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Un florilège de mythes, de contes et de légendes permet de pénétrer dans l'imaginaire du Maroc
Autrefois, le plumage de tous les oiseaux se ressemblait. Ils avaient tous la même couleur noire. Quand ils voyaient l’arc-en-ciel, ils l’enviaient et rêvaient de ces couleurs sur leur plumage. Un jour, une nuée de moustiques attaqua l’arc-en-ciel et se mit à dévorer ses couleurs avec gloutonnerie. Devant ce spectacle aberrant, les oiseaux se portèrent au secours de l’arc-en-ciel. Pas tous cependant, car quelques-uns, par jalousie, préférèrent rester de simples spectateurs. Quand les moustiques furent chassés, l’arc-en-ciel exprima sa gratitude. Il offrit aux uns l’une de ses couleurs, aux autres plusieurs couleurs selon le mérite de chacun d’entre eux dans l’opération de secours. C’est ce qui explique que certaines espèces ont gardé leur plumage noir, d’autres n’ont qu’une couleur alors que d’autres présentent un plumage multicolore.
À PROPOS DE LA COLLECTION
« Aux origines du monde » (à partir de 12 ans) permet de découvrir des contes et légendes variés qui permettent de comprendre comment chaque culture explique la création du monde et les phénomènes les plus quotidiens. L’objectif de cette collection est de faire découvrir au plus grand nombre des contes traditionnels du monde entier, inédits ou peu connus en France. Et par le biais du conte, s’amuser, frissonner, s’évader… mais aussi apprendre, approcher de nouvelles cultures, s’émerveiller de la sagesse (ou de la malice !) populaire.
DANS LA MÊME COLLECTION
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Contes et légendes de France
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Contes et récits des Mayas
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Seitenzahl: 154
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Les contes que nous vous présentons ont été racontés dans le parler arabe marocain, ou en berbère (tarifit, tachelhit ou tamazight).
Pour traduire nos contes, nous avons rencontré des difficultés liées aux différences régionales. Chaque région a des spécificités qui affectent le sens des termes, des tournures, et parfois, la spécificité se manifeste par la profusion des mots utilisés pour désigner les mêmes choses, les mêmes objets, les mêmes animaux, les mêmes plantes et arbres, d’une région à l’autre.
Pour parer à ces difficultés, nous avons dû uniformiser le sens et la langue, afin de parvenir à une traduction acceptable qui tienne compte des différentes sensibilités culturelles du Maroc.
Une fois ces difficultés aplanies, nous avons rencontré un autre problème, au niveau du transfert de certains noms ou mots, de la langue arabe où ils sont perçus comme masculins, à la langue française où ils deviennent féminins et vice versa : le soleil et la tortue, pour ne citer que ces deux exemples.
Le lecteur ne manquera pas de remarquer une certaine irrégularité quant au style, ceci est dû à un désir de rester très près des textes originaux, sauf quand nous n’avons pas pu faire autrement.
Nous avons délibérément gardé quelques noms de personnes, d’animaux ou d’astres… tels qu’ils sont dits dans les parlers locaux, par esprit d’authenticité.
Et maintenant, la parole est aux personnages des contes pour vous guider dans un voyage à travers la culture originelle marocaine.
Najima Thay Thay
On raconte que le paon fut la première créature de l’univers, il naquit au paradis. Il est à l’origine de l’âme et du souffle de la vie. Sa beauté n’avait pas d’égal, la lumière paradisiaque qui le couvrait transperçait les ténèbres.
On raconte qu’un jour, pendant qu’il se pavanait dans les jardins de l’Éden, il passa près du miroir de la vie. Il fut émerveillé par la lumière qui l’entourait.
D’humilité et de reconnaissance envers Dieu qui l’avait si bien fait, il ne trouva aucun mot pour exprimer sa gratitude, mais son corps commença à suer. Et voilà que l’univers fut créé à partir de la sueur de ce paon paradisiaque :
De la sueur de son nez, Dieu créa les anges.
De la sueur de son visage, Dieu créa le soleil, la lune et les étoiles.
De la sueur de sa poitrine, Dieu créa les prophètes et les saints.
De la sueur de son dos, Dieu créa Jérusalem, la Kaaba1, les mosquées et tous les lieux saints.
De la sueur de ses sourcils, il créa les musulmans.
De la sueur de ses oreilles, il créa les juifs et les chrétiens.
De la sueur de ses pieds, il créa la terre.
Voilà comment l’univers fut créé, d’après les anciens, mais Dieu seul sait la vérité.
Quand Dieu créa l’univers, avant de passer à la création d’Adam, il créa deux soleils avec la lumière de son trône. Les deux soleils s’entretuaient, chacun voulait être plus fort que l’autre. Pour mettre fin à ce duel, et afin que chacun garde ses limites et sa fonction, Dieu ordonna à Jibraïl (Gabriel) de passer ses ailes sur l’un des deux soleils. Jibraïl ouvrit grand ses ailes et passa sur les rayons de l’un, la lumière fut effacée sur-le-champ. L’astre devint lune. Si on fait attention, on peut voir encore les traces que les ailes de Jibraïl ont laissées sur la lune.
Les anciens nous racontent que le soleil voulait toujours rester rayonnant. L’homme ne supportait plus ses rayons et les coups de soleil le rendaient malade. Alors, il se plaignit auprès de la nuit qui vivait en ces temps-là dans les grottes et les cavernes.
Pour aider l’homme, la nuit décida de sortir. Elle obligea ainsi le soleil, tout comme l’homme, à se coucher le soir et à se lever le matin.
On raconte que Qamar2 était amoureux de Chams. Il ne cessait de lui faire la cour. Chams ne l’aimait pas. Elle trouvait qu’il veillait beaucoup la nuit et courait les autres étoiles.
Seulement Qamar était bien ferré, il continua à courir derrière Chams et à l’embêter, ce qui la mit en colère. Elle prit une poignée de cendres et la lui jeta sur la face.
Qamar en garda les taches jusqu’à présent, mais ceci ne le fit pas changer d’avis, bien que Chams le fuie toujours : elle se lève quand il se couche et elle se couche quand il se lève ; on le voit courir derrière elle désespérément, même s’ils ne se rencontrèrent que lors des éclipses.
Il est normal de voir les villages en fête après les moissons, c’est la période des fiançailles pour les uns et de mariage pour les autres.
Les gens allaient de village en village pour fêter ces heureux événements qui mettaient un terme à la saison des labeurs.
Les réjouissances étaient de mise et tout un chacun y était convié, les couples s’y retrouvaient pour danser et chanter.
C’est dans cet esprit qu’un couple s’était rendu dans un village voisin. La femme prépara du batbout3, une gourde d’eau et des fruits secs, puis ils s’en allèrent avec leur bébé.
Arrivé au village, le mari intégra la ronde des danseurs, tandis que son épouse s’assit avec les femmes du village. Elle installa son bébé dans son giron et le couvrit.
Soudain, elle sentit une mauvaise odeur monter de son giron et réalisa que son bébé avait déféqué. Les femmes commencèrent à lui jeter des coups d’œil désapprobateurs.
La pauvre femme chercha désespérément de quoi nettoyer son rejeton et ne réussit à mettre la main que sur le batbout. Elle le prit et essuya les fesses de son bébé avec. À ce moment-là, la femme et son bébé furent happés par la lumière de la lune en un clin d’œil. Tous ceux qui étaient présents dans cette fête l’attestèrent.
La femme et son bébé se trouvèrent collés à la lune afin que les gens de la terre aient toujours à l’esprit qu’on ne souille pas impunément le pain.
On raconte que le nombre des étoiles dans le ciel est égal à celui des êtres humains sur terre. C’est pourquoi, chaque fois que nous voyons une étoile tomber, nous savons qu’un être vient juste de rendre l’âme. Dieu en décida ainsi pour sauvegarder l’équilibre de l’univers.
On raconte qu’au paradis, il y a un arbre géant, dont les branches sont parées d’innombrables feuilles. Sur chaque feuille est gravé le nom de la créature qu’elle représente sur terre. Contrairement aux autres arbres, l’automne n’agit pas sur la totalité des feuilles de l’arbre de la vie en même temps, mais sur une seule feuille ou quelques-unes à la fois.
Quand la feuille touchée par l’automne tombe, Azraïl4 le Faucheur descend sur terre, quarante jours après, pour cueillir l’âme de la créature désignée. C’est pourquoi on dit que l’arbre de la vie a laissé tomber la feuille de la personne qui vient de mourir.
Les anciens racontent l’histoire de sept jeunes filles majeures. Pendant le mois de Ramadan, elles emmenaient avec elles leur chien et allaient dans un lieu désert où elles mangeaient en transgressant la loi du jeûne. Il en fut ainsi jusqu’à la nuit du destin où Dieu les métamorphosa en étoiles.
Suspendues au ciel, on les distingue toutes les sept du reste des étoiles. Celles-ci, on les appelle les Sorayas.
Quand l’envie de transgresser le Ramadan hante une personne, il n’a qu’à regarder les Sorayas pour s’en détourner.
Autrefois, la pluie tombait sans qu’il n’y ait de nuages. Un jour, un maître potier confectionna des jarres, des bols et des tagines, de vraies œuvres d’art.
Quand le potier acheva son travail, il mit ses objets à sécher au soleil. Il rêvait déjà de la bonne recette qu’il allait récolter après la vente de ses poteries.
Mais le sort en décida autrement. La pluie se mit à tomber et au bout d’un moment il ne resta de ses œuvres qu’un tas de glaise informe.
Le maître potier se mit à pleurer, à pleurer. Il pleura toute la nuit et à l’aube, pendant sa prière du fajr5, il s’adressa au ciel et implora Dieu :
— Ô mon Dieu, le Tout-Puissant ! je vous implore de nous annoncer la pluie et de ne jamais nous prendre au dépourvu !
Dieu entendit les prières du maître potier et exauça son vœu.
Depuis, la pluie est toujours annoncée par des nuages.
On raconte que lorsque Dieu voulut créer la terre et le ciel, il créa d’abord l’eau.
L’eau réalisa, juste après sa création, qu’elle était seule dans l’univers, ni ciel ni terre ni arbres. En face d’elle, il y avait le bon Dieu qui venait juste d’achever sa création. Émerveillée par la présence du Créateur, elle bouillonna, provoquant ainsi de la fumée et de la mousse.
De la fumée qui monta fut créé le ciel, de la mousse fut créée la terre.
Des années passèrent dans le calme et la tranquillité jusqu’au jour où Dieu l’informa qu’Adam, chassé du paradis, vivrait sur ses plaines. La terre rugit et trembla de colère, elle ne pouvait tolérer l’homme et sa cruauté, ses péchés empoisonneraient ses racines et ses déchés pollueraient son atmosphère.
Elle trembla, perdit l’équilibre et flotta sur les eaux. Dieu pour la calmer et lui assurer l’équilibre planta une immense montagne au centre de la terre, elle fut à l’origine de toutes les montagnes qui ne sont en fait que ses veines. Quand elle fait bouger l’une de ses veines, la terre tremble là où la veine vient de bouger. L’immense montagne en question est le Jbal Kaf qui se trouve près de La Mecque en Arabie Saoudite.
Quand Dieu annonça à la terre qu’il allait chasser Adam du paradis pour qu’il vive sur ses plaines, elle gronda et trembla mais ne put refuser la volonté de Dieu. N’ayant plus de force, la terre fut balancée comme un navire par les vagues de la mer. Pour lui assurer son équilibre, Dieu ordonna aux vagues de se transformer en montagnes et de lui servir de piliers.
C’est alors que des vagues hautes et d’autres moins hautes constituèrent les montagnes de la terre.
Dans l’ancien temps, tout au début de la vie sur cette planète, la mer s’adressa à la terre ferme et lui dit d’un air menaçant :
— Je suis la plus forte dans tout l’univers. Personne ne peut me battre, et si par malheur, je me mets en colère, je te submerge !
La terre effrayée ne prononça pas un mot, mais c’est Dieu qui lui répondit :
— Garde tes limites, sinon tu le regretteras !
La mer désobéit et essaya de dépasser les plages. À ce moment Dieu, pour lui donner une leçon, ordonna à un anophèle de boire la mer.
L’anophèle l’ingurgita entièrement sans laisser la moindre goutte mais sans pour autant étancher sa soif.
La mer resta stupéfaite et convint qu’elle était loin d’être la plus forte, elle demanda pardon au Créateur.
Il se passa beaucoup de temps après cela, la mer persévéra dans son repentir à tel point que Dieu finit par lui accorder son pardon. Il demanda cette fois-ci à l’anophèle de régurgiter la mer. L’anophèle obéit, vomit la mer en un seul coup avec la même rapidité qu’il l’avait bue. Seulement cette fois-ci, l’eau qu’il rendit n’était pas douce comme avant, elle était devenue salée.
À l’époque de Nouh (Noé), il n’y avait que de l’eau douce et point de mer sur terre. Nouh avait pour habitude de recommander à sa femme de ne jamais éteindre le feu du kanoun avec l’eau salée de cuisine.
Il arriva qu’une fois, la femme de Nouh ne trouva pas d’eau douce pour éteindre les braises, alors elle versa dessus ce qui restait du bouillon.
À peine eut-elle fini de verser l’eau salée dans le kanoun, que jaillirent des flots et des flots d’eau salée balayant sur leur passage tous les impies. N’échappèrent au tumulte que ceux qui croyaient en la prophétie de Nouh. Il les invita à monter dans son arche.
C’est comme ça que sont nées les mers et que l’eau devint salée.
Dans le temps, quand Dieu créa le monde, il fixa des règles et des limites à chaque chose. Dans le ciel comme sur la terre, sa volonté fut respectée, ce qui explique l’ordre qui régit l’univers. Or, la mer faillit à cet ordre. Se croyant invincible, elle ne se fixa pas de retenue, elle inondait tout ce qu’elle trouvait sur son passage. Dieu la mit en garde et la rappela à l’ordre en lui disant :
— Je ne tolérerai plus que tu dépasses tes limites, sinon j’ordonnerai à l’anophèle de te détruire !
« Comment un anophèle pourrait-il me détruire ? » se demanda-t-elle perplexe. Elle ne prit pas au sérieux l’avertissement divin et continua à sévir.
Devant la désobéissance continuelle de la mer, Dieu envoya un anophèle avec pour mission de boire la mer. En un clin d’œil, de mer il ne resta que des étendues infinies de sable. La mer se repentit et demanda à Dieu de lui pardonner son arrogance :
— Dorénavant je ne dépasserai plus mes limites en dehors de ta volonté, ô Dieu le miséricordieux !
Dieu accepta les excuses de la mer et ordonna à l’anophèle de la libérer.
L’anophèle régurgita la mer sans une goutte de plus ou de moins. Ce fut une bonne leçon pour la mer, puisque depuis, elle n’a jamais tenté de dépasser les limites que Dieu lui fixa, et quand le flux de la mer atteint le rivage, il reflue calmement.
Pour ne jamais oublier, même quand elle est houleuse, on entend la mer répéter :
— Dieu Tout-Puissant a donné à chaque chose ses limites !
On raconte que la terre flottait sur l’eau comme un navire. Elle se laissait porter par les vagues. Pour maintenir son équilibre, Dieu ordonna à un taureau de la porter sur sa tête. Ses narines étaient enfoncées dans la mer. C’est ce qui provoque le flux de la mer quand il expire et le reflux quand il inspire.
Nos aïeux disent que lorsque la terre tremble, cela veut dire que le taureau qui la porte sur ses cornes en est la cause. Quand une corne est fatiguée, il replace la terre sur l’autre corne, créant ainsi des tremblements.
Les Berbères respectent tellement la femme qu’ils pensent que chaque fois qu’une femme meurt, la nature s’endeuille et la pleure. Ceci explique pourquoi les pluies tombent.
Les anciens disent que chaque fois que l’archange Jibraïl frotte le gros orteil de son pied gauche, il provoque le grondement du tonnerre sur terre.
Jadis l’homme ne connaissait pas le sommeil. Il ne dormait ni le jour ni la nuit. Il travaillait, courait, marchait… mais jamais il ne pouvait dormir, ses yeux étaient constamment ouverts. Il ne savait pas quand il devait faire sa prière, ni quand il devait rompre le jeûne… Ceci le fatiguait et lui faisait perdre le goût de la vie. Il enviait son voisin Dabb, le lézard africain, qui passait son temps à dormir. Il possédait des quantités de sacs de sommeil, de différentes formes et couleurs. Plusieurs fois, l’homme frappa à sa porte pour lui demander un peu de sommeil, mais Dabb était avare, il ne voulait pas lui en donner le moindre brin.
Un jour, pendant que Dabb s’absentait, l’homme en profita, se faufila dans la grotte et vola un sac. Dans l’obscurité, l’homme n’avait pu choisir ce qu’il voulait. Il réalisa à l’extérieur qu’il avait volé un sac noir. C’est pour cette raison que l’homme dort la nuit et se lève le jour.
Quand Dieu voulut créer Adam, il convoqua les anges et leur dit :
— Vous irez sur terre et que chacun de vous me ramène une poignée de terre d’un lieu différent !
Les anges descendirent sur terre et allèrent chacun dans un lieu. Mais chaque fois que l’un d’eux s’apprêtait à prendre la poignée de terre, celle-ci lui disait :
— Je te conjure par Dieu le Tout-Puissant, ne m’emporte pas, je ne veux pas être dévorée par le feu ! Les anges qui étaient compatissants revenaient bredouilles. Tour à tour, Dieu envoya des équipes qui revinrent toutes les mains vides. Restait Azraïl, Dieu le convoqua, lui expliqua sa mission sur terre et lui dit :
— Tu es le dernier, je compte sur toi pour me ramener une poignée de terre de différents endroits !
Azraïl descendit sur terre et se mit à l’ouvrage, et chaque fois qu’il prenait une poignée de terre, celle-ci lui disait :
— Au nom du Tout-Puissant, je t’implore : ne m’emporte pas, je ne veux pas être dévorée par le feu !
Azraïl mettait la poignée de terre dans son sac en lui disant :
— Celui au nom de qui tu m’implores n’est autre que celui qui m’a chargé de te ramener !
Une fois sa mission terminée, Azraïl remonta au ciel et déposa les différents échantillons de terre devant Dieu. Satisfait, Dieu dit à Azraïl :
— Tu as exécuté mon ordre, tu m’as ramené la terre qui me servira à la création d’Adam. Aussi, je te charge de cueillir son âme quand sa vie aura atteint son terme !
On raconte que lorsque le prophète Sidna Mohamed mourut, tous les arbres perdirent leurs feuilles en signe de chagrin et de deuil, excepté l’olivier. Les arbres s’en étonnèrent et le reprochèrent à l’olivier qui leur répondit :
— C’est vrai ! Je n’ai pas perdu mes feuilles, mais sachez que mon cœur est brûlé, il sera ainsi pour toujours !
L’olivier a transmis les stigmates de cette douleur à ses fruits.
C’est ce qui explique pourquoi le cœur de l’olive est noir.
