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L'auteur décrit le chemin de ses réflexions à l'annonce de la récidive de son cancer du rein. Il met en perspective les premiers signes d'alerte ignorés par le corps médical. Il raconte son vécu lors de la première intervention. Explique sa vision du monde et justifie sa décision qui peut sembler curieuse sortie de son contexte
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Seitenzahl: 215
Veröffentlichungsjahr: 2018
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EN MARCHE...
VERS LA DĖCRĖPITUDE
Partir, c'est mourir un peu.
Mourir, c'est partir beaucoup!
Revenir c'est tricher.
Nous ne devons pas descendre trop bas
dans la décrépitude.
Notre statut d'humain nous oblige
à conserver un semblant de dignité!
Have some dignity please!
Voici mon journal. S'il avait été écrit par Georges Bernanos, il se serait appelé :
"Journal d'un crevé de campagne".
J'aborde le sujet, entre autres choses, de mon cancer du rein.
Poil aux seins!
De ma possibilité de suivre un traitement efficace ou pas.
Poils aux bras!
Au stade débutant de ce désordre cellulaire, le choix est réel.
Poil aux aisselles!
Avant l'arrivée des métastases, le traitement chirurgical est sûr, il n'est pas accompagné de rayons, de chimiothérapie, ne produit pas d'effets secondaires. Je dois juste me faire retirer le rognon envahi.
Poil au kiki!
La facilité.
Sorte de capitulation en rase campagne devant la simplicité.
Ce cancer me permet une décision sans éléments extérieurs perturbateurs pour l'influencer. J'ai mon avenir entre les mains.
La possibilité de mourir plus tôt, de mourir plus tard, c'est la seule question qui se pose à moi, sachant que je ne maîtrise pas tout. Il y a d'autres candidats possibles pour un trépas plus précoce qui snoberait le cancer.
Je commence l'écriture de ce texte volontairement dans la déconnade. La vie, la mort, pour moi, ce n'est pas sérieux. Peut-être ne suis-je qu'une illusion. Je rêverais que je me rêve. Une mise en abîme.
Si je suis une réalité, mourir serait m'affranchir de toutes les contraintes terrestres. Des possibilités ici-bas, j'en ai fait le tour, du moins de celles qui m'étaient accessibles.
Tirer ma révérence, une façon de me foutre de la gueule du cancer.
-Tiens mec, voilà les clés de mon futur, démerde-toi, sans moi, je me casse.
J'inverse les rôles, je rebats les cartes, c'est maintenant moi qui menace sa vie. Je peux devenir le cancer de mon cancer. La peur change de camp, ce sera à lui de chier dans son froc.
Je ne parle pas pour les autres cancéreux, chacun voit midi à sa porte. Il ne s'agit que de moi.
Nous vivons l'ultra-libéralisme, pas vrai?
Chacun sa merde!
Je me contenterai d'évoquer mon cas.
Pouvoir envisager de choisir librement, de laisser mon organisme se démerder contre cet intrus parasitant mon rognon. Ce n'est pas la mort sûre... dirait mon chien!
Quelle sera ma décision lorsque le pied du mur se tiendra devant moi?
L'avenir me le dira.
Je déciderai au jour le jour, en fonction du ressenti.
Il y a la théorie.
Il y a mes contradictions internes...
La vie n'est que contradictions. Lorsqu'elles cessent, la vie cesse aussi.
Ici, juste une réflexion!
À Alcide Poirier.
Mon grand père que je n'ai pas connu.
Je ne sais rien de lui.
10 Septembre 1887
8 Décembre 1926
.
Diariste:
Alain René Poirier
10 Septembre 1947
8 Décembre 2026 ? ou avant?
Cancer du Rein
2015? - ????
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre facultatif.
Sinon passez page →
Pour se détendre.
Je vais commencer ce récit autobiographique partiel par quelque chose de léger, de gai. De la plume d'édredon planant dans une bataille de polochons. L'affrontement entre la marrade et la poilade. Je brise le suspens, la bidonnade sera déclarée "vainqueur". Elle avait mis du plomb dans son oreiller.
Vingt coeurs, cela reste une énigme pour un cardiologue. Peut-il se faire payer vingt visites à chaque rendez-vous de la bidonnade?
Je vais également, en parallèle, débuter l'histoire de mon crabe. Je l'appelle Gaston. Il est à l'origine de ce petit récit.
En même temps, en même temps, glapiront les carpettes arrogantes en marche vers le ridicule, la déception, le rejet. Pauvres membres opportunistes de cette secte de possédés d'un monde supposé nouveau.
Putain les marcheurs, regardez-vous au moins une fois dans la glace. Vos gueules de survivants de bidets, n'ont rien de nouveau. Je vous observe, vous scrute, ne vois que des tronches de politicards des années cinquante!
En fait de nouveauté, qu'avons-nous sous les yeux?
De pauvres perroquets vomissant leurs éléments de langage, leurs mantras. Ces phrases creuses, chiées dans leur bouche par un Spin Doctor. Laïus appris par coeur. Restitués après moult jeux de rôle. Un conditionnement pavlovien par des mises en situation. Résultat: cette pauvre propagande régurgitée dans nos becs d'oisillons.
Ils nous croient crédules.
Pauvres jeunes trous du cul de tous âges, embryons de fascistes, fausses couches de la pensée, politicards décérébrés, larbins aux ordres. Je vous méprise profondément. Tous en marche... vers le déshonneur, le ridicule, la compromission. Je n'ajouterai pas à mon anathème le geste symbolique de vous pisser à la raie du cul, je ne voudrais pas souiller le jet pur de mon urine. Vous ne le valez même pas. Sur vous, piètres paillassons de la réflexion, en extase devant votre gourou psychotique, je n'essuierais pas mes pieds sabotés, j'ai trop de considération pour mes galoches crottées. La terre de ma campagne.
Que va contenir ce livre?
Ce petit récit tout à la fois rigolo et vachard, ou le début de l'histoire de l'envahisseur de mes cellules rénales. Celles triant, depuis tant d'années, l'urine cachée dans mon sang?
Les deux mon capitaine, pour le prix d'un seul.
Là, je montre à tous les passants... non, pas mon cul, que nenni, ce n'est pas ma posture, je sais me tenir... juste mon côté cartésien.
Ce marqueur de ma référence à la civilisation judéo-athée que je fais mienne.
Ce début de journal va commencer au moment exact où...
Faut-il préciser?
Les lignes suivantes l'exposeront bien mieux que moi.
Avant, un petit préambule. Non ici pas de rime!
De quoi s'agit-il?
De quelques conneries écrites en portant sur la tête un chapeau pointu très turlututu. J'ajoute un nez rouge crachant des jets d'eau. J'ai le visage outrancièrement grimé, ainsi je m'insère sans dénoter, dans le groupe de ceux se prenant au sérieux. Costumés, cravatés, les boutonnières Légion d'honneurées, résonnants plus que de raison, tels des tambours, ces mecs se la jouent respectables. Ils se croient en position de donner des leçons de démocratie à la population. Peuple refusant de plus en plus souvent de subir leur dictature. Pour marquer le mépris porté à ceux considérés comme leurs sujets, ces suffisants, ont un mot à la bouche, il revient sans arrêt. Le prononçant du bout des dents, il semble leur souiller la guoule, donnant un goût de merde aux oeufs de béluga restés coincés dans une de leurs dents creuses. Ils se sont accaparés de "populistes" mot mis à toutes les sauces, craché avec le dédain porté au peuple considéré ignorant. La caste journaleuse s'en est emparée, le vomit à satiété. Des comités aux ordres, sur nos écrans et nos radios, composés de ces journaleux et de pseudo-économistes, ces prostitués de la désinformation, se félicitent de n'en point faire partie, font honte à qui ne partage pas leur vision. Les intérêts du peuple, mais quelle horreur cher ami! Quelle vulgarité! L'intérêt supérieur cher collègue, c'est de toute évidence celui des banquiers nous nourrissant.
Dirigeants et perroquets cathodiques s'autodésignent étalons de la morale, du penser juste, de la vision incontestable. S'ils ne chiaient pas si mou, mis sous cloche, nous les déposerions à Sèvres, au pavillon de Breteuil.
Populiste, cher ami, est un mot super caca-boudin!... disent-ils en ouvrant largement les cuisses de leur cerveau pour se faire fourailler par le capital!
En marchant, je crie "vive les clowns". Je m'époumonne. je souffle dans ma langue de belle-mère. Elle se déroule et trompette en même temps.
Pouêt pouêt tagada tsouin tsouin.
La respectabilité enfoncée là où les autruches se mettent les plumes, des "Pins" rouges au revers du veston de pingouin dessiné sur mon T-shirt, les joues carminées pour faire fin de banquet, j'avance, je fends la foule, j'attrape les mains de tous ceux qui en sont dotés. Je tapote les joues des manchots. Je lèche la trogne des graines de bois de lit tendus à bout de bras par leurs génitrices, pour que je bénisse les marmots. La sainte onction, baptême de la connerie.
Ainsi accoutré, de loin, tu pourrais me croire politicien ridicule du monde nouveau.
De près, mon langage détrompe.
Je profère à la minute bien moins de conneries. Pourtant, Dieu me tripote, (un hommage à Desproges), (tripoter, une habitude courante chez les divins zélateurs ensoutanés... amen)... je peux l'affirmer, j'en profère beaucoup. Je ne fais quasiment que cela !
Pouêt pouêt. Tagadagada tsouin tsouin, zim boum boum!
Allez, en vérité je vous le dis, mes biens chers frères, rigolons, poilons-nous, tapons-nous sur les cuisses, dilatons-nous la rate!
Confettis, fluide glacial, boules puantes, coussins péteurs, blagues carambar, la chenille, la danse des canards, faites tourner les serviettes, allez, pas de timidité, tout le monde enfonce son doigt dans le trou du cul de son voisin.
Oh là, un seul doigt, pas de gourmandise, contentons-nous du majeur, ce n'est qu'un jeu festif.
À poil, tous à poils, même les glabres! C'est la liesse, la fiesta, la nouba... la parade de notre cirque d'humains... tagada tsouin-tsouin!
En réalité, je suis seul pour faire la chenille... Je déteste la promiscuité. Ne la tolère que redevenue sobre. Au moment de l'orgasme, une promise consentante et enthousiaste, bourrée, te gerbant dessus, ça te calme l'érotisme...
Le pluriel ne vaut rien à l'homme
et sitôt qu'on est plus de quatre
on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu!
C'est ma règle et j'y tiens,
chantait le grand Georges.
Regarde, je me tiens par les épaules. Je marche au pas, en levant les genoux. Une vraie majorette. Je suis à la queue leu-leu devant mes ombres.
Tzim boum boum tsouin tsouin.
Avec plusieurs spots soigneusement disposés, je crée autant d'ombres que je le souhaite. Je me multiplie, me dédouble, me clone... par un prompt renfort d'ombres, me voilà une armée de clowns, putain, je fais fort.
De loin, si tu es un peu distrait, ça en jette!
Tu me crois nombreux, une foule, une ribambelle, une vraie bande de... Cha cha cha les thons avec un T comme crocodile.
On est, on est, on est champions, on est, on est, on est champions... hurlent, en se dandinant du croupion, les grégaires décérébrés à têtes tricolorées..
Robert Dhéry pourrait leur lancer: vos gueules les pas muets!
J'ai dit rigolons! Je n'ai pas dit soyons cons!
Supporteurs, la belle affaire, l'esprit de mouton, le bêlement à l'unisson, la réflexion aux abonnés absents.
Putain de bordel, ne poussez pas trop loin le bouchon!
Dans ce chapitre, un impératif, il me faut déclencher chez le lecteur piégé, quelques petits sourires, quelques indignations, avant de m'attaquer au lourd, dans le chapitre suivant.
Pour certains, la mort, comme sujet, c'est du lourd, surtout si le candidat, ce plat de résistance à la grande bouffe des asticots, approche comme moi, les cent kilos.
Peut-on sourire de tout, sans passer pour un sans coeur, un cynique, un vaurien, un putain de mauvais Français, me demanderas-tu avec sérieux?... (Tu vois encore qui j'honore)
Poils aux yeux, au noeud, aux deux!
Avec sérieux?
Non. Définitivement non.
Il est préférable (râble de lapin, lapin de garenne, renne de père Noël, aile-de-pigeon, jonc de panier, nier comme un marcheur de la république) de l'exclure.
Éviter la présence du sérieux, de sa bande de culs serrés, pour sourire, c'est mieux.
Comme pour rire.
Sourire de tout, bien sûr mais, pas avec n'importe qui. Soucis-toi comme d'une guigne de ceux en profitant pour te compter les dents. Trente-deux au complet, autant que de cartes dans ces jeux populaires, la belotte, la coinchée, la bataille. Dents, chez les miséreux, tombant avec l'âge comme feuilles d'automne. Les carences, les privations, en sont la cause. Pendant ce temps, les responsables, laissés indifférents, se gobergent à pleines dents. Faisant face, il y a le sourire condescendant de ces joueurs de plus haute extraction, ceux se croyant distingués. Ils ne conçoivent le jeu que de cinquante-deux cartes.
Le bridge cher ami, seule possibilité sans nous compromettre. S'il vous plaît, épargnez-nous la bataille, la belotte, ne soyez pas vulgaire. De dents, ces supérieurs dans leurs têtes, doivent se limiter à trente-deux, artificielles comprises. Chez eux, la différence, le petit plus, elles sont bien ordonnées, alignées, égalisées, étincelantes, plus blanches que la faïence d'une cuvette de chiottes avant le passage de la diarrhée... Lorsqu'ils ouvrent la bouche, tu les crois dotés d'un éclairage intérieur...
Jusqu'où s'arrêteront-ils? Ils se croient les articles vedettes du catalogue, nous font sentir qu'ils sont la nouvelle collection, nous les soldes. Petit à petit, ils imposent leurs critères esthétiques pour définir la normalité. À force de les voir, ça devient la référence, le point de comparaison. Ils élargissent ainsi le fossé les séparant de la population travailleuse.
Sourire pour ne pas pleurer de désespoir devant tant de connerie...
Pleure, tu pisseras moins au lit, disait mon grand-père, Pierre René. (il aurait dû s'appeler René Combeau, si le hobereau qui avait troussé sa soubrette de grand-mère, avait reconnu son père). C'est toujours ça de pris!
On est, on est, on est champions, on est, on est, on est champions...
Vos gueules! N'avez-vous aucune notion du ridicule?
Exhiber sa connerie, en faire l'alpha et l'oméga, va-t-il devenir un sport olympique.
Putain, je vois déjà la cohorte des futurs médaillés.
Ces footeux, de leur jeu de ballon à taper du pied, ils sont champions du monde. champions des pousseurs de baballes dans le filet.
Leurs spectateurs ont-ils une âme d'enfant?
Plutôt de klebs!
Allez, apporte, apporte la baballe, brave chien chien! T'es content, t'as gagné, tu remues ta petite queue, tu lèches la main de tes maîtres, pourtant regarde, ils sont en train de te couper les couilles. Ces spectateurs, vautrés, gavés de bière, de pizzas industrielles, n'ont plus aucune dignité. Ils y ont définitivement renoncé... ils ont l'impression, à travers ces footeux, de s'évader de leur classe sociale. De vrais renégats!
Une illusion.
Dans la connerie, ils s'y enfoncent d'un degré de plus à chaque match, jusqu'à la finale, jusqu'à l'apothéose. Ils se sont rêvés comme partie du vainqueur, jusqu'à, petit à petit, se voir lui en totalité. Leurs idoles, des tigres en papier, comme les fantoches Américains des années soixante-dix, aux yeux des maoïstes, pour ne pas les traiter de tortues, ou pire, d'oeufs de tortues, insulte suprême. Les marionnettistes leur ont vendu pour une fortune un maillot de footeux, ils le portent, le nom du pousseur de ballons écrit gros dans le dos, ils se l'approprient.
Retournez-vous les gars, putain, vous avez plus l'air de cons que de moulins à vent. Vos bide embierrés jouent les avants!
Supporteurs, ils se prennent pour des champions du monde. Nos élites leur laissent croire, ils les fêtent, glorifient leur connerie, les caressent dans le sens du poil, les rendent inoffensifs. Bons toutous, après vos couilles, ce sont les crocs que vous avez perdus.
Des artistes miauleurs ou cinémateux, voire les deux, auxquels le populo balonneux arrive à s'identifier aussi, en idiots utiles du système qui les privilégie, pour continuer d'en croquer encore et encore, se rendent complices de l'escroquerie. Généreuse notre présidence, en contrepartie de "tu fermes ta gueule et acceptes les injustices", ce pouvoir usurpateur leur octroie ce quart d'heure de célébrité. Il leur laisse étaler sur les écrans télévisuels, leur bêtise crasse, leur beauferie dégoulinante de bière. Il l'exacerbe, l'encourage, prouvant au monde entier que ces loquedus méritent leur sort de cocus de la démocratie. Il fait montre de tolérance, de courage, de laisser s'exprimer tant de vulgarité. Les bandes de décérébrés, avancent dans la débilité, s'y enfoncent davantage. C'est à qui ira le plus loin, tous flattés de voir leurs gueules de déficitaires en iode, déformées par la courte focale, sur tous les téléviseurs. Ils ont ces gestes stéréotypés des dégénérés n'existant qu'en meutes. Ces gens-là, monsieur, ne pensent pas, ne gueulent que des slogans stupides, ça leur évite de réfléchir, de défendre leurs intérêts de classe.
J'ai précisé, sourire, mais pas avec n'importe qui!
J'évite ces gus dont l'intelligence s'exprime par les pieds ou le caleçon. Intellectuellement des culs-de-jatte anoures.
Après quelques galéjades, une bonne citronnade, cacahuètes, pistaches, saucisson, je poursuivrai le récit par la partie considérée plus lourde. Du sérieux, du pesant. Il risque de plomber l'atmosphère primesautière m'enveloppant souvent. Ce lourd contracte, donne des têtes de constipés, de congestionnés. Des visages trop rouges à force de pousser.
Ma mort, pas du si lourd que ça. Seul mon cadavre le sera. Désolé, messieurs les porteurs. Heureux les asticots. Jusqu'à l'été prochain, pour vous, il y aura de la bidoche à bouffer. Les gars de chez Borniol, pour me transporter, commencez par vous muscler les biceps, sachez anticiper.
Pour paraphraser le camarade Maurice Thorez, Il faut savoir finir... une vie... sur la grève... ou ailleurs.
Les plus politisés iront jusqu'à affirmer, s'ils sont pratiquants de la dialectique de Zénon d'Élée, popularisée par Platon:
"Faut pas pousser mémé dans les orties, elle ne sait pas nager".
Je pose la question aux constipés congestionnés.
Peut-on sourire en étant rubicon?
Être rubicon éloigne du primesautier, la chose est démontrée.
Dans primesautier, il y a prime, il y a aussi Sautier.
(Private joke:
Ici c'est de l'humour personnel, il n'est compréhensible que par quelques initiés de ma trajectoire professionnelle chez Hoescht Behring, Behring, Dade Behring et Siemens. Peu de personnes possèdent la clé, seules, celles connaissant Denis... Je n'en dirai pas plus.)
Cette possibilité de prime, c'était l'époque précédant ma retraite... Depuis... plus de bonus. Pire, l'état me pique, me rabote, me rabiote, me taxe, diminue mes revenus...
Ces élus par magouilles, ces larbins des banques, nous les vieux, nous les avons enfantés, nourris, instruits, enrichis. Dès leur naissance, dans leurs bouches édentées de futurs connards, nous avons déposé ces jolies cuillères d'argent. Ces jeunes cons d'ingrats, au lait coulant encore de leur nez, si tu presses dessus, veulent se débarrasser de nous, leurs vieux. Trop coûteux les retraités. Devenus inutiles à leurs yeux, nous osons croquer un bout du gâteau que nous avons gagné à la sueur de nos fronts, épargné au prix de sacrifices. Les maîtres qui les manipulent, veulent tout nous faire reprendre, tout jusqu'à la dernière miette.
Changeant de sujet, où se passe ma retraite, me demandes-tu?
En haute Saintonge.
Me voyant sans chapeau pointu, juste un Borderland de cuir noir made in Australia, tu sembles surpris.
Ma retraite, pourquoi l'imaginais-tu en Russie?
Parce que Vélosolex...
Pas de retraite sans casser d'oeufs. D'oeufs à la neige... Si, si, neige de Sibérie.
J'adore le mot primesautier. Je le trouve printanier, rigolo, plein de bonne humeur, savoureux, rafraîchissant, pétillant en bouche. Je ne connais pas le nombre de points possibles au Scrabble.
Primesautier, primesautier. Ce mot, en le prenant, je le fais tourner sur ma langue. Elle ne peut être de bois, trop d'humidité au palais, elle écombugherait. Le roi n'est pas mon cousin. Les coussins du palais sont épais, ils périront par le glaive. Ivo Livi, dit Montant Yves, ivre de ses propres conneries, ce clown se prenant pour un maître à réfléchir de travers, girouette de la pensée, compagnon de route, tour à tour des communistes Staliniens puis des capitalistes de la clique Bilderberg, qui durant la dernière guerre, résistant à résister à nos hôtes teutons, préférant la chansonnette à la gâchette au temps de l'occupation, chantait du André Hornez...
Moi j'm'en fous, je m'en contrefous.
Primesautier me parfume les papilles... Jouissance en vue. Fermant les yeux pour mieux profiter du plaisir, je vois passer, par associations d'idées:
des kangourous masqués qui bondissent sous les bosquets charentais,
des okapis en pyjamas traverser les plaines du bordelais,
des pibales à monocles profitant de la marée pour remonter la Gironde,
suivis de tous les personnages interlopes des romans que j'ai eu l'impudence de publier. Tous sans exception! Les plus pervers compris. Les mères vertes aussi. Les couples se forment, se séparent, se reforment. C'est la vie.
It was a teenage wedding, and the old folks wished them well
You could see that Pierre did truly love the mademoiselle
And now the young monsieur and madame have rung the chapel bell
"C'est la vie," say the old folks, "it goes to show you never can tell"
me chante Chuck Berry.
Les titres des romans se mélangent. Pour éviter des drames, liés aux susceptibilités, je repeins tout en noir, les portes rouges, les scarabées, les coquelicots. Les Rolling Stones entament:
"Paint it Black".
Un homme averti en vaut deux... ce qui double ses frais... Pour faire du vélo, il doit prendre un tandem. Pas de régime sans sel.
Le vert du pervers lui donne mauvais teint. Les noyés pourrissants, verdissent au fil de l'eau. Sous le pont Caran d'Ache, coule je ne sais quel fleuve. Je crois que c'est la Seine, la Loire, ou peut-être la Garonne. Les noyés n'ont jamais bonne mine, flottant au fil du courant qui roule sa pelote. Ils sont taillés trop pointus, ça fragilise leurs mines.
Je mouche les chandelles vertes. J'inverse la rotation des gidouilles. Je me fous du trône de Pologne, c'est le problème du Capitaine Bordure. Je crie "à bas la Lituanie" sans savoir pourquoi. Je suis devenu Bordure... Sans ma politesse légendaire, je me serais laissé aller à gueuler en choeur avec le père Ubu, merdre, merdre et merdre.
Je suis en plein délire. Le ciel se couvre de cumulus, les nimbus les chassent. L'orage n'est jamais loin. Debout sur un tas de foin, un des barguenas, j'en ai la chair de poule. Voyant ça, un coq me croit de sa basse-cour, il lorgne avec insistance mon arrière-train. Ce dernier de crainte, n'ose siffler, pas même une seule fois. Maître jhàu veut me cocher, assurer sa descendance. Ai-je une tête d'oeuf?
Le premier m'appelant ma poule, je lui colle un bourre pif. Cocorico, du coq, je vois ses ergots, ils sont énormes, rouges, ensanglantés. J'ai peur des éperons, crains pour mon fion. Avec du beurre dessus, ne serait-ils pas moins douloureux? Passeraient-ils mieux? Les sentirais-je plus petits?...
Les petits éperons rouges.
La motte de beurre.
Où est ma galette, demandais-je à mère grand?
Ce jhàu (un coq en Saintongeais) punk à la crête arrogante, ne tirera pas ma bobinette, je tiens trop à ce que ma chevillette ne choit point...
Tagada, tagada voilà les Dalton...
Arrive ma planche de salut. Je saute dans ce fiacre. Il allait trottinant, cahin-caha, hue, dia, hop là. Mon cloaque sauve sa virginité. Ne m'appelez plus jamais Marie.
Je me retourne, fais le fier à bras, montre mon doigt, celui du milieu, à ce gallinacé, je hurle:
c'est toi qui l'as dans le cul!
Il me répond l'effronté.
Chante de plus en plus fort. Me déchire les tympans. Une chanson salace apprise au régiment:
la bite à papa que l'on croyait perdue,
c'est maman qui l'avait dans le cul.
C'est du passé. Dieu est intervenu, d'insanités, les coqs n'en chantent plus. Ils se contentent de crier Cocorico... La traduction en gallinacé littéraire de leur chant irrespectueux. Ils n'en pensent pas moins.
De retour de la messe dominicale, à jeun, l'hostie de communion encore collée sur les dents, passant devant une bassecour, les papas depuis ce temps, principe de précaution, bouchent les oreilles des mamans. Sauf les plus désordonnés.
Je vous salue Marie.
Amen!
Le fond de l'air n'est plus très frais. Une odeur curieuse titille mes nasaux. Cela sent la péremption courte, la date limite. Un mélange de fin prochaine, de terme dépassé.
Le matin, occupé à ma toilette, le miroir indiscret exhibe la nudité de mon postérieur? Sur ma fesse droite, je lis une date...putain, c'est une limite de consommation.
Je pose une question!
J'exige la réponse!
Qui m'a tatoué sur le cul, cette date en caractères gras?
Les mots tombent dans l'oreille d'un corbeau. Il n'était pas sourd. Cessant de voler au-dessus du nid des coucous, ces volatiles sans scrupules, il les combattait pour sauver sa nichée. L'oiseau noir se précipitant sur moi, ouvrit son large bec, lâcha ce fromage lui pourrissant l'haleine. Tout fier, il me fit entendre son ramage:
"Corne de cul dit la marquise, je suis enceinte et ne sais pas de qui".
Les corbeaux de toute évidence ne sont pas sourds, mais celui-ci me paraît assez con. Il n'a appris qu'une phrase par coeur et la ressort à tout bout de champ, de chant.
Le Saint-Esprit, chacun le sait, se trouve partout à la fois. Il se prend pour un électron. De savoir cette marquise grosse d'un inconnu, il se sentit accusé, montré du bec. Il ne fit qu'un seul geste, referma sa braguette. Accrochée au bout de son membre divin, une goutte de semence où grouillaient les graines de futurs fils de Dieu. La goute chut à terre perdue pour la sodomie, Jésus n'aura pas de frère, par respect pour la vierge, il s'excusa, puis il récita un "je vous salue Marie". L'esprit dit Saint mentit effrontément. En religion ce n'est pas un péché. Une base des fondations nécessaire à la création de l'escroquerie religieuse. Il tenta de se disculper.
Ce n'est pas moi, regardez ailleurs!
"C'est pas moi, c'est ma soeur qui a cassé la machine à vapeur"...
