Cinq Chasses - Baudouin Cristoveanu - E-Book

Cinq Chasses E-Book

Baudouin Cristoveanu

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Beschreibung

“Cinq Chasses” regroupe les œuvres de trois jeunes auteurs originaires de Bourgogne. Bien que la plupart des textes s’inscrivent dans le champ de la poésie, certains écrits s’apparentent plus à des réflexions inspirées par des choses somme toute assez simple : une vision à travers la vitre d’un train, un souvenir d’une nuit avec une femme, une expérience opiacée. Le recueil s'articule ainsi : * Sylves ! * Femmes ? * Frontière. * Mystique... * Inadaptation Extrait : (par Hugues Roumier) Ils sont insectes et tas d’épingles, Thermites et bacchanales. Nous sommes faucons, Taupes et sorciers. Leurs jours sont jungles Et fracas du métal, Nos crépuscules sont longs Comme des nuits d’été. Leurs yeux sont vides Et leurs mains sont blanches. Nos veines saillent Sans pouvoir imploser. Ils sont sans rides, Et leur cœur est étanche. Sur nos corps des entailles Sont témoins du passé.

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Seitenzahl: 67

Veröffentlichungsjahr: 2015

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Nous aurions voulu être ce qu'ils appellent terroristes. Poser des bombes sublimes, désagrégeant les pieds de ces porteurs de lumières. La frustration de ne pas avoir construit, nous pousse à cracher de longues flammes sur les récoltes du progrès juste pour avoir le terrain à cultiver.

Défricher cette terre, la brûler pour que les jeunes pousses s'épanouissent après le brûlis sanctificateur.

Les plantes sont carnivores. Un rôle social nous tient par les...

Par la taille.

Par nos voix, nos chants, et nos actions nous jouerons les troubles têtes.

Pris pour des casseurs dans un monde autodestructeur.

Oui ; nous serons pour toujours intolérant ! Parce que nous aimons ! Nous aimons ! Nous aimons !

Dangereux ; car non en quête de bonheur, mais de grande joie.

Sommaire

Sylves !

Femmes ?

Frontière.

Mystique...

Inadaptation

Sylves !

(Puissance)

Éolienne, monstre acier

Tourne vent, énergie

Geste simple, pâtissier

Ville lumière par magie

Vanités du troubadour

Certains, pour leur dernier jour,

Souhaiteraient bien des grandeurs.

Nous ne voulons que la pierre,

Froide et nue comme une vierge.

D'autres sont sourds,

Espèrent encore le bonheur.

Nous ne voulons que la terre,

Noire et pure comme un cierge.

Certains se vautrent en chantant,

Dans un stupre qui les grise.

Nous ne voulons que la lame

D'un désir alchimique.

D'autre appellent « insolents »

Ceux qui vivent sans balises

Nous n'aimons que le drame

Des aurores amnésiques.

Ils sont insectes et tas d'épingles,

Thermites et bacchanales.

Nous sommes faucons,

Taupes et sorciers.

Leurs jours sont jungles

Et fracas du métal,

Nos crépuscules sont longs

Comme des nuits d'été.

Leurs yeux sont vides

Et leurs mains sont blanches.

Nos veines saillent

Sans pouvoir imploser.

Ils sont sans rides,

Et leur cœur est étanche.

Sur nos corps des entailles

Sont témoins du passé.

Source de la saigne

C'est le dimanche, et l'église est à moitié vide

On a pris un bus de Montbard, jusqu'à Chatillon sur Seine

Dans notre bonne Bourgogne, à moitié plate

A moitié courbée

A Recey

Terrefondrée,

Le long du grand fleuve de France

Encore jeune par ici, par chance !

La plaine est coupée en barbelés

Et c'est l'heure où passe le curé.

Ah le bon vieux curé !

Il court entre les paroisses

S'enfile un peu d'Epoisses

Il prie à l'hôpital,

Pour les vieux, les malades, les noirs et les pâles.

Oh, un peu comme nous, il ne fait plus de vieilles

querelles.

A l'institution, il préfère l'instituteur

A la Commission, le commissaire

Et aux inspecteurs, l'inspection.

Puis quand on cause de décadence

On s'emporte mon vieux !

C'est la vigne qui nous rend dur

Et on s'arrache les cheveux.

Mais c'est jamais contre les gens

C'est contre tout le monde et contre personne

Contre ceux qui veulent plus que les cloches sonnent

Et puis y a le maire sans étiquette

Qui aime bien faire

Ses petites affaires

C'est un chasseur qu'aime pas les bêtes

Sauf son gros chien et sa grosse femme

Elle, c'est la reine des petits fours

Qui partage son amour

Dans l'arrière–cour

Avec les délégués,

les conseillers

Toute l'assemblée

Sauf le curé.

Là–haut, tout ce petit monde on s'en moque bien

Dans les théâtres, les cinémas, les cafés crèmes

C'est un sujet de conversation

Pour justifier ses opinions

C'est la vieille France

C'est les clochés

C'est la baguette et les bérets.

Mais si l'on regarde d'un peu plus prêt

Dans la supérette du village

C'est deux homos qui t'servent le vin, le sauciflard et puis

le fromage

Et qui quand passe le petit curé

Lui sert la main non sans hommage.

Alors la haut nos dirigeants,

Cosmopolite et grands farceurs,

F'raient mieux descendre voir dans nos champs

Avant qu'on les pende par le cœur.

Histoire d'une créature

C'est l'histoire d'une créature,

Qui passait régulièrement dans une forêt

Elle hantait ce lieu vert, et faisait peur aux feuilles des

arbres

(Sans faire exprès)

Le bois est touffu et peu praticable ;

Accordons nous sur son aspect sombre et changeant.

Sapin, hêtre, bouleau, chêne,..., palmier, tout y est.

L'on passe d'une zone pleine de ronce

À une belle clairière lumineuse,

De colline de pierre

À un parterre d'herbes

Dites mauvaises.

Elle n'est pas seule à hanter ce lieu,

Beaucoup y passe. Le Lieu est loin d'être vide,

Mais ils utilisent les sentiers bien tracés qui longent la belle

façade verte et bien entretenue.

Les amis sont les gardes qui l'entretiennent, construisent de

petit abris et éclaircissent les clairières de son esprit,

Ils sont là tout le temps, ils y résident

Mais pas au même endroit que la bête couleur fauve !

Elle ne sert à rien elle ne change pas l'endroit !

Folie !

Quand elle vole les oiseaux la suivent et chantent autour

d'elle

Quand elle nage l'eau s'éclaircie

Quand elle court, sur ces empreintes on peut voir pousser

des primevères d'un joli blond vénitien

Et en fonction de son allure la taille varie,

En fonction de son humeur la couleur aussi

C'est merveille de la voir gracieusement tracer ce chemin

floral

Fatiguée par ses danses

Les pattes lasses faiblissent et

Elle et se couche avec le bois,

Toute entière elle s'allonge ;

Les rêves alors s'échappent, planent

Inspirent tous les écureuils !

La lune quel que soit son cycle reste pleine !

C'est fête dans les clairières.....

A son réveil,

A sa naissance une source claire et abondante jaillit de

son aire de repos

Ainsi un ruisseau naît ;

Couleuvre qui se coule entre les fleurs,

Et quand le serpent d'argent se brise sur quelque rocher

C'est une musique qui sort de cette séparation,

Les deux bras partent en fanfare s'élargissant

Pour aller loin,

Loin,

Loin,

Au–delà de la lisière,

Dans les champs,

Les fermes,

Les monts lointains.

Sans elle, le bois n'irriguerait pas les alentours,

Elle est le fruit de ce débordement de vie !

Les compagnons ne font que récolter ce qui est roc, arbre,

terre, et chasse le gibier égaré sans famille.

Ils l'aiment !

Oh oui il l'aime,

Cet obsédant animal créateur de ruisseau,

C'est avec tristesse qu'ils portent les troncs aujourd'hui.

Car elle n'est plus là,

Elle est partie s'enfermer dans un vide infini et oppressant,

abandonnant ce que ses sœurs on qualifiées de nuisible

pour sa fourrure.

L'être splendide galope maintenant dans les grandes

plaines,

Pleine de vide,

Où il y a de l'herbe grasse

Entourée de clôtures,

De l'eau claire

Dans l'abreuvoir prévu à cet effet.

Dans les steppes ou elle court Il n'y a pas d'obstacles, de

gênes

elle y est bien...

Il n'y a pas de fruits des bois !

Maintenant

Maintenant

Les sources se tarissent,

La forêt se dessèche,

Les bêtes à sang froid se multiplient

Des sangliers invincibles labourent tout sur leurs passages,

Les fleurs blondes fanent laissant place à des pousses

synthétique sans odeur ni couleur,

Simple appât pour les biches de passage.

Maintenant

Maintenant

Quelques pluies sentimentales humidifient les feuilles

restantes

Et c'est dans son souvenir que la forêt reste en vie,

Et c'est dans ces empreintes que les autres désormais se

meuvent.

On raconte qu'après c'est par signaux de fumée qu'ils ont

communiqués

Et c'est par signaux de fumée qu'ils se sont délaissés ;

Ne pouvant calmer ses humeurs en lui dévoilant un pétale

blond,

Ne pouvant la rassurer en la prenant entre ses branches

Ils chantent :

« Le monde nous a séparé,

Nous étions naïfs et mystiques

Et nous voilà dans un état critique,

Notre statut évolue, à la forêt tu as préféré la rue

L'esprit tourne et dans l'oubli

J'occupe mes feuilles qui vibrent dans le vent

Et se noient dans la rivière que tu as créée »

Sortie du feuillage la belle est moins bête

Les oiseaux parlent de liberté

Elle continue son chemin,

Chemin floral qui fascine les ruminants qui la suivent...

Sans s'apercevoir que les fleurs fanent.

J'ai tenté de parler d'une manière sylvestre et onirique

D'un réel qui je crois nous panique

Le misanthrope et le corbeau

Il y eu un jour, bien loin, entre les étoiles,

Entre les brumes qui font le ciel vaporeux,

Au creux de l'ouate des méandres astrales,

Une âme seule, recroquevillée sur un nuage bleu.