Cinq traités d'alchimie des plus grands philosophes - Albert Poisson - E-Book

Cinq traités d'alchimie des plus grands philosophes E-Book

Albert Poisson

0,0

Beschreibung

RÉSUMÉ : "Cinq traités d'alchimie des plus grands philosophes" est une anthologie précieuse qui rassemble les écrits de cinq figures emblématiques de la tradition alchimique : Paracelse, Albert le Grand, Roger Bacon, Raymond Lulle et Arnaud de Villeneuve. Ces penseurs ont marqué l'histoire de l'alchimie par leurs contributions uniques, mêlant science, philosophie et mysticisme. L'ouvrage s'ouvre sur la célèbre "Table d'Émeraude", texte fondamental de l'alchimie, qui pose les bases de cette discipline ésotérique. Chaque traité offre une perspective distincte sur l'art de la transmutation, explorant des thèmes tels que la pierre philosophale, l'élixir de longue vie et la purification des métaux. Le lecteur est invité à plonger dans un univers où la quête de la connaissance et de la perfection spirituelle se mêle à l'expérimentation scientifique. Un glossaire en fin d'ouvrage permet de clarifier le jargon alchimique, rendant accessible ce savoir ancien aux lecteurs modernes. En parcourant ces textes, on découvre non seulement les techniques et les théories alchimiques, mais aussi une vision du monde où l'homme est en quête d'une harmonie cosmique. Cette compilation est une porte d'entrée idéale pour quiconque s'intéresse à l'histoire de l'alchimie, à ses mystères et à son influence durable sur la pensée occidentale. L'AUTEUR : Albert Poisson (1868-1893) était un érudit français passionné par l'alchimie et l'ésotérisme. Bien qu'il ait eu une vie courte, son intérêt pour les sciences occultes et les textes anciens a laissé une empreinte durable dans le domaine de l'étude alchimique. Poisson s'est distingué par sa capacité à rassembler et à traduire des manuscrits alchimiques, rendant accessibles des textes qui étaient jusque-là réservés à un cercle restreint d'initiés. Son travail a contribué à la redécouverte de l'alchimie au XIXe siècle, à une époque où l'intérêt pour le mysticisme et les sciences occultes connaissait un renouveau. En plus de ses recherches, Poisson a publié plusieurs ouvrages sur l'alchimie, dans lesquels il cherchait à démystifier cette discipline souvent mal comprise. Il a également écrit des articles pour des revues spécialisées, partageant ses découvertes et ses réflexions sur l'importance de l'alchimie dans l'évolution de la pensée scientifique. Bien que peu connu du grand public, Albert Poisson est respecté parmi les cercles d'érudits pour sa contribution à la préservation et à la diffusion du savoir alchimique.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern
Kindle™-E-Readern
(für ausgewählte Pakete)

Seitenzahl: 119

Veröffentlichungsjahr: 2022

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



TABLE DES MATIERES

PRÉFACE

TABLE D’EMERAUDE

D’ARNAULD DE VILLENEUVE

NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR ARNAULD DE VILLENEUVE.

LE CHEMIN DU CHEMIN.

S’ENSUIT MAINTENANT LA PRATIQUE.

RÉCAPITULATION.

RAYMOND LULLE

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE SUR RAYMOND LULLE.

LA CLAVICULE DE RAYMOND LULLE DE MAJORQUE.

DIFFÉRENCES DU MERCURE VULGAIRE ET DU MERCURE PHYSIQUE.

EXTRACTION DU MERCURE DU CORPS PARFAIT.

DE LA MULTIPLICATION DE NOTRE MERCURE.

PROPRIÉTÉ DE LA CHAUX DES PHILOSOPHES.

MULTIPLICATION DE LA CHAUX DES PHILOSOPHES.

RÉDUCTION DE LA CHAUX VIVE EN VRAIE LUNE.

DE NOTRE GRAND-ŒUVRE AU BLANC ET AU ROUGE.

DE LA MANIÈRE DE CHANGER LA SUSDITE PIERRE EN UNE MÉDECINE QUI TRANSMUE TOUTE ESPÈCE DE MÉTAL EN VRAI SOLEIL ET VRAIE LUNE ET SURTOUT LE MERCURE VULGAIRE EN MÉTAL PLUS PUR QUE CELUI QUI SORT DES MINES.

MULTIPLICATION DU SOUFRE SUSDIT.

FIXATION DU SOUFRE MULTIPLIÉ.

RÉDUCTION DE LA MÉDECINE BLANCHE EN ÉLIXIR ROUGE.

RÉSUMÉ DU MAGISTÈRE.

CALCINATION DE LA LUNE POUR L’ŒUVRE.

PROCÉDÉ POUR PRÉPARER L’HUILE DE TARTRE.

MENSTRUE PUANT POUR RÉDUIRE NOTRE CHAUX VIVE EN MERCURE, APRÈS L’AVOIR DISSOUTE LORSQU’ELLE AURA ETE DEJA IMBIBEE D’HUILE DE TARTRE.

AUTRE MENSTRUE POUR SERVIR DE DISSOLVANT A LA PIERRE.

ROGER BACON

NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR ROGER BACON.

PETIT TRAITÉ D’ALCHIMIE DE ROGER BACON INTITULÉ MIROIR D’ALCHIMIE.

PREFACE.

DÉFINITIONS DE L’ALCHIMIE.

DES PRINCIPES NATURELS ET DE LA GÉNÉRATION DES MÉTAUX.

D’OU L’OR DOIT RETIRER LA MATIÈRE PROCHAINE DE L’ÉLIXIR.

DE LA MATIÈRE DE REGLER LE FEU ET DE LE MAINTENIR.

DU VAISSEAU ET DU FOURNEAU.

DES COULEURS ACCIDENTELLES ET ESSENTIELLES QUI APPARAISSENT PENDANT L’ŒUVRE.

DE LA MANIÈRE DE FAIRE LA PROJECTION SUR LES MÉTAUX IMPARFAITS.

PARACELSE

NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR PARACELSE.

LE TRÉSOR DES TRÉSORS DES ALCHIMISTES.

DU SOUFRE DU CINABRE.

DU LION ROUGE.

DU LION VERT.

ALBERT LE GRAND

NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR ALBERT LE GRAND

LE COMPOSÉ DES COMPOSÉS D’ALBERT LE GRAND.

DE LA FORMATION DES MÉTAUX EN GÉNÉRAL PAR LE SOUFRE ET LE MERCURE.

DE LA NATURE DU MERCURE.

DE L’ARSENIC.

DE LA PUTRÉFACTION.

DU REGIME DE LA PIERRE.

DE LA SUBLIMATION DU MERCURE.

DE LA PRÉPARATION DES EAUX D’OU TU TIRERAS L’EAU-DE-VIE.

GLOSSAIRE

PRÉFACE

Les sciences actuelles sont les filles de sciences mystérieuses dont l’origine se perd dans la nuit des temps, l’alchimie est la mère de la chimie, l’astrologie a précédé l’astronomie, à la base des mathématiques on trouve la cabale et la géométrie qualitative, dans le principe l’histoire se confond avec la mythologie, la médecine fut enseignée aux hommes par un dieu.

L’on ne connaît bien une science que lorsqu’on sait son histoire. Depuis l’idée mère qui fonde la science jusqu’à nos jours, que d’efforts incessants, que de tâtonnements! Nous profitons des travaux de nos prédécesseurs, insouciamment, sans penser à la somme énorme de travail physique et intellectuel qu’ils ont dépensé pour nous frayer cette voie. Beaucoup ont usé leur vie, dépensé leur fortune, renoncé aux plaisirs et aux honneurs par amour de la science. Combien sont morts martyrs affirmant jusqu’au dernier souffle la vérité éternelle !

C’est Roger Bacon, persécuté toute sa vie par des moines ignorants, c’est la savante Hypatie lapidée par la [VI] populace d’Alexandrie, c’est Averroës jeté en prison, puis exilé, pour avoir avancé des idées contraires au Coran, c’est Bernard le Trévisan honni et tourmenté par ses parents furieux de le voir dépenser sa fortune dans des recherches alchimiques, c’est Denis Zachaire assassiné par son cousin auquel il avait refusé de révéler le secret de la pierre philosophale, c’est Cardan, pauvre toute sa vie et mourant de chagrin, ce sont Perrot et Paracelse, finissant leur carrière sur un lit d’hôpital, ce sont Bernard Palissy et Borri morts en prison.

Rendre justice à ces grands hommes en remettant leurs travaux en lumière, en les faisant revivre dans leurs œuvres, tel a été notre but. Or, leurs ouvrages sont devenus rares, les grandes bibliothèques seules pourraient fournir aux chercheurs des documents suffisants, mais l’on sait combien il est difficile d’obtenir la permission de travailler dans une bibliothèque publique. D’autre part se former une collection, particulière est fort dispendieux et demande du temps et de la patience, souvent l’on ne trouve qu’après plusieurs années de recherches l’ouvrage que l’on désire ; enfin la plupart de ces traités sont écrits en latin barbare, d’un style obscur très fatiguant à lire. Toutes ces raisons nous ont engagé à publier ces traductions. Les auteurs ont été choisis avec soins parmi les plus grands noms de l’alchimie : Arnauld de Villeneuve, Raymond Lulle le docteur illuminé, Albert le Grand, [VII] embrassant tout dans sa vaste érudition, Roger Bacon le docteur admirable, devançant son siècle et substituant l’expérience et l’observation aux creuses divagations des scolastiques, enfin Paracelse, le grand Paracelse, bouleversant les vieilles théories, alliant l’alchimie à la médecine, jamais homme n’eut une plus grande influence sur son siècle.

On a pris les traités les plus importants, quatre sur cinq sont traduis pour la première fois en français. Quant à la traduction, elle est aussi exacte que possible, les passages obscurs sont rendus mot à mot ; nous nous sommes attachées à donner à la phrase la tournure qu’elle a dans le texte. Enfin les traités sont précédés d’une notice biographique et d’un index bibliographique.

Nous terminons par un conseil : lire ce livre sans y être préparé, c’est s’exposer à ne pas le comprendre, aussi l’on fera bien auparavant de lire : « l’Alchimie et les Alchimistes » de M. Louis Figuier ou « les Origines de l’Alchimie » de M. Berthelot. Pour les personnes qui n’auraient pas le temps de lire ces deux ouvrages, voici en peu de mots ce que c’est que l’Alchimie : « C’est, dit Pernety, l’art de travailler avec la nature sur les corps pour les perfectionner. » Le but principal de cette science est la préparation d’un composé : la pierre philosophale, ayant la propriété de transmuer les métaux, fondus en or ou en argent. La matière première de la pierre philosophale est [VIII] le Mercure des philosophes. On lui donne la propriété de transmuer en lui faisant subir diverses opérations, pendant lesquelles il change trois fois de couleur : de noir, il devient blanc, puis rouge. Blanc, il constitue l’élixir blanc ou petite pierre, qui change les métaux en argent. Rouge, il constitue la médecine ou élixir rouge ou grande pierre qui change les métaux en or.

A. POISSON.

[1]

NOTICE SUR LA TABLE D’ÉMERAUDE D’HERMÈS

La table d’Emeraude d’Hermès Trismégiste, le Thaut égyptien est la pierre angulaire de l’alchimie. Les philosophes la citent à chaque instant, aussi importe-t-il de connaître ce document.

Elle se trouve dans tous les recueils importants de traités hermétiques : theatrum chimicum, Bibliotheca chemica mangeti, Biblitotheca contracta Albinei, Bibliothèque des philosophes alchimiques de Salmon, etc. La traduction qui suit est celle de la Bibliothèque [2] des philosophes alchimiques de Salmon revue et corrigée d’après le texte latin qui se trouve en tête de la Bibliotheca chemica contracta Albinei.

TABLE D’EMERAUDE

Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable. Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour accomplir les miracles d’une seule chose. Et de même que toutes choses sont sorties d’une chose par la pensée d’Un, de même toutes choses sont nées de cette chose par adaptation.

Son père est le Soleil, sa mère est la Lune, le vent l’a porté dans son ventre ; la terre est sa nourrice. C’est là le père de tout le Thélème de l’Univers. Sa puissance est sans bornes sur la terre.

Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais, doucement, avec grande industrie. Il monte de la terre au ciel, et aussitôt redescend sur la terre, et il recueille la force des choses supérieures et inférieures. [3]

Tu auras ainsi toute la gloire du monde, c’est pourquoi toute obscurité s’éloignera de toi. C’est la force forte de toute force, car elle vaincra toute chose subtile et pénétrera toute chose solide. C’est ainsi que le monde a été créé. Voilà la source d’admirables adaptations indiquée ici. C’est pourquoi j’ai été appelé Hermès Trismégiste, possédant les trois parties de la Philosophie universelle.

Ce que j’ai dit de l’opération du soleil est complet.

ARNOLDI DE VILLANOVA

SEMITA SEMITÆ

LE CHEMIN DU CHEMIN

D’ARNAULD DE VILLENEUVE

NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR ARNAULD DE VILLENEUVE.

Arnauld de Villeneuve est né vers 1245 en France, comme l’attestent Symphorianus Campegius et Joseph de Haitze. Quant au lieu précis de sa naissance il est incertain. Il étudia les langues mortes à Aix, la médecine à Montpellier. Il vint à Paris pour se perfectionner ; la rumeur populaire l’accusant de nécromancie et d’alchimie, il s’enfuit à Montpellier, où il fut bientôt nommé professeur, puis régent. En 1755 on montrait encore à Montpellier, sa maison portant sculptés sur la façade un lion et un serpent se mordant la queue. La soif d’apprendre le fait passer en Espagne, il professe quelque temps l’alchimie à Barcelone (1286) et apprend l’arabe. Il visite ensuite les universités célèbres d’Italie : Bologne, Palerme, Florence. Il revient à Paris, mais ses propositions hérétiques, ayant excité contre lui les théologiens, il s’enfuit prudemment en Sicile, où Frédéric II le prit sous sa protection. Le pape Clément V atteint de la pierre, manda Arnauld de Villeneuve auprès de lui, avec promesse de pardon. Arnauld s’embarqua pour la France (les papes siégeaient alors à Avignon). [8]

Mais en vue de Gênes il mourut, son corps fut enseveli dans cette ville (1313). Il eut pour amis et disciples Raymond Lulle et Pierre d’Apono. Principaux ouvrages : Rosariam philosophorum, de Lapide philosophorum, Novum lumen, Flos florum, Semita semitœ. Speculum alchimiœ, de Sublimatione Mercurii, Epislola ad Robertum Regem, Testamentum novum. Tous ces traités se trouvent dans les éditions de ses œuvres complètes : Opéra omnia Arnoldi de Villanova, l vol. in-folio. Lyon (1520). Idem (1532). Bâle (1595). Argentinœ (1613). Notice sur le Semita semitœ : le Chemin du Chemin. Ce traité est à quelques passages près identique au : Flos florum. Il se trouve dans : 1° les Œuvres complètes d’Arnauld de Villeneuve ; 2° De Alchimia Opuscula complura veterum philosophorum. Francofurti (1550, in.4°).

C’est sur ce texte qu’a été faite la présente traduction. 3° Bibliotheca chemica Mangeti, Coloniœ Allobrogum, 2 vol. in-folio, 1702. Tome 1er, page 702. Ce traité est traduit pour la première fois en français. [9]

SEMITA SEMITE

LE CHEMIN DU CHEMIN.

Ici commence le Chemin, du Chemin, traité court, bref, succinct, utile à qui le comprendra. Les chercheurs habiles y trouveront une partie de la Pierre végétale que les autres Philosophes ont cachée avec soin.

Père vénérable, prête-moi pieusement l’oreille. Apprends que le Mercure (1) est le sperme cuit de tous les métaux ; sperme imparfait quand il sort de la terre, à cause d’une certaine chaleur sulfureuse. Suivant son degré de sulfuration, il engendre les divers métaux dans le sein de la terre. Il n’y a donc qu’une seule matière première des métaux, suivant une action naturelle plus ou moins forte, suivant le degré de cuisson, elle revêt des formes différentes. Tous les Philosophes sont d’accord sur ce point. En voici la démonstration : Chaque chose est composée des éléments en lesquels on peut la décomposer. Citons un exemple impossible à nier et facile à comprendre : la glace à l’aide de la chaleur se résout en eau, donc c’est de l’eau. Or tous les métaux [10] se résolvent en Mercure ; donc ce Mercure est la matière première de tous les métaux. J’enseignerai plus loin la manière de faire cette transmutation, détruisant ainsi l’opinion de ceux qui prétendent que la forme des métaux ne peut être changée. Ils auraient raison si l’on ne pouvait réduire les métaux en leur matière première, mais je montrerai que cette réduction en la matière première est facile et que la transmutation est possible et faisable. Car tout ce qui naît, tout ce qui croît, se multiplie selon son espèce, ainsi les arbres, les hommes, les herbes. Une graine peut produire mille autres graines. Donc il est possible de multiplier les choses à l’infini. D’après ce qui précède, celui qui analyse les choses verra que si les Philosophes ont parlé d’une façon obscure, ils ont dit du moins la vérité. Ils ont dit en effet que notre Pierre a une âme, un corps et un esprit, ce qui est vrai. Ils ont comparé son corps imparfait au corps, parce qu’il est sans puissance par lui-même ; ils ont appelé l’Eau un esprit vital, parce qu’elle donne au corps, imparfait en soi et inerte, la vie qu’il n’avait pas auparavant et qu’elle perfectionne sa forme. Ils ont appelé le ferment âme, car ainsi qu’on le verra plus loin, il a aussi donné la vie au corps imparfait, il le perfectionne et le change en sa propre nature. [11]

Le philosophe dit : « Change les natures et tu trouveras ce que tu cherches. » Cela est vrai. Car dans notre magistère nous tirons d’abord le subtil de l’épais, l’esprit du corps, et enfin le sec de l’humide, c’est-à-dire la terre de l’Eau, c’est ainsi que nous changeons les natures ; ce qui était en bas nous le mettons en haut, de sorte que l’esprit devient corps, ensuite le corps devient esprit. Les philosophes disent encore que l’on fait notre Pierre d’une seule chose et avec un seul vaisseau ; et ils ont raison. Tout notre magistère est tiré de notre Eau et se fait avec elle. Elle dissout les métaux eux-mêmes, mais ce n’est pas en se changeant en eau de la nuée, comme le croient les ignorants. Elle calcine et réduit en terre. Elle transforme les corps en cendres, elle incinère, blanchit et nettoie, selon ce que dit Morien : « L’Azoth et le feu nettoient le Laiton, c’est-à-dire le lavent et lui enlèvent complètement sa noirceur. » Le laiton est un corps impur, l’azoth c’est l’argent vif.