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Récit autobiographique d'une jeune femme qui découvre le sentiment amoureux dans le contexte spécifique de la relation à longue distance. Une relation passionnée entre deux personnes issues de milieux différents, de réalités différentes. Concilier ces deux mondes est-il possible? Entre Bamako et Paris, découvrez les premiers émois de cette jeune femme amoureuse.
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Seitenzahl: 175
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Ce récit est dédié à toutes les femmes merveilleuses de mon entourage. Je vous ai caché tant de choses car je n’étais pas certaine que vous comprendriez mes tourments.
Pour autant, je loue votre tolérance vis-à-vis de moi. Vous avez accepté mes silences, la distance que j’ai parfois mise entre nous. Je comprends aujourd’hui qu’il n’a pas dû être aisé pour vous d’assister à mes hauts et à mes bas…
Aucun mot ne serait assez fort pour décrire l’amitié que je vous porte de même que l’importance que vous avez dans ma vie. Chacune d’entre vous est pour moi une source d’inspiration et je souhaite sincèrement à chaque femme d’avoir la chance de connaitre un tel lien, d’expérimenter véritablement ce qu’est la sororité.
Avant-propos
Introduction
L’AMOUR PASSION
L’AMOUR HESITANT
L’AMOUR TRIOMPHANT
L’AMOUR CONSCIENT
Epilogue
Près de 20 années se sont écoulées depuis que mes premières pensées ont pris forme. Adolescente, j’écrivais beaucoup. J’avais souvent un carnet qui me permettait d’extérioriser mes émotions. L’écriture m’aidait surtout à mettre les événements difficiles à distance pour ensuite les analyser et les dépasser. A cette période de ma vie, je ne m’exprimais pas avec l’aisance qui me caractérise aujourd’hui. J’étais plus introvertie et me dévoiler par ce moyen m’était le plus naturel. J’écris moins désormais. Sans doute est-ce parce que j’ai appris à dire ce que je ressens, à considérer les faits avec recul sans avoir besoin de cette étape intermédiaire.
Pour que le récit que vous allez découvrir demeure authentique, sincère, j’ai tenu à ne rien modifier dans la manière dont j’avais alors écrit. La personne que je suis aujourd’hui n’aurait certainement pas formulé les choses de la même manière. Plus encore, elle aurait effacé des parties de l’histoire afin que son image soit en cohérence avec la femme qu’elle est devenue.
Lorsque j’ai relu ces pages, j’ai plusieurs fois été surprise de ce que j’y redécouvrais. Ressentir de nouveau avec force toutes les émotions décrites m’a fait réaliser mon ignorance concernant les choses de l’amour. Depuis, j’ai fait du chemin et j’ai gagné en maturité mais cette route, j’ai dû la parcourir seule pour la majeure partie. Nombreuses ont été les erreurs de jugement, les décisions impulsives, les certitudes bousculées, les compromis… je suis certes heureuse d’avoir appris, d’avoir grandi mais j’aurais tant aimé que ces apprentissages se fassent avec moins de douleur. A la fois, avec mon tempérament, je me demande s’il m’aurait été possible de vivre les choses autrement.
Cette relecture m’a également permis de mieux comprendre la femme que je suis aujourd’hui et les raisons des tiraillements qui font partie intégrante de ma relation à la gent masculine. En effet, il réside en moi la femme amoureuse, qui accepte la vulnérabilité liée à cette émotion et il y a son alter ego, froide, insensible qui chosifie les hommes, qui est dans une recherche de contrôle, de domination de ses émotions et de l’autre. Ces deux femmes qui coexistaient sans doute déjà, ont été révélées par ce coup de foudre. J’ai vécu cette relation de manière si intense, si déraisonnable que je me suis retrouvée trop souvent dans des situations qui m’ont éloignées de la jeune adulte que j’étais avant cette rencontre. Une femme pleine de principes, tempérée, sérieuse. Pour autant, j’avais ponctuellement des sursauts de lucidité et je réalisais tout ce que provoquait cet homme en moi. Et, pour compenser cette perte de contrôle, je me suis effectivement scindée en deux femmes. Cette alter ego me plaisait car elle était puissante, rebelle, elle transgressait les règles et surtout, c’est elle qui choisissait. Elle décidait qui voir, quand, à quelle fréquence et à chaque fois qu’elle était avec un autre, son seul objectif et même son seul plaisir était de marquer la personne, de provoquer l’attachement pour ensuite se retirer. Elle choisissait parfois des hommes auxquelles elle savait qu’elle ne plaisait pas, juste pour tester son pouvoir. La plupart du temps, les stratégies qu’elle avait perfectionné avec le temps fonctionnaient. Elle était franche, provoquante, libérée, légère, elle riait de bon cœur et elle savait feindre l’indifférence, le détachement. Cette autre me permettait de ne plus subir les événements, de déposer ses frustrations. Mais elle finissait par s’effacer, toujours car la femme amoureuse reprenait le dessus au contact de cet homme. L’alter ego est encore présente, elle se réveille dans l’intimité du foyer et c’est à travers elle que je vis ma sexualité de manière totalement débridée. Elle est l’autre facette de la personne publique, celle que j’offre au monde, la femme mature, confiante, consciente de ses faiblesses, désireuse de partager cela avec les autres, investie d’une mission de vie au centre de laquelle l’authenticité et la générosité dominent. Aujourd’hui encore je travaille à réconcilier ces deux femmes qui coexistent en moi : l’amoureuse dévouée et la séductrice qui sait obtenir ce qu’elle veut de son homme.
Cette dissociation est aussi le fruit de ma double culture, d’une construction de mon identité avec des éléments composites parfois totalement opposés : la tradition soninké avec ses codes, ses protocoles, ses obligations, ses attentes vis-à-vis du comportement de la femme que je n’ai jamais totalement intégrée, la religion musulmane dont je peine à accepter le dogme mais dont je m’emploie à incarner une grande partie des valeurs au quotidien, la culture occidentale avec ses principes de vie, ses injonctions à l’épanouissement personnel, sa définition du bonheur et de l’amour romantique, son encouragement au développement de l’esprit critique...
Je suis encore à la recherche de mon propre équilibre dans tous ces apports. Je suis faite de tout cela à la fois et sans concession, je veux continuer à l’être. Alors je poursuis mes apprentissages pour accepter tous les aspects de ma personne et avec, l’entièreté de mon parcours ; les mauvais et les bons choix, les épreuves et les expériences heureuses, les échecs et les réussites dans tous les domaines de ma vie.
En décembre 2003, je découvrais pour la première fois le Mali, pays d’origine de mes parents, terre de mes ancêtres. Mon premier voyage en Afrique avait eu lieu deux ans auparavant. J’avais été au Sénégal où je rencontrais pour la première fois ma grand-mère et mes oncles maternels. Cette première rencontre avec l’Afrique avait remué beaucoup de choses en moi.
En effet, j’avais entretenu, depuis mon adolescence, la certitude que la France n’était pas ma patrie légitime, que j’étais africaine, malienne et que ma réelle identité, je ne pourrais la laisser éclore que sur le continent noir. Cependant, au Sénégal, j’ai été considérée comme française et pas comme africaine. Ce fut un réel bouleversement. J’avais beau parler soninké, la même langue que mes oncles et ma grand-mère, porter souvent des tenues locales, rien n’y faisait. A travers ma manière de m’exprimer, mes gestes, ce que je dégageais, j’étais une étrangère. J’ai donc dû reconsidérer la manière dont je m’étais jusqu’alors construite. J’ai compris, à travers cette expérience, que je devais me forger une identité ni exclusivement européenne, ni exclusivement africaine, mais puiser dans ces deux mondes, ce qui me permettrait de me construire le plus sereinement possible. Je devais apprendre à concilier ces deux parties de moi. J’acceptais désormais mon parcours et mon éducation dans leur globalité ; celle que j’avais acquise à la maison, plutôt traditionnelle et soninké et celle que j’avais acquise à l’école et avec mes amies principalement, plutôt occidentale.
Aujourd’hui, je sais que ce voyage au Sénégal a eu une profonde influence sur mes relations sentimentales également. En effet, puisque l’on m’avait refusé la légitimité de me considérer comme africaine, j’allais, dans mes choix amoureux, ne choisir que des personnes originaires d’Afrique y étant nées et y ayant grandies, comme si à travers elles, j’acquérais la partie de mon identité africaine qu’il me manquait.
Ce voyage a aussi eu une incidence sur la manière dont j’allais ensuite construire mon rapport avec l’Afrique. J’allais tenter par différents moyens d’écrire ma propre histoire avec plus particulièrement le Mali et le Sénégal, à travers des actions de solidarité internationale. Cela me permettait de pouvoir accéder aux richesses de ces pays tout en restant à la place que l’on acceptait de me donner, évitant ainsi des frustrations.
C’est dans le cadre de l’une de ces actions que je me rendais au Mali. Nous étions un groupe de dix jeunes femmes composant un collectif associatif. Nous nous connaissions toutes directement ou indirectement. Dans le groupe, certaines étaient mes amies d’enfance et mon amie la plus proche, Aya faisait également partie du groupe.
Cette « délégation », comme aimaient à l’appeler les habitants de Kayo, le village dans lequel nous sommes intervenues, avait pour mission de participer à la construction de la clôture d’un jardin maraîcher exploité par les femmes de ce village, situé dans la région de Ségou.
Accompagnées de trois éducateurs, nous avons pris le vol en partance de Paris pour Bamako le 17 décembre. Nous devions rentrer en France deux semaines plus tard.
Peu avant le voyage au Mali, j’avais décidé de reprendre contact avec Idris, mon premier petitami. Je l’avais rencontré un an et demi auparavant, lorsque j’avais 18 ans. Ma vie sentimentale n’avait commencé que tardivement en comparaison à d’autres jeunes femmes, notamment celles que j’avais rencontré au lycée et à l’université. Il m’avait fallu de plus nombreuses années pour mettre en lumière ma féminité. Et, je suppose que c’est lorsque j’ai commencé à accepter cette partie de moi que mon aura a suffisamment changé qu’’Idris porte son attention sur moi. A cette période, j’avais très peu confiance en moi et surtout en mes charmes. Comme beaucoup d’adolescentes et de jeunes adultes, je me sentais mal dans ma peau. Mes rapports avec le sexe opposé étaient purement amicaux. J’avais bien sûr eu des sentiments non partagés pour certains de mes amis mais n’avais eu aucune expérience amoureuse. Pour autant, j’étais pleine de principes et de certitudes concernant les hommes. L’homme qui partagerait ma vie devrait se comporter d’une certaine manière avec moi ; soit ils iraient dans mon sens, soit il m’était inutile de l’avoir dans ma vie. On me décrivait comme une jeune femme indépendante, autoritaire et peu nuancée dans ses choix. Ma hantise dans les rapports humains était de m’investir et de souffrir du fait de cet investissement. C’est pourquoi je m’étais construite des barrières me faisant apparaitre comme une jeune femme forte, maitresse de ses sentiments.
J’avais également été éduquée dans l’idée que je ne devais pas avoir de petit-ami mais un mari. J’avais compris de mon éducation que lorsque l’on était en contact avec un homme, c’était pour le mariage et que ce n’était qu’une fois cet engagement effectif que l’on pouvait véritablement commencer à vivre une relation à proprement parler. Aussi, dans mon milieu, les mariages dits précoces étaient fréquents, ce que j’attribuais à ce raisonnement. Cette manière de penser, je l’avais faite mienne pendant longtemps. Même sans avoir d’homme dans ma vie, je pensais que l’homme auquel je consacrerais mon attention et auquel je donnerais mon affection serait mon époux. Après notre rencontre, si nous nous entendions suffisamment, même sans nous connaitre, nous nous serions rapidement mariés et c’est dans le cadre du mariage que nous aurions appris à faire réellement connaissance. Nos parents ne disaient-ils pas que « l’amour vient avec le temps » ? Je ne pouvais concevoir d’autres formes de relations avec la gent masculine.
Pourtant, j’étais considérée comme une jeune femme ouverte, une confidente et une conseillère même dans le domaine sentimental même si je n’y connaissais rien. Sans doute faisais-je preuve de bon sens ou étaisje douée pour dire aux autres ce qu’ils souhaitent entendre.
La plupart des jeunes femmes que je connaissais sortaient avec de jeunes hommes de leur âge. A cette période, j’avais choisi de me focaliser sur mes études, sur mon avenir professionnel notamment. Je souhaitais être instruite et choisir un métier qui me permettrait d’être indépendante socialement et autonome financièrement pour ne pas dépendre d’un homme et ne pas reproduire le schéma des femmes de mon milieu d’origine. Je me sentais parfois en décalage avec les filles de mon âge du fait de ce choix. Je n’aimais pas les sorties, le shopping, le maquillage, les activités de jeune femme de mon âge, en général. Ma manière de voir les relations hommes/femmes était entretenue par les mamans de mon entourage. Elles faisaient constamment référence à leur parcours et à celui des jeunes femmes de mon âge ayant reproduit ce dernier. Leurs mises en garde prenaient la forme d’expressions telles que : « moi à ton âge j’avais déjà 2 enfants » ou « les filles de ton âge sont déjà mariées »ou encore « la fille d’untel qui a ton âge s’est mariée l’année dernière » … Comme si, à 18 ans, j’étais déjà trop vieille pour me marier et avoir des enfants.
Lorsque finalement, j’ai rencontré Idris, nos rapports ont été à l’image de mon ignorance des relations sentimentales et de mon ambivalence concernant mes désirs de femme. Nous étions tous deux originaires du Mali, j’ai donc pensé que lui aussi avait été éduqué dans l’idée qu’on ne fréquente pas les femmes en dehors du mariage. Je pensais même qu’ayant grandi en Afrique, ces principes auraient été encore plus fortement ancrés en lui. Croyant cet implicite partagé, j’étais pleine de confusion, tiraillée entre ce que je supposais qu’il attendait de notre relation, c’est à dire le mariage dans un très proche avenir et mon désir d’indépendance, ma ferme volonté de poursuivre des études et de devenir une femme accomplie professionnellement, socialement et financièrement. Cela s’est traduit par une relation en pointillés faite d’incompréhensions, de mésententes, de ruptures, de retrouvailles. Une relation compliquée, qui s’est terminée sans qu’on ne se le dise. Les rencontres se sont faites de plus en plus rares, les appels se sont espacés jusqu’à s’interrompre et nous avons eu un silence de plusieurs mois dans nos échanges.
Puis, un soir, je décidai de le rappeler. Malgré tout ce qui avait pu se passer de négatif entre lui et moi, je reconnaissais m’être toujours sentie attirée par lui. Ce qu’il me proposait, si loin de ce que j’avais jusqu’alors conçu me déstabilisait et me plaisait à la fois. Par ailleurs, son « instabilité affective », comme il le disait lui-même, me convenait finalement car je savais qu'avec un homme tel que lui, il ne serait pas question d'engagement pour le moment. Cela me convenait, d’autant que je n’avais pas moi-même l’intention de m’engager avant d’avoir atteint mes objectifs de carrière. J'en avais une envie au fond de moi, comme beaucoup de jeunes femmes de mon entourage, comme on l’attendait de moi mais cela n’était pas un but en soi, et pour lui non plus, du moins pas dans un proche avenir. A son contact, je ne craignais pas de devoir faire face à une telle éventualité dans notre relation.
Avant chaque voyage, dans notre tradition, il était coutume de prévenir ses proches de son départ et de leur présenter nos excuses, de recevoir leurs bénédictions car on ne savait jamais dans quel état on reviendrait et tout simplement si l’on reviendrait. Cela représentait pour moi un prétexte valable pour rappeler Idris. Le fait que j’aille pour la première dans le pays qui l’avait vu naître et grandir me touchait et je voulais partager cela avec lui.
Dans les jours qui ont suivi notre conversation téléphonique, quelques jours avant le départ, les contacts se sont faits de plus en plus fréquents. Idris voulait que l'on se voie pour reparler de nous. Mais le moment était mal choisi. Nous sommes donc convenus de prendre un nouveau départ à mon retour. C’est sur cet engagement de nous revoir après le séjour, que j’ai quitté la France
Lorsque j'étais à Kayo, j'ai beaucoup pensé à Idris, il me manquait. J'étais également pleine d'espoir. Ma vision de notre relation avait en effet évolué et je souhaitais avoir une relation plus adulte avec lui, une relation suivie, pouvoir développer des sentiments pour lui. Je me disais qu'il s'était décidé à être plus constant avec moi, à ne plus fuir devant une possible évolution de nos rapports. Et je pense qu'alors, si je me fie aux nombreux appels que j'ai reçus de lui là-bas, j'étais dans le vrai.
Je suis restée dans cet état d'esprit pendant les douze jours passés au village.
Nous devions quitter Bamako pour Paris le 29 décembre au soir mais nous y sommes arrivés la veille, afin d'y faire nos derniers achats et de profiter un peu de la ville. Nous avions fait nos adieux aux villageois et avions voyagé toute la journée avant d'arriver à la maison d'hôte où nous devions passer la nuit. Arrivés en ce lieu, que nous connaissions déjà pour y avoir passé la nuit de notre arrivée au Mali, nous avons été accueillis par le frère du gérant.
J'ai été la dernière à pénétrer dans la maison. Alors que les autres avaient directement rejoint les chambres, j'ai fait un détour par le salon. La raison en était, ce jeune homme qui s'y trouvait. Dès que je l'ai aperçu, j'ai été charmée. Ce détour avait pour but, d'une part de mieux l'observer et d'autre part, d'avoir ne serait-ce qu'un léger contact physique avec lui. Après un regard et une poignée de main en guise de salutation, j’ai quitté la pièce. Une fois dans la chambre, je n'ai pu m'empêcher de faire part de mes sensations à Aya, ma plus proche amie.
Ce soir-là, pour notre dernière nuit au Mali, nous avions prévu d'aller danser. Il s’agissait de clore notre séjour par un divertissement. Nous nous étions donc préparées pour l'occasion. Lorsque j’ai terminé, j’ai rejoint Aya dans le salon. Elle y était en pleine conversation avec le gérant, son frère et le bel inconnu dont j’ignorais encore le prénom. Quand je suis apparue au seuil de la pièce, il m'a regardée de manière si insistante que je me suis demandée si quelque chose n’allait pas sur moi. Après un contrôle rapide de ma tenue, n'ayant rien constaté, je me suis assise, lui tournant le dos. Je ne voulais pas qu'il remarque comme il m'intimidait et m'attirait. Cependant, de temps à autres, je me retournais, feignant de suivre la conversation qu'il entretenait avec mon amie. C’était le moyen que j’ai trouvé pour l'observer davantage …
Finalement, après une longue attente dans le salon, j'ai renoncé à sortir, la fatigue de cette journée me gagnant. Je me suis donc endormie, rêvant de lui.
Le lendemain matin, j’avais totalement oublié la rencontre de la veille. Nous avions encore de choses à faire avant de quitter Bamako. Entre les tatouages au henné, les tresses, et les achats de produits d’artisanat local, je n'avais pas trouvé le temps de repenser à lui, le stress du départ ayant pris le dessus.
Après une matinée mouvementée nous nous sommes rendues à la Maison des Artisans de Bamako. Nous avons commencé la visite du marché par la boutique B6. Aya et moi y avons acheté des paires de tongs une pour elle et deux pour moi. Nous avons été servies par un vendeur dont le charme m’a frappée. Comme le soir précédent, je me suis sentie attirée par ce que cet homme dégageait. Je n'avais alors pas fait le rapprochement entre le jeune homme de la veille et ce vendeur. Sortie de la boutique, j’ai fait part de mon sentiment à Aya. C’est elle qui m’a fait remarquer qu’il s’agissait du jeune homme de la veille, qui m'avait fait le même effet ; le vendeur et le bel inconnu de la maison d’hôte étaient donc la même personne.
Dans la boutique voisine, après avoir fait l’acquisition de statuettes, je suis retournée devant la boutique B6. Aya m’a montré le cadeau que lui avait fait le bel artisan. Un peu déçue de ne pas avoir attiré son attention, je l’ai interpellé sur le ton de la plaisanterie et lui ai fait remarquer que je ne comprenais pas pourquoi Aya, qui avait fait moins d’achats que moi avait eu un présent. A cela, il a répondu « ne t'inquiètes pas, je te réserve pour la fin ! ». J’ai juste levé les yeux au ciel et m’en suis allée. J’ai poursuivi ma visite de l’artisanat. A ce moment, je pensais, à vrai dire, qu'il était intéressé par Aya car il m’ignorait et passait son temps à parler avec elle.
De retour près de notre point de rassemblement, l’une des jeunes femmes membres du groupe, m’a informé que ce même artisan lui avait aussi offert un cadeau. Là, je n'ai même pas pris la peine de me plaindre. J’étais encore plus déçue et dans l’incompréhension. Il semblait s’intéresser aux autres jeunes femmes, mais pas à moi. Je me suis éloignée de l’entrée de la boutique et j’ai croisé les bras de dépit. Peu de temps après, il s’est approché de moi. J’avais changé de ton et
