Des astres - Bernard Conseil - E-Book

Des astres E-Book

Bernard Conseil

0,0

Beschreibung

Printemps 2020, profiter du confinement à Nantes pour écrire le journal quotidien d'un personnage, lui aussi confiné, tel est le chalenge lancé par l'animatrice d'un atelier d'initiation à la nouvelle. Poursuivi par la bande à Paul, le passionné d'astronomie a dû s'enfuir précipitamment. Toutefois, il a pu emporter sa lunette d'observation et quelques documents importants. Réfugié dans une soupente, il lui sera plus facile de prédire la marche des astres que les évènements auxquels il devra faire face dans les semaines à venir.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern
Kindle™-E-Readern
(für ausgewählte Pakete)

Seitenzahl: 55

Veröffentlichungsjahr: 2022

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Sommaire

La genèse de l’ouvrage

Chapitre 1 – Confinement

Chapitre 2 – Le Professeur en fuite

Chapitre 3 – Le chemin de croix

Chapitre 4 – Sous les étoiles, le bonheur

Chapitre 5 – Refuge dans la forêt

Chapitre 6 – Retour sur le monde d’avant

Chapitre 7 – Une rencontre inattendue

Chapitre 8 – Déconfinement

Épilogue

Notes de l’auteur

Annexes

La genèse de l’ouvrage

Journal de confinement d'un personnage

Dans le cadre de l’atelier d’écriture « la Plume et le Clavier » l’animatrice du cours d’initiation à la nouvelle, a proposé à ses élèves un dispositif d'écriture pendant la période de confinement (17 mars 2020 - 10 mai).

Il s’agissait d’écrire chaque jour le journal d’un personnage imaginaire. Il avait aussi quelques semaines devant lui. Il ou elle allait se retrouver confiné(e) pour la même durée que l’atelier, par choix ou contre son gré, dans les conditions et à l'époque choisies par chacun.

Jeune fille du XVème siècle enfermée dans une tour par un père abusif, jeune moine pieux se cloîtrant puis craquant au bout de quelques semaines, archéologue coincé sous un éboulement, personnage incarcéré (innocent ou coupable), astronaute bloqué en orbite.... L'imagination est ouverte.

Ce journal offrit à lire le quotidien du personnage mais il fallut aussi qu'avec naturel il livra un peu de son histoire (qui pouvait être rocambolesque ou très sobre). Il fallut distribuer au fil des chroniques journalières la quotidienneté – difficultés et joies – et les éléments plus globaux concernant la mésaventure du personnage (certains confinements n'empêchent pas d'être en lien avec d'autres humains).

L'idée a été de partager ce journal chaque semaine avec l'ensemble du groupe, que je tiens ici à remercier : Christel, ainsi qu’Agnès, Bertrand, Céline et Vincent.

Chapitre I

CONFINEMENT

Vendredi 27.03.20

Cette première journée en ce lieu m’a beaucoup fatigué et contrarié. Une fois le soleil couché, j’installe avec plaisir ma lunette astronomique et j’oublie mes soucis. Côté du couchant le croissant naissant de la lune se découpe dans le ciel toujours dégagé. Sur la faible portion éclairée par le soleil, j’observe sa surface tourmentée et ses cratères. Là-haut, l’astre n’a pas de peau lisse ! D’ici une semaine la lune sera gibbeuse, comme l’est aujourd’hui Vénus, beaucoup plus haute dans le ciel à cette heure.

Il y a quelques temps, elle m’apparaissait plus petite mais ronde, comme la pleine lune le sera dans une douzaine de jours. D’ici mai, la partie visible de l’étoile du berger se réduira à un croissant, mais l’astre apparaîtra plus gros. J’espère pouvoir suivre son évolution.

Sur ces considérations, c’est le moment d’aller se coucher. Le temps se gâte et les premiers nuages couvrent le ciel.

Samedi 28.03.20

Avec l’humidité qui revient, mes rhumatismes me font à nouveau souffrir, d’autant plus qu’ici il n’y a pas de moyen de se chauffer. Il me faut faire un peu d’exercice. Comme je ne peux pas descendre les escaliers et aller dehors, je suis contraint de marcher en rond dans la soupente dans laquelle j’ai trouvé refuge.

Heureusement que dans ma fuite, j’ai pu emporter ma lunette ainsi que toutes mes notes et dossiers importants en plus de mes livres préférés. Par contre, je n’ai eu ni le temps, ni la place pour prendre suffisamment de vêtements. J’ai préféré emporter de nombreux paquets de feuilles et tout mon matériel d’écriture et de dessin.

Ici, le confort est très sommaire, mais ce que j’apprécie vraiment ce sont les deux lucarnes opposées (l’une tournée vers le sud-est, l’autre vers le nord-ouest). Outre la lumière du jour, elles m’offrent la possibilité d’observer le ciel dans pratiquement toutes les directions. Toutefois, de grands arbres me cachent l’horizon, surtout côté ouest.

Je dispose d’un lit pas très confortable, de quelques étagères branlantes et de planches posées sur deux tréteaux avec un tabouret. C’est sur cette table que j’ai commencé à rédiger mon carnet journalier et à noter mes observations astronomiques. C’est aussi, sur cette même table que je prends mes repas.

Dimanche 29.03.20

Très tôt le vent a soufflé violemment et m’a empêché de finir ma nuit, il s’infiltre aussi sous les tuiles. Pourvu que je ne tombe pas malade ! En tout cas ma journée a été difficile, j’ai décidé de ne pas travailler, mais plutôt de lire et de déambuler sous les toits. En milieu de matinée, j’ai entendu au loin des cloches sonner appelant les fidèles à l’office.

Plus tard, quand la lumière du jour a décliné, je me suis couché sans attendre l’apparition de la lune ni celle de Vénus. Le vent soufflait toujours, puis je me suis endormi. J’ai cauchemardé que certains hommes de main de Paul m’avaient rattrapé et me torturaient.

Lundi 30.03.20

Aujourd’hui, je vais écrire dans ce carnet la structure type de mes premières journées, c’est celle que je suivrai très probablement pour les suivantes.

Pour ne pas attirer l’attention des voisins, mon fidèle assistant me porte mes repas, ainsi que les bonbonnes d’eau, très tôt le matin, puis très tard le soir. Il en profite alors pour descendre le seau hygiénique, les poussières du ménage et les plats à laver. Afin que je puisse profiter des plats chauds, je les mange dès qu’ils me sont apportés. Dans les faits, je commence la journée par un copieux repas et la termine par une soupe légère suivie d’une bonne tisane de saule. Une fois Mario parti, je barricade la porte pour la nuit.

Si la météo est favorable, je me lève tôt pour observer et relever les positions de Jupiter, Mars et Saturne. Le soir après le coucher du soleil, mon attention se porte sur Vénus. Ayant déjà beaucoup observé la lune, je la regarde évidemment si elle est présente, mais je ne changerai pas mes horaires pour elle. Ce qui ne sera pas le cas pour les trois planètes, qui m’apparaitront sur le sud-est de plus en plus tôt. Quant à Vénus, ce sera jusqu’en mai toujours après le coucher du soleil, puis le matin, à son lever dès juillet. J’espère que mon confinement n’ira pas jusque-là !

Une fois mises au net toutes mes observations sur le mouvement des astres, je travaille sur mon principal sujet de préoccupation et réfléchis à ma stratégie de conduite pour les mois à venir. Je suis bien aidé par Mario, mais il ne reste à chaque passage que très peu de temps. Il m’apporte régulièrement les nouvelles de l’extérieur, qu’il me communique à voix basse en utilisant des codes pour ne pas nommer directement les gens ni les lieux concernés. Ce qui est important, c’est que je ne me fasse pas remarquer, encore moins localiser. J’ai dû aussi me couper de tous mes réseaux sociaux.

Mardi 31.03.20