1,99 €
Une amitié sans faille entre deux gentilshommes. Puis s'invite une belle ingénue... L'auteur traite dans cette pièce des déveines passionelles et carences communicationelles issues entre autres de l'Abîme qui nous sépare, "bougres et poétesses". Loin d'être une étude métaphysique, l'oeuvre se veut méditative et personnelle, dans un style burlesque et lyrique.
Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:
Seitenzahl: 23
Veröffentlichungsjahr: 2015
À toutes mes Éloïses.
ACTE I
ACTE II
ACTE III
ACTE IV
ACTE V
Pub sur les quais de Saône.
Un tenancier de bar grisonnant, quelques badauds, des joueurs de fléchettes, un client au comptoir.
Client
S’il vous plaît une pinte,
Tenancier
Monsieur la préfère brune ?
Client
Servez tel qu’il vous sied, car ce choix m’importune.
Il fut heure plus gaie, où toute chose de goût,
M'était un passe-temps, que je poussais à bout.
Or un jour j’entrepris, trop périlleuse aubade,
Tant et plus que dès lors, tout me paraît bien fade.
Tenancier
Mais Monsieur est pourtant, parfait’ment renseigné,
Il n’est meilleure enseigne, qu’ici pour vous aider.
Servant le verre.
Conseils et prescriptions, aux attristés je donne,
Distribuant remèdes, sirops à qui sermonne.
La joyeuseté ruisselle, transformant mal en mieux !
Client
Hélas tous vos patients, ne vivront pas bien vieux.
Tenancier,tendant le verre.
Je ne prends cette pique, mais six euros tout rond.
Client
Le prix de mon pardon, tiens ! Mais qui voilà donc ?
Sylvain, François, le tenancier, les badauds, les joueurs de fléchettes.
La porte de l'établissement s’ouvre. Un homme fait son entrée, retire son écharpe et secoue son parapluie avec aplomb.
Sylvain
Et déjà accoudé ?
François
Car l’oubli n’attend point,
Chaque minute alerte, je réclame des soins.
Je les trouve en liquide, et en variant les doses.
Sylvain
Eh bien mon vieil ami, ce n’est pas sage prose.
Je t’ai vu plus serein, sous bien meilleurs auspices.
François
Attends que je te conte, la passion destructrice,
Qui naguère malgré moi, défia mon coeur en joute.
Celle-là si connue…
Sylvain
Encore une ! Je t'écoute.
François
Une belle ingénue, à qui je veux mieux plaire,
Rencontrée par hasard, après une ou six bières.
Voici deux lunes déjà, qu’elle fit en soirée,
Subreptice arrivée, lors d’une courte épopée.
Sylvain
Blague osée je suppose ? Celles dont tu raffoles ?
François
En effet mon ami, je n’ai pas d'auréole.
Je racontais alors, une Dédé l’Routier,
Sans me douter pardi, de la médiocre idée.
Mes collègues sont pour sûr, un public averti,
Je ne pouvais prédire, qu’elle passait par ici.
Sylvain
Laquelle énoncais-tu ?
François
Désires-tu les détails ?
Car au vu des méfaits, je doute qu’il ne faille...
Sylvain
Fais donc enfin te dis-je, que je puisse en juger.
François
D’accord mais attends-toi, à l’effet escompté !
Il s’éclaircit la gorge.
Un beau matin d’été, ce bon Dédé conduit,
Son fidèle carrosse, trente-huit tonnes et demi.
Soudain c’est à mi-route, qu’il voit sur la chaussée,
Une pauvre petite, qui semble désemparée.
S’arrêtant dare-dare, car vraiment un chic type,
Il demande à l’enfant, ce qu’elle fait là en nippes.
Pleurant et balbutiant, elle répond en larmes,
Qu’un accident funeste, surgit dans un vacarme.
