De temps en temps - François Dralliatab - E-Book

De temps en temps E-Book

François Dralliatab

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Beschreibung

Du plus insignifiant de nos gestes quotidiens, dépend un autre monde, celui de la seconde qui suit. Quelle responsabilité, quelle chance, quelle utopie, quel espoir, quelle urgence ! ... Les abeilles sont menacées, mais les papillons jubilent.

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Seitenzahl: 79

Veröffentlichungsjahr: 2018

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« Pas le but, le chemin »

A mon frère, Gilles

Sommaire

LE GUIDE

UN AIR DE FAMILLE

DANS L’AIR DU TEMPS

AVOIR L’AIR OU PAS

LE GUIDE

Le guide

Gilles. 2015

Un faux pas hier m’a fait trébucher ici.

Les jours sont devenus longs, à demi-endormi.

Même le soleil en se levant le matin est morose.

Le temps a changé le temps qu’il faut pour toute chose.

Connais-tu les mots qui disent ce que je sens ?

A qui puis-je parler ? Les autres sont devant.

J’ai regardé derrière et j’ai tout vu en clair.

Ma force et mon équilibre, enfin ceux d’hier.

Je me tiens sur un pied, je marche sur du verre,

Tout un côté de moi, n’écoute plus mes mots.

Ma voix jette là-haut, ce que j’ai en prières.

Qui a voulu cela ? J’étouffe mon sanglot.

Le sol se dérobe, ma jambe qui ne peut pas

Réapprendre tout, accepter de nouvelles lois.

Mais je ne me plaindrai pas, je visse mon regard,

Vers le haut, vers demain, je me sens montagnard.

Je ne me sens pas seul, chaque jour à lutter,

Epaulé par ma femme, exemple de volonté.

Par un seul regard de mes enfants, ranimé.

Entouré de parents, d’amis, comme encordés.

Je me tiens sur un pied et l’autre a touché terre,

Juste là devant moi, coule l’eau des sanglots.

Dis-moi quelle est la voie, par-delà ce désert ?

Je ne reste pas là, je crois, c’est ce qu’il faut.

Mon fils, mon fils, regarde-moi. C’est papa.

Tu as peur de tout ici, je sais. Ces blouses,

Cette odeur te sont si familiers, terrible appât.

Le vert des murs est pale, si loin de la pelouse.

C’est papa, mon fils, je connais bien ta peur,

Tu sais comme on est seul, pour digérer ses pleurs.

Le docteur m’avait dit « vous ne marcherez plus ».

C’était l’année dernière, je n’ai pas entendu.

Je me tiens sur deux pieds, posés là comme naguère.

Je me tends comme un arc, pour faire un premier saut.

Le désert a séché sur le sol toute l’eau.

Je ne reste pas là, je suis parti en guerre.

Rien n’est plus comme avant, je sais, tout a changé.

Ton père n’est plus le même, ton père est fatigué.

Dix-huit mois près d’un lit, à tanguer sur la boue,

Mais, je l’ai gravie la montagne, je suis ... debout.

Je ne te dirai pas par où je suis passé.

Dedans j’ai crié, mille fois, j’ai douté,

C'est ton corps qui bascule, ton esprit qui se vide,

Tu connais la trouille qui te tenaille, qui te bride.

Je marche quelquefois, aujourd’hui pas hier.

Le docteur me poursuit, diagnostic de tarots !

Je marche dans l’allée, demain plus loin, j’espère.

Cent mètres parcourus, je sais ce que ça vaut !

C’est papa, mon fils, prends ma main. Elle est forte.

Elle tient serrée la ligne, vers où je veux aller,

J'ai pesé sur mon poing et me suis redressé.

Je remercie mon lit, debout devant la porte.

La ligne dans ma main contient une césure,

Un tiret si brûlant, inscrit dans le passé.

Cette trace était-elle hier, dans cette figure ?

Qu’importe. Le futur peut maintenant s’y ancrer.

Je marche sur les larmes que je versais hier,

Derrière moi, un docteur qui révise ses maux,

Je marche sur ce sommet que je conquiers

J'entends dans la vallée, mon pas qui fait écho.

Comment vas-tu ma femme ? Tu dois être épuisée,

A maintenir un cadre sur ma silhouette courbée.

Qu’il me fut long de m’extirper d’un lit

Pour me retrouver debout près de toi aujourd'hui.

Les enfants, ces moments ne furent pas perturbés que pour moi.

Derrière vos sourires et vos petits minois,

Vous deviez vous poser des questions sur papa.

Où est-il ? Que fait-il ? … Maintenant, je suis là !

Je marche sur les larmes que je versais hier,

Derrière moi, plus un bruit, on se tait dans mon dos.

J‘ai franchi le sommet, pas le temps d’être fier.

Je respire et demain, je vais aller plus haut.

Nous voilà réunis dessus cette montagne,

Personne ne savait ce qui était derrière,

Chacun a parcouru, un chemin depuis hier,

D’autres sommets devant, pour ceux qui m’accompagnent.

J’ai conquis la montagne dont je rêvais hier,

D’autres sont avec moi, entonnant un credo,

A chacun son sommet, sa trace dans la poussière,

Un esprit qui conduit, la marche comme cadeau.

UN AIR DE FAMILLE

Marie

1998. Mis en musique par Eric

C’est l’histoire d’un poisson dans un petit bocal,

Qui mauvais architecte de sa vie d’animal,

Avait copié les plans, pour faire sa maison,

Trop étroits pour sa taille, du logis d’un plancton.

Tout juste un peu plus loin vivait une bélière,

Elle avait le cœur plein, était d’humeur fière,

Ses cornes lui servaient - quand la vie présentait,

Un obstacle – à transpercer toute adversité.

Une âme, ce jour-là, cherchait depuis lurette,

Sur terre façon d’entrer par la porte secrète.

De cornes et d’écailles, Dieu lui fit un nid,

Elle deviendra taureau, car c’est Lui qui choisit.

Petit taureau demain, tu devras découvrir,

Ta nouvelle maison et l’air qu’on y respire,

Le monde des enfants et de ceux plus âgés,

Qui portent dans leur cœur, ce qu’il leur faut chercher.

Les couleurs que tes yeux, verront à ton éveil,

Seront celles de l’eau et celles du soleil,

Ta vie tu l’écriras avec ceux qui t’entourent,

Les choses d’importance, sont celles de l’amour.

L’Architecte

- Anniversaire papa, 2000

Il était un enfant, c’était il y a longtemps,

Qui voulait devenir, un jour un architecte

Doué pour le français, en calcul excellent,

Il fut bientôt de ceux que les maîtres détectent.

C’était pendant la guerre, et vous imaginez,

Que des rêves d’enfant, ne pèsent pas bien lourds,

Face aux réalités, qu’on se doit d’assumer,

En tant que père ou mère, pour manger chaque jour.

C’est ainsi que l’enfant, dut vite se résoudre,

A laisser ses copains, sur les bancs en découdre,

A ranger ses crayons, à laisser ses cahiers,

A colorer les murs plutôt qu’à les rêver.

En effet ses parents, avaient choisi pour lui,

La façon la meilleure, d’aller gagner sa vie,

Son père l’emmena chaque jour à vélo,

Faire de la peinture, perché aux escabeaux.

Mais les rêves d’enfant survivent aux contingences

Vous qui l’avez été, savez bien qu’à quinze ans,

Sans savoir son métier, on connaît ses talents

Qu’en écoutant son cœur, c’est la vie qui commence.

Vous allez j’en suis sûr, me demander alors,

Ce que devint ensuite, la vie de ce garçon,

S‘il a pu oui ou non, écrire le décor,

Que son cœur dessinait, à l’âge des bonbons…

La force d’un destin est en ce qu’il dépasse,

Celui dont il écrit le chemin chaque jour.

Chaque choix que l’on fait, qu’il vive ou qu’il trépasse,

N’est qu’une goutte d’eau dans l’encre de l’amour.

C’est ainsi que l’enfant, devenu un jeune homme,

Sans le savoir vraiment, commença à construire,

Réponse à l’équation que tout être autonome

Passe une vie à résoudre, à lire ou à nourrir.

Premier de quatre pans, celui de la culture,

Fut pour l’adolescent, première construction.

Il remplaça chacune, des regrettées leçons,

Par cent livres choisis, au gré de bons augures.

A compter les ouvrages qu’il aura dévorés,

L’on pourrait parier, et sans leur faire injure,

Qu’aux profs qu’il n’a eu, et qui lui ont manqués,

Il pourrait en apprendre. Voilà le premier mur.

Il compléta l’ouvrage, en pratiquant le sport,

Commença pédalant, excella au tennis,

Fit de la randonnée, conduisit des hors bords,

Ajoutant chaque année, des pierres à l’édifice.

Et au-delà du temps, de l’imparable usure,

Son corps a retenu, à compter ses sourires,

Que sur une piste noire, petits maux et blessures,

Peuvent se rhabiller, mais fallait-il le dire ?

Son cœur d’artiste lui servit, à mettre en place,

La troisième façade qui le protégerait,

Contre les courants d’air qui entre deux pans passent,

Celle-ci fut colorée, jolie et inspirée.

Quand il avait choisi, les teintes et les matières,

Qui allaient habiller les murs d’une maison,

Les yeux de ses clients, passait du gris au pers,

Egayés de lumière, couleurs de leurs passions

Oui mais me direz-vous, l’ouvrage n’est complet,

Que si l’on prend le temps, de clore solidement,

Le périmètre au sol, de son appartement

Le quatrième pan à ce moment manquait.

Il n’est pas nécessaire, de compter dans cette salle,

Le nombre des amis, qu’il croisa dans sa vie,

Pour savoir aussitôt, que vous êtes ceux-ci,

Qui fermèrent périmètre, du solide produit.

Quatre pans, quatre murs, la belle fondation !

La base est installée, la forme en est jolie.

Enigme du calcul, de la gravitation,

On ne peut plus solide, ou j’en serais surpris.

Si l’on récapitule, pour ceux qui sont perdus,

Nous voici en présence, d’un bâti harmonieux,

Construit par un jeune homme, qui était désireux,

De vivre rêve d’enfant, sans même qu’il le sût.

Une façade construite, sur base de culture,

La seconde sur le sport, sans qu’il n’y ait usure

Travail et puis talent, rendent l’ouvrage solide,

Les amis pour finir, referment la bastide.

Ce qu’il manquait alors, vous l’aurez deviné,

C’est un toit qui protège, qui réchauffe, qui rassure,

Un toit présent partout, capable d’assurer,

Que quel que soit demain, chaque jour a son futur.

Qu’elle soit faite d’amis, de fils ou de filles,

De mari ou de femme, d’aïeuls ou de cousins,

Son breuvage est l’amour, le cœur en est le sein.

Ce qui finit l’ouvrage, s’appelle une famille.

Il était un enfant, c’était il y a longtemps,