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Je lui pris la main, l’entraînant à l’écart de la piste de danse. Il m’avait rendu fou avec sa chemise ouverte sur son torse, ses mouvements de danse lascifs, et ses yeux rieurs.
Il me le fallait, ici et maintenant.
Il avait réussi son coup, il m’avait rendu fou de lui. Lui, un simple danseur alors que je suis un chanteur connu mondialement, avec des fans dans tous les pays du monde.
Ce petit crétin irrésistible allait voir de quel bois je me chauffe, et surtout, il allait m’accompagner dans ma suite, là où j’ai tous mes accessoires et sex toys…
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Veröffentlichungsjahr: 2021
Dominique Adam
Soumis à LUI
Je lui pris la main, l’entraînant à l’écart de la piste de danse. Il m’avait rendu fou avec sa chemise ouverte sur son torse, ses mouvements de danse lascifs, et ses yeux rieurs. Il me le fallait, ici et maintenant.Il avait réussi son coup, il m’avait rendu fou de lui. Lui, un simple danseur alors que je suis un chanteur connu mondialement, avec des fans dans tous les pays du monde.Ce petit crétin irrésistible allait voir de quel bois je me chauffe, et surtout, il allait m’accompagner dans ma suite, là où j’ai tous mes accessoires et sex toys…
Il y a maintenant dix ans que je fais ce métier, et personne ne m’arrive à la cheville. Je me fous de ce que les magazines people peuvent vous raconter ! Je suis le meilleur, je le sais et ça me suffit. Je n’ai pas peur des petits jeunes qui montent en flèche, je sais qu’ils redescendront tout aussi vite, comme des fusées du quatorze juillet, et qu’ils s’éclateront au sol à l’atterrissage.
Je les regarde en ricanant. Quand je les croise, je leur demande : tu as fait des plans, pour après ? Après la gloire. Pour moi, il n’y aura pas d’après la gloire, je mourrai une star et ma gloire ne fera qu’augmenter après ma mort. Je ne me fais pas de souci pour mes héritiers, si j’en nomme un jour.
Il y a une chose que je n’arrive pas à maîtriser, une seule : ...si vous lisez la presse, vous savez de quoi je parle. Je suis un coeur d’artichaut. Ça va probablement avec la sensibilité artistique, je tombe amoureux d’une personne comme d’un projet. Hommes, femmes, autres, peu importe. Je m’entiche d’un regard, d’un sourire, d’un charisme, il ne me faut que quelques instants. Et quand c’est fait, c’est fait ! Je ne peux plus oublier mon obsession.
Impossible pour moi d’être fidèle… Et impossible pour moi de rester seul. Je ne serais plus moi-même. Je ne pourrais plus écrire. Vous savez que j’écris toutes mes chansons moi-même ? Je m’inspire des sentiments qui rendent ma vie impossible, et j’en produis des œuvres d’art qui rendent votre vie plus belle. Pas mal, hein ? Mais pour ça, je dois passer du temps à en baver, à expérimenter toutes les pires et les meilleures émotions que l’amour ait à offrir, dans ma chair.
Ma dernière conquête, une fille qui n’avait rien à voir avec le show biz, ni journaliste, ni collègue artiste, ni employée, ni fangirl, était tout simplement une voisine de mes parents ; je l’ai connue au collège autrefois, et en la revoyant à trente ans, j’ai été ébloui par la femme qu’elle était devenue.
On a vécu une belle histoire d’amour, mais bientôt je l’ai trompée ; je l’avais prévenue, elle savait que ça arriverait, mais elle avait espéré pouvoir « me changer », vous savez… être celle qui ferait de moi un « type bien ». Si je recevais un euro pour chaque fille qui s’est bercée de ce mythe pour supporter mes petits défauts, je serais deux fois plus riche, et ce n’est pas peu dire.
C’est le pire moment pour que je me retrouve célibataire. Elle m’a dit : « Tu pars en tournée, tu vas pouvoir te concentrer sur autre chose, te changer les idées. Faire de nouvelles rencontres. » Encore une fois, elle s’est imaginée qu’elle me comprenait à merveille, mais que dalle ! Quand je veux me remettre d’une rupture, j’écris. Je compose des chansons au sujet de ce que j’ai perdu. Je rabâche les mots qui me font mal, je les tourne d’une manière ou d’une autre, je les juge sur leur sonorité, sur leur rythme, jusqu’à les priver de leur sens.
J’appelle ça « faire mon vide-grenier ».
Mais en tournée, impossible de composer ! Je n’ai pas de temps à moi, je cours dans tous les sens. Je suis coincé avec mon équipe et mes danseurs pendant des semaines, des mois, et tous ces gens savent parfaitement que je viens de me faire larguer ; les uns font attention à ne pas aborder le sujet, lourdement ; les autres essaient de me réconforter, de me forcer à m’amuser, ce qui est peut-être encore pire ; et il y a toujours un sale petit vautour qui se dit « la place est libre, à moi le glamour et la fortune ».
Je me demande qui ce sera, cette fois.
