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Courir les Menhirs au Pays d'Oise, c'est tout simplement une invitation à courir sur les traces de nos ancêtres. Ces ancêtres qui "sonnaient" les pierres pour choisir la perfection de la matière. Ces ancêtres qui ne choisissaient pas non plus l'implantation des pierres au hasard. Vous découvrirez que sur certains sites, il règne une ambiance, une énergie particulière propre aux lieux. Car l'auteure est passionnée de géobiologie et elle partage ses connaissances avec le lecteur afin d'éclairer sous un jour nouveau le phénomène mégalithique. Bien entendu, l'Histoire reste et demeure très présente au fil des pages. De pierres à légendes en pierres christianisées, vous découvrirez tout un monde mystérieux peuplé de fées, de farfadets, ou encore fréquenté par les sorcières, les esprits, les démons, voire le diable... Mais rassurez-vous, les Saints sont également présents et ils ont parfois laissé des traces physiques sur les pierres suite à une halte sur les lieux pour prier. D'autres pierres sont "vivantes". Elles tournent sur elles-mêmes, descendent boire à la rivière ou sont le théâtre de phénomènes à la fois étranges et merveilleux. Pour vous aider à localiser ces pierres, les coordonnées GPS ont été relevées sur chacun des sites et une légende en reprend les caractéristiques : accessibilité, nature de la pierre, légendes et croyances associées, présence marquée des forces de Dame Nature que l'on peut ressentir physiquement sur les lieux... Alors, n'attendez plus, ouvrez votre coeur, prenez le livre, et partez courir les Menhirs au Pays d'Oise !
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Seitenzahl: 159
Veröffentlichungsjahr: 2020
Pourquoi courir les menhirs ?
Chapitre I Histoire du mégalithisme
Définition
La grande famille des mégalithes
Inventaire des mégalithes
Des menhirs sur la lune !
Début du mégalithisme dans l’Oise
Les secrets des bâtisseurs
Et les Gaulois dans tout ça ?
Pourquoi attribuer les mégalithes aux Celtes ? À qui la faute ?
Druides et mégalithes aux II
e
et III
e
millénaires
Chapitre II Les Pierres et les Saints
Les oppositions de l’Église
Chrétiens contre Païens : le bilan
Toponymie et mégalithes
Le recyclage mégalithique
Les Pierres et les Saints dans l’Oise
Chapitre III Pierres à légendes du Pays d’Oise
Le Diable
Les Farfadets
Les Fées
Les Géants
Les Sorciers
Des Pierres qui vivent
Chapitre IV Sortir des sentiers battus avec la géobiologie
Le géobiologue, sourcier des temps modernes
Quelques bases de géobiologie
Le choix des sites mégalithiques : hasard ou choix délibéré ?
Ressentir les forces de la Nature
Chapitre V Courir les menhirs au Pays d’Oise
Carte de localisation des sites présentés
Signification des sigles utilisés
Appilly
Autrêches
Borest
Boubiers
Boury-En-Vexin
Brenouille
Brétigny
Caisnes
Chambors
Clairoix
Croutoy
Cuise-La-Motte
Cuvergnon
Délincourt
Flavacourt
Fleurines
Fontaine Chaalis
Lavilletertre
Levignen
Marolles
Mogneville
Montlognon
Neuville-Bosc
Ognon
Ormoy-Villers
Orrouy
Peroy-Les-Gombries
Porquéricourt
Rhuis
Rouville
Roye-Sur-Matz
Senlis
Sérifontaine
Trie-Château
Trumilly
Vauchelles
Vieux-Moulin
Ville
Villers-Saint-Frambourg
Villers-Saint-Sépulcre
Chapitre VI Mégalithes zappés, détruits ou introuvables
Bibliographie
J’ai longtemps pensé que seule la Bretagne regorgeait de menhirs, de dolmens et autres mégalithes, issus des temps primitifs où nos ancêtres, en s’adonnant au culte des pierres, vénéraient d’autres Dieux.
Ainsi, je jalousais nos voisins bretons dont les sous-bois se souviennent encore des druides se faufilant sous les ramures pour couper le gui, une serpe d’or à la main, mais aussi des éclats de rire des fées tournoyant autour des voyageurs sur les douze coups de minuit pour tenter de les égarer.
Mais il y a quelque temps, j’ai découvert à la fois stupéfaite et émerveillée, que ce bon pays d’Oise qui m’avait vu naître et que je pensais pourtant connaître, recelait lui aussi des menhirs, des dolmens, des allées couvertes, des fontaines miraculeuses, des arbres sacrés, des noms de lieux associés à ceux des druides et des fées…
Malgré les ordonnances des rois Childebert et Chilpéric enjoignant de faire disparaître tous les signes de l’idolâtrie celtique restés l’objet de pratiques superstitieuses et les injonctions de les détruire sous de graves peines renouvelées par les capitulaires de Charlemagne, de nombreux mégalithes ont résisté et s’élancent encore aujourd’hui vers le ciel.
L’absence d’écrits et de témoignages sur cette partie de l’Histoire frustre les historiens. À cela ajoutons l’imagination galopante de l’esprit humain, les légendes populaires et quelques pratiques ancestrales subsistant encore et l’on obtient un sujet des plus délicats enchevêtré dans le spirituel, voire l’illumination, la magie, la sorcellerie, le mortuaire et ne l’oublions pas, l’Histoire.
Du coup, certains classent le phénomène mégalithique dans la rubrique « sans suite » ; après tout, ce ne sont que de gros cailloux ! D’autres, comme moi, cherchent encore. Car finalement les mêmes questions reviennent sans cesse : « Pourquoi ? Pour quoi ? Pourquoi s’être donné autant de mal pour « lever » des pierres ? Comment s’opérait le choix du site ? Certaines pierres possédaient-elles vraiment des vertus curatives ? Qui étaient ces géants, ces farfadets, ces fées, rapportés par les témoignages populaires ? Quelle foi alimentait autant de courage et de ferveur chez des hommes que l’on qualifie volontiers de sauvages, de païens ? »
Pourtant, ne l’oublions pas, nous parlons ici de nos ancêtres, de ceux sans qui nous ne serions pas là à nous poser toutes ces questions. Ceux dont le sang et le souvenir coulent dans nos veines.
Aussi, pour ma première sortie mégalithique, je choisissais le dolmen de la Pierre aux Fées, une allée couverte de la commune de Villers-Saint-Sépulcre. Le nom m’évoquait à lui seul un endroit magique, poétique, quelque peu fantastique ; à mi-chemin entre Merlin l’Enchanteur et la Bonne Fée, marraine de Cendrillon.
Un panneau dans le bourg conduit hors du village jusqu’au bas d’un chemin de terre qu’il faut emprunter à pied. Après un kilomètre, lorsque je m’approchai d’un bosquet d’arbres, je ressentis de légers picotements dans les doigts de mes mains. J’avançai encore un peu. Les picotements s’intensifièrent. Je rentrai dans le bois et tombai… sur le dolmen.
Je venais de découvrir que l’implantation des mégalithes n’était pas le fruit du hasard mais bien une volonté délibérée d’utiliser les forces de la Nature. Ces forces étaient toujours actives, des milliers d’années après, même si les druides, les fées et les géants, au fil des siècles, s’étaient détournés des mégalithes. Mais au fait ? Les avaient-ils réellement délaissés ?
Depuis ce jour d’août 2002, je n’ai de cesse de courir les mégalithes du pays d’Oise pour tenter de percer leur mystère et, par-là même, le nôtre, celui de notre existence.
Ne dit-on pas que pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient ?
Définition
Selon le Petit Larousse « Le mégalithisme est la coutume ou l’usage qui consiste à édifier des mégalithes. On suppose que ces monuments étaient le support d’un culte du soleil et de celui d’une divinité féminine ».
Un mégalithe est un monument érigé avec un ou plusieurs blocs de pierre brute ou vaguement dégrossie. Ce terme générique désigne un membre de la famille des pierres dressées par la main de l’homme. Les dolmens, menhirs, tumuli1 etc. sont tous des mégalithes. Dans ce gigantesque fourre-tout, on trouve également les monuments composés de pierres sèches ou de monticules de pierres dont on s’accordera à dire qu’ils s’éloignent de la définition.
Il convient de noter que le mégalithisme s’applique à tous les monuments érigés pendant une période restreinte, à la fin de la préhistoire. Cette période, appelée le néolithique, s’échelonne de 5 000 à 2 500 ans avant Jésus-Christ. En grec, le terme néolithique signifie nouveau (neos) et pierre (lithos) afin de décrire une époque marquée par le polissage de la pierre.
C'est Sir John Lubbock né à Londres en 1834, qui le premier employa le terme néolithique en 1865. Préhistorien, naturaliste britannique, banquier et politicien, il a rédigé des ouvrages sur l’Histoire et les animaux. Il est décédé en 1913.
La grande famille des mégalithes
Menhir, pierre levée, pierre fichée, monolithe, peulvan ou peulven
Le menhir est aussi appelé monolithe car composé d’une seule pierre. Le peulven, orthographié également peulvan, signifie menhir en breton.
L’un des menhirs de l’alignement de kerzerho en Bretagne
L’alignement
L’alignement mégalithique est un ensemble ou une succession de menhirs. On le distingue du cromlech car il ne représente pas une forme géométrique, cercle ou rectangle par exemple.
Alignements de Carnac en Bretagne – Morbihan – Ils s’étendent sur près de 3 kilomètres
L’allée couverte
L’allée couverte est une sépulture collective construite avec des pierres en calcaire dur, ou bien encore en grès, provenant de la région et parfois même de la localité où elle a été bâtie.
Les pierres sont dressées et alignées de façon à former un rectangle de 8 à 10 mètres de long en moyenne, sur 1,30 à 2,50 mètres de largeur. Des pierres plates horizontales reposent sur cet alignement.
La Pierre aux Fées, une allée couverte à Villers-Saint-Sépulcre. Au fond on aperçoit le « trou des âmes »
L’allée couverte se divise en deux parties par une dalle percée d’un trou circulaire d’environ 50 centimètres de diamètre, ou bien de deux dalles échancrées. La plus petite partie, l’antichambre, servait de lieu pour les cérémonies cultuelles tandis que la grande, la chambre mortuaire, accueillait les nombreux corps inhumés. Le trou circulaire, appelé aussi le trou des âmes ou l’échancrure, servait à introduire les corps dans la sépulture.
Le dolmen ou trilithe
Le dolmen est une table de pierre composée d’une ou plusieurs pierres horizontales, reposant sur trois ou quatre montants verticaux formant une chambre funéraire.
À noter : Certains dolmens n’offrent pas toujours d’ossements aux archéologues. Les allées couvertes sont composées d’un dolmen ou trilithe. Le trilithe est un monument composé de trois pierres.
Dolmen de la Pierre des druides à Trie-Château
Le cromlech
Le cromlech est un ensemble de menhirs dressés généralement en cercle ou demi-cercle, quoiqu’il en existe des rectangulaires comme à Cuise-La-Motte, dans l’Oise.
Le cromlech a la particularité d’être orienté en fonction du lever ou du coucher du soleil à l'époque des solstices, ou encore selon les quatre points cardinaux, comme le Parc Aux Loups, à Cuise-La-Motte.
Le plus célèbre des cromlechs est celui de Stonehenge, en Angleterre.
Le Tumulus
Le Tumulus est un grand amas artificiel de terre ou de pierres que l’on élevait au dessus d’une sépulture, parfois composée elle-même d’un dolmen.
Au pluriel, on dit Tumuli.
Tumulus de Kercado en Bretagne – Morbihan -
Le cairn
Le cairn, mot irlandais, est un tumulus de terre et de pierres recouvrant les sépultures mégalithiques2.
La tombelle
La tombelle est une tombe recouverte d’une petite éminence de terre.
L’hypogée
3
L’hypogée est une sépulture collective creusée à flanc de vallée entre des couches de sable consolidées. L’hypogée est parfois aménagé avec des murets et des dalles de pierres sèches. Dans certains monuments on retrouve la même division que dans les allées couvertes avec une antichambre et une chambre mortuaire.
La cabane funéraire
La cabane funéraire est aussi une sépulture collective constituée d’un muret en pierres sèches décrivant une forme ovalaire ou sub-rectangulaire, de 6 mètres sur 3. Des recherches sur ce type de monument démontrent qu’à l’origine ces cabanes disposaient d’une toiture en bois, d’où leur nom.
Il existe d’autres sépultures collectives comme la tholos4, le tertre5, les coffres en pierres, les dolmens simples, les ossuaires, les cavités naturelles aménagées, les réutilisations de puits à silex et de silex.
Inventaire des mégalithes
On trouve des dolmens, des menhirs, des alignements, ou encore des cromlechs, un peu partout dans le monde : en Allemagne, en Corée, en Espagne, en Hollande, en Inde, en Irlande, en Palestine, au Portugal, au Sénégal, et dans bien d’autres contrées. Cette réalité a particulièrement agacé les historiens qui pensaient au départ qu’un peuple migrant, véritable peuple des mégalithes, avait pu bâtir ces monuments et en apprendre la coutume aux peuples rencontrés sur son passage.
Mais il faut se rendre à l’évidence, nos migrants n’ont pas pu faire le tour de la planète ni l’arpenter de long en large.
La France compte 6 8816 monuments mégalithiques dont 67 dans l’Oise. Ils se répartissent de la façon suivante :
Types de mégalithe
France
Oise
Dolmens
7
4 497
23
Menhirs
2 208
36
Alignements
70
2
Cromlechs
106
6
TOTAL
6 881
67
Cet inventaire ne tient compte que des monuments érigés par la main de l’homme. Les pierres naturelles qui font l’objet de croyances ou de superstitions ne sont pas comptabilisées.
Dans l’inventaire que je vous propose sur le département de l’Oise, au chapitre intitulé Courir les menhirs au pays d’Oise, vous trouverez, en sus des mégalithes, toutes les pierres naturelles ayant toujours fait l’objet d’une attention particulière, de croyances ou de pratiques superstitieuses. Leurs formes singulières et les légendes qui sont associées à ces pierres méritent à elles seules le détour et leur place dans cette liste de sites incontournables. Aussi, elles font tout naturellement partie du périple auquel je vous convie au chapitre V.
Le sol breton possède à lui seul plus de la moitié des menhirs et des cromlechs, plus des deux tiers des alignements et un cinquième des dolmens français. Les alignements de Carnac et d’Erdeven totalisent à eux seuls plus de quatre mille pierres dressées !
C’est dans le département de l’Aveyron que l’on trouve le plus grand nombre de dolmens avec presque cinq cents spécimens.
Le mégalithisme n’est pas mort puisqu’il est pratiqué aujourd’hui encore dans des îles ou des zones très isolées, tout particulièrement en Afrique et dans l’archipel indonésien. À Madagascar, par exemple, il arrive que des menhirs funéraires soient érigés. Ils forment alors des alignements.
Des menhirs sur la lune !
Aussi bizarre que cela puisse paraître, il y aurait des menhirs sur la lune. Je vous propose un extrait d’un article rédigé par Claude Burkel8, à partir des confidences faites par Maurice Chantelain, spécialiste de l’informatique et des communications dans l’espace à la NASA, où il a exercé pendant vingt ans. Il a participé à la conception et à la réalisation des capsules APOLLO qui ont foulé à six reprises le sol lunaire. Je vous livre l’article tel qu’il fut rédigé : « Les astronautes américains ont observé en orbite des constructions géométriques rectangulaires qui n’ont certainement pas une origine naturelle. (Dossier NASA). Des constructions semblables avaient d’ailleurs déjà été photographiées par les Russes sur le bord occidental de la mer de la Tranquillité, à l’aide de Satellites orbitales lunaires, mais tout le monde avait pensé que les photos russes devaient certainement être truquées ? Et cependant, ces photos montraient huit menhirs géométriquement disposés qui, d’après les ombres projetées sur le sol lunaire, semblaient avoir au moins six mètres de diamètre et vingt mètres de hauteur. Elles montraient aussi une sorte d’obélisque isolé qui paraissait avoir près de soixante mètres de hauteur et projetait sur le sol une ombre gigantesque semblable à celle du monument Washington dans la ville du même nom.
D’autres photos, prises par un satellite russe le 4 février 1966 en survolant l’océan des tempêtes montraient d’autres menhirs pointus et géométriquement disposés qui semblaient avoir une cinquantaine de mètres de hauteur et qui, comme les précédents, étaient d’une couleur beaucoup plus claire que le terrain environnant, ce qui semblait indiquer qu’ils n’avaient pas toujours été là et qu’ils n’y étaient sans doute venus tout seuls.
Les astronautes américains ont également aperçu en orbite des pyramides très pointues ressemblant à des clochers d’église, qui étaient disposées de façon géométrique et à côté d’un immense rectangle de couleur plus claire que celle du terrain environnant. Cela fait immédiatement penser à la Grande Pyramide et à l’esplanade située au pied de sa face nord, sur laquelle l’ombre de sa pointe se déplaçait rapidement, avec des longueurs et des vitesses angulaires différentes, suivant les heures, les jours et les saisons.
Au cours de la mission Apollo 16, les astronautes aperçurent au cours de leur descente sur la Lune, des blocs de pierres bien taillés et alignés du sud-ouest au nord-est qui devaient sans doute être destinés à effectuer des observations astronomiques, peut-être sur les mouvements apparents de la Terre, comme nous le faisons nous-mêmes pour observer les mouvements apparents de la Lune, et comme le faisaient déjà les Egyptiens, il y a des milliers d’années. »
Étonnant, Non ?
Début du mégalithisme dans l’Oise
D’après les différentes recherches archéologiques réalisées dans le bassin parisien, on évalue la datation des mégalithes de l’Oise entre 3 400/3 300 et 2 900/2 700 ans avant Jésus-Christ. Nos belles dames de pierre sont âgées de 5 000 ans ! C’est en Bretagne que les premiers mégalithes sont apparus vers 4 800 ans av. J.-C.
On sait que l’agriculture a débuté dans l’Oise vers 8 000 à 5 000 ans av. J.-C. aux alentours de Compiègne, Beauvais, sur le territoire de la forêt d’Halatte9 et dans la vallée du Thérain. À partir du moment où l’Homme s’est sédentarisé, il s’est aperçu que sa vie dépendait entièrement de la nature.
Dès lors, la Terre fut assimilée à la Mère et associée à la maternité car elle était féconde, bienveillante et nourricière. Le Ciel, quant à lui, fut comparé au Père, protecteur, sévère et autoritaire.
Pour attirer les faveurs de la Terre-Mère et du Ciel-Père, l’Homme s’est mis à prier et à déposer des offrandes dans des lieux réservés à ce culte. Les premiers sanctuaires ou lieux sacrés étaient nés.
Les cérémonies ou fêtes en relation avec ces cultes étaient dictées par les saisons et les positions des astres. Le printemps symbolisait la naissance et le réveil à la vie, l’hiver, la mort. Les menhirs, sous leur physique rappelant étrangement un phallus dressé, permettaient sans aucun doute au Ciel-Père de faire l’amour en quelque sorte avec la Terre-Mère. Les Hommes étaient leurs enfants, recherchant réconfort et protection, acceptant châtiments et punitions constitués par le déchaînement des éléments naturels.
Les secrets des bâtisseurs
Il faut bien l’avouer, les hommes du néolithique n’ont guère laissé, en dehors de ces pierres levées, matière à permettre aux chercheurs et aux scientifiques d’évaluer précisément leur degré de développement et d’intelligence.
En premier lieu, nos esprits modernes bloquent sur les techniques employées pour dresser plusieurs tonnes de pierre. Certains monuments auraient demandé l’intervention de centaines d’hommes, à une époque où la population était bien moins nombreuse qu’aujourd’hui et par conséquent, plus éparse. Ainsi, les spécialistes estiment qu’à l’époque néolithique, une région comme la Bretagne ne devait compter qu’entre cinquante et cent mille individus, soit un ou deux habitants au kilomètre carré. De plus, un chantier, au-delà de mille personnes, aurait été impossible à gérer. Les animaux n’étaient pas utilisés, a priori, car il est très difficile de coordonner leurs mouvements.
Lorsque l’on arrive à valider l’idée d’un recrutement massif, un autre problème vient se greffer : celui de la place occupée par de telles équipes. En effet, nombre de monuments ont été érigés en hauteur, sur des éperons, et plusieurs centaines d’hommes n’auraient pu s’y tenir. L’acheminement de pierres monumentales sur des kilomètres à l’aide de rondins de bois et autres matériaux, laisse des doutes également car les vestiges de ces matériels n’ont pas toujours été retrouvés alentour. Cela nous fait penser à la mystérieuse Ile de Pâques pour laquelle une légende raconte qu’il n’y a plus un seul arbre sur l’île depuis que les hommes ont dû tous les abattre pour ériger les célèbres statues de pierre. Un petit coffre contenant les ossements d’un défunt a été retrouvé au pied de chacune de ces pierres dressées.
Si on abandonne l’idée d’un recrutement massif, reste le problème du nombre de décennies nécessitées par de tels ouvrages. Pour conclure, il fallait ou beaucoup de monde ou beaucoup de temps10.
On ignore, aujourd’hui encore, à quoi servaient réellement les menhirs, et plus particulièrement ces monolithes qui ne sont pas des sépultures. Des chercheurs avancent qu’il s’agirait de pierres indicatrices de la présence d’un dolmen car l’on retrouve souvent ces deux types de monuments associés. Dans l’Oise, cette configuration se retrouve effectivement pour la Pierre Monicart à Clairoix, la Pierre des Druides à Trie-Château et la Pierre Torniche à Trosly-Breuil.
Quant aux dolmens qualifiés de sépultures collectives, ils n’offrent pas toujours des restes humains aux archéologues.
Et que dire des alignements mégalithiques et des cromlechs orientés selon les quatre points cardinaux - ce qui est le cas du Parc Aux Loups à Cuise la Motte, dans l’Oise – ou selon la position du soleil, de la lune, des solstices, des équinoxes ?
