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Une vamp misanthrope rencontre un humain peu enclin à s’engager et des étincelles surgissent.
Mais les humains et les vampires ne sortent pas ensemble… n’est-ce pas ?
Une comédie romantique pleine de mordant où les opposés s’attirent.
Je veux sucer ton…
Ton sang. Je suis une vampire, voyons.
En rencontrant Simon, je ne pus m’empêcher de penser que je cherchais peut-être davantage qu’un peu de nutrition.
Il court et suit un régime strict.
Je mange des chips et du queso en plat de résistance.
Il est ponctuel.
Je considère que cinq minutes de retard, ça reste à l’heure.
Il est ingénieur.
Je gagne ma vie en racontant des histoires.
Il est humain.
Pas moi.
Une vamp misanthrope – moi – rencontre un humain peu enclin à s’engager – lui – et des étincelles jaillissent. Mais les humains et les vampires ne sortent pas ensemble… n’est-ce pas ?
Avertissement de l’auteur : ce livre contient des crapuleries vampire-humain torrides, suffisamment de mots coquins pour faire rougir quelqu’un – pas moi – et une vampire qui – au fond, au fond, très au fond – aspire secrètement à être aimée.
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Seitenzahl: 264
Veröffentlichungsjahr: 2022
1. Chapitre 1
2. Chapitre 2
3. Chapitre 3
4. Chapitre 4
5. Chapitre 5
6. Chapitre 6
7. Chapitre 7
8. Chapitre 8
9. Chapitre 9
10. Chapitre 10
11. Chapitre 11
12. Chapitre 12
13. Chapitre 13
14. Chapitre 14
Épilogue
Remerciements
Du même auteur
À propos de l’auteur
Je veux sucer ton…
Ton sang. Je suis une vampire, voyons.
En rencontrant Simon, je ne pus m’empêcher de penser que je cherchais peut-être davantage qu’un peu de nutrition.
Il court et suit un régime strict.
Je mange des chips et du queso en plat de résistance.
Il est ponctuel.
Je considère que cinq minutes de retard, ça reste à l’heure.
Il est ingénieur.
Je gagne ma vie en racontant des histoires.
Il est humain.
Pas moi.
Une vamp misanthrope – moi – rencontre un humain peu enclin à s’engager – lui – et des étincelles jaillissent. Mais les humains et les vampires ne sortent pas ensemble… n’est-ce pas ?
Avertissement de l’auteur : ce livre contient des crapuleries vampire-humain torrides, suffisamment de mots coquins pour faire rougir quelqu’un – pas moi – et une vampire qui – au fond, au fond, très au fond – aspire secrètement à être aimée.
— J’ai toujours voulu coucher avec un vampire.
— Pardon ?
Je retirai la capuche de mon costume de petit chaperon rouge et regardai fixement la pâle copie du Jon Snow ivre qui se tenait devant moi.
Je faillis répondre : « Je ne suis pas un vampire. » Mais cela aurait été un infâme mensonge, et même si de temps en temps, j’aime sucer un peu du sang de victimes consentantes, je ne raconte jamais de bobard. Cette limite ne représente qu’une ligne arbitraire à ne pas franchir, mais c’est la mienne.
Il dévoila ses crocs en plastique.
— J’ai préféré venir en vampire.
Mouais. Le vampirique Jon Snow.
Trouduc – son nom pour la soirée puisqu’il en jouait le rôle – était assez bourré pour se croire hilarant. Parce qu’il faut le dire.
Ouais. Trouduc était un gagnant.
Qu’est-ce que je faisais là déjà ? Ah oui, c’est vrai. Megan m’avait forcée. Maudite soit-elle ! Elle sait que je déteste les gens. Pas dans le sens « humains contre vampires ». Non, je déteste tout le monde de la même façon. Les groupes de vampires me révulsent tout autant que les groupes d’humains.
Cette conclusion est le fruit de constats répétés. Trouduc n’était qu’un simple individu sur la longue liste de gens ennuyeux aux activités ennuyeuses.
Le moment était venu de faire demi-tour, s’éclipser et courir. Cette technique fonctionne relativement bien avec les mecs bourrés qui deviennent lents sous l’emprise de l’alcool.
Et puis, je suis une vampire. Une prédatrice. Je suis rapide, agile, légère sur mes pieds.
La plupart du temps.
— Ouf.
Je fonçai tout droit dans un mur humain en laissant échapper tout l’air de mes poumons dans un souffle bruyant.
Un homme délicieux. Il me dépassait de quelques centimètres. Pourtant ce soir-là, j’avais opté pour mes bottes de garce. Dix centimètres de talons, et je m’élevais presque à un mètre quatre-vingt. J’aime dominer les petites gens, mais là, écrasée contre ces muscles fermes, je ne me sentais pas mal non plus.
Je pris une grande inspiration. Eh, ouais ! Pourquoi ? Parce qu’il dégageait une odeur de paradis érotique, tout épicé, propre, masculin… et humain.
Non. Je ne fais pas dans l’humain. À quoi bon ? Ce n’est pas comme si l’on pouvait en tirer quelque chose. De plus, il ne manque pas de vampires ravis de s’envoyer en l’air avec moi.
Ce n’est qu’au moment de me décoller que je réalisai que l’homme au parfum unique et délicieux agrippait mes bras avec ses grandes mains. Il ne lui manquait qu’une petite barbe et une voix grave pour que sa nature humaine m’énerve encore davantage.
Un pas en arrière, puis un autre. Trois petits pas plus tard, je parvenais à établir un contact visuel sans me tordre le cou.
Et voilà la barbe ! Sois maudite, Megan, pour m’avoir fait venir à cette stupide fête d’Halloween. Quel genre de vampire peut bien organiser une soirée d’Halloween mixte ? Qui veut faire la fête avec ses casse-croûtes ?
Megan. Voilà qui !
— Un Petit Chaperon rouge. C’est mignon !
J’allais poignarder ma meilleure amie. Pas dans le cœur, certes ! mais elle méritait bien une blessure béante à la jambe.
Plus d’un mètre quatre-vingt de muscles dessinés, un torse large, une barbe blond sale couvrant une mâchoire carrée, de grandes mains, et une voix profonde et veloutée.
Et il était humain !
Je connaissais exactement le moyen de rendre M. Parfait ici présent moins séduisant. Il suffirait de me lancer dans une conversation de plus de trois phrases avec lui.
— Je voulais essayer la version pré-Grimm.
— Oh ?
Son regard parcourut mon corps de haut en bas, une seule fois, assez lentement pour me laisser entendre qu’il appréciait le tableau, mais sans s’attarder sur mes seins. Pas mal !
— Pré-Grimm, elle se sauve elle-même du loup, dit-elle. Nul besoin de bûcheron, merci beaucoup.
Il gloussa, et le velouté de sa voix caressa mes parties féminines d’une manière qui devrait être interdite.
Un humain ! Ce canon était humain à cent pour cent, pourtant les humains ne m’avaient jamais attirée.
— Quel est l’indice visuel qui montre que tu n’es pas un petit chaperon rouge ordinaire des frères Grimm ?
Je déplaçais mon poids pour mettre ma hanche en avant, en souriant en coin.
— Est-ce que j’ai l’air de quelqu’un qui se ferait dévorer par un loup ?
Il explosa de rire.
— Donc c’est toi qui rends le costume exceptionnel, pas le T-shirt blanc moulant, le pantalon serré en cuir noir, ou la cape en velours.
Il hocha la tête comme pour marquer son accord.
Intelligent !
Attends. Pas intelligent. Juste un gars banal. Un gars humain.
De nombreux vampires ont une brève aventure avec des humains avant de se ranger. Et j’étais sûre que le sexe avec un humain était très bien, mais j’avais déjà assez de mal à gérer les gens et leurs interminables habitudes irritantes. Me demander de faire l’effort de passer plus de quinze minutes avec un homme qui n’avait aucune chance de devenir mon partenaire de vie ? Non merci.
Ce type, par contre, me faisait réévaluer l’idée du sexe occasionnel sans possibilités d’accouplement.
Il eût sûrement été raisonnable de se bouger le cul avant que ça n’arrive. J’étais sur le point de m’excuser quand il me tendit la main.
— Simon.
Je ne pouvais pas ne pas la serrer. Pas quand cette poignée de main me donnait l’occasion de caresser sa large paume et ses longs doigts puissants.
Diablesse. Il fallait que je m’envoie en l’air. J’avais des pensées obscènes sur la main de l’homme et je ne la lui rendais pas.
Non pas qu’il s’en plaignit.
— Becca.
— Vraiment ravi de faire ta connaissance, Becca. D’où tu connais Megan ?
Il tenait toujours ma main et semblait aussi heureux que moi de maintenir le contact.
— Cette garce maléfique est ma meilleure amie. Et toi ?
Il répondit en arquant les sourcils :
— Je la connais du travail. J’ai comme l’impression que tu aimerais bien lui mettre ton poing dans la figure !
— Il y a plus de sang dans mon imagination. Et un couteau.
Je roulai les yeux au ciel et récupérai ma main.
— Elle m’a obligée à venir ce soir.
— Et tu passes un moment effroyable.
Ses lèvres se plissèrent d’un air amusé. Pas mal, Simon. Les hommes sont rarement le queso du monde féminin, mais leur ego fragile supporte mal ce genre d’allusion.
Puisqu’on en parle…
— Tu as vu le queso ? On m’a promis du fromage épicé et des tortillas en abondance. Et des margaritas. Où sont les margaritas ?
Je réalisai alors qu’il avait sous-entendu, si ce n’est franchement posé, une question. J’arrêtai de scruter de loin le gueuleton dans la cuisine de Megan – je n’avais pas dépassé le salon – et me tournai vers Simon. Je portai toute mon attention sur lui et déclarai :
— Oui, je passe un sale moment : je me suis fait draguer par Trouduc et je n’ai pas de boisson dans les mains.
— Trouduc ?
— Jon Snow, en style vampire.
Simon gloussa encore.
— Waouh, c’est bizarre. Tu dois vouloir parler de Robert. Il est le seul déguisé en Jon Snow ici, mais je n’ai pas compris la partie sur les vampires. Ce type…
— J’espère qu’il est célibataire, ou il va perdre un testicule ce soir.
— Tout à fait. En temps normal, c’est plutôt un homme assez respectueux même si ça n’excuse pas vraiment son comportement déplacé.
Il regarda par-dessus mon épaule, là où Trouduc avait fait sa dernière apparition.
— Quand il n’est pas défoncé.
Avant que je puisse affirmer que Trouduc, apparemment un collègue de travail de Simon et Megan nommé Robert, était en effet déchiré ce soir, je sentis la grande main chaude de Simon saisir mon coude. Nom d’un chien ! J’étais vraiment en manque d’érotisme. La luxure dans laquelle je sombrais pour un humain n’avait rien de normal, et encore plus étrange, j’avais des pensées pornographiques sur ses mains.
— Je crains que tu n’aies raté le queso, mais je peux te conduire à la réserve secrète de margaritas.
Elle n’avait rien de secret. Le bar massif et bien approvisionné se trouvait dans le patio et avait une serveuse attitrée. La fin du mois d’octobre à Austin était loin d’être glaciale, et cette soirée était même idéale pour flâner dans le patio. J’avais été embusquée par Trouduc avant d’atteindre ce coin. Abstraction faite de la pénurie de queso et de la liste d’invités de Megan – qui comprenait des gens, donc pas grand-chose à faire à ce sujet – elle avait l’art d’organiser une fête réussie. Nous aurions seulement à reparler de la pénurie de queso.
D’une main tendue, Simon me présenta le bar :
— Je soupçonne que tu ne viens pas souvent à ce genre d’événements, puisque je ne t’ai jamais croisée. Le bar se trouve toujours à l’arrière, même par temps incertain.
— Nan. Je déteste les gens.
Il pencha la tête, l’air perplexe, sans raison – je n’avais rien caché de ma personnalité et de toutes ses bizarreries –, puis il dit :
— Purement dans le sens de collectivité, ou aussi au niveau individuel ?
— Oh, bonne question, Simon.
Je ne parvins pas à résister à l’envie de prononcer son nom. Il me plaisait, avec son côté vieillot. Je n’avais jamais rencontré de Simon, aucun dont je me souvenais.
— Les individus me dérangent tout autant que les groupes, mais pour des raisons différentes.
Ses lèvres frémirent lorsqu’il commanda à la serveuse deux margaritas et deux shots de tequila. Après que la jolie jeune femme dans la vingtaine derrière le bar le quitta des yeux pour se lancer dans la préparation de nos boissons, il dit :
— Dis-moi tout. Donne-moi ton classement des trois pires groupes et individus.
— Mon top trois ?
— Exactement. Les trois choses que tu détestes le plus chez les gens, à la fois leurs facultés singulières et collectives.
Ce type était dangereux. Il n’avait pas sourcillé devant mes tendances misanthropiques, et avait fait en sorte que mes parties féminines le remarquent. Tout doux, mon beau.
— Seulement trois, hein ? Je déteste que les gens dans les foules se comportent comme Trouduc.
— Robert.
— Ouais, ce gars-là. Peut-être souffre-t-il d’un certain degré d’anxiété sociale et ressent-il le besoin de se lubrifier lors de ces événements ? Ou peut-être sait-il que les codes sociaux se relâchent dans les grands groupes et apprécie-t-il simplement l’excuse pour se comporter comme un con ?
Un point pour Simon, il n’avait pas gloussé au son du mot « lubrifier » glissant entre mes lèvres rouges criardes.
— Il y aura toujours des trouducs sur terre, mais ça ne fait qu’un.
Là encore, Simon ne semblait pas vraiment du genre à ricaner. Il était plutôt du genre à glousser d’une manière sensuelle au plus haut point qui me faisait frissonner. Oh, et sans aucun doute, qui me faisait mouiller. Les tons mielleux de sa voix provoquaient clairement une fête dans mon pantalon.
— Ah, ne t’inquiète pas. J’en ai d’autres.
Je jetai un coup d’œil aux deux verres qui étaient apparus pendant que nous discutions. Les margaritas étaient encore en cours de préparation. Notre barmaid était multitâche et distribuait de la bière et du vin tout en préparant nos boissons. Aucun problème. Le trafic était dense chez Megan ce soir-là.
Simon suivit mon regard, découvrit les shots et afficha un sourire affriolant. Il m’en offrit un, garda l’autre dans sa main et le leva.
— À l’esquive de tous les trouducs de ce monde.
Voilà. Je pourrais boire à ça.
J’accueillis la brûlure de l’alcool avec l’espoir de noyer certaines des pensées ridicules que j’avais sur l’humain debout à trente centimètres de moi.
Parce que c’est une des caractéristiques de la tequila : elle chasse les mauvaises décisions. C’était digne d’un roulement mental des yeux. Certes je reconnaissais les effets maléfiques de la tequila et son impact sur ma capacité à penser de manière critique, mais cela ne m’empêcha pas de trinquer aux cinq autres choses que je déteste chez les gens, de manière individuelle et collective.
Et boum ! J’étais ivre. D’un coup, comme ça.
Pour être honnête, six shots et trois margaritas plus tard, ce n’était pas précisément une ivresse foudroyante. Mais le temps passait vite en compagnie de Simon. Peu importe combien de temps il faut à une vampire misanthrope et excitée pour boire six shots et trois margaritas, c’était pile-poil le temps qu’il m’avait fallu pour sombrer complètement dans la luxure à la vue de Simon Fullerton, ingénieur, joggeur, porteur de chemises. Un gars dont la présence ne m’ennuyait pas au-delà du supportable.
Ce dernier point est quelque peu surprenant.
Je prévoyais que les prochains mots qui sortiraient de sa bouche feraient définitivement pencher la balance vers maintenant je voudrais te gifler.
Mais ça n’arrivait toujours pas.
Et ça venait d’un type qui portait une chemise à boutons repassée à une fête d’Halloween. Il fallait que je lui pose la question.
— Tu n’es pas en costume, n’est-ce pas ?
— Non.
Un air de timidité envahit son sourire.
— C’est comme ça que je m’habille.
Son jean impeccable épousait parfaitement ses fesses rebondies. La chemise repassée qui recouvrait sa poitrine musclée était bien rentrée dans son pantalon. Sa ceinture était assortie à ses chaussures. De temps en temps, on apercevait ses chaussettes assorties à sa chemise. Ce n’était pas un gars à la mode. Il était bien habillé, mais il ne donnait pas l’impression d’avoir beaucoup réfléchi à sa tenue. Ses vêtements lui allaient bien, ils étaient en bon état et assortis les uns aux autres d’une manière seyante.
Simon me fit comprendre de façon surprenante que je m’étais entourée d’hommes-enfants. J’avais atteint la trentaine et je m’attendais inconsciemment à ce que les hommes autour de moi se comportent différemment. Spoiler : ça n’arrivait jamais ! La plupart d’entre eux portent encore des T-shirts usés à l’effigie de groupes de musique et des jeans délavés. Ou des jeans moulants. Ou des shorts avec des tongs. Bienvenue dans la vie d’une créative, remplie d’autres créatifs.
Mais Simon ne rentre pas dans ce moule. Ce n’est pas un créatif. Il porte des vêtements d’adulte… qu’il repasse apparemment ! Et je ne le trouvais toujours pas ennuyeux.
Je blâme le sourire penaud de Simon pour la suite des événements.
L’alcool contribua, mais le sourire me poussa vraiment à bout.
Attention, attention. Danger en vue. Une vampire bourrée dans une fête avec un humain canon.
Les avertissements, ça vaut pour les autres.
Je me penchai, d’une main je crochetai sa nuque – pas seulement pour ne pas tomber – et je levai mon visage vers lui.
Une paire d’yeux bleus très intéressés me regardèrent de haut.
Et puis il m’embrassa.
La dose de six shots de tequila et trois margaritas s’avéra insuffisante pour permettre à Simon d’oublier qu’il se trouvait à une fête, entouré de collègues de travail – ou peut-être n’avait-il bu qu’une seule margarita ?
J’aimais bien ce côté de sa personne. Ce n’était pas un Trouduc.
Diablesse ! Mais, qu’est-ce que j’allais bien encore pouvoir trouver à ce gars ? Il devait absolument m’énerver, et vite.
Après un baiser insipide, quelques caresses agrémentées de mordillements de lèvres, Simon chuchota à mon oreille :
— Nous pourrions aller dans un coin qui me dispenserait de voir la femme de mon patron déguisée en diablesse sexy ?
Même s’il était déjà venu à des fêtes chez Megan, il ne savait pas où trouver un peu d’intimité et cette pensée me plaisait bien. Je pouvais prétendre qu’il n’était pas du genre à coucher avec des inconnues en soirée.
Bizarrement, c’est sans jugement. Si un homme ou une femme aime faire l’amour avec des inconnus, qu’il ou elle le fasse ! Qu’ils se protègent, obtiennent le consentement et tout et tout, mais en gros, je suis pour que chacun se fasse qui il veut. Qu’il se tape elle. Qu’il se tape lui. Qu’elle se tape elle. Peu importe, je m’en fiche.
Alors pourquoi me souciais-je de savoir si oui ou non Simon baisait régulièrement aux soirées de travail ?
Au lieu de répondre à sa question, je lui pris la main et le traînai derrière moi. Destination : la chambre de Megan. Peu importe ce qui se passait dans ma tête, ma petite voix intérieure disait, « Oui ! » et « Tout de suite ! » et aussi « Oh Diablesse, j’espère que sa bite est aussi jolie que le reste de son corps. »
Mon moi intérieur était apparemment un peu dévergondé.
Alors que nous étions engagés dans le couloir en direction des chambres, Simon passa son bras autour de moi. Ça faisait tellement de bien. J’avais l’impression de sentir les contours de sa poitrine. Même si ce n’était pas le cas. Mon seul vrai ressenti était celui d’un homme ferme et musclé me serrant contre lui. Le reste – les pecs gonflés et les abdos en planche à repasser – n’était que le fruit de mon imagination.
Je suis sûre que ce n’était pas le genre de fête où Megan s’attendait à trouver les invités nus et en train de baiser sur son lit, mais bon, je voue ma vie à surprendre mes amies, toutes les trois, alors je ne me dégonflerais pas.
Il ferma la porte derrière nous, me plaqua immédiatement contre le mur et pressa contre moi toute la longueur de son corps chaud et ferme. La chaleur de son souffle contre mon cou me fit frissonner. Je me frottai contre lui.
Ses lèvres déposèrent de petits baisers le long de mon cou, vers mon oreille. Je m’attendais alors à des murmures de mots doux. Bon d’accord, pas vraiment. Je m’attendais à des mots cochons ou à des mordillages d’oreilles.
Et voilà la chute…
— On ne peut pas coucher ensemble.
Attends ! Quoi ? Je comptais bien faire l’amour. Six mois sans action n’arrangeaient pas la situation, mais aussi, j’étais follement, incroyablement attirée par l’homme en train de parcourir le lobe de mon oreille avec ses lèvres. L’homme qui pressait ses hanches contre les miennes. L’homme dont la bite tendue me frottait juste… au bon… endroit.
Je gémis.
Je fondis.
Je me frottai contre sa bite épaisse.
Un instant. Je retirai ma main de la fesse que j’étais en train de tripoter et je lui donnai un coup dans les côtes.
— Aïe.
Je ne lui avais pas fait mal. J’étais vraiment douée pour évaluer la douleur, étant donné mon expérience en perforation de chair. C’était compris dans le titre de vampire. Mais si des doutes avaient subsisté, sa moue amusée les aurait fait disparaître.
— Et pourquoi ne pourrait-on pas coucher ensemble ? Parce que pour être franche, je suis partante. Tout à fait partante.
Comme il ne sauta pas illico sur l’occasion de se mettre à table, parce que, soyons réalistes, je suis sexy, j’ajoutai :
— En clair, je veux ta bite. Tout de suite !
L’expression amusée de sa bouche se transforma en rictus sexy. Puis il frotta son sexe contre moi et m’arracha un gémissement. J’aurais peut-être dû réévaluer toutes les pensées positives que j’avais eues auparavant en découvrant mon cher Simon. Je commençais à le soupçonner d’être adepte de torture.
Une fois de plus, il balança la mauvaise nouvelle dans un murmure rauque, au creux de mon oreille.
— Neuf verres.
— Sapristi de saperlipopette !
Il éclata de rire. Mais peu importe, car il me prit dans ses bras en même temps.
— Je pense avoir une solution à ton problème.
Il me fallut quelques secondes pour enregistrer ses paroles. Son odeur d’homme propre et épicé et ses bras puissants m’entouraient m’incitant à frotter mes seins contre sa poitrine. Mes tétons étaient heureux, mais mon cerveau avait cessé de fonctionner.
Une telle proximité avec l’homme le plus sexy avec lequel je ne coucherai jamais me brouillait les idées. De plus, ma privation imminente et la stimulation de mes mamelons ne favorisaient pas la pensée logique.
Quand ses paroles se démêlèrent enfin dans ma tête, je réalisai que Simon ne cherchait pas vraiment à me torturer.
Simon savait donner.
« Hum. » Je fis semblant de réfléchir à sa proposition, tout en continuant à me frotter sournoisement sur son érection. Mais je ne fis pas semblant longtemps. Ses doigts se faufilèrent sous la ceinture de mon pantalon en faux cuir et saisirent mes fesses.
Comme je ne suis pas du genre à rester inactive lorsqu’il y a une tâche importante à accomplir, je fis glisser le bouton de mon pantalon, descendis la fermeture éclair et me tortillai pour me libérer, aidée par Simon.
Ses mains chaudes effleurèrent mes côtes jusqu’à mes fesses, puis remontèrent jusqu’à ma poitrine. Il caressa mes seins par-dessus la dentelle de ma bralette, pinça mes tétons et, de manière générale, fit en sorte que mes petits bonnets B se sentent adorés avant de faire disparaître ma chemise et ma bralette.
Tel fut mon ressenti. Un instant, il exerçait sa magie sur ma chemise et mon soutien-gorge, l’instant d’après, il les faisait disparaître. Puis ses lèvres et sa langue remplacèrent ses mains.
Il alterna entre pincer un téton avec ses doigts, puis le sucer doucement avec ses lèvres parfaites et sa bouche merveilleuse.
Et autant d’adjectifs positifs n’avaient pas envahi mon cerveau en même temps depuis… jamais.
Il massait un sein avec son énorme main tout en s’occupant de l’autre avec sa bouche chaude. Et en parlant de mains, haletante, j’essayais de faire en sorte que les miennes servent à autre chose qu’à serrer le tissu de sa chemise. Par exemple à défaire la boucle de sa ceinture. Je finis par me frayer un chemin jusqu’à l’or. J’écartai son jean et son boxer noir, et j’enroulai mes doigts autour de lui.
Je le caressai de la racine à la pointe, en passant ma paume sur son gland. Le liquide séminal coula de sa fente, et je l’étalai avec mon pouce. Avec la lubrification supplémentaire ma paume glissait plus librement pendant que je le branlais.
Et là, sa bouche revint vers la mienne. La tête inclinée pour mieux explorer, il dévora ma bouche et fit glisser sa main le long de mon ventre jusqu’à mes boucles humides. Ses doigts habiles continuèrent leur chemin vers mon centre mouillé, glissant autour mais sans toucher mon clitoris sensible.
— Oh, Simon.
J’eus l’impression de balancer son nom en mode porno ! J’espérais vraiment que non, mais avec deux doigts en moi et son pouce effectuant un premier passage en douceur sur mon clitoris, c’était tout à fait possible.
Je branlais sa bite sans y penser pendant tout ce temps. Alors que Simon travaillait mon corps, je le caressais au même rythme. Il ne murmura pas le moindre mot de protestation. En fait, ses hanches roulaient avec un enthousiasme de plus en plus frénétique.
Diablesse, j’adorais le glissement du va-et-vient de ses doigts dans ma chatte.
D’une voix profonde d’où le velours avait disparu, remplacé par une note graveleuse, il dit :
— Je veux te sentir jouir autour de mes doigts.
Ces quelques mots cochons murmurés à mon oreille me firent basculer.
Je me contractai autour de ses doigts et il gémit en se libérant.
* * *
— Je veux te mordre.
Je suis à fond dans le consentement. Le fait de sucer le sang des gens ne fait pas de moi un monstre.
Amusant, vu que le consentement, en particulier celui de Simon et mon manque de consentement sous l’influence d’une grande quantité de tequila, était la dernière chose à laquelle j’avais pensé au moment de nous replier dans la chambre de Megan.
Nous nous étions tous les deux effondrés comme des poupées de chiffon en sueur, appuyés contre le mur. Je jetai un coup d’œil à mon compagnon sexuel secret. J’étais en nage ; Simon, lui luisait à peine. Évidemment, c’est le genre de type qui doit courir 15 km pour transpirer un minimum.
J’aurais dû trouver cela ennuyeux, vu qu’en général les détails personnels sur les gens m’ennuient, ma première pensée porta sur le marathon du sexe.
L’expression sur son visage, mi-intriguée, mi-excitée, montrait clairement qu’il n’avait aucune idée que la morsure dont je parlais incluait une perte de sang.
Je me déplaçai pour décoller nos épaules et me trouver presque directement en face de lui.
— Je suis une vampire.
Nous, les vampires, avons besoin de sang humain frais pour prospérer, ce qui représente un léger problème lorsque notre source de nourriture dirige la planète. Donc, nous nous cachons, chassons discrètement, faisons passer en douce des quantités négligeables de sang, et utilisons de petites ruses magiques pour manipuler le ressenti de nos donneurs.
Un autre de mes dogmes : donneurs, pas victimes. Parce que le consentement est important, même si, environ six secondes après avoir planté mes dents dans sa chair, je dois voler le souvenir de la morsure pour protéger le secret de notre existence.
Encore une autre condition : mes donneurs sont toujours des hommes. Sucer le sang d’un corps relève du domaine sexuel et il se trouve que je suis hétéro.
— Une vampire ?
Il répéta mes paroles, mais son cerveau sembla incapable d’assimiler.
Ça m’arrive souvent. C’est normal lorsque quelqu’un s’exclame : « Je suis une créature mythique qui n’existe que dans la fiction et les légendes urbaines, mais en fait, je suis réellement une vampire. »
— Une authentique vampire. Rien à voir avec Trouduc.
— Robert, corrigea Simon en mode automatique.
Oh oh. Il avait ce regard, le regard qui disait « C’est quoi cette fille un peu folle que je viens de baiser avec mes doigts ? »
Ce fut une première pour moi, parce qu’avant Simon, je n’avais baisé qu’avec des vampires.
Le pauvre. Je me sentais presque mal pour lui, mais j’allais altérer ces quelques minutes, en changeant son ressenti des événements, alors en réalité ça ne me posait aucun problème.
Mythe : les vampires ont des pouvoirs de contrôle mental.
Nan !
Nous pouvons, cependant, rembobiner. Pas le temps, juste le souvenir et le rembobinage ne fonctionne que sur une personne à la fois. Par exemple, je ne pourrais pas entrer dans un café, trébucher sur la mallette d’un beau garçon, bousculer sa table et lui renverser du café brûlant sur les genoux, et ensuite effacer par magie les souvenirs des événements chez toutes les personnes présentes dans la pièce.
Oh, et je ne pourrais pas non plus réparer l’entrejambe brûlé de ce type.
Non pas que je souhaite du malheur aux gens, pas du tout. J’aime penser que je suis une personne relativement gentille, mais… j’aurais parié que c’était un connard.
De peur de donner une fausse impression, j’aurais fait tout mon possible pour lui. Si j’avais trébuché par distraction, entraînant sa malheureuse blessure, alors je lui aurais tapoté le bras en m’excusant et j’aurais fait de mon mieux pour soulager un peu sa douleur par ce bref contact.
Mythe : les vampires peuvent guérir les blessures, les maladies et le vieillissement en transformant les mortels en vampires immortels.
Nan !
Je ne vivrai pas plus longtemps qu’un humain moyen et ne pourrai pas transformer un humain en vampire, nous restons tels que nous sommes nés, humains ou vampires.
Mais je peux guérir une ponction peu profonde ou une blessure superficielle. Sinon, comment pourrions-nous cacher nos dégustations furtives de sang humain ?
Nous avons aussi un don pour atténuer la douleur. Aucun souvenir n’est plus difficile à manipuler qu’un souvenir rempli de douleur. La morsure d’un vampire n’inflige pas de douleur profonde ou traumatisante, il est tout de même préférable de minimiser la gêne. C’est plus sympa aussi. Encore une fois, je ne suis pas une garce, pas la plupart du temps.
Simon continua à me dévisager avec méfiance.
— Normalement, je ne fais pas ça.
— Prétendre être un vampire après une baise époustouflante ?
Il se pencha en avant pour poser ses coudes sur ses jambes et afficha une expression plus légère. Il semblait détendu. Et chiffonné. J’aimais bien l’air chiffonné de Simon.
Je souris. Époustouflante ? Je ressentis une authentique chaleur à cet aveu, parce que, oui, ç’avait été sacrément agréable, surtout étant donné la brièveté et l’absence de pénétration. Je m’attendais à un mini-orgasme et c’était loin d’un mini-orgasme, très loin.
— Non, normalement je n’ai pas de baises époustouflantes avec des humains.
Ses yeux s’assombrirent à nouveau.
— Serais-tu encore bourrée par hasard ?
J’aurais pu prédire l’évolution de cette conversation. Les réponses de la plupart des hommes se classent dans l’une des trois catégories suivantes :
Le déni, souvent associé à « tu délires » ou « c’est quoi ta religion déjà ? »La fuite causée par la peur. – Je suis rapide, ils ne vont jamais bien loin.La réponse du baiseur de vampire, le crocs-puleur : « Super ! Si je t’autorise à me mordre, on pourra coucher ensemble ? » – je mets ça sur le compte de l’effet de mode de certaines fictions de vampires au cours de la dernière décennie.Simon appartenait clairement à la première catégorie et la manière la plus simple de traiter avec les négationnistes est de fournir des preuves.
Je montrais ma bouche.
— Tu regardes ?
Il acquiesça, quoiqu’à contrecœur. Au moins, il n’avait pas fui en mode trouillard.
Toujours avec le doigt pointé, je distendis mes lèvres pour montrer mes dents, non incisives et séduisantes, si je peux me permettre.
Ensuite, je laissai échapper les crocs.
J’attendis le changement de son expression m’indiquant qu’il avait vu mes canines aiguisées.
Les vampires boivent du sang humain frais en petites quantités. Notre survie dépend du fait de ne pas être découvert. Grâce à l’évolution, ou peut-être à la magie, nous n’avions pas de crocs visibles pour déchirer la chair.
Premièrement, beurk. Deuxièmement, quel meilleur moyen d’être découvert que de laisser une traînée de gorges arrachées ou d’appendices endommagés dans notre sillage ?
Se nourrir est un processus simple. Je scelle mes lèvres sur la chair et je lâche les crocs. Ils descendent et se rétractent presque instantanément, laissant une perforation minuscule mais profonde, suffisante pour faire jaillir du sang que je peux lécher ou sucer.
Il cligna des yeux.
— Je ne m’attendais pas à ça.
Le scénario typique et habituel du mec dans le déni se déroule exactement ainsi, sauf…
— Comment une espèce entière peut-elle exister dans le secret absolu ?
Euh, quoi ? Ce n’était pas le scénario du déni.
— En faisant attention ?
Il fronça les sourcils.
— Mais les tests sanguins, les tests ADN, les examens médicaux.
Monsieur L’Ingénieur se la jouait scientifique face à moi. Je suis une écrivaine de fiction. Qu’est-ce que je sais des tests ADN ? J’en ai vaguement entendu parler.
— Je peux te dire que nous apparaissons au scanner comme des êtres humains. Ne me demande pas de l’expliquer autrement que par... la magie.
Je haussai les épaules et j’omis le sujet annexe mais non pertinent des sorcières qui ne se contentent pas d’apparaître humaines au scanner, mais sont humaines… et peuvent pratiquer la magie. Beaucoup plus de magie que je ne suis capable de faire.
— Mais tu n’es pas humaine.
Je secouai la tête.
