Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
D'une planète à Girafes à l'Immensité qui s'éveille un instant, en passant par un monde où les lutins se battent pour embrasser une fée, cet amas d'élucubrations va vous faire voyager à travers la pensée et l'imaginaire... Bienvenue dans le décalage mental.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 89
Veröffentlichungsjahr: 2021
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
À mes ex-collègues "bregilien/nes", qui ont su me faire mourir de rire.
Herr General !
La planète Théorie – 1
ère
partie
La préhistoire dans l'homme moderne
L'immensité
La planète Théorie – 2
ème
partie
Guthrie et les robots
L'
attaque
des vers blancs
Le monde de Lilou
La planète Théorie – 3
ème
partie
L'action se passe au sein de l'armée. Et nous allons ici évoquer l'histoire du Général, un homme très peu charmant mais droit. Quand il partait en guerre, il ramenait toujours tous ces hommes sains et saufs. C'est qu'il était très rigoureux, le général, et ce, sur le moindre détail.
Il se levait toujours à l'heure sans utiliser de réveil et, après s'être habillé d'une façon plus que correcte dans son vêtement de Général, il sortait pour inspecter ses troupes au garde à vous qui l'attendaient. C'était son moment préféré de la journée, l'inspection. Le moment où tout était parfait, ou presque. En effet, il ajustait certains cols, remettait correctement un pied trop rentré ou trop avancé et même parfois, mais cela restait rare, il sortait son mini peigne de sa poche pour recoiffer un cheveu qu'il jugeait rebelle d'un des soldats. Il considérait cela comme un grand privilège pour celui qui en bénéficiait, de sa petite retouche perso, se plaisait-il à penser. Puis, il laissait le soin au commandant d'échauffer les hommes.
Pendant ce temps, il rejoignait son bâtiment pour remplir différentes tâches administratives qui lui incombaient mais il faisait avant tout un petit détour par les cuisines pour s'enquérir du menu du jour et adresser un message d'encouragement au personnel. C'est alors qu'il remarqua un berceau posé sur une des tables du réfectoire. Que faisait-il ici ? Il n'en savait rien et ne voulut pas le savoir. Et, bien qu'il soit passé devant assez rapidement, il avait pu remarquer les magnifiques yeux verts du nourrisson qui semblait l'avoir fixé bien intensément. Était-ce son imagination ? Non, il n'y a que les fous qui ont une imagination débordante, pensa-t-il. Ce bébé était bien là et l'avait fixé. Pourquoi cela le perturbait-il autant ? Quoi qu'il en soit, lorsqu'il arriva en cuisine, il lança son petit mot d'encouragement à la volée et repartit sans s'attarder sur les détails du menu du jour. Il avait bien senti les regards étonnés du personnel mais avait repris son chemin en direction de son bureau pour ne plus avoir à penser au nourrisson.
Il se posta un instant devant sa fenêtre pour le chasser de sa tête et reprit vite le cours de son train de vie quotidien en s'attaquant à la pile de dossiers importants qu'il avait sur son bureau comme tous les matins. Et puis, la journée toucha à sa fin, sans autre "perturbation".
Le général se coucha, toujours à la même heure pour se relever le lendemain matin également à la même heure que la veille. Il s'habilla comme à l'accoutumée dans son vêtement de Général et sortit inspecter ses troupes au garde à vous qui l'attendaient. C'était son moment préféré de la journée, l'inspection. Le moment où tout était parfait, ou presque. En effet, il ajustait certains cols, remettait correctement un pied trop rentré ou trop avancé et même parfois, mais cela restait rare, il sortait son mini peigne de sa poche pour recoiffer un cheveu qu'il jugeait rebelle d'un des soldats. Il considérait cela comme un grand privilège pour celui qui en bénéficiait, de sa petite retouche perso, se plaisait-il à penser. Puis, il laissait le soin au commandant d'échauffer les hommes. Pendant ce temps, il rejoignait son bâtiment pour remplir différentes tâches administratives qui lui incombaient mais il faisait avant tout un petit détour par les cuisines pour s'enquérir du menu du jour et adresser un message d'encouragement au personnel. Quand soudain, au détour du bâtiment, il se heurta à… une petite fille ?!! Hier, le nourrisson, aujourd'hui, une petite fille !
– Ne me laisse pas comme hier sinon tu ne me verras pas grandir, lui dit-elle.
Il ne comprit pas un mot de ce qu'elle tentait de lui dire. Peut-être avait-elle reçu un coup à la tête ? Il la conduisit en direction des cuisines afin de s'enquérir auprès du personnel si cette fillette était venue avec l'un d'eux. La petite fille le suivit sans broncher mais alors qu'il demandait aux gens, elle s'empara de sa main et déclara :
– Je suis une des plus proches parents de Martial mais il ne s'en souvient pas encore.
Abasourdi, le Général se tourna vers la fillette. Tous les autres yeux étaient braqués sur lui.
– Mais c'est impossible ! répondit celui-ci. Je ne l'ai jamais vu cette petite !
Le regard de la fillette devint alors très dur et elle lui répondit brusquement :
– Mais cesserez-vous donc d'être aveugle un jour et allez-vous me voir enfin ?
Ce regard, pensa le Général, je le reconnais.
– Et maintenant, continua la fillette, vous allez me suivre ou vous aurez à le regretter toute votre vie durant !
Sur ce, elle serra fort la main dans la sienne et l'entraîna, sous les yeux ébahis du personnel des cuisines, au dehors suivre le chemin à l'exact opposé du Général à l'ordinaire.
Elle le tira de force jusqu'à la sortie de sa routine habituelle et le conduisit en dehors de la base pendant que le Général réfléchissait, tentant désespérément de se souvenir où il avait déjà vu ce regard. Une fois passés devant les gardes à l'entrée avec un petit mot d'explication maladroite, il stoppa la fillette et l'obligea à lui faire face.
– Voulez-vous bien cesser ces enfantillages, jeune fille. Je ne vous connais ni d'Eve ni d'Adam et vous le savez fort bien ! Alors j'exige de vous que vous me disiez précisément ce que vous attendez de moi et pourquoi vous m'empêchez de remplir mes fonctions habituelles et hautement importantes, je vous prie ! Et par tous les saints, que fait donc une petite fille à l'intérieur d'un camp militaire ?!!
– Cessez de m'importuner Martial ! Je vous connais fort bien ! C'est vous qui ne vous connaissez même pas vous-même ! répondit la fillette sur le même ton. Tenez, Martial ! Comment pourrais-je connaître votre prénom ? Tous ces gens ici vous appelle Général !
Le Général se redressa. Mais oui, pensa-t-il, comment connait-elle mon prénom ? A-t-elle eu accès à des dossiers confidentiels. Et si oui, possède-t-elle d'autres informations ? Est-ce une espionne ? Si jeune ?
– Par pitié, Martial, veuillez mettre une fin à vos réflexions ridicules ! Et avançons, je n'ai guère le temps de tergiverser !
Puis, elle s'avança plus loin dans la forêt qui bordait le camp.
Quel vocabulaire a-t-elle là ?!! Elle lui rappela lui-même lorsqu'il était enfant. Il parlait également de cette manière, se différenciant de ses camarades qui le brimaient souvent pour cette raison.
– Mais ?
Il la chercha des yeux. Elle avait disparue. Il fouilla les environs à sa recherche mais ne la trouva pas. Il voulut l'appeler mais il s'aperçut qu'il ne lui avait pas demandé son prénom.
Il ne revint qu'à la nuit tombée, tout couvert de boue et d'égratignures dues aux diverses ronces jonchant la forêt. Il n'avait cessé de chercher la fillette en se remémorant sa vie passée, plus particulièrement, son enfance, ses camarades de jeu, ses bagarres, sa famille… Il avait passé une journée horrible, se perdant dans les bois, peinant à retrouver son chemin, se prenant les pieds dans des racines, tombant parfois mais se relevant toujours.
En passant devant la caserne, il entendit quelques soldats discuter. Il avait reconnu leurs voix.
– Alors, tu as eu droit au fameux coup de peigne du Herr General Heute ? demanda une voix faussement allemande.
– Oh, ça va ! J'ai eu le malheur de laisser un cheveu dépasser et v'là qui me sort son peigne tout crasseux là. Je suis quasiment sûr qu'il l'utilise aussi pour recoiffer les morts sur un champ de bataille !
Et tous s'esclaffèrent. Le Général repartit dans l'ombre pour regagner sa chambre où il fut bien en peine de trouver le sommeil.
Il se réveilla le lendemain à la même heure qu'à son accoutumée et s'habilla de la même façon que les autres jours dans son habit de Général. Puis, il sortit pour inspecter ses troupes au garde à vous qui l'attendaient. C'était son moment préféré de la journée, l'inspection. Le moment où tout était parfait, ou presque. En effet, il ajustait certains cols, remettait correctement un pied trop rentré ou trop avancé et même parfois, mais cela restait rare, il sortait son mini peigne de sa poche pour recoiffer une mèche qu'il jugeait rebelle d'un des soldats. Mais alors qu'il allait sortir son mini peigne de sa poche pour recoiffer l'un d'eux, il s'aperçut qu'il reconnaissait ce soldat. Il le regarda dans les yeux et y vit pétiller une lueur de malice dans son regard qui, d'après ses propos de la veille, laissait à penser qu'il avait fait exprès de laisser quelques cheveux dépasser de son calot. Le Général finit tout de même par sortir son mini-peigne pour le recoiffer et lui remettre son calot correctement puis, s'adressa à lui directement :
– Non, je ne recoiffe pas les morts avec ce peigne, je les laisse en paix. En revanche, vous aurez l'ultime privilège de bénéficier de ce coup de peigne tous les matins dorénavant.
Enfin, quand il eut fini, il rangea le peigne, tourna les talons, laissant le soldat rouge pivoine à la risée de tous ses Herren Kameraden !
Soudain, le Général aperçut au loin une jeune fille qui semblait distraire les gardes à l'entrée. Sans exactement savoir pourquoi, il se dirigea dans sa direction. Il savait qu'il devait y aller, c'est tout. Alors qu'il arrivait à sa hauteur, il reconnut ces incroyables yeux verts qui le fixaient.
– On y va ? demanda la jeune fille au Général.
Sans hésitation cette fois, il lui prit la main et se laissa entraîner. Elle marchait tellement vite dans les bois qu'il dû parfois courir pour ne pas se laisser distancer.
– Si tu ne me lâches pas la main cette fois, tu ne risques plus de me perdre, le rassura-t-elle, comme lisant dans ses pensées.
Puis, elle ajouta :
– Et je ne lis pas tes pensées, je SUIS tes pensées !
Il stoppa leur course mais la tenant fermement par la main, l'empêcha de s'enfuir. Celle-ci ronchonna :
– Aller, avance ! Tu dois te réveiller bientôt ! Et il y a tellement à voir, à rire, à respirer, à chanter… à courir !
