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Des caresses certaines, des joies souveraines Électrifié e, lorsque me frôle ton Cor Seulement et follement Il fera bon pour nous, ce soir... Ressens-tu la plénitude, ressens-tu la douleur ? 40 artistes contemporains se parent aux couleurs du désir... Elles et eux viennent de tous horizons. De tous âges. Écrivains, chanteuses, musiciens, danseuses, poètes, Slameurs... Réunis par et pour la Poésie. Une poésie démystifiée, libre et accessible à tous. Le désir sous toutes ses formes. Le désir d'humanité. Parce qu'il est au coeur de nous. Au désir de vous. Un recueil scindé en Quatre souffles. Comme les quatre saisons. Comme les âges et les battements du coeur, aussi. Comme une lettre à votre ombre, à vos silhouettes. Chères lectrices et chers lecteurs...
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Seitenzahl: 170
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Cet ouvrage fait partie de la collection Azur
Il est le second publié par la maison et a été imprimé sur papier crème 80 g.
Les caractères de titre appartiennent à la policeHoliday Romance du typographe Putra Khan.
La police de labeur est l’EB Garamond de Georg Duffner.
DANS la prairie et ses alentours
Effleurer la peau du jour encore indécis
Se découvrir quand l’aube vient
Il est là, ce temps qui nous inonde
Rose sera toujours fanée
Envoûtée par cette sulfureuse hypnose
Zélé, tu décides de prolonger le tête-à-tête
Ma main posée sur toi, si assurée et si confiante
Ô effluve hardi! Tonitruante! Caracolante
Impatiente, incertaine…
Perles choisies parmi des fleurs poétiques de
Franck Juré
Colette Nys-Mazure
Gabuzo
Barbara Bigot-Frieden & Valère Kaletka
YG Luv
Cloe Demeter
Constance Chovet
Loris Marcy
Henrik Nourry
Préface
Été
Matin naissant
Sans fin
Les beaux jours
Les nuits d’été
Fournaise impossible de tous les instants
À demi
Jeanne est une flamme
Le désir me prend comme une vaste tempête
Lune de fiel
Allongée là, en proie à mes émois
Pendant ton sommeil
Un soir comme celui-ci
Un endroit qui m’attend
Long est le temps…
Charnel
La fourche s’envole vers ce mur de paille
Majorelle
Ce regard
Il suffit d’un regard…
Te dire un poème…
Le kimono
Rondel à un jeune homme
À fleur de peau
Désir d’Ô
J’aimerais…
Le désir
La Candide Princesse
Désirée
Fasciculation
Branches calcinées
Tendresse goulue
Maëlle, je l’aime
Mon éros
La nuit te révèle
Ta peau
Je te redoute et je t’espère
Entre deux portes
Lettre à l’amour: Qui es-tu?
J’y ai laissé des plumes
Elle
Sonnet à une jeune femme
Sentir ton odeur tant appréciée
Mon incendiaire
Notre architecture
Madame à la jupe de soie
Aimée-aimante
Sur mon grand piano noir
Dans l’ombre de tes secrets
Grâce
Le Madrigal
Sur l’autoroute de ton désir
Âme sœur
Parfum Aude
Les yeux d’une femme
Un phare s’illumine
La toute première fois que je t’ai aperçu
Toute tatouée
Tes bras m’invitent
Cœur coquelicot
Je broie du noir
De profundis
Doux poison
Je dessinais ton corps glorieux
Nuances
À la poursuite des sentiments
Cupidon
L’essence
Fougue
Entre la foudre et nos instincts sauvages
La Kôra
Désir des yeux
Désirer et aimer
Bleu azur
Je ne pensais pas
Désirs inflammables
Quand mes baisers viennent éblouir
Désir
Tête à tête
Ce regard brûlant qui dévore mon visage
Libre excès
La nouvelle Shéhérazade
Jeunesse
La route avec toi
Si tu creuses où tu as tes racines
Le baiser de Rodin
Frottements rythmés
Fin d’été
Nos désirs se mêlaient
Automne
Échappée belle…
À mes risques et désirs
Désir essence
Transportez-vous
Cacophonie
J’ai fait une fugue
Géographie intime
De toi à moi
La part d’ombre
Et j’écris au fil des mots
Amnésie
Ah! je voulais être poète
À la quête du génie
Te chercher
L’au-delà des mots
Un autre homme
Le seuil
Désirable poésie
La souveraine
Amanda
Le calice de Laly
Paradis
Les romantiques
La vie en équilibre
La voie de la liberté
Ce que je veux!
Comment accepter d’être simple passant
De l’eau et du sel
Simplement écrire, ou mourir
Si le Temps pouvait relâcher son emprise
Perdition?
Hiver
Rattraper
Regard d’EHPAD
Et je te regardais comme on aime longtemps
Amour
Le désir
Ce que dit mon cœur
J’ai une nouvelle à t’annoncer
Couleur de toi
Del-amore
Je ne t’aime plus
Poison, I
Poison, II
On ne sait plus aimer
Lettre à un être dérobé
Narcisse
Les cathédrales qui brûlent
Histoire du Romantisme
Toucher
Printemps
Prose amoureuse de printemps
Petits pas de danse et chants virevoltants
La vie nouvelle
À force de fréquenter ces pauvres
Passée la porte du printemps…
L’amour
Chagrin d’amour
Les nuits d’insomnie
Je t’attends
Dis-moi, petit ange
Nos pas perdus
Un oiseau de paradis
L’attente
Memento vivi
Comme l’arbre au printemps
N’oublie jamais de respirer
Comme un arc ton bras dans le ciel
Il faut être amoureux!
Le soleil réchauffant mon cœur
Et si un jour, peut-être
Eau-forte
L’improbable métrique d’une âme aimante
Le voyage de l’amour
Savez-vous qu’il est donné à tous
Accueillir
Je jongle avec les rires
Il fera bon pour nous, ce soir…
Marcher d’un air Radu
Côte d’Opale
Notre histoire : Te manquer, suivi de Toi et moi
Me pardonner
Le bonheur existe
Je veux
Il y aura demain
Les bruits du monde sont des silences
Je t’aime comme la douce brindille au fond de la nuit
Éternel amour
Il a tant plu sur Phnom Penh
Ombres chinoises
Au coin du feu…
Ce que je disais…
La bougie
Tant qu’écrire sera pour toi
Et tu diras oui ou non
Tous les jours j’attends ce moment unique
Te retrouver
C’est l’enfance en nous
Soupçons
Laisse en toi le poème jouer sa chance…
Chaque poète est un semeur
Lettres au désir
Lettre de Clœ
Lettre de Franck
Lettre d’Émeline
Lettre de Floriane
Lettre de Loris
Lettre de Loraine
Postface
Le Je de la poésie est à tous
Le Moi de la poésie est à plusieurs
Le Tu de la poésie est au pluriel
Andrée Chedid
Pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, se sont déliés tant de crayons, plumes et claviers? Est-ce l’effet des confinements successifs? Plus profondément il m’apparaît que chaque être humain éprouve des sensations et des sentiments, des idées et des idéaux, des aspirations, des révoltes qu’il désire exprimer, partager, échanger. Sortir de son for intérieur pour rencontrer au plus juste, au plus vrai d’autres vies que la sienne.
Nous le savons: d’une part, la poésie n’a rien à voir avec la mièvrerie et les conventions, le luxe d’intellectuels, la tour d’ivoire ; d’autre part, la vision poétique excède sa transposition textuelle pour embrasser leschorégraphies de Pina Bausch, les paysages urbains peints par Hopper, la musique de Schubert, Erik Satie ou Arvo Pärt, les jardins de Monet…
Au départ l’étonnement infini d’être au monde qu’a si bien transcrit Amin Maalouf : « Je suis né sur une planète, pas dans un pays. Si, bien sûr, je suis né aussi dans un pays, dans une ville, dans une communauté, dans une famille, dans une maternité, dans un lit… Mais la seule chose importante, pour moi comme pour tous les humains, c’est d’être venu au monde.»
Vécue dans l’enfance, cette surprise émerveillée ne peut se tarir, mais elle a besoin d’être sans cesse ravivée, aiguisée. La poésie a cette vertu d’user d’une langue maternelle dont chaque vocable polysémique s’avère fécond.
Arnaud Minime achoisi de diviser son anthologie en quatre saisons, mais cette thématique naturelle s’allie à bien d’autres : l’amour, la colère, le temps à l’œuvre, la mort, les natures que l’on dit mortes et ces innombrables mystères et paradoxes qui nous captivent, car, s’il s’agit de célébrer l’existence, il n’en faut pas moins dénoncer les dérives. Si la poésie désarme la violence, elle n’en continue pas moins d’alerter nos consciences trop vite assoupies. Poètes témoins et sentinelles. Amers au large pour nous offrir des repères.
Fidélité à des formes anciennes et curiosité à l’égard des créations contemporaines : l’alliance retrouvée de la poésie et de la musique, des mouvements du corps et des mots, des correspondances subtiles et des images en kaléidoscope. Tant de voies attirantes à accueillir, au lieu de leur opposer une résistance, voire un refus frileux.
Ce ne sont pas seulement les sources d’inspiration qui varient, mais les tons et les styles. On peut préférer une poésie concise, économe d’effets, mais admirer le lyrisme de certains, l’exubérance baroque. Nous avons besoin d’être dé-rangés.
Plus que jamais nous écoutons Rilke, dans ses Lettres à un jeune poète, lorsqu’il invite celui-ci à se détourner des grands sujets pour cerner ceux, modestes, que lui propose sa vie quotidienne. Je crois que rien n’est insignifiant pour qui vit tous sens aux aguets, sans négliger le sixième: l’intuition.
Il est vital d’avancer en lisant d’autres que ses proches, en nourrissant la curiosité à l’égard d’autres langues poétiques, en bilingue, si possible, afin de mieux saisir les échos et le graphisme original: Louise Glück, Erri de Luca, Pablo Neruda, Anna Akhmatova, Tomas Tranströmer… Notre humaine condition fournit la nappe phréatique commune permettant toutes les transpositions originales.
Lorsque j’ai eu lachance d’être invitée à un festival international d’octobre, à Trois Rivières au Québec, j’ai vu et entendu la ferveur des poètes issus de plus de trente pays différents, et celle des écouteurs très nombreux qui les suivaient pendant une dizaine de jours, en écoles et facultés, en maisons de retraite et expositions, restaurants (populaire ou gastronomique) et boîtes de nuit. Déchiffrer les trois cents poèmes d’amour apposés aux façades, en glisser dans la boîte à poèmes, saluer la statue du Poète inconnu. Magnifique incarnation de l’urgence poétique. Ces poètes me parlaient de manifestations analogues, tant en Amérique latine qu’en Afrique. Effectivement, lorsque j’ai été invitée à Mexico, j’ai participé à la Nuit de la poésie et de la musique, organisée à l’Alliance française. Beaucoup de monde pour les lectures, les concerts, les tables rondes; j’ai notamment murmuré de brefs poèmes à l’intime d’une pièce éclairée d’une bougie, et marquée par un sablier pour les personnes qui faisaient la file. En France et en Belgique, j’ai rejoint des groupes de parcœuristes qui se rassemblent dans une librairie, un musée, un centre culturel, pour se dire des poèmes mémorisés. Oui, la poésie au pouvoir partagé et pacifique.
Qu’un jeune poète prenne l’initiative d’élaborer une anthologie ouverte aux voix nouvelles ne peut que susciter l’admiration: c’est un travail de longue haleine qui ne va pas sans difficultés spécifiques lorsqu’on connaît l’extrême sensibilité, voire la susceptibilité des artistes. Arnaud Minime a relevé ce défi avec un enthousiasme soutenu. Il en résulte un ouvrage réfléchi offrant lachance de l’édition à nombre de jeunes poètes.
Cette anthologie nous invite à l’ouverture et nous incite à diffuser la beauté parfois cachée dans nos vies ; à savourer les merveilles de la langue poétique ; à ressentir combien le poème nous donne à vivre mieux et plus loin.
Colette Nys-Mazure, 26 avril 2021
Pour qui désire…
Ces fleurs, ces saisons
ces couleurs du cœur
Cher lecteur
Et à toi aussi, ô Désir !
Embrasse-moi, embrase-moi avec ta peau, ta bouche et ton cœur jusqu’à l’étincelle et le grand feu
Patricia Ryckewaert, Tu m’as dit
matin naissant des lèvres suçotent d’autres lèvres
sous le halo sélénite aux lueurs somnolentes je m’animalise
ma langue lovée dans la moiteur de sa bouche prémices
Abia Dasein, fleurs nouvelles
Te ronge le désir
d’avaler des lampées de lumière
une envie d’apostropher le vent
Tu contemples cette aurore
aux couleurs singulières
et demeures enfant ravi à la fenêtre
Sur l’invisible portée
les trilles d’oiseaux
qu’enchante la clarté
Effleurer la peau du jour encore indécis
surprendre la danse de l’araignée
entre deux fils à linge
Rafler l’orage
le défier
et ne pas rendre de comptes
Colette Nys-Mazure, fleur nouvelle
Oh les beaux jours !
J’ai envie d’escapades et de baisers volés viens avec moi mon amour allons ensemble nous promener ! Je veux entendre le merle faire sa cour écouter les oiseaux de la forêtchanter m’extasier devant le lièvre qui court et qui disparaît au bout du sentier Dans la prairie et ses alentours ressentir le souffle du vent et m’enivrer de la beauté de la vie et de l’amour en écoutant ton corps respirer Folâtrons dans les herbes mon amour oublions un instant les tours enfermées profitons des beaux jours pour vivre et s’aimer
Franck Juré, fleur nouvelle
Nos âmes face au vent Qui fait danser tescheveux Porte nos cœurs d’adolescents Et nos rêves ambitieux Dans un Paris d’été désert Par une nuit pas moins torride Que ton sourire parfois timide Je rêve nos corps en bord de mer
Émeline Geoffrin, fleur nouvelle
Fournaise impossible de tous les instants Le chemin monte vers des ribambelles de plaisir On ne dort pas sous les oripeaux du désir II n’y a qu’un pas… pour remonter le temps
Christophe Ambroise, fleur nouvelle
À demi-mot, à demi-jour Dans les matins de nos deux corps Quand se murmurent les bonjourEt se caressent les je t’adore
À demi-nus, à demi-main Des frôlements au creux des draps Se découvrir quand l’aube vient Encore une heure, encore une fois…
À demi-souffle, nos soupirs Qui se livrent au jour naissant Et que s’agitent nos plaisirs ! Dans les silences du levant
À demi-endormis, encore Et nos deux corps enlacés Restons ici, dans cet accord Sans nous le monde peut bien tourner
Gabuzo, fleur nouvelle
Jeanne est une flamme Son corps danse incandescent Telle une langue-de-femme Frêle dans l’ombre Animâle De mon désir flavescent Qui malencombre
A. J. B. Jr., fleur ancienne
Comme une lettre à ton ombre,
éd. Maison Les Minime’s, 2021
Le désir me prend comme une vaste tempête il a mille noms mais sa main surgit au creux de mon oreille quand le ciel fête une nuit incendiaire et sa traînée de suie je m’étonne alors, je penche, je soulève un bout de mon royaume et son décor de soie me vois soudain grandir, pousser, quelle trêve me voir soudain monter au-dessus des lois je ne sais plus quelle heure, je ne sais plus quel [mois je ne sais plus quel vent se dresse ni quel air s’abatle monde s’est-il éteint? ses voix auraient-elles fui ?je demande un indice au jour, une ombre à la nuit quand elle avance, grave et secrète, glacée c’est mon âme alors qui se dresse, nouveau-né comme une fleur cachée du jour en pleine terre et qui perce, qui hume, qui dit « j’espère »…
Delphine Burnod, fleur nouvelle
Les vagues vont et viennent caressant Le sable qui se fait tendre amant De l’écume déroulant son ivresse Oh combien j’aimerais funeste Altesse me retirer comme la mer Loin de nous que je rejette Désormais la fin je ne peux taire
Et l’amer coule dans ma bouche Tant je redoute notre couche Aujourd’hui je ne peux plus te voir Le miel ne nous abreuve plus, noire Est la lune sur nos ossements Vois-tu je suis plus mort que vivant
Venu sans en prendre conscience Dans sa robe de nonchalance Le dégoût surprit notre idylle Même quand j’entends ce vieux vinyle BO d’un trip californien Je ne ressens vraiment plus rien Que tu disparaisses j’ai besoin
Là, l’amer coule dans ma bouche Tant je redoute notre couche Aujourd’hui je ne peux plus te voir Le miel ne nous abreuve plus, noire
Est la lune sur nos ossements Vois-tu je suis plus mort que vivant
Nous avons consommé notre amour Ne reste plus une once d’envie Les ronces m’entourent, au secours Je lève mon verre à «nous» détruit Mon cœur acide sulfurique Dissout tes moindres chants lyriques
Résurrection par la destruction En amour ou en désamour L’essentiel, le faire avec passion Et dans le doux vent, cabriolant Un clin d’œil à la lune me souriant
Henrik Nourry, fleur ancienne
Libre excès, 2017
Allongée là En proie à mes émois Mes mains négligemment Les draps vides, caressant En quête de ton corps En moi souffle la mort Basculée sur le côté Je fais semblant de te regarder J’imagine tes contours Mes doigts te suivent au petit jour Quand la nuit Tu es resté évanoui Et mes larmes roulent Maudissent le temps qui s’écoule Ma peau glacée Par ton absence répétée Frissonne à l’idée De ton corps seulement rêvé Endormi à mes côtés À mon oubli, livré Quand je m’éveille Mon cœur tombé, la veille Implacablement frémit Sous tes caresses ensevelies Dans les cendres de ma mémoire
Il fut un soir
Où je crus te voir Mes sens éperdus Dans un amour retenu Et mon âme perdue Dans les lignes de ta peau Ces quelques mots Douceur lointaine Dont mon attente vaine S’insinue dans mes veines Sournoisement vilaine Tu n’es qu’un rêve Dans ma nuit, une trêve Même si tes mains Viennent caresser mes embruns De leur souffle léger Trop léger pour exister Nos âmes unies Nos corps désunis Et mes espoirs Livrés à mon boudoir
Floriane Reboh, fleurs nouvelles
Tu ramènes doucement tes couvertures Sur le bord de ton visage alors protégé Comme pour maintenir la douceur Dans le paysage de tes songes égarés Et soudain je te vois, là… légère, caracolant Sur les plaines ou dans les mille collines Parfois j’aperçois les courbures de ton dos Dans la pénombre de mes nuits blanches Et je t’imagine là-bas, te prélassant, ensoleillée Dans le pays chaud et humide de tes rêves Étourdie par les spirales hélicoïdales de ton ADN Aspirée par les tourbillons de souvenirs enfouis Souvent, tu blêmis et tu gémis à petits cris Et je me surprends à désirer Sentir le lit se raccourcir Pour épouser les contours de ton corps Comme le ferait un drap de soie Quelquefois tes jambes s’agitent Comme pour m’inviter malgré moi À te courir après dans un jeu de nuit Et sous la lune, que je devine pleine Je me découvre, nimbé de nos sueurs Certaines nuits, tu poses un doigt endormi Sur la surface de ma peau nue Et, le souffle court, mon corps s’emballe Dans un territoire obscur où ton réveil Serait le seul remède encore ignoré d’ArchimèdePar moments je te regarde sommeiller Jolie, immobile, tranquille, blottie Dans la paix d’une nuit calme et sereine Et mon regard veille en berger sur le Temps Pour que ces moments, longtemps, te durent
Philippe Giltay, fleur nouvelle
Je les aime, ces soirs-là, drapés de tendresse… Déposant tes clefs en rentrant dans notre nid Esquissant un doux sourire, avant de m’embrasser[avec allégresse
Je les aime, les soirs comme celui-ci On se défait des soucis diurnes Afin de goûter aux plaisirs nocturnes L’humeur chafouine est bonne à faire le trottoir Caresse-moi, comme le manteau de la nuit[enveloppe le soirSusurre-moi ta journée en une délicate poésie Habille-moi de tes doux mots, avant de me déshabiller dans le lit… Que j’adore glisser vers l’enfance à tes côtés ! Nos rires innocents éclatent à la volée En se débarrassant des nombreux masques que[l’on a écornésUn bonheur simple, enroulé dans un plaid Le son grésillant de la télé nous berce, et fait aussi[somnolerNos papilles, une fois régalées du petit plat mijoté Le moment que j’apprécie le plus, c’est lorsque[s’ouvre le mondeOn tourne une page de papier granulé, et il[s’étend à nos pieds :Lis en moi comme dans un livre ouvert,[mon amourPuis, après s’être rassasiés d’aventures calligraphiées Faisons-le jusqu’au petit matin
Ah! que je les aime, les soirs comme celui-ci Vivement te retrouver, au soleil-crépuscule du jour Là, regarde: le soir nous fait signe de la main Pour l’éternité, Demain nous appartient
Cloe Demeter, fleur nouvelle
Entraîné; départ… Attiré quelque part La douceur d’une brise Ces voyages qui vous grisent Qui n’a pas ressenti À un endroit précis Comme une sorte d’accord Rentrer dans le décor
Chaque route,chaque piste Me rapproche ou m’exile Il y a quelque part Un endroit qui m’attend Chaque avion, chaque gare Me conduit ou m’égare… Il y a quelque part
