Dis-nous Murphy - Marjorie Collet-Maillard - E-Book

Dis-nous Murphy E-Book

Marjorie COLLET-MAILLARD

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Beschreibung

Entrer dans la tête d'un beagle qui découvre les expressions propres au monde des humains. Tentez avec lui de déchiffer le sens des mots.

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Seitenzahl: 74

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Table des Matières

Prologue

JOUR J : Apparition

JOUR J (suite) : Interrogation

JOUR J (suite et fin) : Acceptation

JOUR 1 : Sortir de la cuisse de Jupiter

JOUR 2 : C’est un ours mal léché

JOUR 3 : Ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace

JOUR 4 : Donner sa langue au chat

JOUR 5 : Ça ne casse pas trois pattes à un canard

JOUR 6 : En faire tout un fromage

JOUR 7 : Avoir le cul bordé de nouilles

JOUR 8 : Donner du fil à retordre

JOUR 9 : C’est la fin des haricots

JOUR 10 : Chassez le naturel, il revient au galop

JOUR 11 : Mettre les pieds dans le plat

JOUR 12 : Ne vendons pas la peau de l’ours...

JOUR 13 : Y’a pas le feu au lac!

JOUR 14 : Donner de la confiture à un cochon

JOUR 15 : Et mon cul c’est du poulet?

JOUR 16 : Être une poule mouillée

JOUR 17 : Prendre le taureau par les cornes

JOUR 18 : Revenons à nos moutons

JOUR 19 : Parler de la pluie et du beau temps

JOUR 20 : Ne pas être né de la dernière pluie

JOUR 21 : Être d’équerre

JOUR 22 : Monter sur ses grands chevaux

JOUR 23 : S’en tamponner l’oreille avec une babouche pour éviter de se crêper le chignon!

JOUR 24 : Sans tambour ni trompette

JOUR 25 : Être sourd comme un pot

JOUR 26 : Crotte de bique!

JOUR 27 : Sans queue ni tête

JOUR 28 : Avoir la rage

JOUR 29 : Les doigts dans le nez

JOUR 30 : Être réglé comme du papier à musique

JOUR 31 : Vendre la mèche!

JOUR 32 : Les carottes sont cuites

JOUR 33 : Tomber dans les pommes

JOUR 34 : Garder un chien de sa chienne

JOUR 35 : Ce n’est pas une sinécure

JOUR 36 : Faut pas pousser mémé dans les orties!

JOUR 37 : Chercher midi à quatorze heures

JOUR 38 : Avoir le dernier mot

JOUR 39 : C’est dans mes cordes.

Explications et traductions de Mr Trad

Prologue

Il était une fois un chien. Il était une fois un beagle. Il était une fois un chien, un beagle, qui avait une page Facebook. Il était donc une fois Murphy, le chien, le beagle qui narrait ses histoires sur la page Facebook « Dis-moi Murphy ».

Deux livres 12 sont nés de ces histoires et ce qui va suivre vous racontera comment tout a commencé. Enfin pas exactement le début de sa vie, plutôt de sa naissance dans le monde des mots. En fait, appelons cela le prequel.

Avant d’apprendre, il lui a fallu comprendre...

Voici l’histoire jour par jour.

1. Mémoires d’une junkie des grandes oreilles - 2018

2. Dis-moi Murphy - 2021

JOUR J : Apparition

C’était arrivé à mon réveil, j’avais senti quelque chose de différent. Je ne pouvais pas dire ni pourquoi ni comment mais c’était là. Je ne pouvais pas expliquer cette subtile différence ressentie mais personne ne peut dire pourquoi un jour, l’enfant lâche la main, s’élance et fait ses premiers pas. Il sent qu’il peut, c’est tout.

Sous mon corps, les poils longs et odorants et la douceur particulière de la couverture m’avaient chatouillé les narines, comme à chacun de mes réveils. Mon environnement n’avait pas changé.

Je m’étais alors étiré tous les muscles, pour, par acquit de conscience, faire l’inventaire et vérifier si physiquement rien n’avait été modifié. Tout ce qui devait être là y était encore et rien n’avait pris la place de quelque chose d’habituel. J’étais moi et chez moi.

Mais qu’y avait-il de différent ? Ma voix peut-être? Alors doucement je m’étais essayé à faire quelques vocalises. Juste des « Urmf » et des « Grouf » étaient sortis de ma gorge. Bon, mes cordes vocales n’avaient pas évolué, je ne savais pas parler, c’était un état qui n’avait pas changé.

Et qu’en était-il de mon odorat? J’avais ouvert grand les narines. Des senteurs de produits d’entretien, de peinture fraîche, de pain grillé étaient arrivées en masse dans mes capteurs olfactifs.

Les odeurs corporelles de ceux qui vivaient avec moi m’étaient familières aussi. Rien de neuf non plus de ce côté-là.

Ma vue peut-être? Je n’avais toujours pas ouvert les yeux, ce changement se passait certainement à ce niveau-là. J’avais soulevé délicatement les paupières, une lumière vive et intense m’avait brûlé les rétines. . . C’était donc ça. Ma vision n’était pas différente : elle n’était plus, tout simplement.

La panique avait commencé à se frayer un chemin dans mon esprit quand le contour des meubles s’était dessiné en ombre chinoise.

Au temps pour moi, ma vue était toujours là et cette lumière aveuglante avait été créée par les rayons du soleil qui avaient réussi à passer entre les rideaux. Donc, j’étais moi, chez moi alors pourquoi cette sensation bizarre que ma vie allait être chamboulée ?

Le temps de réfléchir, de me demander pourquoi le soleil était si haut à l’heure de mon réveil qu’une voix m’avait fait l’effet d’un uppercut.

JOUR J (suite) : Interrogation

« Alors mon Doudou, sacrée grasse mat ! Te voilà enfin réveillé, je commençais à m’inquiéter. Tu te sens bien? »

D’abord le bourdonnement entre les oreilles, comme une impression d’avoir une mouche coincée dans le cerveau. Puis le choc! J’avais vu les lèvres de Môman bouger, j’avais d’abord entendu un son familier puis . . . C’était devenu la panique! ! !

Tous les trucs que je prenais pour des bruits de gorge humains avant venaient à cet instant-là de prendre un sens. Je comprenais le sens des mots prononcés ! ! ! Moi, Murphy, chien de mon état, je comprenais parce qu’une mouche me faisait la traduction. Enfin, c’est immédiatement ce que j’avais pensé.

Puis j’avais décidé de ne pas essayer de comprendre, c’était déjà un rien surréaliste, suffisamment en tout cas. Était-ce d’origine céleste ou magique, une erreur ou un cadeau, un don ou une malédiction, peu importe ce que c’était, j’avais décidé d’appeler cette mouche, Mr Trad. Un nom, un diminutif du mot traduction, pour ne pas oublier qu’il y avait quelque chose avec moi et pour une raison, forcément.

Alors, si ma compréhension du vocabulaire humain était restreinte jusqu’à cet instant, je venais de réaliser que le monde des Hommes s’ouvrait à mon esprit. J’allais savoir et comprendre tout ce que les humains allaient dire. Voilà ce qui avait changé, ce n’était pas ma vue mais ma vision que j’allais avoir sur le monde.

Saperlipopette! Mais qu’est-ce que j’allais faire de ça ?

JOUR J (suite et fin) : Acceptation

Malgré ce nouveau sens apparu quelques instants plus tôt et la panique que cela avait amenée, entendre cette voix m’avait beaucoup rassuré parce que j’en connaissais parfaitement chaque intonation.

Elle s’était assise à même le sol près de moi et m’avait caressé doucement la tête. « Ça va mon Doudou? », m’avait-elle demandé. Je savais interpréter chaque changement de débit, chaque changement de tons, aigus ou graves. Je savais donc quand elle allait bien ou quand elle était soucieuse, je n’avais jamais eu besoin de comprendre ses mots. à ce moment-là, je n’avais été pas certain que comprendre allait changer quelque chose à notre relation pour la simple et bonne raison que cette personne était la plus précieuse pour moi. C’est l’amour de ma vie, je n’ai pas peur de le dire.

Elle a un prénom, un surnom, un diminutif qu’elle déteste et on peut l’appeler de différentes façons. Certains disent qu’elle est ma maîtresse, ma« dame », ma « dadame», mais pour moi, c’est Môman! Alors oui, je sais ce que vous allez dire, je suis un chien, elle est une humaine, techniquement on le sait tous, elle n’a pas pu m’engendrer.

Mais sincèrement je me fous un peu de ce que vous en penser, elle est l’amour de ma vie, mon univers, et fallait bien que je la nomme autre que « humaine ». Môman est un bon choix, je l’aime plus que tout, elle a toujours été là pour moi, elle m’a nourri, éduqué et soigné, et je sais qu’elle le fera jusqu’à ce que je ne sois plus.

N’en parlons plus, elle est Môman et moi Murphy, je suis son Doudou. Quelqu’un a quelque chose à ajouter? Non? Parfait alors.

Maintenant vous savez comment du jour au lendemain, j’ai compris les mots des humains, ma vision des choses a été quelque peu, comment dire, remise à zéro. C’est ça, je venais de naître et j’avais tout à apprendre de la subtilité de la langue parlée des humains.

Mazette! Cela n’allait pas être de tout repos.