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Le peuple des magiciens est attaqué par les hommes, les animaux et les éléments réunis...
L'histoire se passe au temps des mythes et des légendes. Quatre peuples vivent chacun sur leur continent sans jamais se mélanger. On y trouve les hommes, les magiciens, les animaux et les éléments. Sur chaque terre, un roi gouverne les habitants. Un objet de pouvoir est attribué aux souverains.
Angor voulut mettre fin à ses jours. Une avalanche le stoppa dans sa démarche et il découvrit par hasard le puissant et légendaire grimoire de la vie. Son sentiment de désespoir se transforma en haine contre les quatre peuples. Le livre magique lui procura un immense pouvoir mais seul il ne pourrait pas faire de grandes choses. Il choisit alors de former une armée en décidant de corrompre les hommes dans le but de devenir l'unique maiître des continents.
Dix ans plus tard...
Alors que le jeune magicien Aljéran est en train de chasser, il entend des cris provenant de son village. Il découvre que ses semblables sont attaqués par les hommes, les animaux et les éléments réunis...
Plongez dans le premier volet d'une saga fantasy passionnante et découvrez le monde au temps des mythes et des légendes !
EXTRAIT
— Bon…Vous êtes prêts ? demande Tévic.
— A-t-on le choix ? demande Snooky… Vas-y aide nous.
Tévic entre dans l’eau. Il se concentre et arrive à former une grosse bulle d’eau.
— Allez-y les amis, entrez à l’intérieur. Snooky et Zica ont très peur et n’osent pas s’y aventurer.
— Dépêchez-vous, je ne tiendrai pas longtemps comme ça.
— Tu es sûr que ta bulle tiendra ? demande Snooky.
— Je vais faire le maximum pour qu’elle reste intacte le plus longtemps possible.
— Bon, beh c’est parti… dit le singe peu rassuré. Les deux amis entrent dans la bulle.
Tévic les emmène sous l’eau. Il arrive à faire déplacer ses amis sans trop de difficultés. Le courant bouscule la bulle dans tous les sens. Tévic fait de son mieux pour la stabiliser. Snooky et Zica sont chahutés de gauche à droite mais ils tiennent bon.
— Je dois tenir encore un peu, nous y sommes presque…
— Vas-y, tu peux le faire, continue comme ça !!!
Il ne reste que quelques mètres avant de sortir de l’eau quand la fusion de Tévic cesse brutalement. La fusion avec un élément de l’eau est très difficile et de courte durée.
Le jeune magicien reprend son apparence normale. Il est entraîné par le courant.
A PROPOS DE L'AUTEUR
Auteur gardois,
Alexandre Benavente s'est inspiré de sa grande culture cinématographique pour écrire ce roman. Il a trouvé son inspiration dans des grands classiques tels que
Harry Potter,
Le seigneur des anneaux,
Le Hobbit... Mais
Continents reste une oeuvre unique, tout droit inspirée de sa propre imagination...
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Seitenzahl: 497
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Caché dans un arbre, Nauj, puissant magicien chasseur essaye d’apprendre sa spécialité à son jeune fils Aljéran. Ils chassent une biche qui marche dans la forêt. Aljéran prend son arc, arme une flèche et tend la corde. Il est prêt à tirer.
— Attends, attends encore, attends encore… Maintenant vas-y !!!
Aljéran décoche sa flèche et utilise son pouvoir pour la faire aller où il veut. Elle prend de la vitesse et juste au moment de toucher la biche qui devait leur servir de repas, la flèche vacille et se plante dans un arbre.
— Encore raté ! s’écrie Aljéran.
— Avec de la persévérance tu y arriveras répond Nauj
— Non, je suis sûr que je n’y arriverai jamais ! Rétorque Aljéran.
Aljéran arrête de chasser et va voir son meilleur ami Tévic.
Nauj fait partie de la caste des magiciens chasseurs. C’est un homme assez grand. Il a de longs cheveux châtains et une grande barbe. Comme tout chasseur il a toujours un couteau sur lui car une proie peut surgir à n’importe quel moment. Son regard perçant est dû à ses grands yeux marron. Il est très perfectionniste dans tout ce qu’il fait. Nauj est toujours vêtu de façon à pouvoir se fondre à tout instant dans la forêt. Il est toujours prêt à aller chasser pour sa famille ou ses amis. C’est un homme qui a le cœur sur la main. Il a beaucoup voyagé et connaît beaucoup de choses des quatre continents. Il est marié à Chanbeï. Tout cela fait de lui une personne respectée.
Chanbeï est une magicienne de la caste des guérisseuses. C’est une femme de taille moyenne avec de longs cheveux bruns. Elle a la peau du visage légèrement ridée. Très douce et très gentille, elle enseigne son savoir aux jeunes magiciens de sa caste.
Avec Nauj, ils ont beaucoup voyagé et se sont rendus sur les quatre continents ensemble. Ils ont eu de nombreuses aventures et ont rencontré beaucoup de monde. Elle a appris des choses sur le pourvoir de certaines plantes.
Ils essayent d’apprendre à leur unique fils Aljéran leurs pouvoirs respectifs afin qu’il puisse choisir la caste qui lui correspondra le mieux. Mais connaissant bien son fils, Chanbeï pense au fond d’elle-même qu’il ne choisira peut être pas la voie de l’un de ses parents.
Le peuple des magiciens est divisé en plusieurs groupes dans lesquelles chacun se répartit selon ses compétences. Chaque magicien n'a qu'une seule compétence et ne rentre que dans une seule caste. L’avantage est qu’il maîtrise parfaitement son pouvoir. Il existe de multiples castes comme celle des chasseurs, des guérisseurs, des cultivateurs, des cueilleurs, des constructeurs, etc…
Nauj retourne voir sa femme Chanbeï :
— Je n’y arriverai jamais, il ne pense qu’à s’amuser, dit-il.
— Mais si chéri, tu vas y arriver, lui répondit Chanbeï. Aljéran est jeune, il a toute sa vie devant lui. Et puis je te rappelle que tu es un puissant magicien chasseur, il voudra être plus fort que toi tu verras !
— Il faut qu’il soit armé pour affronter la vie, s’inquiète Nauj.
— Il le sera. Et puis rappelle-toi combien de dangers nous avons affronté sur les trois autres continents et c’est cela qui nous a endurcis et fait évoluer.
— Oui, tu as raison. Je me rappelle chaque détail de notre voyage. Le continent des animaux avec son peuple qui vit de tout ce que la nature lui apporte. Le paysage n’a pas été dénaturé. Il y a juste les habitations des animaux comme les nids, terriers, grottes etc... Je ne sais pas ce qu’est devenu ce peuple depuis que le roi Yaludi s’est emparé du pouvoir.
Il y a aussi le continent des éléments avec le roi Dip-Ké qui est d’une immense gentillesse. En plus, c’est le peuple le plus pacifique qui soit malgré la puissance des habitants. Il n’y a aucune habitation, le paysage est le même qu'il y a plusieurs années en arrière. Les couleurs sont magnifiques. Les océans sont d’un bleu limpide, les forêts verdoyantes, les montagnes enneigées sont pures. Je me souviens que nous étions au calme sur cette terre.
— Et te rappelles-tu du continent des hommes ? demande Chanbeï
— Bien sûr que oui. Mais il est vrai que cette île ne cesse d’évoluer avec tous ces hommes qui sont toujours à la recherche de plus de pouvoir, de conquête. Malgré tout, nous avons fait de belles rencontres. Je ne comprendrai jamais comment le roi Chellor qui est d’une cruauté sans pareille peut avoir engendré un fils aussi gentil et courageux que Dorent. Son cheval Zica, d’un blanc incomparable, ne le quitte jamais.
— Mais finalement nous sommes revenus sur notre continent des magiciens. J’aime nos forêts mystiques. Le fait que chacun ait sa spécialité fait que nous avons un peuple assez homogène. Sur ce, je dois donner un cours de magie sur la guérison à mes disciples. A tout à l’heure.
Nauj est un père de famille comblé. Sa belle et gentille femme Chanbeï lui a donné un fils unique. C’est un garçon pas trop sûr de lui mais il est en pleine adolescence alors il a le temps d’évoluer. Il a les cheveux bruns comme sa mère. Contrairement à son père, il préfère les garder courts. Il a les yeux en forme d’amande et son regard est aussi profond et intense que celui de Nauj. Tout le monde le complimente dessus. Étant donné qu’il est en pleine puberté, il n’a pas encore choisi sa caste. Il ne sait pas s’il doit choisir celle de l’un de ses parents ou carrément en prendre une autre. Il aimerait au fond de lui pouvoir faire plusieurs choses à la fois mais il sait que c’est impossible sur ce continent. Il n’y a pas de loi officielle mais c’est comme cela, c’est la coutume. Quand un enchanteur a une affinité, il choisit sa caste et évolue dans celle-ci. Il n’y a pas de cérémonie ou de remise de diplôme. Au vu de son âge, Aljéran n’est pas encore très courageux et pense plus à s’amuser et aux copains qu’à travailler. Malgré tout, il sait qu’avec ses deux parents qui sont deux grands maîtres magiciens il ne peut qu’apprendre de bonnes choses. Nauj et Chanbeï commencent à lui transmettre petit à petit leurs connaissances.
Nauj regarde autour de lui et comprend à quel point sa vie est belle et que le peuple des enchanteurs est heureux. Il admire les différentes maisons dans les arbres et se dit que beaucoup de travail a été effectué. Chaque magicien s’est construit une belle maison. À chaque fois qu’une famille doit avoir une nouvelle habitation, tout le monde vient l’aider. Les logements sont en phase avec la nature. Quand ils construisent, ils choisissent le feuillu le plus robuste et essayent de couper le moins de branches possible pour qu’il ne souffre pas. Un magicien des plantes demande d’abord grâce à son pouvoir l’accord de l’arbre. Quand il l’obtient, les magiciens constructeurs interviennent. Une maison se fond parfaitement dans la nature. Les murs ne sont pas droits comme les maisons habituelles. Ils arrivent à modeler les planches et de cette façon, les parois s’encastrent entièrement autour de l’arbre.
Il regarde aussi toutes les plantations dans la terre et tous les arbres fruitiers.
Les magiciens vivent en grande partie de leurs récoltes de fruits et de légumes qu’ils ont semés. La cueillette ne suffisant plus à donner assez de nourriture à tout le peuple, ils se sont adaptés. Les mages planteurs se sont chargés d’aller chercher les graines des plus beaux arbres fruitiers et les ont semées dans des champs préparés à les recevoir. Les magiciens paysans ont ensuite travaillé de grandes parcelles de terres afin de pouvoir planter beaucoup de légumes. Le peuple des enchanteurs arrive à s’adapter aux situations qui se présentent à eux. Les champs ont été créés sans avoir coupé un seul arbre. Ils se sont servis d’espaces où il n’y avait pas de végétation.
Bénaje, un des magiciens paysans, est une force de la nature. Sa connaissance parfaite de la terre lui permet d’avoir des récoltes abondantes. Il connaît également un peu les plantes que ce soit les médicinales ou celles qui peuvent créer des poisons très puissants. Il est très grand et a toujours les mains pleines de terre. Ses bras sont très musclés grâce son métier. Il a une grosse cicatrice sur le visage mais personne ne sait à quoi elle est due. Bénaje est un vrai travailleur. Il est d’une extrême gentillesse mais il est susceptible. Il ne cesse de vouloir faire évoluer ses champs pour nourrir son clan. Il a beaucoup d’idées pour faciliter la vie des siens. Le peuple des magiciens a beaucoup évolué grâce à lui. Tous savent que c’est un élément précieux du village.
Nauj regarde et admire Bénaje travailler la terre. Avec ses pouvoirs, il arrive à retourner de longues bandes de terre. Il faut dire que Bénaje fait partie des magiciens les plus puissants du continent. Il s’adresse à la terre qu’il travaille pendant qu’il médite et arrive à avoir de très belles récoltes années après années. Bénaje et Nauj sont amis depuis de nombreuses années. Ils se sont connus enfants. Devenu jeune adulte, Nauj a préféré partir à l’aventure avec Chanbeï. Bénaje a préféré rester sur le continent pour cultiver la terre.
Nauj décide de le rejoindre pour l’aider.
— Bonjour mon ami, alors comment se passe ton travail aujourd’hui ?
— Ah bonjour Nauj, je ne t’ai pas vu arriver. Tout se passe bien. Comme tu peux le voir, beaucoup de jeunes magiciens qui n’ont pas encore choisi leur voie sont venus m’aider. Ça me fait très plaisir et laisse présager que ma relève sera assurée ! Nous sommes en train d’installer un nouveau système pour emmener l’eau directement de la rivière au village. Avec mon système, seule une petite partie de la rivière sera détournée pour passer dans le village. Plus loin le système renverra l’eau non utilisée dans la rivière. Regarde, nous n’avons même pas eu besoin de creuser la terre. Nous avons simplement coupé plusieurs bambous en deux, puis on les a mis bout à bout. Cela forme comme un très long serpent qui part de la rivière, passe dans le village et rejoint la rivière plus loin. Qu’en penses-tu ?
— Et bien je trouve cette idée tout simplement géniale !!! Tu imagines ? Plus personne n’aura besoin de se rendre jusqu’à la rivière. Bon il est vrai que le trajet n’est pas non plus très long mais c’est le fait qu’il faille y aller tous les jours. Félicitations mon ami tu es un génie. Tu l’as dit à notre roi ?
— Non pas encore, j’attends de voir si le système fonctionne bien. Nous avons presque fini de le mettre en place. C’est quand même bizarre que nos anciens n’aient pas installé ce village près d’une rivière non ?
— Oui c’est vrai mais tu sais aussi bien que moi que lors des anciennes guerres, les chefs de village s’installaient là où ils pouvaient. Et une fois la guerre finie, ils n’allaient pas détruire toutes les maisons pour tout reconstruire quelques centaines de mètres plus loin.
— Oui c’est vrai tu as raison. Mais au fait, que me vaut ton agréable visite mon ami ?
— Je suis venu voir si tu avais besoin de moi ?
— C’est très gentil mais avec tous mes apprentis, il n’y a plus de place. Et puis toi tu sais tout faire donc il faut que je forme un peu les jeunes !!!
Bénaje et Nauj se mettent à rire ensemble.
— Bon, étant donné que tu n’as pas besoin de moi je vais essayer de former mon fils mais ça risque d’être dur.
— Ton fils est jeune et dissipé mais avec les parents qu’il a son avenir est garanti. Sois patient et tu verras. À plus tard mon ami.
— Merci c’est gentil de me dire cela et de croire en lui. À plus tard.
Nauj retourne dans le village chercher son fils. Il le voit au loin qui s’amuse à monter dans les arbres avec son ami Tévic. Il est très gentil mais il passe son temps à faire des blagues. Les deux jeunes hommes ne se séparent jamais. Nauj se rapproche discrètement pour voir ce que ces deux escrocs sont en train de préparer comme bêtise. Il se cache dans un buisson non loin de l’arbre où ils sont montés. Il les voit en train de préparer des feuilles en forme de boules étanches. À l’intérieur, ils mettent de la boue. Ils laissent les gens passer sous leur arbre et quand ils sont assez loin ils leur lancent les boules dessus. Le point positif, c’est qu’ils essayent de se servir de leur magie pour envoyer les boules sur les gens qui sont le plus loin possible.
Nauj les observe et remarque qu’ils n’arrivent pas à toucher leurs cibles. Il essaye de comprendre pourquoi. Au bout de plusieurs minutes il sort de sa cachette discrètement et se place à la base de l’arbre. Il attend que son fils envoie une boule et juste au moment où la boule va encore louper sa cible, il appelle son fils. Aljéran voit son père et sent la peur l’envahir…. Mais au loin la boule touche sa cible.
— Re-bonjour mon fils, bonjour Tévic.
— Bonjour Nauj, répond Tévic tout tremblant. Nous venons juste de nous installer et c’est notre première boule, essaye d’expliquer le jeune homme la voix tremblante…
— Oui papa, Tévic à raison. Et il n’y a que moi qu’y ait tiré une boule.
— Bien sur mes enfants, répond gentiment Nauj……DESCENDEZ TOUT DE SUITE !!! ajoute-t-il d’un ton tout-d'un-coup beaucoup plus ferme.
Les deux jeunes se précipitent en bas de l’arbre si vite que Tévic a failli tomber.
— Bon je vais être très clair car j’ai horreur que l’on me mente. On va commencer par le début : Dîtes moi depuis quand êtes-vous là et combien avez-vous tiré de boules ?
Les deux jeunes se regardent et aucun des deux ne sait quoi dire…. Aljéran se lance au bout de quelques secondes car il connaît son père et il sait qu’il ne vaut mieux pas l’énerver.
— Bon j’avoue que nous étions là depuis quelques minutes. Nous avons tiré tous les deux plusieurs boules mais je te jure que nous n’avons touché personne. Nous sommes trop nuls en précision. Tu l’as bien vu encore tout à l’heure avec la biche.
— Déjà je te remercie de m’avoir dit la vérité. En fait, je vous observe depuis quelques instants afin de voir et de comprendre comment vous alliez vous en sortir. J’ai remarqué que c’est plutôt médiocre en visée. Comme tu l’as dit vous n’avez touché personne. Mais vous aurez remarqué que la seule personne touchée c’est la dernière que tu as visé et tu l’as eue juste au moment où je suis apparu. Cela ne signifie pas que c’est parce que vous avez tiré plusieurs fois que ça a marché. Le problème c’est qu’à votre âge vous faites passer les émotions en dernier. Si tu as touché ta cible, c’est que quand tu m’as vu tu as soit été surpris, soit…….que tu as eu peur. Je te laisse choisir. Le sentiment a pris le dessus et ta magie a agi de suite vous comprenez ?
— Un peu.
— Je vous rappelle que nous sommes des magiciens. Nous puisons notre force et notre magie dans tout ce qui nous entoure mais le plus grand pourvoir vient de nos émotions. Je ne vais pas rentrer maintenant dans les détails car il est tard et que nous devons rentrer chez nous. Rentre chez toi Tévic tes parents vont commencer à s’inquiéter. Si vous le souhaitez, je vous apprendrai à maîtriser vos pouvoirs. Et à force de pratique vous deviendrez de puissants magiciens j’en suis sûr.
Tévic rentre dans son arbre avec ses parents et Aljéran et son père rejoignent Chanbeï.
Les deux amis ont-ils compris la leçon ?...
Jalet, le roi des magiciens, est un bon chef. Il est grand, blond et a une longue barbe. Ses oreilles sont percées à plusieurs endroits. Il ne porte pas d’armure pour se protéger au cas où il y aurait un problème. Il est simplement vêtu d’une tunique légère. C’est un magicien très puissant. Quand il est devenu roi, il a perdu sa caste première car quand on est roi on doit savoir tout faire. Son avis est requis à tous les niveaux et dans tous les domaines. Il porte autour du cou un talisman qui lui prodigue le pouvoir d’augmenter sa magie. Une émeraude est incrustée dans de l’or. L’objet a la forme d’un losange. À l’intérieur de la pierre transparente se trouve une petite feuille d’olivier. Cet objet fait de lui le roi. Son talisman fait partie des quatre objets de pouvoirs que possèdent chacun des seigneurs sur leur propre continent.
Tout son peuple pense qu’il est un roi très généreux et très à l’écoute de chacun. Ses disciples savent très bien qu’au moindre souci ils peuvent aller le voir pour en parler. Jalet trouvera toujours une solution.
C’est lui qui a rendu le peuple des magiciens aussi solidaire. Toute son organisation est basée sur l’entraide. C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’a pas formé beaucoup de magiciens guerriers. Il ne veut pas aller voir ce qu’il se passe sur les autres continents et ne veut pas que les habitants des autres continents viennent le voir. Il n’est pas très ouvert sur le monde. Il sait que sa société fonctionne très bien comme cela et il ne veut pas que cela change. Malheureusement pour lui, il est veuf. Sa femme est morte il y a quelques années suite à un accident. Lors de la construction d’une maison, elle travaillait la terre sous l’arbre quand une branche s’est cassée brusquement et l’a écrasé.
Jalet est aussi le père d' Adricord, un jeune homme en pleine adolescence.
Adricord suit son paternel partout. En apparence, il ne s’intéresse à rien ni à personne. Il sait qu’il sera au pouvoir quand son parent ne sera plus là. Son caractère négatif est aussi dû au fait que sa mère est morte alors qu’il n’était qu’un enfant. Il est assez chétif et a les cheveux blonds comme son père. On ne sait pas si c’est le fait qu’il ne soit pas très fort comme son paternel qui fait qu’il ait ce caractère désobligeant. Jalet est persuadé qu’au fond de lui il a un grand cœur et qu’un jour il sera un grand roi et un puissant mage.
Le seigneur se promène dans les rues de sa ville et Adricord le suit. Tout le monde vient saluer le bon roi. Celui-ci répond avec de grands gestes de la main. Il a toujours un petit mot pour chacun. Les gens vont aussi saluer le jeune prince mais celui-ci les rejette tous.
— Adricord voyons !!!! je te rappelle que ces enchanteurs font partie de ton peuple alors respecte les.
— Je sais papa, je les respecte mais je n’aime pas le contact avec tous ces gens.
— Comment ça tu n’aimes pas le contact avec les gens ??? Tu es destiné à être roi tu te souviens ? Tu verras des gens tous les jours du matin au soir et ce, toute ta vie. Si tu n’aimes pas tes concitoyens ils te le rendront. Tu sais, c’est comme cela que ça marche. Si tu es bon avec le peuple, il te le rendra cent fois. Par contre si tu es un tyran ou si tu les maltraites, ils attendront la première occasion pour te le faire payer. Pourquoi crois-tu que je n’ai pas d’armure ???
— Je ne sais pas père.
— C’est simplement parce que je sais que je ne risque rien au sein de mon propre peuple. Une armure ne me servirait à rien. Chaque citoyen sait qu’il peut venir me voir sans crainte ni angoisse. Bien sûr mes gardes ne sont jamais très loin. Mais c’est normal car je suis le roi et il y a toujours des dangers pour moi. Je vois bien comment tu te comportes dans mon dos. Beaucoup de personnes viennent me le dire tu sais. Tu ne peux pas continuer comme cela sinon ils vont te détester.
— Je pense que j’en veux au peuple d’avoir laissé mourir ma mère lors de son accident…
— Comme tu l’as très bien dit c’était un accident ! Que voulais-tu faire ?? Que je fasse pendre tous les magiciens qui travaillaient sur le chantier ce jour-là ?? Cela n’aurait servi à rien. Je te rappelle que c’est une branche qui a cassé. Nous ne sommes pas à l’intérieur des arbres et nous ne pouvons pas savoir si une branche va tenir ou craquer. En plus ce jour-là tout le monde a eu les réflexes qu’il fallait. C’est même la grande Chanbeï qui est venue voir ta mère en personne pour essayer de la soigner. Malheureusement la branche avait fait trop de dégâts à l’intérieur de son corps. Si elle avait pu être sauvée, Chanbeï aurait réussi ce miracle. C’est la plus expérimentée des magiciennes guérisseuses.
— Je le sais très bien père dit Adricord d’un air triste. Mais elle me manque…. Tu m’élèves très bien mais l’amour d’une mère est impossible à remplacer et je ressens au fond de moi un grand vide.
— Je te comprends mon fils.
Jalet serre son fils très fortement dans ses bras. Adricord est surpris car son père est très démonstratif envers son peuple mais très peu avec lui. Le jeune magicien resserre encore plus l’étreinte et ressent que l’amour de son père lui fait du bien. Suite à cet enlacement, il se sent grandir mais n’arrive pas à comprendre ce qu’il se passe.
— Je me rends compte que je prends soin de mon peuple mais que je t’ai un peu oublié depuis ce tragique accident. Je m’en excuse et je vais rectifier mon erreur. Je vais passer plus de temps avec toi et te montrer comment t’occuper du peuple et comment gouverner. Cela te convient-il mon fils ?
— Oh oui père j’en serai heureux et fier !!! répond-il. Et son visage s’illumina
— Alors première leçon : Va jouer avec les enfants de ton âge.
— D’accord papa, j’y vais.
Jalet envoie deux gardes le surveiller et le protéger si besoin est. On n’est jamais trop prudent avec ses enfants. Il sent une main se poser sur son épaule droite. Il se retourne et :
— Nauj mon fidèle ami comment vas-tu ?
— Très bien mon roi, merci.
— Arrête avec « mon roi » quand on est tous les deux tu le sais très bien !!!
Les deux hommes rient car ils se connaissent depuis l’enfance. Ils étaient, avec Bénaje, soudés comme les doigts de la main.
— Que penses-tu de mon fils Nauj ? Je m’inquiète pour lui, j’ai l’impression qu’il n’arrive pas à faire le deuil de sa mère.
— Il est jeune tu sais. De grandes responsabilités vont lui incomber quand il sera un homme. Le deuil, il le fera. Mais, à son âge, il a plus envie de faire sa vie et d’avoir des amis mais il est vrai que son caractère ombrageux fait fuir les autres. J’ai entendu les conseils que tu lui as prodigués et, s’il les écoute, il sera un très grand roi. Personnellement quand je le regarde j’essaye de voir plus loin dans ses yeux et je vois une grande et belle personne. Il est en pleine crise d’adolescence et il a perdu l'un de ses deux êtres les plus chers. Ta femme était l'un de ses piliers. Ça doit être très dur pour son âge mais je ne m’inquiète pas pour lui.
— J’espère que tu as raison mon ami. J’ai déjà perdu sa mère et, si un jour je devais m’éteindre avant mon heure, je ne sais pas s’il saurait gouverner et être juste. Heureusement je sais qu’il y a des anciens comme toi ou ta femme Chanbeï pour bien l’aiguiller.
— Nous ne sommes pas seuls à vouloir l’aider tu sais. Et puis c’est pour son bien mais aussi pour le nôtre car s’il est un roi injuste c’est nous le peuple qui en serons les premiers punis. Les deux hommes éclatent de rire.
— Je ne me fais pas de soucis pour vous. Vous avez beaucoup de caractère et vous êtes respectés des magiciens. J’imagine mon fils tenter de commander Bénaje. Ah ah ah
Les deux hommes se regardent et savent que si Adricord espère commander un jour le magicien paysan, il aura intérêt à y mettre les formes car il a un très fort caractère.
— En parlant de Bénaje, il est venu te voir ?
— Non, pourquoi ?
— Tu vas voir, il a inventé une super machine qui va nous simplifier la vie mais je ne t’en dit pas plus. Je te dis juste que cela va provoquer un grand soulagement pour beaucoup de magiciens et beaucoup de confort à notre peuple, tu verras.
— Ça tombe bien que tu me dises cela car je devais aller le voir aujourd’hui. Je m’y rends de ce pas. À bientôt mon ami.
— À bientôt et prend bien soin de ton fils.
Jalet se rend à pas lents chez le magicien paysan. Sur le chemin il repense à son enfance avec Nauj et Bénaje. Ils étaient toujours en train de faire des blagues aux autres. Les anciens devenaient fous avec ce trio. Il se dit que l’enfance est une période douce, sans autre contrainte que d’apprendre et se perfectionner dans sa caste.
Sur sa route, il croise Manent son bras droit. C’est le conseiller du roi. Manent est un personnage assez sombre. Son seul but est de pratiquer la magie pour obtenir de plus en plus de pouvoir. Quand Jalet a reçu le talisman qui l’a fait roi, Manent était jaloux, Il aurait aimé l’obtenir ce qui lui aurait conféré une puissance magique beaucoup plus importante.
Il est toujours vêtu de noir. Sa longue barbe est grise, tout comme ses longues tuniques. Il ne cesse de répéter à son roi que le peuple doit s’armer pour se défendre car le monde change et une attaque peut survenir à n’importe quel moment. Il ajoute qu’il n’y a pas assez de guerriers pour un puissant peuple comme celui des magiciens. Malheureusement pour Manent, Jalet est non violent et refuse de l’écouter.
Le souverain continue sa route et arrive sur l’immense chantier. Il voit son ami non loin, entouré de ses disciples. Il décide de s’approcher.
— Bonjour mon ami
— Ah, bien le bonjour mon bon roi. Que me vaut l’honneur de votre présence sur mon chantier ?
Le seigneur sourit :
— À ton avis mon brave ? J’ai entendu parler de ton invention révolutionnaire par quelqu’un que tu as convaincu et qui t’est très reconnaissant de tes inventions.
— Sacré Nauj ! Je savais qu’il allait tout te dire, répond Bénaje avec un sourire au coin des lèvres.
— Tu sais très bien qu’il est particulièrement admiratif de ton travail.
— Moi aussi je suis très admiratif de sa faculté à chasser aussi bien. Il a toujours été le meilleur.
— En toute modestie, je pense que chacun d’entre nous a été le meilleur dans sa propre caste. C’est d’ailleurs pour cela que nous étions inséparables enfants non ?
— Oui c’est vrai, tu as probablement raison.
— Alors, explique-moi ce chef d’œuvre.
— En gros, c’est un système de tuyau pour transporter l’eau de la rivière jusqu’ici.
— C’est très ingénieux et ça va alléger considérablement la charge de travail journalier de chacun mon ami. Je te félicite. Jalet analyse l’invention. Ce système de bambous coupés en deux et mis bouts à bouts est très performant. Il faut beaucoup de bambous mais ça marchera. De plus, ils partiront en amont de la rivière, traverseront le village et rejoindront la rivière en aval. Ainsi il n’y aura aucun problème de débordement.
— Mais, je pense a quelque chose... on pourra aussi s’en servir pour arroser les champs non ?
— Et oui, en fait, c’était mon idée première. Étant donné que je suis magicien paysan j’ai tout d’abord pensé à l’irrigation des champs car il faut une énorme quantité d'eau par jour pour permettre à nos cultures de pousser. Mais avec ce système de déviation, nous pourrons également donner en fournir aux habitants.
— Excellent travail mon ami, je te félicite encore. Quand pourrons-nous tester ton invention ?
— J’allais le faire ! Tu veux voir ?
— Avec plaisir s’écrie Jalet avec enthousiasme.
Bénaje vérifie que tous les bambous soient bien accrochés les uns aux autres. Il lâche le premier qui va faire s’engouffrer l’eau dans ce « serpent ».
Elle coule doucement dans le bambou, se dirige vers les champs et se déverse dans les rangées de légumes par les trous que Bénaje avait déjà percés sur certains bambous. Une fois les rangées pleines d’eau, celle-ci se dirige naturellement vers le bas des terres pour rejoindre la rivière. Le trajet de l’eau est parfait!! Elle passe bien dans les bambous qui sont dans le village et pour finir elle se déverse à nouveau dans la rivière plus bas.
— C’est extraordinaire, s’écrient tous les magiciens, les yeux pleins de larmes.
Bénaje ne sait pas quoi dire. Il est félicité de toutes parts. Jalet prend la parole et s’exprime à voix haute.
— Aujourd’hui est un grand jour. C’est une grande victoire pour notre peuple. Grâce à toi nous n’aurons quasiment plus besoin de nous rendre à la rivière. Nos champs seront largement irrigués et nous ne manquerons jamais d’eau. Je propose que nous fassions une grande fête en l’honneur du héros du jour. Nous nous rappellerons de cette invention et nos petits enfants se souviendront de ton nom Bénaje.
Tous les enchanteurs apportent des verres et se servent de l’eau qui afflue sans cesse.
En regardant autour de lui, Jalet voit Snooky, son singe disciple. Il est parti de son continent des animaux car il souhaitait apprendre la magie. Snooky est un jeune gorille. Il est recouvert de poils bruns. Avec sa sagesse, il apprend très vite à chasser comme un magicien. Jalet, son mentor, a décidé de lui attribuer un pouvoir mais comme c’est un animal il n’a pas pu obtenir un des pouvoirs classique des magiciens comme celui de la chasse, de la guérison, de la manipulation, de la terre ou bien d’autre. La force que le souverain lui envoya se transforma et Snooky pu désormais lire dans les pensées au contact des personnes. Excellent disciple et chasseur, il sait se servir d’une arme qui lance des flèches ou des projectiles aussi bien avec ses mains qu’avec ses pieds.
Jalet regarde Snooky au loin qui tente de chasser un cerf à l’aide d’un arc. Il arme son tir mais, au dernier moment, le cerf l'entend et s’enfuit en courant. Le gorille essaye de le rattraper en sautant d’arbre en arbre, mais il ne peut viser et se déplacer en même temps. Il décide de se déplacer à l’aide de ses bras de branche en branche et prend l’arc avec ses pieds pour viser le cerf. Au bout de quelques secondes, il envoie une flèche de toutes ses forces.
— En plein cœur !!! s’écrie Snooky fier de lui
Jalet décide de le rejoindre.
— Tu as fait d’énormes progrès mon cher disciple.
— C’est grâce à vous majesté. Tout ce que j’ai appris c’est vous qui me l’avez enseigné.
— Il faut dire que tu es un très bon élève, très attentif et que tu t’entraînes beaucoup.
— Merci c’est gentil, ça me flatte.
— Continue comme ça et tu deviendras encore plus fort ! Jalet continue tranquillement sa tournée.
La vie restera-t-elle encore longtemps aussi paisible ?...
10 ans plus tard…
— Lanoa dépêche toi tu vas manquer tes cours !
— Bonjour papa. Ne t’inquiète pas je suis prête. J’y vais. Tu sais que demain cela fera deux ans que maman est montée au ciel ?
— Oui, je sais, dit-il tristement. Allez bonne journée mon cœur.
Lanoa est une jeune fille de sept ans. Elle est le reflet de sa mère. Fine et grande pour son âge, elle a les cheveux bruns et mi-longs. Elle a hérité du regard profond et mystérieux de son père Aljéran. Elle a obtenu la gentillesse de sa mère et a l’air de se plaire dans la caste des guérisseurs.
Aljéran repense à sa rencontre avec Adora, son épouse décédée. C’était une très belle femme aux cheveux bruns et courts. Elle était très simple et avait le cœur sur la main. Il se souvient de tous les moments heureux qu’ils ont passé ensemble, du jour où Lanoa est née. Il se rappelle également de l’accident dans lequel elle a perdu la vie : Aljéran et Adora étaient partis faire une balade en barque. Arrivés près des chutes, le courant les avait entraîné. Le jeune magicien n’arrivait pas à arrêter le bateau. Les deux amoureux se jetèrent alors à l’eau et se tenaient pour ne pas couler. Ils étaient attirés malgré eux vers les falaises. Aljéran été arrivé à s’accrocher à une branche et tenait la main d' Adora. Le courant était trop fort. Après plusieurs minutes de combat pour ne pas lâcher, Adora préféra lâcher la main d' Aljéran pour ne pas qu’ils tombent tous les deux. Son corps disparut dans les remous des chutes. Le mage sortit tant bien que mal de l’eau et descendit au plus vite. Après quelques minutes, il retrouva son corps inanimé de sa chère et tendre sur la rive. Il tenta alors de se rappeler des cours de guérisseur que sa mère avait voulu lui inculquer, mais rien ne lui revint. Il essaya d’utiliser tous les sorts qu’il connaissait mais se rendit vite compte qu’à cause de son manque de sérieux pendant les cours, il ne pouvait pas sauver sa femme.
Depuis ce jour-là, Aljéran s’est promis d’apprendre et de maîtriser un maximum de techniques et de sorts que possèdent les magiciens de son continent.
Désormais seul à élever sa fille, il ne veut rien manquer de son éducation magique.
Une fois Lanoa partie à son cours de guérison, Aljéran se rend dans le village et constate toutes les améliorations qu’il y a eu en 10 ans.
Bénaje a décidé de remplacer ses bambous par des arbres plus gros et plus robustes. De cette façon, les habitants peuvent prendre de l’eau directement avec des sceaux. Les bambous, trop petit, ne permettaient pas cela. L’installation est beaucoup plus solide et tiendra beaucoup plus longtemps.
Des passerelles ont été installées dans les arbres, permettant de se déplacer directement d’habitation en habitation. Plus besoin de descendre des arbres pour les plus jeunes.
La forêt est devenue plus verte et plus grande qu’avant. Aljéran voit son père Nauj et décide d’aller lui parler.
— Bonjour père, comment allez-vous ?
— Bonjour mon fils ça va très bien. Comment allez-vous avez Lanoa ? Où est-elle d’ailleurs ?
— Ça va très bien. Elle s’est rendue à ses cours de magie. Contrairement à moi, elle est très contente de s’y rendre !!! Père et fils rient
— Tu sais aussi bien que moi que tu as toujours eu des facilités avec la magie. Tu apprends très vite et ta réserve de magie est importante. De plus, tu es devenu un très bon chasseur, sûrement meilleur que ton vieux père !!!
— Merci de tous ces compliments, mais je suis loin de te surpasser à la chasse. Et puis tout ce que je sais me vient de toi. Dis-moi, j’aimerais savoir pourquoi le roi Jalet ne s’est jamais intéressé aux autres continents ?
— À vrai dire, je n’en sais rien.
— L’autre jour je me demandais comment ferait-on si nous étions attaqués par l’un des trois autres peuples ? Quelles sont nos défenses ?
— Notre roi ne s’est jamais posé ce genre de question et pourtant crois-moi qu’avec Bénaje ce n’est pas faute de lui avoir demandé. Nous n’avons jamais compris pourquoi il n’a jamais voulu en parler. Mais tu sais, notre seigneur est contre la violence. C’est aussi l’une des raisons qui fait qu’il ne porte pas d’armure. Comme je te l'ai déjà dit en te racontant les histoires que l’on a vécu avec ta mère, tu sais très bien que certains habitants des autres continents, comme celui des hommes, sont assoiffés de conquête. C’est pourquoi je me suis mis à la chasse : pour pouvoir vous défendre en cas de besoin. Concernant nos défenses, tu as bien pu voir lors de tes séjours en forêt qu’elles sont quasi inexistantes. Le roi ne veut faire aucune fortification autour du continent et n’a voulu former que très peu de guerrier. Où vas-tu mon fils ?
— Je vais chasser.
— Bon courage alors, à tout à l’heure.
Aljéran se rend dans la forêt à la recherche de gibier. Au bout de plusieurs minutes, il voit un gros cerf. Il se cache dans un arbre. Discrètement il sort une flèche qu’il a lui-même fabriquée. Il l’accroche à son arc et tend la corde au maximum. Il se concentre, se rappelle les conseils de son père et décoche une flèche. Elle arrive près de la cible et c’est alors qu' Aljéran se sert de ses pouvoirs pour lui faire prendre de la vitesse et modifier sa trajectoire pour l'envoyer en plein dans le cœur de l’animal ! Le jeune mage va chercher sa bête tranquillement, fier de lui.
— Qui aurait cru que je devienne un chasseur aussi bon que mon père se dit-il. En tout cas, nous aurons à manger pour ce soir. Allez, il faut rentrer.
Au moment de charger la bête sur ses épaules, il voit au loin des oiseaux s'envoler sans raison apparente. Il sait qu’il y a un problème. Il ressent comme un malaise en lui et dans la forêt, il y a un silence de mort.
— Il se passe quelque chose de bizarre !!! Je sens qu’il y a des mauvaises forces et des esprits sombres près du village. Je ne connais pas ce genre de pouvoir, qu’est-ce que ça peut bien être ?
Tout à coup il entend de grands bruits. Il regarde vers le ciel et voit que des lumières rouges brillent.
— Mais … c’est le signal d’alarme du royaume !!!
L’enchanteur se précipite vers son village à toute allure. Plus il se rapproche plus il voit des scènes de guerre et de combats. Il y a des humains partout. C’est la première fois qu’ Aljéran voit autant d’hommes sur son continent. Il croit distinguer au loin des animaux et des éléments. Il n’avait jamais vu des éléments d’aussi près. Des humains chevauchent des loups, des chevaux, et même des ours. Dans le ciel, on aperçoit des vautours, des chauves-souris et d’autres animaux volants en train d’envoyer des flèches et des lances sur les magiciens au sol.
Des arbres immenses et des rochers bougent et attaquent les habitants. À la seule puissance de leurs branches, les arbres arrivent à terrasser plusieurs magiciens d'un coup. Mais étant donné leur maladresse, ils tapent également des humains. Les rochers envoient des blocs de pierre fracassant le peu de défenses des magiciens qui ne sont pas habitués à se battre et encore moins à la guerre.
— Mais que se passe-t-il ???? demande Aljéran à voix haute Deux hommes se rapprochent de lui avec des épées et veulent le tuer. Aljéran est obligé de se défendre et propulse les deux hommes contre des arbres. Il n’a qu’une idée en tête : retrouver sa fille.
— Lanoa !!! Lanoa !!! Où es-tu ???
Il se rend sur les lieux où elle était censée recevoir ses cours mais ne la trouve pas. En cherchant sa fille, il comprend que son continent est attaqué. Mais le plus curieux est que les assaillants sont des hommes accompagnés d’animaux et d’éléments ! Il voit que les habitants des trois autres continents se sont ligués contre son peuple. Le combat est acharné. N’ayant pas d’armée, les habitants se défendent comme ils peuvent. Ils savent que les seules armes qu’ils ont sont des outils. Les assaillants ont des épées, des haches, des arcs et tous sont équipés de lourdes armures fabriquées pour la guerre. Les magiciens se défendent du mieux qu’ils peuvent. Tous ceux qui ont un pouvoir élevé arrivent à contenir l’attaque. Les paysans jettent des sorts rendant le sol meuble, emprisonnant beaucoup de soldats ennemis. Les chasseurs envoient des projectiles enflammés à longues portée, arrivant à toucher les éléments arbres qui se sont associés aux humains. Certains magiciens assemblent leur pouvoir pour former des remparts de terre autour de leur royaume.
Une barrière est formée au plus près de la ville. Beaucoup de magiciens se sont enfermés à l’intérieur mais ils savent très bien que la protection ne tiendra pas longtemps.
Personne ne comprend ce qu’il se passe. Tous se demandent pourquoi les habitants des continents des hommes, des animaux et des éléments se sont ligués contre le peuple des magiciens.
— Pourquoi nous ? demande une villageoise, nous sommes un peuple pacifique. Nous n’avons jamais fait la guerre aux autres et ne voulons de mal à personne. Pourquoi nous attaquer, nous restons dans notre coin mais malgré cela tous les peuples s’en prennent à nous.
— Ce n’est plus l’heure de réfléchir, répond un guerrier. Défendons-nous et restons auprès de notre roi. Nous devons d’abord sauver nos femmes et nos enfants afin qu’ils puissent reconstruire notre continent au cas où nous ne survivions pas.
Grâce à son talisman, Jalet, le roi des magiciens, arrive à détruire beaucoup d’ennemis. C’est un objet de pouvoir qui décuple sa magie. Il se rend compte au fur et à mesure que des magiciens ont rejoint les assaillants. Il reconnaît les disciples de plusieurs grands mages qui les ont formés à leurs spécificités. Ces jeunes sorciers n’avaient vraiment pas l’air d’avoir envie de faire le mal mais ils s’attaquent malgré tout à leurs semblables aujourd'hui. Jalet se dit que ce n’est pas possible et qu’ils ont dû être envoûtés. Il s’adresse à eux
— Mes amis, pourquoi faites-vous cela ? Pourquoi trahir votre peuple ?
— Réveille-toi Jalet, tu es tellement obsédé par le fait de vouloir que notre peuple se referme sur lui-même que tu n’as pas vu que le monde évoluait. Les trois autres continents ont été modifiés. Les rois qui les gouvernent ont aussi changé. Et si tu t’étais ouvert au monde tu te serais rendu compte qu’il y a un nouveau roi des rois. Une personne a retrouvé le grimoire de la vie et s’en sert pour conquérir les quatre continents.
Jalet, fatigué, repousse une vague d’ennemis et se réfugie dans la salle du trône.
Aljéran arrive vers le palais. Il envoie plusieurs sorts sur ses assaillants. Il voit Jalet et décide de retrouver son souverain.
Le roi est entouré par Manent, son bras droit, et Aljéran. Il est choqué et anéanti par la trahison de certains sorciers. Il s’assoit sur son trône pour reprendre son souffle. Aljéran se met devant lui pour le protéger et Manent se place derrière le trône. Des bruits retentissent de partout. On entend la guerre dehors et beaucoup de magiciens crier. La terre tremble sous les pas des gigantesques éléments.
— Mais que nous veulent-ils ? demande le roi
— Je n’en sais rien mais j’espère que nous allons parvenir à les contrer, dit le jeune chasseur
— Attention Aljéran, regarde devant toi, ils vont arriver, ordonne Manent.
— Oui tu as raison, je vais me concentrer pour former un sort assez puissant pour que nous puissions vous évacuer dans un lieu sûr.
— Bonne idée
Aljéran s’est mis en face de l’ouverture des portes. Il tourne le dos à ses amis. Manent se rapproche du roi. Il se met à son niveau. Discrètement, il sort un poignard de sa manche, arme son bras et, avec des coups secs, poignarde le roi dans le ventre à plusieurs reprises. Jalet s’écroule au sol, ne comprenant pas ce qu’il se passe et, surtout, ce que vient de faire Manent.
— Pourquoi ?
— J’ai des ambitions. Être ton simple bras droit ne me suffit plus. Je veux être le roi d’un ou plusieurs continents. Si vous aviez été plus attentifs, vous auriez vu qu’Angor est devenu roi des rois et que, grâce au grimoire de la vie, il est imbattable. C’est le maître absolu !!!
Aljéran, concentré sur la porte devant lui, entend son roi soupirer. Il se retourne et le voit au sol le ventre en sang et une énorme flaque rouge tout autour de lui. Il comprend immédiatement ce qu’il vient de se passer. Manent lui tournant le dos, Aljéran lui envoie le sort le plus puissant qu’il connaisse et le propulse contre un mur.
— Mon roi, tenez bon, je vais vous emmener. Je vous soignerai et on reviendra plus forts et plus préparés pour affronter ces traîtres !!!
— Non ! c’est trop tard pour moi.
Jalet agonise lentement, il a du mal à respirer. Il pense à son fils à qui il aurait aimé dire adieu. Mais il comprend qu’il n’en aura ni le temps ni la force. Il sait qu’il peut compter sur Aljéran, qu’il considère comme un deuxième fils. Le roi tousse de plus en plus et sa vue se trouble. Sa fin est toute proche. Il doit prendre une décision rapidement concernant son talisman car, s’il tombe entre les mains de Manent, ce dernier pourrait faire beaucoup de mal.
— Approche ton visage Aljéran, je ne peux pas parler fort. Mon petit, je te connais depuis ta plus tendre enfance. Avec ton père Nauj et Bénaje nous formions un trio inséparable. Je sais que ton père t’a très bien élevé. Tu as un grand destin devant toi et aujourd’hui est le jour où tu dois prendre les bonnes décisions. Si tu veux devenir un grand magicien écoute moi bien car ce que je vais te dire est très important. Prends mon talisman. Il a un énorme pouvoir. Tant que tu le porteras, tes pouvoirs se développeront plus vite. Si tu te concentres bien et si tu fais ce que t’as appris ton père, le talisman te rendra presque invincible. Je n’ai pas le temps de t’expliquer comment faire pour que tes pouvoirs augmentent grâce à lui. Va voir le sage qui est dans la forêt, il t’expliquera l’histoire des quatre éléments et du grimoire de la vie. Je te fais confiance, je suis désolé de te mettre toute cette pression mais le destin du peuple des magiciens repose sur tes épaules. Je m’en veux tellement de ne pas avoir écouté ton père et Bénaje concernant nos défenses…Dis à mon fils que je l’aime et qu’il deviendra un grand roi j’en suis certain…Adieu
— Attendez mon roi, je dois essayer de vous guérir. Je suis sûr que je peux y arriver.
Le jeune mage regarde s’il voit Adricord afin qu’il vienne dire adieu à son père.
— Où es-tu ??? Attendez-moi ici mon seigneur je reviens. Le chasseur regarde son roi mais s’aperçoit qu’il ne bouge plus.
— Mais comment vais-je faire ? je suis seul…
Il ne sait plus quoi faire ou dire. Il est choqué de voir son roi mort dans ses bras.
Aljéran va-t-il réussir à se servir du talisman et délivrer son peuple ?...
Le roi des magiciens ferme les yeux pour ne plus jamais les ouvrir. Aljéran n’a pas le temps d’avoir de sentiments. Il prend le talisman que Jalet a autour du coup accroché à une chaîne en or et le passe autour du sien. Une lumière sort du talisman. Elle fait se déplacer la pierre et l’accroche au niveau de son cœur. L’objet de pouvoir n’est pas visible des autres personnes car il est bien dissimulé sous son habit. Il sait désormais que son peuple compte sur lui. Il entend encore le bruit des combats au dehors et la lutte des magiciens pour rester en vie.
Tout à coup, il repense à sa fille qu’il n’a toujours pas retrouvé. Il voit Manent qui commence à se relever.
Aljéran quitte la salle du trône et retourne se battre. Il va dans l’arbre de ses parents et voit sa mère, allongée au sol, inanimée.
— Mère !!!
Il se précipite auprès d’elle mais elle ne bouge plus. Il prend son pouls mais ne ressens aucun battement de cœur.
— Oh non ce n’est pas possible !!! Réveille-toi !!!
Il essaye de la réanimer, usant de magie. Il se concentre et envoie une petite boule d’énergie directement dans la poitrine de Chanbeï, mais toujours rien. Il décide de l’ausculter et, en la retournant, il voit qu’elle a reçu trois longues flèches dans le dos.
— Ce ne sont pas des flèches de magiciens, elles sont trop grosses et trop lourdes.
Il sait qu’elle a dû se battre comme une lionne avant d’être tuée. Il comprend qu’il ne pourra pas la ramener à la vie.
Il regarde alors dehors et voit son père en train de se battre contre trois éléments de roche et plusieurs animaux. Il se précipite à son secours.
— Tenez bon, j’arrive père !
— Non laisse-moi, va t’en ! va récupérer Lanoa
— Il est hors de question que je vous laisse. Prenez ça !
Le jeune mage donne un puissant coup avec son arc à un soldat humain et l’assomme. Le père et le fils se battent côte à côte. Heureusement, les éléments sont de taille moyenne, donc à la portée des deux magiciens.
— Il faut unir nos forces, dit Nauj. Fais comme moi
Ils créent un puissant vent qui envoie les animaux sur les rochers. Nauj arrache une grande branche d’un arbre et l’envoie sur un roc, le coupant en deux. Des animaux viennent attaquer Aljéran.
— Vous ne m’aurez pas aussi facilement.
Il crée un trou dans la terre, emprisonnant les bêtes.
Aljéran voit au loin que sa fille a été capturée mais qu’elle est vivante. Père et fils se précipitent pour la libérer mais il y a des ennemis partout, au sol et dans les airs. Les attaquants sont beaucoup plus nombreux que les défenseurs.
Sur le champ de bataille, Nauj voit que Chellor le roi des hommes est présent en personne. Son égoïsme et sa rancœur l'ont laissé sans véritable ami. C’est un être méchant qui ne gouverne que grâce au pouvoir que lui confère l’épée. Il soumet tous les peuples les uns après les autres et dirige d’une main de fer. Il a une grande cicatrice sur le visage, qui lui a été infligée par ses propres parents qui l’on battu toute son enfance. Chellor trouve que cette cicatrice le rend vraiment affreux à regarder. Lorsqu'il passe devant une glace et qu’il a le malheur de se voir, il se venge de toute sa rage sur les innocents à portée. Il est toujours vêtu de sa grande armure vert foncé. Il sait qu’il ne peut avoir confiance en personne, même dans son peuple. Il a deux fils, Dorent et Beved.
Pendant l’assaut, il est accompagné par Jerlot, son bras droit. Avide de pouvoir, il veut succéder au roi. Jerlot a pour projet d'assassiner en secret la descendance royale. Il est très intelligent et essaye à chaque mission qui lui est confiée de provoquer la mort des deux princes. Jerlot n’est pas taillé pour la guerre car il est assez mince. Il n’est pas vieux mais ses longs cheveux blancs font que ses ennemis le prennent pour un sage. Ils ne se doutent pas qu’il soit sournois et vicieux. Quand il s’adresse aux personnes, il a toujours la tête légèrement penchée sur la droite avec un léger sourire en coin.
Jerlot les voit au loin et il décide de s’en prendre à Aljéran.
— Attaquez tous le jeune mage !
Plusieurs guerriers humains se ruent sur le chasseur et ils arrivent à le capturer. Nauj, voyant cela, revient sur ses pas et tente de le libérer.
— J’arrive mon fils !
Manent, remis du coup que lui a asséné Aljéran, arrive grâce à ses pouvoirs à immobiliser Nauj.
— Calme-toi Nauj, ne bouge pas. C’est moi le plus fort alors c’est moi qui décide.
Manent s’approche de lui et ne lui laisse pas le choix. Il lui impose de le servir et d’entrer dans son armée.
— Regarde autour de toi mon ami. Le peuple des magiciens est tombé. Notre seigneur est mort. Un nouveau roi des rois est au pouvoir. Sa puissance est illimitée car il a trouvé il y a quelques années le grimoire de la vie. Regarde, les habitants des trois autres continents se sont ligués contre nous. Nous n’avons plus le choix. : nous ranger dans leur camp ou mourir. Tu sais aussi bien que moi que si cet idiot de Jalet nous avait écoutés jadis, nous aurions eu plus de magiciens guerriers et nous aurions aujourd’hui des défenses dignes de ce nom. Nous nous sommes fait écraser.
— Plutôt mourir !!! Comment as-tu pu trahir ton peuple. Tout le monde te faisait confiance, tu étais le bras droit du roi, son conseiller !!! Nous sommes un peuple pacifique alors pourquoi former des guerriers ??? Tu peux encore faire machine arrière Manent. Tu es un magicien très puissant alors délivre moi et combattons ! Ensemble nous pouvons sauver (une grande partie de) notre peuple.
— Ah ah ah ah !!!!
Manent éclate de rire. Il regarde Nauj dans les yeux.
— Mon peuple ? mais qui est mon peuple ? Qui sont mes amis ? Aujourd’hui il ne faut plus réfléchir sur un seul continent mais sur plusieurs et même au-delà. J’ai de grandes ambitions Nauj. Je sais que Angor, le roi des rois aura besoin d’un conseiller et je sais qu’avec la puissance de ma magie et mon expérience il me choisira. Il sait très bien qu’avec un puissant magicien à ses côtés, il sera invincible. Désolé mon ami mais maintenant tu dois faire un choix. Rejoins-moi et tu seras mon second. Nous gouvernerons sur une grande partie des continents ensemble et nous formerons un monde à notre image. Ta femme Chanbeï est morte, alors pense à ton fils et à ta petite fille. Choisis !
— Je suis désolé Manent mais jamais je ne pourrai trahir mon peuple. Je refuse ta proposition, je préfère mourir.
— Réfléchis bien, j’aurais besoin d’un meneur d’homme de ta trempe
— JAMAIS !!! Je ne t’aiderai pas dans ta trahison !!! Notre peuple a subi une défaite mais tous ceux qui sont restés en vie ont en eux un espoir immense. C’est peut-être la fin pour moi mais je sais que nous nous relèverons et tu t’en mordras les doigts. Je fais confiance en mes semblables.
Chellor qui a entendu la discussion mouvementée et sans fin entre les deux magiciens décide alors de sortir son épée de pouvoir. Il se place derrière Nauj, que Manent a fait agenouiller grâce à son pouvoir. Il lève son épée. D’un coup sec et sans pitié, il lui assène le coup de grâce.
— Nooooooooon crie Aljéran !!!!!! qui s’écroule a genou. Le jeune magicien voit l’horrible scène puis il est enchaîné et transporté dans le centre du village. Il commence à réaliser que son peuple a été trahi par Manent et plusieurs autres sorciers. Il se dit aussi que ses deux parents se sont fait tuer et qu’il ne lui reste que sa fille. Mais, avec le nombre des adversaires, il ne sait pas comment réussir à la protéger. Le plus important, c’est qu’elle soit en vie. Sur le chemin, il voit de nombreux magiciens dans des cages ou attachés à des arbres.
Sur la place du village, on attache Aljéran, Lanoa, Bénaje, Adricord, Snooky et Tévic. Les magiciens sont vaincus. Ils n’étaient pas préparés à une attaque et encore moins à une invasion conjointe des hommes, des animaux et des éléments. Plusieurs enchanteurs ont réussi à s’enfuir et à se cacher sur le continent. Chellor, le roi des hommes, peut savourer sa victoire. Il sait qu’Angor à bien fait de corrompre Manent, le puissant sorcier. Il savait qu’avec la puissance de Jalet et grâce à son talisman, seule une trahison aurait pu l’affaiblir.
— Félicitation Manent ! s’exclama Chellor
— Je n’ai fait qu’obéir aux ordres de notre seigneur Angor ! Je savais que nous gagnerions cette bataille car les magiciens sont chacun à leurs tâches et leur roi ne pensait qu’à faire le bien. Il ne se préoccupait pas de ce qu’il se passait sur les trois autres terres. Il n’a même pas vu qu’Angor a trouvé le grimoire de la vie il y a déjà dix ans de cela. C’est bien pour ça que depuis tout ce temps je me suis appliqué à former tous mes disciples. Je prépare cette attaque depuis longtemps et je les ai formés à toutes les techniques fourbes que je connaissais !
— Angor sera fier de toi. Il y a des chances pour qu’il te choisisse comme conseiller. Je me demande encore comment toi, un puissant magicien, tu as fait pour trahir ton peuple. Tu as formé tes disciples sous le nez de ton roi et de tout un peuple sans que personne ne s’en aperçoive.
— Tu sais Chellor, mon roi a fait du peuple des magiciens un peuple faible, qui ne pensait qu’a lui et ne voulait pas s’ouvrir au monde. Il n’y a que très peu de mages qui ont voulu explorer les autres îles. Ici chaque personne était obnubilé par sa tâche et c’est une des raisons pour lesquelles aujourd’hui nous nous sommes laissés déborder. Si Jalet avait accepté que nous nous formions à plusieurs choses, nous n’en serions pas là. Crois-tu qu’Angor va te confier la garde de mon continent ? Est-ce que tu en veux ?
— A vrai dire, je n’en sais rien. S’il me le propose j’accepterai de garder ce continent. Il est riche en ressources naturelles. Je suis sûr que nous pourrions nous fabriquer des armes et armures avec vos ressources. La puissance de mon armée augmenterait vraiment.
— Je dois aller rendre compte de ce qu’il s’est passé à notre roi. À plus tard Chellor.
Manent profite de la fin de la bataille pour rejoindre le roi des rois. Il monte sur son vautour géant et s’en va. Pendant le trajet, il se dit que Chellor est vraiment idiot. Il ne supporte pas que l’on rabaisse son peuple de cette manière. Il sait très bien qu’ils étaient obligés de gagner cette bataille. Ils ont attaqué les magiciens en pleine journée alors que tous les habitants étaient occupés à des taches diverses. De plus, ils étaient vraiment en surnombre. Les humains ne sont pas puissants, mais le nombre fait leur puissance. Heureusement que pour cette attaque les humains ont eu le renfort des animaux et des éléments que leur roi corrompu Dip-Ké a envoyé sur le continent. La rapidité des bêtes au sol, comme les hyènes menées par le lieutenant Tricel, ou les ours commandés par le lieutenant Mabla, a été fatale. L’attaque dans les airs conduite par Réku, le lieutenant qui est le chef des vautours, a été décisive. La puissance des éléments comme les arbres, les rochers ou la lave a pu percer les barricades des magiciens et a permis que les assaillants pénètrent dans le royaume sans trop de problème.
Chellor contemple sa victoire et se rend sur la place centrale du village. Il voit les prisonniers enchaînés à une longue barre de fer. Ils sont tous à genoux. Il s’approche d’eux et s’adresse à Adricord, fils du roi déchu des magiciens.
— Ça y est tu es le roi ! Tu pourrais me remercier quand même ! dit-il ironiquement. Regarde autour de toi, tout ton peuple est attaché. Tu vas devoir prendre ta première décision en tant que roi. Soit tu ordonnes à ton peuple de m’obéir et vous vivrez sous mes ordres, soit vous mourrez tous. Que choisis-tu jeune roi ?
— Manent a tué mon père. Sa trahison sera punie par sa mort. Si tu nous relâches tous je serais clément avec toi. À ton tour de choisir, je refuse que mon peuple vive enchaîné ou soumis à n’importe quel être qui ne serait pas un magicien !!!
— Tant pis pour toi et pour ton peuple. Ton règne sera sûrement un des plus courts de l’histoire. Tu sais que si tu n’acceptes pas, non seulement ton peuple vivra et sera réduit en esclavage, mais en plus je serai obligé de te faire exécuter. Réfléchis bien. Je suis le roi des hommes et toi, en tant que roi des magiciens, je pourrais te prendre comme esclave personnel. Tu seras bien traité, qu’en dit tu ?
