demandé une feuille de papier à ma sœur et sans tarder je me suis efforcé d’écrire quelques lignes à mes enfants, jeunes adultes, qui vivent en métropole. Puis j’ai entendu un médecin ou un infirmier me demander « Est-ce que vous arrivez à respirer, monsieur? », tout en préparant son matériel d’intubation. Je suis parvenu à répondre à ses questions, mais d’une voix caverneuse qui m’a impressionné, puis j’ai senti une aiguille s’enfoncer dans mon bras. « Je vous fais une piqûre de cortisone ». Ensuite il m’a annoncé qu’on allait me transporter au CHU. Je flotte comme dans un rêve, ou plutôt dans un profond cauchemar, incapable d’en sortir. Je n’ai plus aucun ressort, je me sens m’éteindre, sans pouvoir résister. La confusion la plus totale règne dans mon esprit. Mais pourquoi suis-je là? Je me rappelle comment, dans un réflexe de survie, je suis sorti de la voie rapide contournant la ville. De peur de ne bientôt plus rien voir, j’ai garé ma voiture n’importe comment. Un peu plus tard, une équipe impressionnante de blouses blanches m’entourait dans cette chambre où j’étais allongé dans le noir. Des pensées me reviennent, qui me prennent le crâne comme dans un étau. Mais où est-ce que j’allais? Ah oui, j’ai quitté mon studio à 7 h et j’allais au labo, dans ce Centre de Recherche où je vis un enfer. Depuis mon arrivée, il y a un peu plus d’un an, je ne me suis jamais senti le bienvenu... La sensation d’étouffer est angoissante… Gaumont, un métropolitain, jeune cadre dynamique, récemment promu chef de service, en dépit de son jeune âge, de son manque total d’expérience et du peu de publications à son actif. Il a sûrement de solides appuis en métropole… J’enrage… Cléguérec, jeune ingénieur venu lui aussi de métropole, Félix, président du CRAT (Centre de Recherche en Agriculture Tropicale), parfait exemple de l’Antillais servile, rigolard et blagueur par devant, mais faux jeton par derrière… Un mal de crâne sourd s’installe… Ma collaboration avec les laboratoires ALIPORC, grosse entreprise de l’agroalimentaire en métropole. L’expérience en cours. Le technicien est formel, un animal a disparu du lot 2 pendant le week-end, entravant gravement le déroulement de ma « manip ». J’ai la tête qui éclate... Ils cherchent à me rendre la vie impossible pour me dégoûter et me pousser à quitter ce labo. Deniau, le Chef du département de génétique basé en province et en réalité vrai responsable des recherches sur animaux au CRAT, Delgros, son supérieur, Directeur scientifique des productions agricoles à l’ONDA (Organisation Nationale pour le Développement de l’Agriculture). Il faut que j’écrive à Deniau. À quoi bon? Il n’en a rien à faire de mes problèmes. Il n’interviendra jamais car ce serait soutenir mon programme de recherche… il avait pourtant fini par l’accepter après tant d’allers-retours... Il ne m’apprécie pas beaucoup celui-là, il semble ne pas supporter mon indépendance... Lise, la secrétaire du labo, m’a annoncé au téléphone que les deux missions que j’avais prévues, l’une à Montréal et l’autre à Paris, bien que préalablement approuvées à la réunion de labo du début d’année, ont été supprimées sans discussion par le jeune directeur. L’ambiance est telle qu’elle préfère me téléphoner plutôt que de venir me le dire à mon bureau, pourtant à 20 mètres du sien. C’est plus discret. Rien ne fonctionne normalement dans ce service! Et Mathieu Félix prétend qu’il n’y peut rien… Dire qu’il m’avait annoncé à mon arrivée que j’occuperais d’ici un an le poste de directeur du laboratoire qu’il assurait jusque là!... 

L’évocation de tous ces noms, de tous ces faits désarmants, me fait tourner la tête et me plonge quasiment dans le coma. Je bous. Je divague... Et dire que c’est de plein gré que j’ai accepté d’aller dans cette galère. Je voulais m’éloigner de la métropole où le rose de ma vie tournait au gris. Je voulais retourner un moment chez moi, dans mon pays natal, retrouver mes racines, me reposer l’esprit... Mais cela ne les regarde pas… Ce n’est d’ailleurs pas ces aspects qui me valent leur antipathie. Ce qui leur déplaît c’est, comme on dit chez moi, mon caractère d’homme « entier », autrement dit ma franchise : c’est le fait que je ne marche pas à la baguette, que j’exige que l’on me parle comme à un adulte responsable, en un mot ce qui ne leur plaît pas c’est que je ne respecte pas la consigne... 

Cela n’est pas habituel dans cet organisme qu’un agent, même chercheur, remette en cause les décisions de sa hiérarchie, et encore moins dans ce Centre de Recherche implanté dans une ancienne colonie, sous les tropiques, particulièrement quand il s’agit de la relation entre un néo-colon et un autochtone. En effet, ici, à Bouquis, l’ambiance est très particulière du fait que la plupart des postes à responsabilité, chefs de service, chercheurs, ingénieurs, sont attribués à des Blancs venant des différentes régions de métropole et qui le plus souvent ne restent que quelques années. En revanche, le personnel technique, recruté sur place, est constitué en quasi-totalité d’agents noirs, descendants des esclaves arrivés d’Afrique aux XVIIe et XVIIIe siècles au fond des cales de bateaux négriers, ou indiens, qui sont des descendants de la main d’œuvre que l’on a fait venir d’Inde après l’abolition de l’esclavage en 1848 pour remplacer les esclaves noirs. Pour ces cadres blancs, une mutation à Mandingue est providentielle. Le soleil, les cocotiers, une paye majorée de 40 % et ce travail « en milieu difficile » qui sert de tremplin pour gravir plus vite les échelons. En cela la structure sociale dans ce Centre de Recherche diffère peu de ce que l’on observe dans le reste de l’île car, ici, rares sont les chefs d’entreprise ou les directeurs d’établissements publics qui ne soient pas Blancs. Cela dans un pays peuplé majoritairement de Noirs et d’Indiens, où les souvenirs de l’esclavage sont encore vivaces et les traits marquants de la colonisation encore bien visibles en dépit du statut particulier octroyé en 1946.

L’histoire de ces îles des Caraïbes est édifiante. Depuis l’extermination des Taïnos et des Arawaks, ce sont toujours les mêmes qui y font régner la pluie et le beau temps. Les mêmes qui, après avoir sauvagement réprimé les émeutes de Fort-de-France en 1959 (3 morts) (une réaction de Frantz Fanon depuis Alger), à la Guadeloupe, ont tiré sur les coupeurs de cannes et les ouvriers à la sucrerie de Blanchet en 1952 et 1956, puis dans les rues de Pointe-à-Pitre le 27 mai 1967, jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage lorsque les travailleurs du bâtiment réclamaient les 2 % d’augmentation qui leur permettrait de vivre moins misérablement. Ils ont tiré toute la nuit et mon ami, le mari de Marlène, amputé après avoir reçu une balle dans le genou, est resté estropié, content néanmoins de ne pas faire partie de la centaine de tués. C’était comme à Sétif en 1945, à Madagascar en 1947 ou à Nouméa en 1988 et 2002… Les informations concernant cette tragédie ont été totalement occultées, tous les documents relatifs à ces événements ayant été classés secret défense jusqu’en 2017. L’impact de la tuerie de 1967 a marqué profondément les esprits aux Antilles. Cependant, des luttes d’une vigueur sans précédent ont été conduites en 2008 et 2009 par le mouvement Liyannaj Kont Pwofitasyon (LKP) à la Guadeloupe et leur ampleur fut telle qu’elles ont pu franchir le mur du silence, livrant enfin à la connaissance du public cette violence coloniale qui se perpétue encore de nos jours, sous diverses formes…

Je les revois, tous ces jeunes insouciants, sûrs d’eux, souvent ensemble et pleins de connivence...

Nègre marron

Il marchait, il courait, il haletait.

À chaque pas, il comprenait mieux le sens des paroles prononcées la veille par ses frères :

« Ils te poursuivront, ils chercheront à te rompre les os.

Ta seule chance de leur échapper

T’accrocher aux ailes d’un soucougnan ».

Il avait donc attendu la nuit, dans l’ombre du grand kapokier, là où s’arrête souvent l’esprit des morts.

Il faisait noir et il frissonnait. Un concert ininterrompu de chants d’insectes, d’oiseaux, de grenouilles et de crapauds le maintenait dans une frayeur à claquer des dents. Transi, il avançait prudemment dans l’espace infini, opaque, moite et inquiétant de la forêt où seules quelques lucioles évoquaient la lumière cachée des étoiles. Son seul réconfort, sa confiance en l’au-delà, en l’esprit de ses morts qui, à coup sûr, le tireraient de ce mauvais sort.

Mais l’aube approchait et, avec elle, la meute vociférante. Le vol du soucougnan tout à coup s’alourdit et, lâchant prise, il s’affala, le nez dans la terre humide de rosée.

Alors, menaçants, les visages déformés par la haine, les yeux meurtriers, ils l’entourèrent…

Suffoquant, je me suis réveillé. J’ai aussitôt allumé la bougie. Lueur rassurante. Après un long moment, je voyais danser la flamme comme les étoiles dans un ciel noir. Me revinrent alors la beauté du ciel au soleil couchant et les arbres musiciens. Tendant le bras, je sentis la chaleur de ta peau.

Recherche en pays dominé

Ça n’a pas été très simple d’obtenir ma mutation au Centre ONDA de Mandingue, le Centre de Recherche en Agriculture Tropicale (CRAT). Juin 1993, demande officielle auprès du chef de département qui me fait languir avant de me fixer rendez-vous puis subir un long interrogatoire sur mes motivations. Ce petit bonhomme sec, peu causant, cassant, me montre tout de suite que mon problème ne l’intéresse pas… Au bout de quelques mois, ma sortie du territoire, je veux dire de mon département de recherche, est tout de même accordée. Mais le parcours du combattant n’est pas terminé, il faut ensuite obtenir mon entrée au CRAT! Pour cela, il faut obligatoirement contacter un nommé Deniau, chef du département de génétique dans un Centre ONDA de métropole, mais qui dirige, à distance, toutes les recherches animales faites sur ce Centre des Caraïbes, en dépit de sa méconnaissance totale de la nutrition. Après quelques échanges épistolaires, rédaction et re-rédaction d’un programme de recherche à sa demande, etc., il m’invite à me rendre sur place, au CRAT, pour y préparer une prise de fonction qu’il prévoit seulement l’année d’après, c’est-à-dire en 1995. Il s’agissait en fait de me faire entendre in situ le programme de travail qu’il voulait m’assigner, ce que je comprends a posteriori, car à aucun moment le programme que j’ai rédigé à sa demande n’a été évoqué. Pour la circonstance, il a convoqué plusieurs personnalités exerçant sur le territoire métropolitain mais dirigeant, sous son autorité, les recherches effectuées aux Antilles. Ces gros bonnets feront, pour l’occasion, ce déplacement sous les tropiques, pour la plupart accompagnés de leurs épouses (peut-être sont-elles compétentes en matière  d’agronomie tropicale?). Lors de mon départ pour Mandingue, dans la salle d’embarquement de l’aéroport, une conversation révélatrice attire mon attention :

— C’est lui Galion?

— Oui, oui, c’est bien lui,

— Ah? Mais il n’a pas du tout l’air d’un toqué!

— Je n’ai jamais dit qu’il l’était, il est simplement très têtu, une vraie bourrique!

J’ai appris par la suite que la dame qui posait ces questions était la secrétaire de la Direction Scientifique des Productions Agricoles à l’ONDA. Le gars qui lui répondait de sa voix sourde caractéristique facilement reconnaissable, c’était Deniau.

— Mais il n’est pas si noir que ça, il est originaire de Mandingue?

— Oui, mais c’est surtout un cas très particulier...

— Ah?

— Il n’est pas bête, mais il ne veut faire les choses qu’à sa manière...

Cela me laisse supposer que tous ces gens ont donc déjà pas mal déblatéré à mon sujet...

Par la suite, un mot de Deniau dans un courrier qu’il m’a adressé allait confirmer cette déduction intuitive : « comme nous le soupçonnions… », disait-il en parlant d’un trait de mon caractère qu’il dénonçait, alors que je n’avais jamais rencontré ces personnages auparavant, hormis l’un d’entre eux toutefois, Jean-Paul Javildech. Ce chercheur, second couteau de Mariteau – qui a dirigé mon stage de DEA puis ma thèse au Centre ONDA de la banlieue ouest de la capitale –, ne m’aimait pas beaucoup car, en dépit de la tare de « faquin » qu’il m’attribuait (les faquins – ceux qui sont passés par l’université plutôt que par les grandes écoles – étant des êtres en tous points inférieurs aux « agros » ou aux « vétos »), je lui en ai beaucoup appris sur l’étude des réactions métaboliques et sur l’intérêt de faire les dosages appropriés, sanguins ou tissulaires, pour en comprendre les mécanismes – ceci m’avait d’ailleurs valu le sobriquet de « Monsieur dosages » qui se voulait plutôt désobligeant dans sa bouche… 

Pour lui, zootechnicien pur et dur, c’était révolutionnaire, car habituellement il ne mesurait les répercussions d’un traitement expérimental qu’à partir de critères d’élevage, à savoir, le poids corporel, la vitesse de croissance, l’épaisseur de lard dorsal. Le but étant selon une formule de Mariteau, éminemment respecté de tous, de « avant tout, produire au moindre coût ». Peu importe, soit dit en passant, que cette directive soit en contradiction flagrante avec les objectifs de recherche de qualité affichés par l’organisme au niveau national. Les autres membres du groupe étaient des chefs de départements et des chercheurs jugés suffisamment compétents pour superviser les travaux réalisés là-bas. Bref, dans cet aéroport, je découvre, dès le départ, que je suis sinon pestiféré du moins déjà catalogué comme un emmerdeur.

Aussitôt arrivé à Mandingue, je rencontre, à son domicile, Mathieu Félix, originaire, comme moi, de cette île et entré à l’ONDA bien avant moi, par la voie classique, avec son diplôme d’ingénieur agronome. Jovial, toujours souriant, il m’offre le punch de l’amitié, en compagnie de son épouse, Micheline. Il m’apprend alors confidentiellement que sa nomination au poste de président de centre du CRAT étant imminente, il sera amené à quitter le poste qu’il occupe en ce moment à la direction du laboratoire et que, selon lui, je devrais prendre sa succession. Nous discutons à bâtons rompus car bien qu’originaires de la même île, nous ne nous étions pas rencontrés depuis longtemps…

Toutefois à mon retour au CRAT un an plus tard, le ton a changé. Mathieu m’apprend, d’un air faussement gêné, qu’il a bien été nommé président du Centre mais qu’en ce qui concerne le laboratoire, c’est Daniel Gaumont, le jeune métropolitain arrivé il y a un an, qui a été choisi pour le remplacer à la tête du service. Décision prise évidemment par ses supérieurs, à 7