Comme à la craie - Yaya Dubourg - E-Book

Comme à la craie E-Book

Yaya Dubourg

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Beschreibung

Comme à la craie est un recueil de poèmes écrit par Yaya Dubourg.


EXTRAIT

"Moments perdus
À chercher, éperdus
Le fil d'amour
En pointillé blanc
Saccadée comédie
Des bouts de vie brodée
De fil blanc"


À PROPOS DE L'AUTEURE

Yaya Dubourg est très fortement inspirée par la nature et les états d'âme décalés, sa poésie s'attache à des choses simples de la vie quotidienne ou imprévue.
Elle anime parfois des ateliers d'écriture auprès d'enfants, d'ados, et d'adultes, et organise des cafés-poésie par le biais d'une association.
Elle a également participé à des évènements qui mêlent les arts (Gare de l'Art, Vivres de l'Art, Explositions, spectacle A ciel rouge, Médiathèques, etc..), et elle expose des illustrations de ses textes sous la forme de petits carnets en tissus ou collages papier.
Elle avoue aussi aimer parfois déclamer des textes avec son accordéon ....
Le petit ruisseau des mots n'est pas près de se tarir ....
Pour elle la poésie fait partie de la vie et sera toujours vivante.

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Seitenzahl: 46

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Yaya Dubourg

Comme àla craie

Poèmes

L’âne, le roi et moi serons morts demain

Jacques Prévert

Mais alors, dit Alice, si le monde n’a aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un?

Lewis Caroll

 

 

 

Très fortement inspirée par la nature et les états d’âme décalés, la poésie de Yaya s’attache à des choses simples de la vie quotidienne ou imprévue.

 

Elle anime parfois des ateliers d’écriture auprès d’enfants, d’ados, et d’adultes, et organise des cafés-poésie par le biais d’une association.

 

Elle a également participé à des évènements qui mêlent les arts (Gare de l’Art, Vivres de l’Art, Explositions, spectacle À ciel rouge, Médiathèques, etc..), et expose des illustrations de ses textes sous la forme de petits carnets en tissus ou collages papier.

 

Elle avoue aussi aimer parfois déclamer des textes avec son accordéon ...

 

Le petit ruisseau des mots n’est pas près de se tarir...

 

Pour Yaya, la poésie fait partie de la vie et sera toujours vivante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UN

 

 

 

 

 

 

 

 

Bribes d’enfance

Ce qui te reste de ta cité

Et des années passées

Ce qui émerge

Quand tu gamberges

Quand tu oublies le quotidien

Le fleuve de ta vie

Le courant qui te vide de

Ton énergie primordiale et vitale

Le temps qui te secoue

Parfois avec violence, parfois avec douceur

 

Ce qui te reste de ta cité 

La place et ses platanes

Centenaires, forts, impavides, impassibles

Place où l’on se réfugie

Où l’on se cache, où l’on discute

Des heures durant,

Où l’on flirte avec l’avenir

Qui lui aussi se dissimule

Au creux des troncs gravés

Lettres tracées à l’extrémité

Des couteaux émoussés

Place si fraîche, place accueillante

Place ombragée et si vivante

Avec ses quelques bancs occupés

À longueur de journées et de

Soirées d’été, elles aussi tracées

Dans ton cœur et ta mémoire en pointillé

Avec son kiosque démodé

Trônant au milieu des ombrages

Mais la musique est plutôt rare

Sauf dans les têtes éclatées

De fièvre, de rêves, de peut-être

De un jour, de présent décalé…

 

Ce qui te reste de ta cité

Souvenirs récurrents

C’est ta rue et son calme apparent

Pleine de jeux pourtant

Pleine de mouvement

De bruit, de sons, d’odeurs

Oignon brûlé, café grillé

Poisson trop cuit

C’est l’heure d’aller manger

À tout à l’heure

À tout bonheur de ne penser

Qu’à jouer, se dépêcher

Se retrouver pour affronter

L’imaginaire collectif…

 

Ce qui te reste de ta cité 

Allée des magnolias

Qui donnait l’impression imprégnée

De liberté relative

Passage entre deux mondes 

Ton quartier et autre chose

Des maisons moins serrées

Un peu plus d’herbes folles

Et d’espaces à défricher

Impression différée

D’aventure à tes pieds

 

Ce qui te reste de ta cité

Château d’eau surplombant

Arrogant, étouffant, menaçant

C’est ainsi que tu le ressentais

Sans jamais l’exprimer

Inaccessible mystère clair

Il semblait veiller sur tout

Imperturbable et fier

Solitaire et parfois tonitruant

Des sirènes hurlantes

Ce qui te reste de ta cité

C’est le château en ruine

Bloc de pierre et ciment

Volets à demi décrochés

Majesté déclassée

Et la mousse envahissante…

On était chevaliers

Princesses ou damoiseaux

Qui s’enfuyaient par le

Vieux souterrain à moitié éboulé

Qui ne menait nulle part

Hormis dans nos scénarios déjantés…

Chercher des cachettes secrètes

Agiter les sonnettes

Élaborer sous la fresque

Des sorties romanesques

Emplir notre tête et nos vies

D’histoires hétéroclites

Et précieuses

 

Ce qui te reste de ta cité

Le lavoir gris, l’humidité

Faite lavoir, lieu de travail

Et de paresse, de bla-bla jacassant

Dans le bruit régulier et entêtant

De l’eau qui tombe et qui coule

De tissu drapé, tapé, retapé

Battu tant et plus

Jusqu’à jamais

Un perceptible gynécée

Où les absents ont souvent tort

À mots couverts, rires étouffés

Rituel bien orchestré,

Petite fille un peu paumée…

 

Ce qui te reste de ta cité

C’est une gare très fréquentée

Où certains soirs de fin de semaine

Tu vas à la rencontre du destin

Et des surprises qu’il amène

Apercevoir le fantôme

De l’amour inutile

Qui se nourrit de rien

Répétition interminable

Au milieu des néons et des gens

Traînant leurs bagages

Dans une ambiance de transit

Allumant une cigarette

Feuilletant quelques pages

Dans le coin illuminé, coloré

De la bibliothèque animée

Par des tourniquets d’images

Cartes postales aguichantes

Livres de poche et clichés

Les trains ont des freins qui grincent

Et ça te donne toujours le frisson!

 

Ce qui te reste de ta cité 

Une école dispersée

Des visages effacés

Ou redoutablement présents…

Scènes d’enfance sans message

Scènes d’adolescence encore vivantes

Amitiés affirmées, aversions affligeantes

Idées d’exclusion, loi du plus fort

Engrenage de la différence épuisante

Tu n’es qu’un étranger pour toi-même

Avant tout, et pour toujours…

 

 

Ce qui te reste de ta cité 

Un fronton nu et blond

Domaine réservé

Au type masculin

Qui se retrouve là

Pour virilité affirmée

Sauvegardée, conservée

Amoureusement, exclusivement

Exclusion suggérée

Moments d’exclusivité partagée

Vision éloignée d’un souvenir forgé

Pour toi, la vie est ailleurs

Forêts, dunes et prés

Rivières, chemins enfoncés

Évasions bruissantes et colorées

Le monde semble bon

Et la nature aussi

Source d’émerveillement

Et d’énergie insinuée

Dans tout ton corps

Ton âme, ton cœur et tes pensées

 

Ce qui te reste de ta cité

Un sentiment tout à fait mitigé

De bonheur perdu

Et de non-bonheur associé

D’intempestif calme cru

Où te poussaient des ailes