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Un instantané de la vie d'un couple décrit avec élégance et justesse
Joseph, scénariste obsédé par son travail, et Sarah, son épouse enceinte, semblent s'éloigner à mesure que la date de l'accouchement se rapproche. Le jour J, tout est en suspens : quels parents pour cet enfant à naître ?
Avec beaucoup de finesse, Iman Bassalah dépeint les questionnements du couple à l'épreuve de la maternité et de la paternité.
EXTRAIT
Il aurait pu lui jeter un baiser rapide puis retourner à son affaire. Sarah aurait souri, puis elle se serait renfoncée dans le lit en lui prenant la main. En moins de dix minutes, elle aurait sombré dans un sommeil profond dont elle n’aurait émergé que deux heures plus tard. Pourtant, il n’en avait pas envie.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Iman Bassalah est née à Port El-Kantaoui (Tunisie) en 1975. Journaliste et écrivain, elle a publié
Les femmes au miel, et autres histoires joyeuses de l'immigration (éd. Michalon, 2009) et
Hôtel Miranda (Calmann-Lévy, 2012).
À PROPOS DE LA COLLECTION
Parce que tous deux cultivent ces perles que sont les textes courts, parce que tous deux se battent pour donner leur place aux auteurs de toute la francophonie, parce que le papier et le numérique se complètent, Le Pigeon, revue de création francophone (Montréal) et les éditions Émoticourt (Paris) ont créé une passerelle. La collection
Le Pigeon propose en numérique les textes parus dans la revue papier, au fur et à mesure des livraisons de ses numéros, afin de leur offrir la pérennité qu’ils méritent.
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Seitenzahl: 30
Veröffentlichungsjahr: 2018
À propos
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Mentions légales
Iman Bassalah est née à Port El-Kantaoui, Tunisie, en 1975.
Elle a publié deux livres : Les femmes au miel, et autres histoires joyeuses de l’immigration, Michalon (2009) et Hôtel Miranda, roman, Calmann-Lévy (2012).
Parce que tous deux cultivent ces perles que sont les textes courts, parce que tous deux se battent pour donner leur place aux auteurs de toute la francophonie, parce que le papier et le numérique se complètent, Le Pigeon, revue de création francophone (Montréal) et les éditions Émoticourt (Paris) ont créé une passerelle.
La collection Le Pigeon propose en numérique les textes parus dans la revue papier, au fur et à mesure des livraisons de ses numéros, afin de leur offrir la pérennité qu’ils méritent.
Émoticourt est une maison d'édition numérique dédiée aux textes courts, inédits et de langue française. Lancée en mars 2012 à Paris, elle publie les œuvres d’auteurs reconnus (dont certains couronnés par le Goncourt de la Nouvelle) ou celles de nouveaux talents, avec une même exigence de qualité littéraire. Ce choix du numérique lui permet de publier nouvelles, recueils, carnets, nanoromans qui ne trouvent pas, en raison de leur format, leur place dans l’univers de l’édition papier.
Cette nuit-là, Joseph rêva de sa grand-mère Marguerite. Quand il était petit, il ne savait pas que c’était sa grand-mère, parce que les autres disaient tout simplement : « Tu veux aller chez Marguerite ? ». Dès l’âge de cinq ans, il avait pris l’habitude d’y aller à vélo. Elle habitait à l’autre bout de leur village. Tout le monde le connaissait, et les voitures passaient très peu par là. Le seul danger était la grande forêt derrière, où il ne fallait jamais aller tout seul.
Il décrochait son ciré rouge de la poignée de la cuisine, puis il prévenait sa mère qu’il partait. Son vélo était rangé contre les pots de fleurs, à l’entrée du jardin cloisonné par une simple barrière de planches de bois. On pouvait voir à travers, Joseph se souvenait très bien des heures passées le visage collé contre elles. Seul un événement extraordinaire, comme le vol d’un papillon, pouvait l’en distraire.
Marguerite collectionnait les boîtes à thé en fer sculptées de fleurs colorées ou grises. Ses favorites étaient celles qui venaient de l’Inde. Il n’y avait plus de thé dedans depuis longtemps, mais pour gagner de la place, Marguerite y rangeait toutes sortes de choses : des bijoux, des petits pois, des coquillages. Et même les cendres de son mari. Elle y collait des étiquettes où était inscrit leur contenu, mais certaines étaient si jaunies par l’âge qu’on ne pouvait plus rien lire dessus, et elles finissaient par se détacher naturellement, comme des pétales fanés. Joseph était content quand il en trouvait une au sol. Il la mettait dans sa poche, sans rien dire.
« Et toi, de quoi nourriras-tu ton imaginaire ? » pensa-t-il en regardant le ventre arrondi de sa femme.
Il se leva pour fermer les lourds rideaux de la chambre. La moindre lumière naturelle contrariait son sommeil, il n’y avait que l’éclat bleu de son ordinateur ou de son téléphone qui l’apaisait dans la nuit. Savoir qu’il pouvait y taper une note ou une idée à tout moment le rassurait. Les idées viennent comme des papillons.
