ESTYNIAD - François Bonnet - E-Book

ESTYNIAD E-Book

François Bonnet

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Beschreibung

Paris 2035, quand Marc franchit les portes de Kobalth Inc. il est loin d'imaginer à quel point sa vie va basculer. Persuadé d'avoir enfin trouvé une solution à ses problèmes de dettes, le voilà asservi. Comment se tirer de ce mauvais pas ? Que fait-il sur Estyniad à 1,2 année lumière de chez lui ? Et quelle est cette terrible découverte qui va le pousser à tenter l'impossible ?

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Seitenzahl: 135

Veröffentlichungsjahr: 2018

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A M-E, ma compagne, pour son soutien, ses encouragements, ses heures de relectures et ses précieux conseils. Sans toi ce livre n’aurait jamais vu le jour.

Sommaire

Chapitre 1 – Sur Terre

Chapitre 2 – Le réveil

Chapitre 3 – Le briefing

Chapitre 4 – Estyniad

Chapitre 5 – City-0

Chapitre 6 – La formation

Chapitre 7 – Mise en condition

Chapitre 8 – La routine

Chapitre 9 – Prise de conscience

Chapitre 10 – Une préparation minutieuse

Chapitre 11 – La fuite

Chapitre 12 – Enseveli

Chapitre 13 – Carré d’AS

Epilogue

Chapitre 1 – Sur Terre

Marc arpentait les bords de Seine depuis quelques heures déjà. Il avait un mal de tête épouvantable et se souvenait avec difficulté de sa cuisante défaite au poker de cette nuit. Impossible de se remémorer combien de verres de whisky il avait avalés la veille, mais pire que ça : il était également incapable de se rappeler combien de centaines, milliers ? d’euros il avait encore perdus…

Il en était là des ses réflexions quand son portable se rappela à lui dans le fond de sa poche.

— Mr Graime ? Fabrice Lentier à l’appareil, votre conseiller bancaire…, Mr Graime ? Il faut vraiment faire le point au sujet de votre compte, j’ai besoin que nous nous rencontrions au plus vite !

— Bonjour M. Lentier, oui, oui, je sais… j’étais pas mal occupé ces derniers jours, donnez-moi un instant, je consulte mon agenda…

Marc consulta son agenda fictif, sachant pertinemment qu’il ne pourrait gagner que 48h au grand maximum. Cela faisait déjà trois fois qu’il repoussait ce tête à tête mais aujourd’hui avec cette gueule de bois, ce n’était certainement pas une bonne idée d’aller voir son banquier.

— Voilà, j’ai un créneau mercredi, le matin, ça vous est possible ?

Marc reteint son souffle attendant la réponse de Lentier. Il y eu d’abord une sorte de soupir de lassitude, puis Lentier, repris, passablement agacé :

— Vu l’état de votre compte, c’est beaucoup trop tard ! Je vous attends demain à 10h dans mon bureau. Bonne journée Monsieur Graime …

« C’est ca, bonne journée toi-même» marmonna Marc, en ayant pris soin de raccrocher juste avant. » Quelque chose lui disait que cette journée commençait plutôt mal. Il fit demi-tour et remonta l’avenue, en regardant l’heure à son poignée il découvrit qu’il avait également perdu sa montre au jeu …

A en juger par le trafic qui s’intensifiait dans la capitale, il ne devait pas être loin de 9h du matin. C’était bien cela : 9h10, d’après son portable. Celui-ci vibra une seconde fois :

— Monsieur Graime ? L’agence Maxia à l’appareil, votre seconde hypothèque vient d’être annulée par votre banque. Il faudrait fixer un rendez-vous au plus vite !

Mais pourquoi n’avait il pas misé son portable hier soir !

— Oui ? Je suis en rendez-vous, je vous rappelle cet après-midi, et il raccrocha aussi sec.

La banque et maintenant l’hypothèque, la journée commençait vraiment mal ! Foutu pour foutu il écouta le message vocal d’un troisième appel qui venait de s’afficher.

— Marc ? c’est Claire…, tu n’oublies pas ta fille cette fois-ci ? Je te rappelle qu’elle aura 6 ans le week-end prochain et que tu lui as promis de l’emmener à la mer.

Il fallait absolument qu’il rappelle Claire, mais il avait d’abord besoin d’un café et de retrouver un peu de lucidité. Depuis leur divorce deux ans plus tôt, la situation n’avait cessé d’empirer. Pourtant, il en était persuadé, Claire l’aimait toujours. Il se dirigea vers la terrasse d’un café, s’installa à une table et réfléchit à ce qu’il fallait faire. Avant tout chose : un expresso !

Cela faisait deux mois qu’il avait perdu son poste d’expert en sécurité dans une firme spécialisée dans les supra conducteurs et depuis, sa vie avait été une lente descente aux enfers : les jours passés à surfer, vautré dans son canapé, et les nuits passées en parties de poker qui avaient fini par engloutir ses indemnités. Le plus urgent, c’était la banque : il fallait renflouer son compte au plus vite. Vu le nombre d’organismes de crédits à la consommation disponibles sur le Net, Marc se dit qu’il pourrait encore une fois contracter un crédit « revolving » et récupérer deux ou trois milliers d’Euros, histoire de finir le mois et d’arriver avec des munitions pour son rendez-vous à la banque demain matin. Il classa donc ce premier problème dans sa tête et examina le suivant.

L’hypothèque: ça c’était une autre paire de manches… Sans l’appui de sa banque, impossible de leur faire entendre raison. Son dossier passerait rapidement en commission et la maison serait saisie… Changer de banque ? Vu le délai et l’état de ses finances, c’était techniquement impossible. Marc faisait teinter machinalement sa cuillère dans le fond de son expresso. Il ralluma son portable et entrepris de « checker » ses mails, cela lui changerai les idées. En 2035, il faisait figure de dinosaure avec son vieux smartphone tactile. Tout le monde avait depuis longtemps opté pour des modèles imprimés sur l’avant bras, alimentés par la chaleur corporelle, et fonctionnant par conduction osseuses : c’était le nec plus ultra en matière de connectivité ! Mais non, lui préférait son « pavé » qu’il sentait au fond de sa poche. Il aimait sentir son poids dans le creux de sa main parce qu’il avait l’impression qu’il pouvait à tout moment l’attraper et le balancer contre un mur, mettant fin, par la même occasion , à tous ces problèmes, l’impression de maitriser encore quelque chose … 128 mails à traiter : Il y avait beaucoup de spams, quelques promotions pour des crédits à la consommation qu’il mit de côté pour plus tard, un message d’Eric qui lui demandait s’il avait réussi à rentrer hier « vu son état » et qui lui donnait rendez-vous pour la prochaine partie demain soir ; des messages d’anciens clients qui n’avaient pas du encore intégrer son « départ », bref, rien de bien intéressant. Pourtant un mail attira d’avantage son attention : Notre programme Kobalth. Le mail lui était personnellement adressé et mentionnait ses problèmes financiers. Ils lui proposaient de passer dans une de leurs agences pour profiter d’une offre de dernière minute qui devrait convenir à sa « situation ». Ce qui étonnait Marc c’était la précision des informations présentées dans le message. Ce pouvait-il que les programmes d’E-marketing de sa messagerie aient croisé les trois appels de ce matin et lui aient concocté une offre sur mesure en quelques minutes ? Il n’y avait qu’une seule façon de le savoir, et d’ailleurs cela tombait bien puisque, d’après ce même message, ils avaient une agence à deux pas d’ici.

Marc recommanda un second expresso, suivi d’un grand verre d’eau censé lui remettre les idées en place. Il régla avec un des derniers tickets restaurant qu’il lui restait encore. (Dieux merci, ces acolytes de poker ne prenaient pas encore les tickets restos !) Puis il se leva et se rendit avenue Kleber au n°49.

Le bâtiment, bien qu’assez ressent, n’attirait pas l’attention. Seule la plaque en acier noir, avec la mention « Kobalth Inc. » à côté de l’interphone lui indiquait qu’il était au bon endroit. II sonna à l’interphone, et donna son nom. Une douce voix féminine, un brin appuyé, lui répondit :

— Bienvenue chez Kobalth, Monsieur Graime, nous vous attendons au 30e étage

L’ascenseur était assez impressionnant, c’était une cabine de forme oblongue, d’une dizaine de mètre, entièrement transparente, semblable à celles utilisées en extérieur dans certains palaces. La montée ne dura que quelques instants, juste le temps pour Marc de se rendre compte que les numéros des 30 premiers étages étaient tous précédés de trois lettres « Kob » et devaient donc logiquement, appartenir à cette société.

Arrivé à l’étage un long couloir bordé de plantes vertes menait à une unique porte de bois sombre avec en son centre une plaque semblable à celle que Marc avait vu en bas : « Kobalth Inc. » Marc sonna, il entendit un léger déclic puis la porte s’ouvrit sur une vaste pièce baignée de lumière chaude. La hauteur sous plafond devait avoisiner les cinq mètre. Les murs étaient dans des tons gris clair, et la moquette tellement épaisse que l’espace d’un instant Marc se demanda s’il ne fallait pas se déchausser avant d’entrer. Il se dirigea vers l’accueil situé sur sa droite et fut accueilli par le sourire d’une jolie brune. Marc lui rendit son sourire. Ce fut elle qui lui adressa la parole en premier :

— Mr Graime, nous sommes ravis de vous accueillir dans nos locaux, je vais vous faire patienter un instant, mon collègue va vous recevoir.

Marc, s’attarda l’espace d’une seconde sur son badge : « Lucie » et se dit mentalement qu’il aurait préféré faire sa connaissance en soirée, autour d’un verre… Il balbutia un merci un peu gêné puis se dirigea lentement dans un salon situé en face de l’accueil. En face de lui s’étendait une immense baie vitrée avec une vue plongeante sur la Seine et la Tour Eiffel en arrière plan. Quelques plaquettes de la société s’étalaient sur des tables basses en verre et de gros canapés de cuirs noirs semblaient l’inviter à s’assoir et se détendre. Plusieurs machines à cafés étaient visibles sur sa gauche, on se serait cru dans un Show Room d’une célèbre marque de machine à Expresso, les clients en moins.

Il vit arriver un homme d’une trentaine d’année, dans un costume marron, coupé à la perfection ; grand, brun, le teint légèrement halé. L’homme lui tendit la main et se présenta avec un grand sourire.

— Etienne Difalco, ravi de vous rencontrer Monsieur Graime, si vous le permettez nous allons nous installer dans mon bureau nous serons plus à l’aise pour discuter.

Marc suivi Difalco le long du couloir, là encore de nombreuses plantes vertes étaient disposées à intervalle régulier, bien que conditionné, l’air était relativement chaud et ils croisèrent plusieurs employés en chemisette. Tout le monde paraissait détendu et mis à part leur apparence tirée à quatre épingles, on aurait pu penser qu’ils étaient là pour passer du bon temps. Un mélange de La City et de la Silicon Valley, se dit Marc. Difalco s’installa à son bureau, et indiqua un fauteuil de cuir confortable dans lequel Marc se laissa tomber avec plaisir.

— Puis je vous proposer un café ? il est issu de nos meilleurs crus, vous m’en direz des nouvelles.

Marc accepta bien volontiers, il lui en faudrait encore beaucoup d’autres pour refaire surface aujourd’hui. Tout en savourant son café, Difalco lui expliqua que Kobalth c’était diversifié récemment et possédait depuis 2 ans une unité de production d’un des meilleurs cru de Costa Rica. Le groupe gérait sur place l’ensemble de la production : de la sélection des pieds de caféiers jusqu’à la fabrication des capsules expresso. Visiblement Etienne en était très fier. Ayant fini de savourer son café, il posa sa tasse.

— Si vous le permettez je vais commencer par vous présenter notre groupe et ses différentes activités ; nous aborderont ensuite le sujet qui nous intéresse et l’offre que je veux vous exposer.

Il effleura quelques icones sur l’écran ultra plat qui trônait dans le coin gauche de son bureau, et un petit projecteur holographique sortie du centre de sa table. L’intensité de la lumière baissa légèrement, Marc se calla dans son fauteuil et écouta avec attention la présentation en 3D qui lui était faite.

Kobalth était un consortium Français crée en 2015. D’abord spécialisé dans les nanotechnologies, le groupe avait grossi rapidement grâce à quelques brevets internationaux. Il avait ensuite absorbé ses principaux concurrents puis s’était diversifié à partir de 2020. Ainsi depuis 15 ans Kobalth Inc. avait rejoins les principaux acteurs majeurs dans le secteur des énergies renouvelables, du nucléaire, des biotechnologies, de la prospection minière et des télécommunications terrestres et spatiales. La branche agro-alimentaire était certes moins développée : Kobalth ne produisait pour le moment « que » du café, du thé et du lin mais contrôlait toujours 100% de la production à la distribution de ces 3 matières premières. L’hologramme qui montrait différents graphiques sur l’évolution des chiffres d’affaires du Groupe, laissa la place à une sphère bleutée légèrement inclinée sur elle-même. Marc pu y distinguer les différents continents et les petits points oranges qui représentaient chacune des filiales du groupe. Il commença à les compter mais laissa tomber au bout du dixième : Paris ; Singapour, Rio, New-York, Bombay, Jakarta, Pékin, Moscou, Sydney, Tokyo…

Si Difalco, souhaitait rassurer Marc sur la solidité du groupe, il avait réussi son coup. La présentation se termina par autre léger déclic, le projecteur regagna sa place au sein de la table et la lumière revient complètement dans le bureau.

— Maintenant que vous nous connaissez un peu mieux, je vais vous présenter notre programme Kobalth. Dans votre cas Il permet de faire table rase du passé, en levant l’hypothèque sur votre maison, et en vous permettant d’intégrer une de nos filiales. Grace à nos actifs nous négocions en gros auprès des organismes d’hypothèque afin d’obtenir les meilleurs taux, ensuite c’est sur votre épargne salariale que les fonds sont utilisés pour payer les traites, ainsi vous conservez 100% de votre salaire et repartez du bon pied. Nous gérons en général une vingtaine de dossiers tels que le votre par mois, vous imaginez que la liste d’attente est assez longue, et le montage relativement complexe. Votre chance c’est que j’ai eu un désistement d’une personne qui avaient sensiblement les mêmes compétences et les mêmes dettes que vous ». Du coup il n’y a que très peu d’ajustement à effectuer. Vous aurez juste à remplir un questionnaire médical suivi de quelques tests complémentaires, et le tour sera joué. Quand dites-vous Mr Graime ?

Décidément il faisait très chaud dans ces les bureaux, Marc avait écouté Difalco d’une oreille un peu distraite ; il avait essentiellement retenu «lever votre hypothèque… » Et « …100% de votre nouveau salaire… ». Si cette boite faisait du rachat de crédit et cabinet recrutement en même temps : cela lui allait très bien !

— Ma foi, je suis très intéressé, je signe où ? répondit Marc en riant pour donner le change. Plus sérieusement, vous pensez que mon dossier ne posera pas de problème ? J’avais quand même contracté deux hypothèques plus quelques crédits révolving … »

— Ne vous inquiétez pas, le tranquillisa Difalco, nous avons l’habitude de gérer des dossiers trois à quatre fois plus conséquents que le votre. Ce sera une simple formalité.

— Je vous laisse remplir notre questionnaire médical puis vous pourrez rencontrer Magda pour votre visite de contrôle. Quelle heure est-il ? 10h15.., vous devriez avoir fini avant midi je pense. On fait comme ca ?

Difalco lui tendit un dossier constitué de quatre pages composés des questions habituelles : état civil, antécédents familiaux, allergies, maladies chroniques, etc. Marc avait l’habitude de ce genre de document, il le remplit en moins de cinq minutes puis, satisfait il signa le dossier et le déposa sur le bureau en face de lui.

— Voilà, je pense que tout y est.

Difalco parcouru, rapidement le document tout en bipant la doctoresse.

— Magda ?, M. Graime est à vous pour la visite, vous pouvez nous rejoindre ?

Deux minutes plus tard, une grande femme d’une cinquantaine d’année entra dans le bureau. Elle avait les cheveux tirés en arrières, de grands yeux bleus et un air détaché.

— Bonjour Mr Graime, docteur Kosloff, si vous voulez bien m’accompagner pour votre entretien médical, nous n’en aurons pas pour très longtemps.

Marc se leva et suivi le docteur jusqu’à son cabinet. La salle avait à peu près les mêmes dimensions que le bureau de Difalco et, à l’exception d’une décoration un peu plus austère et de la table d’auscultation sur la partie gauche, complétée par une petite armoire médicale, on aurait pu se trouver dans le bureau d’un commercial de Kobalth. La doctoresse reprit le questionnaire de Marc puis lui expliqua les examens qu’elle allait pratiquer pour compléter son dossier :

- un test visuel

- un test auditif

- une analyse sanguine

- une vérification de sa tension.