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“Cinq Chasses” regroupe les œuvres de trois jeunes auteurs originaires de Bourgogne. Bien que la plupart des textes s’inscrivent dans le champ de la poésie, certains écrits s’apparentent plus à des réflexions inspirées par des choses somme toute assez simple : une vision à travers la vitre d’un train, un souvenir d’une nuit avec une femme, une expérience opiacée. Le recueil s'articule ainsi : * Sylves ! * Femmes ? * Frontière. * Mystique... * Inadaptation Extrait : (par Hugues Roumier) Ils sont insectes et tas d’épingles, Thermites et bacchanales. Nous sommes faucons, Taupes et sorciers. Leurs jours sont jungles Et fracas du métal, Nos crépuscules sont longs Comme des nuits d’été. Leurs yeux sont vides Et leurs mains sont blanches. Nos veines saillent Sans pouvoir imploser. Ils sont sans rides, Et leur cœur est étanche. Sur nos corps des entailles Sont témoins du passé.
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Seitenzahl: 67
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Nous aurions voulu être ce qu'ils appellent terroristes. Poser des bombes sublimes, désagrégeant les pieds de ces porteurs de lumières. La frustration de ne pas avoir construit, nous pousse à cracher de longues flammes sur les récoltes du progrès juste pour avoir le terrain à cultiver.
Défricher cette terre, la brûler pour que les jeunes pousses s'épanouissent après le brûlis sanctificateur.
Les plantes sont carnivores. Un rôle social nous tient par les...
Par la taille.
Par nos voix, nos chants, et nos actions nous jouerons les troubles têtes.
Pris pour des casseurs dans un monde autodestructeur.
Oui ; nous serons pour toujours intolérant ! Parce que nous aimons ! Nous aimons ! Nous aimons !
Dangereux ; car non en quête de bonheur, mais de grande joie.
Sylves !
Femmes ?
Frontière.
Mystique...
Inadaptation
(Puissance)
Éolienne, monstre acier
Tourne vent, énergie
Geste simple, pâtissier
Ville lumière par magie
Certains, pour leur dernier jour,
Souhaiteraient bien des grandeurs.
Nous ne voulons que la pierre,
Froide et nue comme une vierge.
D'autres sont sourds,
Espèrent encore le bonheur.
Nous ne voulons que la terre,
Noire et pure comme un cierge.
Certains se vautrent en chantant,
Dans un stupre qui les grise.
Nous ne voulons que la lame
D'un désir alchimique.
D'autre appellent « insolents »
Ceux qui vivent sans balises
Nous n'aimons que le drame
Des aurores amnésiques.
Ils sont insectes et tas d'épingles,
Thermites et bacchanales.
Nous sommes faucons,
Taupes et sorciers.
Leurs jours sont jungles
Et fracas du métal,
Nos crépuscules sont longs
Comme des nuits d'été.
Leurs yeux sont vides
Et leurs mains sont blanches.
Nos veines saillent
Sans pouvoir imploser.
Ils sont sans rides,
Et leur cœur est étanche.
Sur nos corps des entailles
Sont témoins du passé.
C'est le dimanche, et l'église est à moitié vide
On a pris un bus de Montbard, jusqu'à Chatillon sur Seine
Dans notre bonne Bourgogne, à moitié plate
A moitié courbée
A Recey
Terrefondrée,
Le long du grand fleuve de France
Encore jeune par ici, par chance !
La plaine est coupée en barbelés
Et c'est l'heure où passe le curé.
Ah le bon vieux curé !
Il court entre les paroisses
S'enfile un peu d'Epoisses
Il prie à l'hôpital,
Pour les vieux, les malades, les noirs et les pâles.
Oh, un peu comme nous, il ne fait plus de vieilles
querelles.
A l'institution, il préfère l'instituteur
A la Commission, le commissaire
Et aux inspecteurs, l'inspection.
Puis quand on cause de décadence
On s'emporte mon vieux !
C'est la vigne qui nous rend dur
Et on s'arrache les cheveux.
Mais c'est jamais contre les gens
C'est contre tout le monde et contre personne
Contre ceux qui veulent plus que les cloches sonnent
Et puis y a le maire sans étiquette
Qui aime bien faire
Ses petites affaires
C'est un chasseur qu'aime pas les bêtes
Sauf son gros chien et sa grosse femme
Elle, c'est la reine des petits fours
Qui partage son amour
Dans l'arrière–cour
Avec les délégués,
les conseillers
Toute l'assemblée
Sauf le curé.
Là–haut, tout ce petit monde on s'en moque bien
Dans les théâtres, les cinémas, les cafés crèmes
C'est un sujet de conversation
Pour justifier ses opinions
C'est la vieille France
C'est les clochés
C'est la baguette et les bérets.
Mais si l'on regarde d'un peu plus prêt
Dans la supérette du village
C'est deux homos qui t'servent le vin, le sauciflard et puis
le fromage
Et qui quand passe le petit curé
Lui sert la main non sans hommage.
Alors la haut nos dirigeants,
Cosmopolite et grands farceurs,
F'raient mieux descendre voir dans nos champs
Avant qu'on les pende par le cœur.
C'est l'histoire d'une créature,
Qui passait régulièrement dans une forêt
Elle hantait ce lieu vert, et faisait peur aux feuilles des
arbres
(Sans faire exprès)
Le bois est touffu et peu praticable ;
Accordons nous sur son aspect sombre et changeant.
Sapin, hêtre, bouleau, chêne,..., palmier, tout y est.
L'on passe d'une zone pleine de ronce
À une belle clairière lumineuse,
De colline de pierre
À un parterre d'herbes
Dites mauvaises.
Elle n'est pas seule à hanter ce lieu,
Beaucoup y passe. Le Lieu est loin d'être vide,
Mais ils utilisent les sentiers bien tracés qui longent la belle
façade verte et bien entretenue.
Les amis sont les gardes qui l'entretiennent, construisent de
petit abris et éclaircissent les clairières de son esprit,
Ils sont là tout le temps, ils y résident
Mais pas au même endroit que la bête couleur fauve !
Elle ne sert à rien elle ne change pas l'endroit !
Folie !
Quand elle vole les oiseaux la suivent et chantent autour
d'elle
Quand elle nage l'eau s'éclaircie
Quand elle court, sur ces empreintes on peut voir pousser
des primevères d'un joli blond vénitien
Et en fonction de son allure la taille varie,
En fonction de son humeur la couleur aussi
C'est merveille de la voir gracieusement tracer ce chemin
floral
Fatiguée par ses danses
Les pattes lasses faiblissent et
Elle et se couche avec le bois,
Toute entière elle s'allonge ;
Les rêves alors s'échappent, planent
Inspirent tous les écureuils !
La lune quel que soit son cycle reste pleine !
C'est fête dans les clairières.....
A son réveil,
A sa naissance une source claire et abondante jaillit de
son aire de repos
Ainsi un ruisseau naît ;
Couleuvre qui se coule entre les fleurs,
Et quand le serpent d'argent se brise sur quelque rocher
C'est une musique qui sort de cette séparation,
Les deux bras partent en fanfare s'élargissant
Pour aller loin,
Loin,
Loin,
Au–delà de la lisière,
Dans les champs,
Les fermes,
Les monts lointains.
Sans elle, le bois n'irriguerait pas les alentours,
Elle est le fruit de ce débordement de vie !
Les compagnons ne font que récolter ce qui est roc, arbre,
terre, et chasse le gibier égaré sans famille.
Ils l'aiment !
Oh oui il l'aime,
Cet obsédant animal créateur de ruisseau,
C'est avec tristesse qu'ils portent les troncs aujourd'hui.
Car elle n'est plus là,
Elle est partie s'enfermer dans un vide infini et oppressant,
abandonnant ce que ses sœurs on qualifiées de nuisible
pour sa fourrure.
L'être splendide galope maintenant dans les grandes
plaines,
Pleine de vide,
Où il y a de l'herbe grasse
Entourée de clôtures,
De l'eau claire
Dans l'abreuvoir prévu à cet effet.
Dans les steppes ou elle court Il n'y a pas d'obstacles, de
gênes
elle y est bien...
Il n'y a pas de fruits des bois !
Maintenant
Maintenant
Les sources se tarissent,
La forêt se dessèche,
Les bêtes à sang froid se multiplient
Des sangliers invincibles labourent tout sur leurs passages,
Les fleurs blondes fanent laissant place à des pousses
synthétique sans odeur ni couleur,
Simple appât pour les biches de passage.
Maintenant
Maintenant
Quelques pluies sentimentales humidifient les feuilles
restantes
Et c'est dans son souvenir que la forêt reste en vie,
Et c'est dans ces empreintes que les autres désormais se
meuvent.
On raconte qu'après c'est par signaux de fumée qu'ils ont
communiqués
Et c'est par signaux de fumée qu'ils se sont délaissés ;
Ne pouvant calmer ses humeurs en lui dévoilant un pétale
blond,
Ne pouvant la rassurer en la prenant entre ses branches
Ils chantent :
« Le monde nous a séparé,
Nous étions naïfs et mystiques
Et nous voilà dans un état critique,
Notre statut évolue, à la forêt tu as préféré la rue
L'esprit tourne et dans l'oubli
J'occupe mes feuilles qui vibrent dans le vent
Et se noient dans la rivière que tu as créée »
Sortie du feuillage la belle est moins bête
Les oiseaux parlent de liberté
Elle continue son chemin,
Chemin floral qui fascine les ruminants qui la suivent...
Sans s'apercevoir que les fleurs fanent.
J'ai tenté de parler d'une manière sylvestre et onirique
D'un réel qui je crois nous panique
Il y eu un jour, bien loin, entre les étoiles,
Entre les brumes qui font le ciel vaporeux,
Au creux de l'ouate des méandres astrales,
Une âme seule, recroquevillée sur un nuage bleu.
