Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
« Le coup de foudre pendant la magie de Noël »
N’est-ce pas ironique de devoir pondre un tel article pour mon journal alors que je suis célibataire endurcie, vivant seule avec un chat, mon ex m’a fui et que mon dernier orgasme remonte à plus de quatre mois ? Je trouve que oui…
Noël, à mes yeux, c’est la plaie, une déco kitch et un repas de famille tendu. Pourtant, l’arrivée de François va peut-être me faire réviser mon jugement. C’est probablement la faute à son sourire en coin, ses tatouages ou ses promesses lubriques dans le regard… Qui sait ?
Entre fous rires, situations rocambolesques et une tension sexuelle digne d’un four à raclette, Élise Caironel vous livre une romance où amours, amitiés et relations familiales soulèvent des sujets qu’on préfèrerait ne pas retrouver sous le sapin…
A PROPOS DE L'AUTRICE
Élise Caironel, née à Lyon et installée dans la région du Beaujolais, est une passionnée de littérature au parcours riche et inspirant. Ancienne enseignante d’espagnol, elle a choisi de se réinventer pour vivre pleinement de sa passion des mots. Aujourd’hui, elle est à la fois correctrice, éditrice et auteure. Maman de deux enfants, Élise puise dans son expérience de vie et son amour de la langue pour guider les auteurs dans l’aboutissement de leurs œuvres, tout en continuant d’écrire ses propres histoires. Sa plume et son regard affûté font d’elle une créatrice et une éditrice engagée.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 297
Veröffentlichungsjahr: 2025
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Couverture par Ecoffet Scarlett
Maquette intérieure par Ecoffet Scarlett et Emilie Diaz
Correction par Emilie Diaz
© 2025 IE Editions
© 2025 Elise Caironel
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés.
Le code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou production intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
ISBN : 9782385721169
« Noël n’est pas un jour ni une saison, c’est un état d’esprit. »
John Calvin Coolidge
Moi, c’est Alexis Giraud. Mais comme j’en ai eu marre des « Bonjour Monsieur » – non pas que je ressemble vraiment à un mec – tout le monde m’appelle Alex. À l’époque, mes parents ne voulaient pas savoir le sexe. Du coup, ils ont choisi un prénom mixte, pensant que ça passerait crème. Mais Alexis, sérieusement ? Aux USA ? Pourquoi pas. En France ? Fausse bonne idée.
Je suis une femme accomplie. Plus ou moins.
Je veux dire, j’ai un boulot, un appartement – certes, envahi par mon chat démoniaque –, un compte en banque qui survit tant bien que mal grâce aux promos et aux bons plans, et une vie sociale plutôt correcte. Enfin, correcte… disons que ma meilleure amie me traîne dehors dès qu’elle en a l’occasion, pour éviter que je ne devienne une de ces nénettes qui parlent à leurs plantes.
Puisque mon ex m’a quittée il y a dix mois, environ. Bon, O.K. On est le 14 décembre, donc ça fait 10 mois, 3 jours et 5 heures.Antoine, c’est son nom. Un green flag1 personnifié ! Mais ça, on s’en rend compte qu’après, sinon ce n’est pas drôle. Trois ans de relation, de grands projets et puis… mon infidélité découverte via un SMS douteux. Classique. Depuis une remise en question trop douloureuse et un milliard de textos sans réponses où j’ai piétiné mon égo et ma fierté, j’ai préféré me consacrer à ma carrière et à mon minou, qui, lui au moins, ne me brisera pas le cœur – mais mes verres, oui.
Pour couronner le tout, voilà quatre mois que je me coltine un énorme, un gigantesque, un titanesque problème de frustration. Quatre mois que mon corps n’a pas vu la couleur d’un orgasme digne de ce nom, et ce n’est pas faute d’avoir tenté de remédier à la situation.
Le dernier en date ? Un dénommé Paul, trouvé sur une application de rencontres, qui m’avait promis monts et merveilles… pour au final s’endormir sur moi après trois minutes d’effort, son torse poilu écrasant mes espoirs et mes ambitions. Depuis, j’ai lâché l’affaire. Une décision qui au départ me convenait, mais – j’vais pas vous mentir – le Womaniser2 ça va bien un temps.
Et comme si le destin voulait enfoncer le clou, mon boss me confie un article à vomir : Les secrets du coup de foudre pendant la magie de Noël. Sérieusement ?! Moi qui considère que les fêtes de fin d’année sont juste des excuses pour se goinfrer de foie gras et d’alcool en tolérant sa famille ? C’est une blague, un complot, une injustice monumentale.
Je soupire, assise devant mon ordinateur, pendant que mon chat Lucifer –bien nommé –me regarde avec son air de « tu es une loque humaine ».
— Bah quoi ? Je fais ce que je peux, hein !
C’est officiel, je suis vraiment un déchet, si j’en arrive à me faire juger par un chat.
— MIAOU.
Traduction : Ma gamelle est vide, et je pète la dalle. C’est soit la plante, soit ma bouffe, tu choisis.
À cet instant, une notif’ Messenger apparaît sur mon écran d’ordinateur. C’est Élodie, ma meilleure amie depuis la Fac. On s’est rencontrées en licence de journalisme et on ne s’est plus jamais quittées. Jusqu’à travailler pour la même boîte. Elle débarque toujours au moment opportun, m’arrachant à ma déprime, comme si elle avait posé un mouchard dans mon appart’. Au passage, c’est la seule qui ne m’a pas jugée face à mon incartade avec Antoine. Elle s’est contentée de garder le silence, de m’aider à écrire des textos désespérés, de s’empiffrer de glaces Häagen Dazs avec moi devant des séries à la con. Je peux vous dire qu’on a poncé Netflix pendant très longtemps… Les week-ends, c’était beuveries, et la semaine boulot en visio pour m’éviter ce qu’il m’arrive au moment même où je vous raconte ma vie : un curseur qui me nargue en clignotant sur une page blanche. J’ai le sentiment qu’il me crie « KAR-MA ». Bref, le télétravail a ses avantages et ses inconvénients : je bosse en pyj' et mon porte-monnaie ne subit pas le prix des transports en commun, mais mes contacts humains sont considérablement réduits à néant.
Ma chérie, on sort ce soir.
Ah bah non, pas le jeudi, ça va être
chaud demain.
Meuf, on est vendredi.
Ah…
Donc, t’as pas le choix, on va remédier à ton problème.
Mon problème?
Ta libido en détresse, ton humeur massacrante et ce chat qui te juge.
Ce soir, on sort.
Pas question.
Alex… quatre mois. Quatre. MOIS.
Oh non, un appel visio, elle passe la seconde. Je décroche…
Élodie me fixe avec insistance, bras croisés, et je sais déjà que j’ai perdu. Trois minutes suffisent – ouais ce timing me poursuit – et voilà ma soirée planifiée par ma BFF3 qui coupe la communication après un :
— Alex, mange des céréales de Kellogg’s et réveille la femme fatale qui est en toi !
***
Onze arrêts de métro. Voilà ce qui sépare mon appartement de Gerlandet la Place des Jacobins. Les lumières scintillantes des lampadaires dansent sur les pavés mouillés, tandis qu’un vent glacial s’engouffre dans mon écharpe. Ne vous imaginez pas un Noël à l’Américaine hein, la neige, la cannelle et les nénettes qui portent des escarpins sans chaussettes par moins quinze. Non un Noël à Lyon rime avec pluie, froid mordant – celui qui te transperce les os – et du soleil si t’as un peu de chance. On se pèle les meules et on chope la gastro. M’enfin…
Je pénètre dans ce bar où Élodie m’a donné rendez-vous.
— Hello ! s’exclame-t-elle en se jetant dans mes bras. Comme à son habitude, elle ne m’a pas attendue. Un verre à la main, je sens l’odeur sucrée d’un cocktail fruité se mêler à celle du gin.
— Tu es à la bourre ! crie-t-elle en riant, pour couvrir le niveau sonore de la musique. J’ai presque fini ma première tournée.
La gratifiant d’un haussement d’épaules tout en prenant place à une table isolée, je jette mon manteau et mon écharpe sur la banquette.
— Alors, t’es prête pour ta grande soirée ? Je vais te chercher un truc à boire !
Moi, je reste plantée là, un peu hésitante, observant l’homme ténébreux qui vient de capter mon attention. Accoudé au comptoir, grand, la mâchoire ciselée, une barbe de trois jours qui crie « je vais bouffer ton p’tit cul », et des yeux sombres qui me déshabillent déjà. Mon corps réagit avant même que mon cerveau ne donne son avis. Une main autour d’un verre de whisky, l’autre négligemment posée sur son genou. Il respire le danger et l’interdit. Un mec qui ne s’attache pas, qui vit pour l’instant, et qui, en toute logique, devrait être hors de ma zone de confort. Sauf que ce soir, je n’ai pas envie de confort.
***
Élodie s’est vraisemblablement évaporée. Après un long moment à nous jauger, le beau parti a décidé de m’offrir un verre en personne. S’en est suivie une conversation pleine de sous-entendus brûlants, et un texto de ma comparse «Si celui-là tu ne rentres pas avec, je te renie». C’est ainsi que lui et moi filons vers son appartement, un loft minimaliste avec une vue imprenable sur la Saône. L’excitation est à son comble. Nous n’y allons pas par quatre chemins. Il me plaque contre la porte et me roule la pelle de ma vie. Mon corps vibre, prêt à exploser après quatre mois de disette sentimentale.
Et c’est là que les emmerdes commencent.
D’abord, alors qu’il tente de m’arracher mon haut avec une fluidité féline, ma manche se coince dans mon bracelet. Un duel épique s’engage entre lui et mon pull, et après plusieurs secondes de lutte intense, je finis par me libérer, le souffle court, décoiffée comme si j’avais combattu un ouragan.
Puis, lorsqu’il me soulève avec une sensualité parfaitement maîtrisée pour m’emmener vers le lit, je me cogne violemment la tête contre une poutre apparente. Une douleur fulgurante me traverse le crâne tandis que je tente tant bien que mal de rester sexy. En me reposant au sol, il me demande si ça va, je hoche le menton avec dignité… avant de trébucher sur mon propre pied et m’écraser lamentablement sur le matelas. Le point culminant du désastre survient quand le préservatif refuse obstinément de coopérer.
— Attends, j’ai… euh… ça glisse… lâche-t-il, visiblement perturbé.
Je tends la main pour l’aider, sauf que dans ma précipitation, je l’envoie valser à travers la pièce. Le temps se fige alors que nous le regardons tourbillonner en slow motion4… pour finalement disparaître dans la chambre.
— T’en as un autre ?
Il secoue la tête.
Évidemment, c’était le dernier… Nous voilà donc tous les deux à quatre pattes, cherchant le petit capuchon d’amour sous le plumard. Sexy, hein ? Je me cogne contre son épaule, lui m’écrase la main, et nous finissons par abdiquer.
— Tu sais quoi ? lancé-je, essoufflée. C’est sûrement un signe du destin.
Il soupire et s’allonge sur le matelas, un bras derrière la tête.
— Ouais, peut-être que l’univers essaie de nous dire qu’on devrait éviter les cascades pour ce soir.
Un coup d’œil à ma montre. Il n’est que 23 heures. Le métro est toujours vivant à cette heure-là. Il me regarde et lance, très sérieusement :
— Si tu veux, tu peux rentrer chez toi. Genre maintenant. Mon mec ne va pas tarder.
Son mec ? J’ai bien entendu ? Mais il se fout de ma gueule ! Putain. L’univers s’acharne.
Sourire crispé, je me rhabille rapidement.
— Euh, oui, bien sûr… C’était cool, quand même !
Je ne peux m’empêcher de rire, plus pour masquer la gêne que pour la situation.
— Bon, je… je vais y aller avant que ça devienne encore plus bizarre.
Je me retourne une dernière fois :
— C’était vraiment cool, au fait !
En sortant, je respire l’air frais du couloir. Je dégaine mon téléphone. Par flemme, je dicte à voix haute, rien à foutre qu’il entende :
— Siri, envoie un message à « Élo’ deux cœurs rouges ».
— Que voulez-vous dire ?
— Meuf, crois-moi t’es pas prête, ce mec a battu Paul.
— Je félicite votre ami, Alex. Voulez-vous envoyer le message ?
J’emmerde le karma.
Mon interphone me réveille. Mon masque de nuit en velours rose glisse sur mon front alors que je plisse les yeux pour jeter un œil à mon portable. 8 h 14. Nan, mais sans dec’, il saoule le vieux. Toujours en train d’oublier ses clés, celui-là. Sérieux, je ne suis pas la concierge de l’immeuble. Ça sonne encore. Insistant, presque agressif. O.K, O.K, j’arrive ! Je repousse la couette, mes pieds rencontrent le parquet et je me traîne jusqu’à l’interphone en marmonnant des insultes à faire rougir Bigard.
— Qui c’est ?
— Bonjour, c’est la factrice, j’ai un recommandé pour vous.
Un recommandé ? Ah. Super. Ça doit être les papiers du déPACS. Fallait que ça arrive aujourd’hui !
J’appuie sur le bouton qui lui donne accès au hall de l’immeuble et tourne les clés dans le barillet de ma porte d’entrée. Vu le temps qu’elle prend pour monter une vingtaine de marches, je parie sur Martine. La pauvre mamie qui continue de distribuer le courrier pour arrondir sa pension de retraite.
Ce système est vraiment à chier.
En attendant que ça toque, j’essaie de me donner un semblant de contenance devant le miroir posé sur la desserte de l’entrée. Mes cheveux ébène – hérités de ma mère – partent dans tous les sens. Je les ramène vite fait en un chignon lâche en tirant sur l’élastique qui traîne toujours autour de mon poignet. Mes yeux bleus – que je dois à mon père –sont encore collés par le sable du marchand de sable. C’est comme ça que ma mère appelle les cacas d’œil.
Magnifique, n’est-ce pas ?
Tant pis pour ma grenouillère, j’assume complètement.
Toc, toc, toc.
J’ouvre la porte.
— JOYEUX ANNIVERSAIRE !
Ah ouais. Je ne vous ai pas dit ? Je suis née un 15 décembre. Avoir son anniv' à Noël, ça craint. C’est inutile. Les potes sont en vacances ou sur les pistes ; les darons te sortent « oh bah on le fêtera quand on se verra au réveillon ! ».
Ouais, mon gâteau c’est la bûche glacée fondue sous les flammes dansantes. Bref. Devant moi, Élodie : 1 m 71, 55 kilos, 90C, crinière dorée, bronzée toute l’année, footing de 7 km deux fois par semaine, une étincelle de malice dans le regard en toutes circonstances – vous voyez le genre. Elle est chargée comme une mule : une mini tarte au citron avec une bougie allumée dans une main, une poignée de confettis dans l’autre – qu’elle me jette joyeusement à la gueule –, et des ballons flottant avec ma tronche dessus, attachés à sa sacoche. La totale.
— Allez, fais un vœu et souffle !
Je m’exécute, sans grande conviction. Élo' me colle le gâteau dans les mains, puis plonge son bras dans la poche de son trench pour en sortir un diadème qu’elle me plante sur la tête.
— J’espère que t’as souhaité du cul, lance-t-elle en passant l’encadrement.
Je referme la porte du pied en la fixant d’un air blasé.
— Sérieux ? Un diadème ?
Elle éclate de rire en s’affalant sur le canapé comme si elle était chez elle. Ce qui, en soi, n’est pas totalement faux.
— Bah quoi, c’est ton jour de gloire, princesse.
Je lève les yeux au ciel et dépose ma sucrerie préférée sur la table basse. La pauvre a subi un léger crash d’atterrissage dans mes mains. M’enfin, elle a l’air mangeable. Je m’effondre à mon tour sur le sofa, poussant un soupir.
— T’aurais pas pu attendre que je sois réveillée ?
La blonde étire ses jambes sur la table basse, totalement détendue.
— On a un programme chargé, aujourd’hui.
Je fronce les sourcils.
— Pardon ?
Elle me jette un regard malicieux avant d’attraper son téléphone et de pianoter dessus.
— T’as cru que j’allais te laisser végéter chez toi à broyer du noir le jour de ton anniv’ ?
Je grogne en croisant les bras.
— C’est un jour comme un autre.
— Nan, mais tu t’entends ?! Un anniversaire en pleine période de Noël, ce n’est pas un jour comme un autre, c’est un combat. On doit te fêter deux fois plus que les autres, sinon t’es niquée. Enfin, façon de parler !
Je l’observe, un peu sceptique.
— Un combat carrément ?
— Blague à part, t’en a pas ras le bol des cadeaux « deux-en-un » ?
Je grimace.
— O.K, tu marques un point.
Elle tape dans ses mains, ravie.
— Parfait ! Donc, on se sort les doigts et on te célèbre comme il se doit.
— J’ai cet article à écrire, j’ai du taf, et puis y a aussi…
— Stop ! Ne me fais pas croire que t’as eu un éclair de génie qui va te faire pondre ce bout de papier aujourd’hui ! Je déclare cette journée fériée, interdiction de bosser.
Je souffle sur une mèche de cheveux qui me tombe devant les yeux.
— Et j’ai mon mot à dire là-dedans ?
— Absolument pas, trente-trois balais, ça se fête. T’as atteint l’âge du Christ !
Elle se lève d’un bond et attrape ma main pour me tirer du canapé.
— Va te laver, habille-toi, et mets un truc qui ne te donne pas l’aspect d’un pingouin en fin de vie.
Je regarde mon pilou-pilou avec un air désolé.
— Traîtresse, tu vas me faire sortir dans le froid, c’est ça ?
Élodie m’envoie un sourire innocent.
— Peut-être bien.
Je grogne, mais je me lève. Parce que je la connais, et si je traîne trop, elle serait capable de me foutre sous la douche elle-même.
***
Je sors de la salle de bain, enroulée dans une serviette, et rejoins ma meilleure amie qui a déjà envahi mon dressing. Elle est accroupie, fourrant des vêtements dans un grand sac, l’air totalement à l’aise.
— Alors, copine, prête pour la fête ?
— Je ne sais même pas comment je suis censée m’habiller !
Élodie se redresse et me tend une enveloppe décorée de petits cœurs en papier.
— Tiens, ça devrait t’aider.
Je prends la carte, intriguée, et l’ouvre avec précaution.
Notre très chère Alex,
En ce jour spécial, nous t’avons concocté un programme digne d’une vraie déesse!Prépare-toi à briller, parce que voici ce qui t’attend :
Shopping : ta garde-robe a besoin d’un sérieux relooking.Séance photo lingerie : faut immortaliser tout ça tant que t’es encore fraîche.Fast food : rien de mieux qu’un bon burger pour se remettre de nos émotions.Jacuzzi : relaxe-toi, tu l’as bien mérité.Hammam : pour transpirer un peu et perdre toutes ces calories englouties.Massage : parce qu’on sait que tu es tendue comme un string!Resto : finissions la journée en beauté!
Dépêche-toi, on t’attend sous la grande roue, place Bellecour5.
Des bisous,Élodie, Pierre et Camille.
Je regarde Élodie, la bouche ouverte.
— Une séance photo lingerie ?! T’es malade ou quoi ?
— T’as le sex appeal en berne ! On va s’éclater, et tu pourras mettre à jour tes profils Fruitz, Tinder, Bumble, Happn – elle compte littéralement sur ses doigts – et Hinge6 où je t’ai inscrite ce matin. Vois ces clichés comme de vrais hameçons pour pêcher de gros poissons ! lance-t-elle en ponctuant sa connerie d’un clin d’œil.
— Je ne sais même pas quoi porter pour tout ça !
Celle que je considérais comme ma meilleure amie jusque-là, se lève les mains sur les hanches, un regard déterminé.
— Ne t’inquiète pas, j’ai pris l’essentiel, annonce-t-elle en désignant le sac. Le reste, tu peux t’habiller comme tu veux. Par contre, tes sous-vêtements… Comment dire… On s’en occupera pendant le shopping !
Je hoche la tête, un mélange d’excitation et d’appréhension.
— O.K, mais je te préviens, la séance photo, y’a pas que moi hein ! Vous la faites aussi !
— C’est prévu !
Le froid glacé de décembre me fouette le visage tandis que nous poussons la porte du studio photo. La rue est illuminée par des guirlandes dorées – oui, même en plein jour, vive l’écologie – et l’odeur des marrons chauds flotte dans l’air. À l’intérieur, l’atmosphère est bien plus feutrée : des projecteurs diffusent une lumière tamisée, des fonds de plateau aux couleurs de Noël sont installés, et un petit sapin trône dans un coin, décoré de chapelets scintillants et de boules rouges.
— C’est cosy ici ! remarque Camille en retirant son écharpe.
— Ouais, enfin, cosy ou pas, je rappelle que je n’ai toujours pas signé pour me mettre en sous-vêtements devant un inconnu ! chuchoté-je à Élodie, qui roule des yeux.
— Arrête, c’est une séance lingerie, pas un strip-tease. T’as vu ce que tu portes à la plage, non ? ajoute Pierre en se délestant de nos trouvailles.
Etam, Rouge-Gorge, Darjeeling, Calzedonia, ils y sont tous passés. Les rues Victor Hugo et De la République n’ont plus aucun secret pour nous.
— Ah bah ce n’est pas toi qui rechignerais à te faire mater par un service trois pièces ! Encore faut-il qu’il soit du même bord que toi ! pesté-je en lui assénant un regard provocateur.
Mon ami – qui sait mieux marcher avec des talons de vingt centimètres que n’importe laquelle d’entre nous – me souffle un baiser du bout de ses doigts.
— Et je te signale qu’à la plage, je suis en vacances. Là, je vais être sous un projecteur, en dentelle, avec un mec qui va me scruter sous toutes les coutures… nuance.
— Un mec canon, corrige Élodie avec un sourire en coin.
Et c’est à ce moment précis qu’il apparaît.
François.
Il sort de l’arrière du studio, les manches de sa chemise noire retroussées sur ses avant-bras tatoués, une lanière de cuir pendant négligemment autour de son appareil photo. Son jean foncé est ajusté juste ce qu’il faut, et sa barbe de trois jours lui donne cet air de faux bad boy, ce qui n’arrange en rien mon état d’esprit. Quand il s’approche, mes neurones font grève.
— À qui dois-je souhaiter un joyeux anniversaire ? lance-t-il dans un sourire digne de Colgate, tout en fixant Pierre.
— À cette jolie demoiselle ! balance Élo’ en projetant ses mains, paumes vers le ciel, me désignant.
Je sens le rouge gagner mes joues. Ça craint…
— Eh bien, joyeux anniversaire Alexis !
S’il essaie de cacher sa gêne, c’est raté. Évidemment, il a vu Alexis sur sa résa', il s’attendait à un mec… Comment lui en vouloir ?
— O.K, donc vous êtes mes modèles du jour ?
— Non, non, le seul modèle ici, c’est Alex ! rectifie Élodie, ravie de me vendre.
Quoi ?! Ils m’ont menti délibérément ! Les enculés !
Je lui décoche un regard qui pourrait la foudroyer sur place, tandis que François esquisse un sourire, la fossette au coin de sa joue apparaissant comme par magie. Il a ce regard d’ébène, légèrement rieur, un peu trop assuré à mon goût.
— Enchanté. Détends-toi, ça va bien se passer. Vous avez prévu des ensembles ? Sinon je peux vous en prêter quelques-uns, je pense avoir votre taille en réserve…
Il m’observe un instant, et je me demande s’il a noté mon trouble. Probablement, vu qu’il affiche un rictus quelque peu amusé.
— Oh non, on a tout ce qu’il faut. Et croyez-nous, ça va envoyer du pâté ! lance Camille.
Regarde tes pieds, regarde tes pieds…
— Bon, allez, on s’y met ! déclare Élodie en me poussant vers la cabine d’essayage. Mes amis s’installent confortablement sur un récamier7 en velours pourpre, la machine Nespresso à disposition.
Je les hais.
***
De trop longues minutes plus tard, je me tiens devant le miroir, habillée d’un ensemble carmin et blanc qui crie « Mère Noël va jouer avec tes boules ! ». Une nuisette courte glisse sur mes cuisses, et une paire de talons hauts finit de me condamner à la catastrophe imminente.
Je vais mourir.
Le seul moment sympa – et encore – c’est le temps passé avec Fanny, la coiffeuse et maquilleuse qui a donné à mon visage une certaine sensualité que je ne lui connaissais pas.
Je prends une grande inspiration et me dirige vers le studio aux lumières tamisées. Une playlist jazzy de Noël en fond sonore – Santa Baby8, forcément.
François relève la tête de son appareil photo quand j’arrive et…
Il me regarde.
Je veux dire… il me regarde.
Ses prunelles me scrutent de bas en haut, avec un mélange d’appréciation et de professionnalisme, et pourtant, il y a ce sourire en coin, qui t’intime clairement l’idée qu’une pensée lui traverse l’esprit, mais qu’il ne peut pas la dire à haute voix.
Putain, fait chaud ici ou c’est moi ?
— Tu es superbe.
Trois mots. Simples. Mais qui transforment mes jambes en coton.
— Hum… merci, balbutié-je, mal à l’aise.
L’ambiance est feutrée, presque intime. Le fond noir englobe la scène, laissant la lumière jouer sur les détails. Au centre, un tabouret haut trône, solitaire, comme une invitation. Juste à côté, un petit sapin scintille doucement, entouré de quelques cadeaux savamment disposés. Les guirlandes lumineuses s’étirent nonchalamment sur le sol, projetant des reflets dorés sur le bois du chevalet, installé en retrait. Non loin, un large fauteuil rouge attend son occupant… ou peut-être pas. Une canne repose sur l’accoudoir, vestige d’un Père-Noël mystérieusement absent. L’ensemble est sobre et élégant. Autant vous dire que je vais faire tache.
— On va commencer doucement. Mets-toi là, sur le tabouret, tourne légèrement ton buste vers moi. Voilà. Parfait.
Je m’exécute, essayant d’oublier le fait que je suis en lingerie, sous son objectif. François ajuste son appareil, plisse les yeux, puis…
— Tu peux décroiser tes jambes ?
— Hein ?
— Ça sera plus naturel.
À quel moment poser en dentelle devant un type qui te matte pendant que tes soi-disant potes se marrent est naturel ?
Heureusement que je suis épilée, bordel…
François quitte son trépied et me rejoint pour me guider dans les positions qu’il désire me voir accomplir. La vérité, c’est que je ne suis pas à l’aise. Pas du tout. J’ai l’impression d’être un cupcake déguisé en fantasme discount sur talons hauts, prêt à s’effondrer dès le premier pas. Pourtant… il faut bien le reconnaître : la nuisette me va. Fine et légèrement satinée, elle épouse les formes sans les comprimer, soulignant la courbe douce de mes hanches et ce ventre que je regarde toujours avec sévérité, mais qui, ce soir, semble presque à sa place. Mon 95D trouve refuge dans un petit décolleté à fines bretelles, bordé de dentelle blanche, juste assez transparent pour suggérer sans tout dévoiler. La couleur carmin tranche avec ma peau, lui donne un éclat que je ne me connaissais pas. Le tissu s’arrête à mi-cuisses, dans un mouvement flou qui laisse deviner plutôt que montrer. Rien d’extraordinaire, c’est vrai. Mais je n’ai pas à me plaindre. Mon 44 est plus ou moins mis en valeur. Et même si je me sens vaguement ridicule, coincée entre le cliché assumé et le désir déguisé, je dois admettre que l’ensemble a son petit effet.
— Si vraiment tu n’es pas à l’aise avec l’objectif, ne le regarde pas. Ignore-le en t’imprégnant de l’ambiance.
Le photographe me propose sa main, m’invitant à me lever afin de faire le tour du plateau.
— N’hésite pas à t’amuser avec ce qui t’entoure. Le décor est fait pour ça. Tu peux tenir les boules, te pencher sur la canne, te servir des jouets sous le sapin.
Il est sérieux ? Je sais que j’ai souvent l’esprit mal placé, mais là faut pas déconner…
Élodie retient son rire comme elle peut, alors que Pierre plonge son nez dans son café. Camille est focus sur son téléphone, et c’est tant mieux.
***
Voilà une quinzaine de minutes que je porte un deux-pièces en similicuir noir. Un soutien-gorge bustier dont la fermeture éclair se présente au-devant ; une mini-jupe fendue qui moule parfaitement mon cul – il faut le reconnaître – et des cuissardes lacées sont mes seuls alliés. Je suis plutôt détendue, à mon grand étonnement.
Élodie lâche des « meuf, t’es trop canon comme ça ! », Camille louche clairement sur les tenues et Pierre se dit jaloux de ne pas être une femme. Mes amis ne sont pas tant des enfoirés que ça, finalement.
La bienveillance et le professionnalisme de François aident pas mal. Je suppose que jouer le beau gosse aux regards sous-entendus et aux sourires en coin fait probablement partie de son taf. Un rôle qu’il se donne, assurément, pour marquer le ton de la séance. Je me dis que ça doit être sa manière à lui de faire monter la température, d’émoustiller les nanas, de les rendre plus chaudes devant son appareil. Il faut croire que je parviens enfin à me prêter au jeu.
Vous vous demandez quand est-ce que ça va merder ? J’y viens.
Les positions s’enchaînent et il me guide. Tandis qu’il glisse une main dans le creux de mes reins, je tente un truc, mais dans ma maladresse légendaire, mon talon se coince dans la peau de bête fraîchement installée. Tout bascule en une fraction de seconde. Je perds l’équilibre et m’effondre… directement sur lui. Le choc est immédiat. Mon visage atterrit contre son torse, mes mains agrippent instinctivement ses épaules. Il me rattrape au vol, ses bras forts m’entourant pour éviter une catastrophe totale. Mon nez est à quelques centimètres de la naissance de sa chemise ouverte.
Bordel… ce parfum…
Bois fumé. Un soupçon d’épices. Une chaleur qui me fait tourner la tête.
Je lève les yeux vers lui. Son sourire est toujours là, charmeur, amusé… et un peu trop près.
— Désolée… Les talons et moi, on a une relation compliquée.
— Tant mieux, ça me donne une excuse pour te les retirer, me chuchote-t-il.
Ah oui, je ne vous ai pas raconté : après l’histoire de se pencher sur la canne et de tenir les boules, il m’a proposé de se tutoyer. Apparemment plus judicieux pour « permettre à l’intimité de s’installer entre le modèle et le photographe » qu’il m’a sorti. Je vous mentirais si je disais que ça me dérange.
Son regard est intense, et pendant une seconde, tout le reste disparaît. Je me rends compte que mes mains sont toujours sur son torse, et surtout… qu’une des siennes est posée sur ma hanche, la moitié de ses phalanges dans la fente de la jupe.
Oh my god… Alerte, alerte ! Tempête hormonale en approche !
Je déglutis.
— Tu comptes me garder dans tes bras encore longtemps ?
Trop naze, mais je n’ai rien trouvé de mieux.
— Je réfléchis.
— À quoi ?
— À si je préfère te relâcher ou prolonger ce moment embarrassant juste pour voir jusqu’où tu vas rougir, lance-t-il dans un murmure.
Je sens mes joues prendre feu. Il rit doucement avant de m’aider à me redresser. Élodie, qui est sortie avec Pierre pour cloper, revient pile à cet instant. Je ne m’étais même pas rendue compte que Camille avait disparu.
— Qu’est-ce qu’on a raté ?
La blonde me regarde, puis lui, puis moi à nouveau. Son expression en dit long.
— Mmmh. Intéressant.
— Non, non, ce n’est pas intéressant ! protesté-je, en essayant de reprendre un peu de contenance.
En réajustant le décor, François qui se trouve à genoux devant moi, susurre à demi-mots :
— Moi, ça m’intéresse.
***
Alors que Camille est au téléphone, en pleine engueulade avec son mec, et qu’Élodie et Pierre sont encore dehors à s’intoxiquer de cancerette9, François et moi nous retrouvons seuls dans le studio. Je sors de la cabine tout en enfilant mon pull. La séance est terminée, il est en train de trier les clichés sur son écran.
— Tu veux voir ?
J’hésite. La simple idée de me tenir à quelques centimètres de cet amas de testostérone en ébullition me fait frémir la culotte.
— Et si j’ai l’air ridicule ?
— C’est impossible, tu es magnifique. Mais si tu n’es toujours pas convaincue, je t’offre un deuxième shooting pour te prouver que tu as tort.
Sa voix est plus basse, plus sérieuse. Mon estomac réalise une pirouette.
— On les récupère demain, c’est ça ?
— Yep. Demain soir. Mais je peux t’envoyer une preview10 avant… si tu me donnes ton numéro.
Il affiche un air innocent, mais je ne suis pas dupe.
— Technique de vioques, François.
— Qui ne tente rien…
Je le fixe, hésitante. Et puis, prise d’un élan que je ne m’explique pas, je tends la main.
— Passe-moi ton téléphone.
Il sourit, et je sais déjà que je suis foutue.
L’eau chaude du bassin de Calicéo11 bouillonne autour de moi, enveloppant mon corps dans une étreinte apaisante. Les yeux mis clos, je savoure le relâchement progressif de mes muscles. Camille est assise à côté, silencieuse, jouant avec les bulles qui se forment à la surface.
— Ça va, toi ?
Elle sursaute presque, comme si elle avait oublié ma présence.
— Oui, pourquoi ?
— Peut-être parce que t’as passé la moitié de la journée vissée à ton téléphone avec une tête de condamnée à mort.
Elle souffle en levant les yeux au ciel.
— Ce n’est rien.
— Cam’…
Elle pince les lèvres, visiblement hésitante, puis finit par lâcher :
— Tarek et moi, c’est compliqué en ce moment.
— Compliqué comment ?
Elle fixe un instant les jets d’eau en face de nous avant de soupirer.
— Il ne sera pas là pour Noël.
Je fronce les sourcils, n’étant pas certaine de comprendre où elle veut en venir.
— Pourquoi ?
— On est censés le fêter chez mes parents, et… il préfère éviter.
— Ah. Il ne s’entend pas avec ton père ? Bon, c’est vrai qu’il est un peu spécial, mais quand même.
— Non ce n’est pas ça. Il préfère éviter… parce que c’est Noël. Il dit que ce n’est pas sa tradition, que ça n’a pas de sens pour lui. Et je respecte, hein, mais… je ne sais pas, j’ai du mal à encaisser. Je me demande si je vais y aller du coup.
— Chez tes vieux ?
— Ouais, ça me fait chier de le laisser seul ce soir-là.
Je me contiens en me mordant l’intérieur de la joue.
— Honnêtement, Cam’, ça ne me donne pas l’impression que ce soit juste une question de religion.
Elle tourne enfin la tête vers moi.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— Je veux dire que dans un couple, on accepte l’autre dans son entièreté, non ? Ce n’est pas obligatoirement important pour lui, mais s’il voit que ça l’est pour toi, il pourrait fournir un effort.
Mon amie ne répond rien. Elle bascule légèrement sa tête en arrière et ferme les yeux, laissant les bulles danser sur sa peau. Mais je ne suis pas aveugle. Elle veut juste arrêter d’y penser cinq minutes. Entre vous et moi, son mec je ne l’ai jamais vraiment senti. Ils sont ensemble depuis quoi ? Quatre ans ? Et presque du départ, il a exercé une influence sur elle qui me déplaît.
La Camille que je connais, c’est la meuf qui rigole pour un rien, qui fout le bordel en soirée, qui peut débattre pendant des heures sur : « est-ce que couper les spaghettis est un pêcher ? ». Elle est drôle, intelligente, bonne vivante, un peu grande gueule pour compenser sa petite taille, toujours droite et honnête. Une vraie tornade, dans le genre qui te traîne dans les pires conneries et qui, bizarrement, arrive à s’en sortir sans une égratignure. Une nana aux yeux noisette immenses comme le monde, dont j’ai souvent envié les boucles châtains. Son visage parsemé d’une constellation de taches de rousseur inspire la bienveillance et la compassion. Juste en la regardant, on se sent immédiatement apaisé.
Mais, depuis l’été dernier, elle n’est définitivement plus la même.
Camille est partie en vacances avec Tarek une quinzaine de jours. Zéro nouvelle, pas une photo, aucune story Insta. Et quand elle est revenue, elle avait changé. Plus de Camille qui traîne au bar jusqu’à la fermeture, qui envoie des notes vocales de trois minutes où elle explose de rire toutes les dix secondes. Non, maintenant, elle est tout le temps sur son téléphone, en train de cheker l’heure, ou le nombre d’appels manqués. Genre, vraiment tout le temps. Et bizarrement, toujours quand Tarek n’est pas avec nous.
Une fois, après une séance de ciné, je l’ai déposée chez lui. Enfin… chez sa mère, parce que Tarek habite encore là-bas. C’est elle qui m’a ouvert la porte. Une femme formidable, avec ce genre de sourire qui te donne l’impression que tu fais déjà partie de la famille alors que t’es même pas entrée. Elle m’a demandé si je voulais rester manger, j’ai failli dire oui juste pour découvrir si elle cuisinait aussi bien qu’elle était gentille – spoiler alert
