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Un parcours initiatique vers le bonheur
Dior a des idées saugrenues : le bonheur, la liberté, l’amour, comme autant de droits absolus ! C’est une jeune femme volontaire, qui croit pouvoir agir sur son destin, qui croit pouvoir construire son bonheur, en jouant les apprenties sorcières, en rusant avec les règles établies pour être avec celui qu’elle aime.
Ce livre parle de la détresse enfantine, de l’insécurité affective, du monde inquiétant des adultes, mais aussi de l’insouciance des jeunes gens, de leur naïveté face à l’intransigeance d’une société phallocentrique et de ses règles parfois hypocrites qui broient d’une façon ou d’une autre, toute individualité et toute velléité d’être heureux hors de ces règles…
Dior est attachante dans sa volonté de bonheur, faite de révolte païenne et d’espérance aveugle.
La volonté et l’acceptation sont-elles les deux faces d’une même médaille ?
Un roman envoûtant qui véhicule un formidable message d’espoir à travers le personnage d’une femme déterminée
EXTRAIT
Elle était assise là dans ce fauteuil au bord de la fenêtre où elle semblait attendre quelque chose. Quelque chose d'important ! Elle avait un air emprunté, mais quelle élégance, quel orgueil ! Je la regardais de loin, curieuse et impressionnée. Je la trouvais belle comme une étoile. Tout mon être était tendu vers cette apparition, venue de je ne sais où, peut-être du fond de moi ! Comment savoir ? Elle dégageait de la souffrance, une souffrance pourtant invisible...
Pourquoi m'apparaissait-elle alors, cette souffrance ?
Une voix impatiente disait : « Viens ici, viens dire bonjour ! » et cette voix s'adressait à moi.
Je l'avais certainement déjà vue, déjà aimée...
A PROPOS DE L’AUTEUR
Mame Hulo est Franco-Sénégalaise, consultante-chef de projet en organisation et en technologie de l’information, elle est devenue éditrice car passionnée d’écriture et de littérature, amoureuse de la langue française depuis sa plus tendre enfance, elle n’a jamais cessé d’écrire… Son écriture est d’une grande sensibilité. Elle a écrit il y a une quinzaine d’années, ce premier roman autobiographique pour une grande part, même si de nombreux faits sont romancés… Il se déroule dans les années 50-60.
Elle est également passionnée de voyages et par toutes les cultures des différents endroits où elle a eu le privilège d’habiter (Sénégal, France, Ile de la Réunion, Québec…).
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Seitenzahl: 117
Veröffentlichungsjahr: 2016
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DIOR
Le bonheur volontaire
ROMAN
Edité par :
Éditions DIASPORAS NOIRES
www.diasporas-noires.com
@Mame Hulo 2011
ISBN version imprimée : 9791091999298
Date de publication de cette version numérique : 20 Octobre 2011
IBSN version numérique : 9791091999014
Cette version numérique n’est pas autorisée pour l’impression
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Illustration couverture :
Par la peintre camerounaise Tado
Mame Hulo
Mame Hulo est Franco-Sénégalaise, consultante-chef de projet en organisation et en technologie de l’information, elle est devenue éditrice car passionnée d’écriture et de littérature, amoureuse de la langue française depuis sa plus tendre enfance, elle n’a jamais cessé d’écrire… Son écriture est d’une grande sensibilité.
Elle a écrit il y a une quinzaine d’années, ce premier roman autobiographique pour une grande part, même si de nombreux faits sont romancés… Il se déroule dans les années 50-60. Elle est également passionnée de voyages et par toutes les cultures des différents endroits où elle a eu le privilège d’habiter (Sénégal, France, Ile de la Réunion, Québec…).
ISBN : 9791091999014
DIOR
Dior a des idées saugrenues : le bonheur, la liberté, l’amour, comme autant de droits absolus ! C’est une jeune femme volontaire, qui croit pouvoir agir sur son destin, qui croit pouvoir construire son bonheur, en jouant les apprenties sorcières, en rusant avec les règles établies pour être avec celui qu’elle aime.
Ce livre parle de la détresse enfantine, de l’insécurité affective, du monde inquiétant des adultes, mais aussi de l’insouciance des jeunes gens, de leur naïveté face à l’intransigeance d’une société phallocentrique et de ses règles parfois hypocrites qui broient d’une façon ou d’une autre, toute individualité et toute velléité d’être heureux hors de ces règles…
Dior est attachante dans sa volonté de bonheur, faite de révolte païenne et d’espérance aveugle.
La volonté et l’acceptation sont-elles les deux faces d’une même médaille ?
Je dédie ce livre
À ma mère Aida
ma meilleure amie, si volontaire, qui me soutient par son amour inconditionnel, quoi que je fasse
À mon père Gaston Édouard
le plus magnifique être humain que j’ai jamais rencontré
À Vincent
pour son amour, son amitié, son soutien
À ma grande sœur Jeanne
avec qui j’ai cheminé dans cette histoire
À ma grand-mère Astou
la figure si bienveillante et aimante de mon enfance
À ma tante Dialé, si dévouée
À mes frères et soeurs, à toute ma famille
À toutes les personnes que j’ai croisées dans mon enfance, car sans elles, ma vie ne serait pas ce qu’elle est.
Tout ce qui arrive est nécessaire !
Elle était assise là dans ce fauteuil au bord de la fenêtre où elle semblait attendre quelque chose. Quelque chose d'important ! Elle avait un air emprunté, mais quelle élégance, quel orgueil ! Je la regardais de loin, curieuse et impressionnée. Je la trouvais belle comme une étoile. Tout mon être était tendu vers cette apparition, venue de je ne sais où, peut-être du fond de moi ! Comment savoir ? Elle dégageait de la souffrance, une souffrance pourtant invisible...
Pourquoi m'apparaissait-elle alors, cette souffrance ?
Une voix impatiente disait : « Viens ici, viens dire bonjour ! » et cette voix s'adressait à moi.
Je l'avais certainement déjà vue, déjà aimée...
Je me souviens d'elle, dans une cage de verre, avec moi, il y a longtemps, une éternité. C'est là que je l'ai connue. En ce temps-là, j'entendais toujours la même musique, je me souviendrai toujours de cette musique. Et il y avait plein de gens au-dehors, ils n'avaient pas l'air commode. Peut-être n'étaient-ils que sournois ?
Est-ce à cause d'eux qu'elle avait été malheureuse ? Oui, je la sentais malheureuse, dans la cage de verre, avec cette musique, je me souviens !
Et là maintenant, ils avaient l'air toujours aussi sournois avec la visiteuse assise dans le fauteuil. Elle, elle était digne !
« Viens m'embrasser », disait-elle doucement comme une prière en souriant, les yeux brillants, la main tendue avec retenue.
C'était mon désir, mais j'étais incapable de bouger. Je n'étais pas libre de courir l'embrasser. Je ressentais sur moi leurs regards, je me débattais dans la prison invisible que leurs regards acides dressaient tout autour de moi. J'encourrais une peine, c'était sûr...
« Allez viens, ne joue pas la timide, viens saluer ta mère. »
Ah, c'était donc ça ! C'était Ma Mère ! Je la reconnaissais, je l'avais déjà vue, déjà aimée !
J'avançais alors lentement comme hypnotisée et lorsque j'arrivais à sa portée, elle me serra dans ses bras avec un soupir d'aise à peine réprimé. Ses lèvres coururent partout sur mon visage. Je me sentais fondre littéralement. Mon cœur battait contre son cœur et ma peau se nouait à la sienne.
Pourquoi ces gens restaient-ils là à nous regarder ?
« Eh bien, tu vois que tu peux être gentille quand tu veux ! »
« Alors comme ça, tu ne reconnaissais pas ta mère ? Tu l'as donc oubliée ? » disait la voix acérée, la voix d'une marâtre.
Et ma mère répondait avec des larmes dans les yeux : « la dernière fois que je suis venue, elle était malade. Elle ne se rend pas bien compte, elle est si jeune, elle n'a que trois ans ! »
La pression de ses bras se faisait plus forte autour de mon corps. J'en profitais pour me lover encore plus contre le beau tissu parfumé, contre le ventre, contre les seins et là je retrouvais enfin la sphère d'amour. Ici, c'était ma maison, mon refuge, ma cage à moi.
Et la goutte revint à la mer...
Moi, la tête enfouie dans ce ventre, je n'entendais plus rien de leurs bavardages malfaisants, cherchant à la déconcentrer, à lui voler ces instants déjà si mesquinement accordés. Qui étaient-ils donc pour décider de nous ? Quelle était donc cette loi, qui m'empêchait de rester là définitivement ? Je ne voulais plus les entendre, je ne voulais plus les voir.
Combien de temps ai-je pu rester là contre elle, une seconde, une minute, une heure? Probablement pas longtemps, pas longtemps...
Et voilà que soudain, je sentais qu'elle essayait de me détacher d'elle tout doucement. C'était la mort qui me guettait. Rassemblant toute mon énergie, les pauvres forces de mes trois ans, je m'accrochais comme une sangsue, pire qu'une sangsue.
« Il faut que j'y aille ma chérie, il se fait tard ! »
« Aller viens, descends de là, maintenant tu vas aller te coucher ! »
Jamais ! Vous ne m'aurez pas ! Je serai plus forte que vous ! Si vous n'arrivez pas à me décoller, si je retourne dans son ventre, alors peut-être renoncerez-vous à moi.
« Ne fais pas l'enfant gâté, on t'a dit de laisser partir ta mère tranquillement sans faire d'histoires sinon elle ne reviendra plus te voir ! »
Et moi je m'accrochais toujours, aveuglément, désespérément.
Un chagrin infini commençait à m'envahir, les larmes ne tardèrent pas à me secouer tout entière, des larmes venues de si loin, de la source du monde, des larmes venues de la cage de verre.
Maintenant, des mains brutales me tiraient hors du ventre où je m'étais abritée. Mes yeux rencontraient ses yeux noyés d'impuissance et des mêmes vieilles larmes, elles étaient si vieilles, si parcimonieuses, si brillantes. On aurait dit des diamants, des larmes de diamants.
Mes mains pleines de détresse firent craquer le beau tissu fleuri. La dernière prise était lâchée, mes membres battirent le vide autour, la tempête se déclencha dans un effrayant désert, un désert d'amour.
Je hurlais toute ma révolte pendant que des bras rudes m'emportaient au loin. Le vide intégral se referma sur moi et sur mon dernier sanglot « je veeeux maaa maaamaaan !!! »
Ainsi passa ma petite enfance, rythmée de ces bonheurs illuminés de très courte durée, de ces immenses vagues de chagrin, suivis d'un néant affectif presque serein qui me séparait toujours de sa prochaine visite.
Je me souviens dans mon enfance d'une longue silhouette, fragile et blanche, d'une jupe large flottant autour d'une taille de guêpe, d'une chevelure couleur paille flottante aussi.
Je me souviens de son prénom, mais son nom de famille et son visage sont à jamais restés dans les brumes profondes de ma petite jeunesse. Mademoiselle Odile ! La très gentille maîtresse du jardin de mon enfance.
Je me souviens de la pâte à modeler, des cubes, des bâtonnets de toutes tailles et de toutes couleurs surtout vives.
Je me souviens de l'amitié, oui déjà ! D'une tignasse brune et bouclée, d'un petit sourire en coin tendre et ironique, déjà. Sara, la fille du pharmacien. Je me souviens de la boutique de son père et des pastilles fruitées, une sorte de privilège, un privilège déjà.
Je me souviens de mes peurs, de mon ventre qui se nouait sans crier gare, signe qu'un danger était là, une réprimande imminente par exemple, quand ce n'était pas des claques. Mon ventre ne me trompait jamais.
La culpabilité me rongeait à tout instant, sans arrêt, sans raison.
Je me souviens de ces questions permanentes qui me taraudaient : « Qu'est ce que j'ai fait ? Est-ce mal ? Va-t-on me réprimander ? Me frapper ? » Et quand je ne me les posais pas toutes ces questions, je me souviens de l'orage, imprévisible cataclysme qui s'abattait sur moi, coupable d'imprévoyance. Je me souviens des punitions violentes ou non, méritées ou non, comprises ou non.
Je me souviens d'un monde obscur difficile à décoder pour moi, de toutes les embûches, des coups qui pleuvaient, de l'amour qui manquait, de l'amitié enfantine solidaire, mais toujours impuissante, des bribes de conversation incompréhensibles, d'impressions inapprofondies, d'émotions envahissantes, de la mort mystérieuse, d'une haine fugitive dans un regard d'adulte et de mon cheminement difficile dans la solitude.
Je me souviens de ma peur dans la nuit noire, de la nuit et de ses bruits. Les bruits de la mort. Les longs hurlements d'un chien, le chant accompagnant un enterrement à l'aube noire. Un chant glacé d'outre-tombe.
Et moi, pauvre fœtus recroquevillé sous le drap, carapace bien mince et bien insuffisante, les yeux et les poings serrés, le cœur tremblant tout le long de la nuit...
Je me souviens aussi du plaisir de vivre et de survivre, je me souviens du bonheur d'aimer et d'être aimé surtout par ma mère, de l'amitié comme refuge, de l'école comme lieu de joie. Oui dans cette école, quelques réponses fournies comme mode d'emploi du monde si vaste et si inquiétant.
Et puis dans cette école venait la visiteuse.
Elle s'avançait dans la grande cour de récréation vide à cette heure du matin, de sa démarche nonchalante et altière.
Dans les autres classes qui bordaient la cour, le brouhaha cessait l'espace d'un temps, le temps de sa traversée. Une belle traversée qu'on aurait dite mise en scène pour tous ces petits regards et ces cous tendus au-dessus des pupitres et des encriers...
En chuchotant, Mademoiselle Odile allait l'accueillir chaleureusement à la porte de la classe, puis elle venait me chercher, me prenait la main et me menait à elle.
Elle saisissait fiévreusement ma petite menotte et on s'éloignait ensemble dans un coin de la cour à l'abri de ces milliers d'yeux. Un petit coin de paradis, jamais plus bonheur de la vie ne pourra être aussi absolu...
Les retrouvailles des chairs, des lèvres, les battements des cœurs qui s'écoutent, les yeux qui se ferment sous le poids de l'amour. Le beau rêve de la dernière visite qui reprenait exactement là où il s'était arrêté. La douleur oubliée, le parfum maternel qui m'enivrait à nouveau, comme une récompense. Elle me fredonnait tout bas des chansons d'amour.
Nous préférions de loin ces visites-là à l'école, car nous étions plus libres, seules et libres durant des heures sous la bienveillance de Mademoiselle Odile qui avait épousé la cause de cette femme jeune et auréolée d'une sombre clarté.
Quand elle lui avait raconté l'histoire, les visites de plus en plus pénibles à assumer devant une famille si glaciale, elle l'avait rassurée : « Venez ici, à l'école, autant que vous voulez, je vous la laisserai. Vous pourrez en profiter tranquillement, jouer avec elle. Allez, ne vous en faites plus ! »
Elle ne se l'était pas fait dire deux fois. Elle venait presque tous les jours... Le soleil était revenu dans sa vie.
La directrice avait demandé des explications à Mademoiselle Odile sur les va-et-vient incessants de cette femme dans la cour de son école.
Il avait fallu défendre son point de vue, la défendre elle, argumenter afin de vaincre ses dernières réticences et obtenir l'autorisation de me laisser manquer la classe pour rendre à ma mère son sourire.
Et ni la directrice, ni Mademoiselle Odile, ni moi malgré mon jeune âge ne trahîmes jamais le secret de ces visites auprès d'aucun membre de ma famille.
