Corps épluché - Bertus van den Heuvel - E-Book

Corps épluché E-Book

Bertus van den Heuvel

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Beschreibung

Ce recueil de poèmes (rimailles selon l'auteur) est une sélection écrite depuis les années 60 jusqu'à ce jour. La plupart des compositions sont inédites, d'autres ont déjà été publiées. L'ensemble conte une vie avec ses sensations parfois à fleur de peau, parfois en bain de jouvence. C'est un message sans fin. L'éternel recommencement de vouloir être l'autre ou soi-même.

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Seitenzahl: 38

Veröffentlichungsjahr: 2015

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Ici tu es au début, tu trouveras la fin.

Mais vraiment, que ferrai-je sans toi ?

Sommaire

C'est parti ...

Courir

Je t'aime

Ton Héros

Hier

Miraculé

Parader

La suite

Le cochon

Baume

Ce jour là c'est arrivé !

Rotations

Butiner

Promenade matinale

Mal au ventre

Le Coq Perché

L'Orateur

Pêcher

Murmures

Lou Lou

Carnet de vie, Carnet d'envie

Comme des Moutons

Matières à croire

L'Ami

Larmes en écume

Purge

Se cacher …

Dans tes bras

Fille en orange

Douleurs et grimaces

Champs

Ma parfaite considération

Identités

Coup de Pieds

Des Mots

Marie-Fleurette

Le Clown

Sept cents mille, Sept cents

Adieu …

Vivre

Erectus

Pirouette

Là où tu iras

Viens faire la fête

La création en hypothèse

Cette Nuit …

Que des mystères

Corps épluché

Fragile

Te dire

Regarde

La chance

Cours

Ne pleure pas …

C'est parti ...

Maman m'accouchait à dix heures en soirée. Mon poids avoisinait les quatre kilos. Ce qui fut lourd à porter. L'après midi elle travaillait encore au buffet de la gare d'Utrecht aux Pays Bas.

C'était le début du départ,

on m'avait tourné la tête,

pour mieux voir la tronche de lard

de l'homme qui pète.

Il était haut en autorité

me baffant ainsi mes fesses

comme pour marquer d'innéité

de mon être en confesse.

C'était en septembre 1942, Maman était serveuse, spécialement affecté au poste de café. Ce breuvage était, comme c'était l'usage, conservé dans un grand récipient, une sorte de super-thermos qui gardait le café au chaud. Pour servir, il suffisait d'ouvrir un robinet.

C'était comme une horde,

agenouillée comme à l'abreuvoir,

bas planeurs comme des butors

se prenant pour des pouillards.

Mais ces derniers jours, Maman était affectée à la plonge pour camoufler son ventre, rempli de moi-même avec mes quatre kilos et les accessoires.

Papa s'occupait de ses affaires. Il, était beaucoup plus sain pour lui de ne pas trop se montrer. Il n'avait vraiment pas envie de se faire enrôler d'office comme travailleur volontaire en Allemagne.

C'était la guerre. Ma famille du coté de mon père se scindait en deux camps. L'un était plus ou moins dans la collaboration avec les occupants, l'autre, dont papa, était plus ou moins dans une sorte de résistance, voire désobéissance.

Quand t'as envie de dire

l'autre vérité en somme

tu pèses le pour et le pire

ou bien tu pardonnes.

Courir

Si tu penses de courir dans la savane,

ton regard perçant

comme un chat-huant

pour découvrir des trésors cassidoine*

aux éclats chatoyants,

Fuis les pieds léchés,

tends tes mains

et prie de te lever

dis, qu'il n'y a rien à vendre,

rien à dire, rien à offrir,

sauf la tendresse en échange.

Ainsi retombé de son piédestal,

au profond de la marée.

Là où personne n'a voulu chercher.

Y-a-t-il encore des rêves à l'étal ?

De discours en vérité,

Que c'est étrange de vouloir aimer.

* Sorte de pierre précieuse dont les anciens se servaient pour faire des vases

Je t'aime

Si un jour je ne peux plus voir

changer la couleur de tes yeux,

que je ne peux plus

jouir de la tendresse de ton amour,

Sache que je ne cesserai jamais

de t'aimer

bien plus loin que la fin du monde.

Ton Héros

C'est au long des prés coupés aux foins rangés en lanières pour mieux sécher que j'ai aimé courir en éclats de rire.

Moi, qui voulus t'attraper pour une culbute amoureuse, me guidant à la lumière de l'éclat de tes cuisses sous ta jupe glorieusement courte, où je saurais suffoquer dans une étreinte farouche et me perdre dans la folie de vivre.

Tu planterais tes doigts dans mon corps pour que je resterai en demeure. Nous irions crier notre paradis, parce que c'est comme ça que tu m’achèverais comme ton héros.

Hier

Hier je t'ai tendue la main,

T'as regardé de l'autre côté.

Je t'ai observé en vain

Avec ta sincérité rabiotée.

Cloche pendue,

La sonnerie en silence,

Tirer la corde main nue,

L'abreuvoir en potence.

Je t'ai donné bien du fil à tendre,

Des soucis que t'as inventés,

Des promesses réduites en cendres.

Tant de vérités tétanisées,

Hier encore je t'ai donné à boire,

Le pain à partager.

T'invitant à t'asseoir

Et venir manger.