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Cela fait plusieurs mois que j’ai remarqué que le petit nouveau me regarde un peu trop fixement, et avec un air trop…espiègle pour être innocent.
Il est stagiaire, moi je suis le capitaine. Il est chargé des tâches les plus ingrates, moi je dirige les hommes de l’équipage…
Je vais attendre que l’on quitte le port, que l’on soit en pleine mer pour le coincer dans la cale, au milieu des marchandises dans sa salopette d’ouvrier, les mains couverts de cambouis, avec le bruit des machines pour couvrir ses éventuels cris de plaisirs… car je vais le faire crier de plaisir, ce petit coquin !
Il va comprendre qui est le patron ici…
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Veröffentlichungsjahr: 2021
Dominique Adam
Dominé Par le Capitaine
Cela fait plusieurs mois que j’ai remarqué que le petit nouveau me regarde un peu trop fixement, et avec un air trop…espiègle pour être innocent.Il est stagiaire, moi je suis le capitaine. Il est chargé des tâches les plus ingrates, moi je dirige les hommes de l’équipage…Je vais attendre que l’on quitte le port, que l’on soit en pleine mer pour le coincer dans la cale, au milieu des marchandises dans sa salopette d’ouvrier, les mains couverts de cambouis, avec le bruit des machines pour couvrir ses éventuels cris de plaisirs… car je vais le faire crier de plaisir, ce petit coquin !Il va comprendre qui est le patron ici…
Alors que le bâtiment quitte le port, j’ai les yeux sur les bateaux plus larges qui s’approchent un peu trop près de notre coque. Ces pièges à touristes ont une fâcheuse tendance à mépriser les codes de la mer. Méfiant, ou plutôt vigilant, je touche ma casquette pour saluer les autres pilotes. L’homme à la barre est une extension de ma volonté ; je n’ai besoin que d’un mot, d’un coup de sifflet, pour lui faire éviter les obstacles que mon œil d’aigle à repérés.
Non, je ne promène pas de touristes, moi. Marine marchande, rien à voir avec une croisière. Mais ici, au large de Rio, on voit surtout ces grandes coques blanches qui partent en croisières paradisiaques… Et à leur bord, toute une faune colorée qui montre ses dents blanches, prêtes à croquer le monde, dans de grands rires insouciants. Ils ont bien de la chance. Ces couples qui se tiennent par la taille, en montrant dans le lointain les bancs de dauphins qui les attendent…
Des couples d’hommes, parfois.
Moi, je ne peux pas me permettre ça. Mon poste doit respirer l’autorité, et je maintiens pour cela une stricte distance avec l’équipage. Pas de familiarités. Personne ne sait même que je suis gay, à bord. Ça ne les regarde pas. Je n’ai pas de famille, pas de loisirs, pas de vie à terre, à leurs yeux : je ne suis que « le capitaine ».
Nous nous écartons lentement des eaux fréquentées, et mettons le cap sur la haute mer, alors que la houle se lève. Plongé dans mes pensées, je laisse le pilote se charger du cap et je rentre dans ma cabine. En passant devant les officiers, je me souviens de ce stagiaire que j’ai engagé pour remplacer un homme malade. Il est à leurs côtés, un peu en retrait, un plateau dans ses mains fines gantées de blanc ; des mains de femme, c’est ce qui m’a presque donné envie de refuser sa candidature.
Mais je l’ai finalement choisi, allez savoir pourquoi.
Il me propose une boisson à mon passage, que je refuse laconiquement. Il me suit des yeux. Je sens son regard dans mon dos. Insolent ? Pas tout à fait. Je ne sais pas comment définir ça, peut-être… malicieux. En tout cas, une familiarité que je n’autorise pas à bord, et il faudra qu’il s’en rende compte avant de s’attirer des ennuis.
Comment s’appelle-t-il, déjà ? J’ai oublié.
Je tombe sur ma couchette, je ferme les yeux et je me laisse bercer par le mouvement régulier des flots. Au plafond, la lampe se balance en jetant des éclats cuivrés. J’ai la tête ailleurs… Soudain, on frappe.
D’un bond, je vais ouvrir : il y a peut-être un problème avec le bateau, la trajectoire, ou les autres embarcations environnantes. Concernant le climat, je ne crains rien ; nous devrions avoir un beau ciel bleu pour l’ensemble de notre trajet, je l’ai revérifié plusieurs fois avant de partir…
C’est le nouveau. Il arbore toujours sa petite pointe de sourire, presque moqueur. Je me rends soudain compte de ce qui me gêne chez lui : il m’admire, comme il pourrait admirer une jolie fille dans un bar. Son regard remplace la réplique de mauvais film qu’il pourrait me lancer pour me draguer lourdement. Il est même encore plus agaçant, car c’est une pression permanente qu’il fait reposer sur moi… et qui semble avoir le pouvoir de se frayer sous mes vêtements pour me déshabiller.
