Facéties - Le Pogge Florentin - E-Book

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Le Pogge Florentin

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Beschreibung

Avertissement : Libre à vous de choisir des fac-similés de piètre qualité ; le présent ouvrage a été entièrement recomposé, revu, corrigé et annoté au besoin, l'orthographe modernisée, car déchiffrer et interpréter ralentit et gâche le plaisir de lire ; bref, tout a été fait pour rendre votre lecture plus accessible et agréable, et à un prix équivalent, sinon moins cher par rapport à l'existant. En français moderne, non inclusif, pour une lecture plus facile et agréable. Le Pogge (1380-1459) est, entre autres, un auteur humaniste du Quattrocento, en pleine Renaissance italienne. On trouvera dans cet ouvrage, outre ses 273 Facéties, la reproduction d'une de ses lettres décrivant les moeurs aux Bains de Bade, ainsi qu'un dialogue à l'occasion de son mariage tardif avec une jeunesse de 18 ans : Un vieillard doit-il se marier? Le rapport entre Pogge et Nasr Eddin Hodja ? Si le personnage réel de Nasr Eddin Hodja a vécu entre 1208 et 1284 en Turquie, des mentions dans le Mathnawï de son contemporain et ami Djalâl ad-Dîn Rûmî concernent un Djuha, un de ses nombreux avatars, colportés par la tradition orale jusqu'à nos jours. Comme pour l'oeuf et la poule, lequel précéda l'autre ? si on retrouve en Nasr Eddin des Fables de Phèdre, de Babrios, qui lui sont antérieurs, comme le recueil de Philogelos (chez le même éditeur), on retrouve également des Fables issues des Hécatomythia d' Anbstémius (1440-1508). Bien malin donc qui saurait se prononcer avec certitude. Je ne m'y aventurerai pas, relevant simplement que si Nasr Eddin fait partie du folklore oral, qui lui a permis de perdurer et prospérer jusqu'à nos jours, même en Anglophonie, les auteurs mentionnés, quant à eux, ont eu le mérite de fixer ces histoires dans le temps.

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Seitenzahl: 284

Veröffentlichungsjahr: 2021

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A Hugo et Yannis, héritiers putatifs du Hodja ;

à la mémoire de mon père, petit orphelin malmené par la vie, bouffé par le chagrin et le Crabe ;

à ceux qui m’ont tendu une main secourable, défunts ou vifs, que leur chemin soit parsemé de fleurs multicolores et odorantes dans les chants de la rosée du matin.

à ceux qui comme moi luttent contre la maladie et l’infirmité, la connerie et la folie meurtrière du monde, Hasta la Victoria Siempre !

Table des Matières

Introduction

Le Pogge, sa vie, son œuvre

Un mot sur Philelphe….

A propos de

Un Vieillard doit-il se marier ?

Le rapport entre Le Pogge et Nasr Eddin ?

Les Facéties

Avis aux gens prudes…

Facéties

Un Vieillard doit-il se marier ?

Description des bains de Bade

Le Pogge, sa vie, son œuvre

C’est dans la petite ville de Terranuova (de nos jours Terranuo-va-Bracciolini) en Toscane, au pied du massif Cementino, sur les rives d’un affluent de l’Arno, que naquit en 1380, Gian Francesco Poggio1 Bracciolini (dit en français Le Pogge, ou Le Pogge Florentin), dont le père Guccio2 Bracciolini exerçait les fonctions héréditaires dans sa famille, de notaire greffier dans un petit village voisin appelé Lancinolino. Cette famille était de souche ancienne et possédait des armoiries « parlantes » : un dextrochère armé d’un javelot.

Le siècle des Pétrarque et des Boccace allait bientôt finir, radieux précurseur d’un siècle plus radieux encore, et dans toute l’Italie, surtout dans l’Italie libre, s’épanouissait la Renaissance des lettres et des arts.

Âgé d’à peine dix-huit ans, Poggio, ardemment épris du désir d’apprendre, d’acquérir cette érudition substantielle nouvellement dégagée du fatras de l’ancienne scolastique, vint à Florence suivre les leçons de Giovani Malpaghino, dit Jean de Ravenne, qui enseignait la langue latine. Ce maître avait été lui-même le disciple, le secrétaire, et familier de Pétrarque.

A la même époque, un de ces savants chassés de leur patrie par la chute de l’Empire d’Orient, et qui vinrent demander refuge aux universités d’Italie, apportant en échange l’enseignement des lettres grecques qu’ils firent refleurir magnifiquement, Emmanuel Chrysoloras, se fixa à Florence où toute l’élite de la jeunesse se pressa à ses leçons. Poggio fut non seulement son élève, son admirateur, mais aussi son ami. L’amitié tient souvent une large place dans la direction des études et l’émulation entraîne également ; Niccolo Niccoli étudiait la langue hébraïque, Poggio ne la négligea pas non plus.

Vers 1402, Poggio ayant terminé ses études, âgé désormais de vingt-deux ans, se rendit à Rome pour y chercher fortune. Les Humanistes comme on les appelait, les rénovateurs des belles lettres, étaient fort recherchés pour leur savoir, les formes nouvelles, élégantes de leur art d’écrire toutes choses.

En 1402, Poggio fut nommé par Boniface IX, rédacteur des lettres pontificales, emploi qu’il conservera pendant plus de cinquante années. Un emploi, s’il faut en croire Poggio, médiocrement rétribué et gagnant à peine de quoi vivre avec décence.

Les fonctions plus élevées de secrétaire particulier des papes, auxquelles Poggio fut promu ensuite, sous le pontificat de Jean XXIII et de ses quatre successeurs, ne le mirent pas plus à son aise.

On était alors aux heures les plus troublées de l’histoire d’Italie, le désordre étendait ses horreurs sur le royaume de Naples, la Lombardie était déchirée par une foule de petits tyrans, le Milanais, la Vénétie et même la Toscane étaient dévastés par le fer et le feu, les États de l’Eglise et les villes indépendantes subissaient les incursions et le pillage de troupes de bandits armés.

Quelques années plus tard, Barbaro lui suggéra l’idée d’aller fouiller les vieilles bibliothèques des monastères, pour y rechercher de précieux manuscrits. Sa première et principale expédition fut à la célèbre abbaye de Saint-Gall, en compagnie de ses amis et collègues, Cincio Rustico et Barthélémy de Montepulciano.

D’après le récit de Cincio, les trois explorateurs y trouvèrent les trois premiers livres et la moitié du quatrième des Argonautiques de Valérius Flaccus, l’abrégé de huit discours de Cicéron, par Asconius Pedianus Lactance : de utroque homine ; l’Architecture de Vitruve, le Commentaire de Priscien sur Virgile, et un livre écrit sur écorce.

A Langres, chez les moines de Cluny, le discours de Cicéron pour Cœcina, qu’il se hâta de transcrire pour l’envoyer à ses amis.

Entretemps, pour se reposer et reprendre haleine, Poggio fit une excursion aux bains de Bade, pendant l’été 1415, et il écrivit à cette occasion à son ami Niccolo Niccoli, une lettre, véritable tableau des mœurs des cités balnéaires allemandes au commencement du XV° siècle.

Il s’exila précipitamment en Angleterre fin 1418, auprès de Beaufort, évêque de Winchester, qu’il avait connu à Constance peu avant, et y mena une vie d’ennui. Puis revint auprès de Martin V, vers la fin de 1420, où il recouvra sa charge de secrétaire.

Le premier soin de Poggio en rentrant à Rome, fut de renouer avec ses amis toutes ses anciennes relations et d’en resserrer même plus étroitement les liens. Tous les jours, leur ennuyeuse besogne terminée à la chancellerie, ils se divertissaient dans des conversations des plus légères. Celte réunion se tenait en un lieu habituel, que par une sorte d’effusion, de franchise, ils appelaient le Bugiale, c’est-à-dire la forge aux mensonges3. C’est là que furent contées les Facéties que Poggio réunira plus tard en volume, après les avoir écrites au jour le jour, en latin, pour se faire la main, se perfectionner dans la langue de Cicéron, de Térence et de Plaute.

Enfin, à l’automne de sa vie, à 55 ans, il prit sa retraite, avant d’épouser une jeune fille (18 ans) de bonne famille. Ce qui motiva le fameux dialogue Un vieillard doit-il se marier ?

Après de nombreux ouvrages, la mort vint interrompre l’écriture de son Histoire de Florence, le 30 octobre 1459.

PS : Est-il besoin de le préciser ? - Oui : tous les textes sont intégraux

1 Poggio vient de Podio, corruption de Podius, nom d’un saint évêque de Florence.

2 Guccio, corruption d’Arriguccio, diminutif d’Arrigo : Henri.

3Bugiale, dérivé de l’italien bugia, mensonge.

Un mot sur Philelphe, qui apparaît dans les Facéties

Francesco Filelfo ou Philelphe était un professeur, dont le nom avait eu jusque-là un grand retentissement ; des monarques, des républiques, des princes de tous rangs s’étaient disputés à qui le posséderait, comme si les services qu’ils attendaient de lui leur eussent été une force et sa personne un ornement. Il ne lui avait manqué que l’esprit de conduite, pour se maintenir dans la position éminente où il était déjà, à vingt-deux ans, et pour monter plus haut encore. Poggio, lui, manquait de tous les avantages physiques et des faveurs obtenues par Filelfo, et s’il n’avait pas encore de motifs pour le haïr, il en avait déjà beaucoup d’en être jaloux.

Filelfo s’était emporté contre Cosme de Médicis et ses partisans, à propos des dépenses de l’Etat et d’une réduction qu’on voulut faire sur ses appointements ; il répandit sur eux des torrents d’injures, dans une suite de satires. Sa haine se dirige particulièrement contre Niccolo Niccoli, qu’il traite d’envieux, d’ennemi des gens de bien, d’emporté, de perfide, de blasphémateur ; il lui reproche de se vautrer dans les plus infâmes voluptés.

Il y avait un an à peine que Cosme était banni, lorsque le parti du peuple se releva et le rappela dans sa patrie. Ses ennemis durent fuir à leur tour. Tremblant pour lui-même, Filelfo se réfugia à Sienne. Poggio saisit l’occasion pour se venger de l’orgueilleux professeur. Il écrivit d’abord, à Cosme, une lettre pour le féliciter de son heureux retour. Ce devoir rempli, il trempa dans le fiel le plus âcre cette plume qui venait de distiller le miel le plus doux, et sous prétexte de réhabiliter Niccoli, il publia contre l’ennemi de Cosme - et le sien-, une invective, où il entassa sans scrupule, tous les termes injurieux et grossiers que lui fournissait abondamment la langue latine. Il est fort difficile de traduire les invectives de Poggio, car le langage de la décence n’a pas la richesse de celui de l’obscénité, et les équivalents honnêtes qui les suppléent sont bientôt épuisés4.

Une violente fureur s’empara de Filelfo, à la publication de ce pamphlet. Immédiatement il rendit les coups en travestissant, dans une nouvelle satire, les écrits et le caractère de Poggio.

A cette satire, celui-ci répliqua par une nouvelle invective qu’il termine par ce torrent d’injures :

« Est-il quelqu’un, Filelfo, qui ne te voue un souverain mépris ? Si quelques hommes fréquentent encore ta maison et te témoignent des égards, ce ne peut être que ceux qui se dédommagent auprès de ta femme, de ton insupportable radotage ; bouc puant, monstre cornu, fourbe méchant, calomniateur, boute-feu, puisse la divine Providence t’écraser et t’anéantir comme l’ennemi des gens de bien ; si tu ne peux t’empêcher de vomir des injures, eh bien ! écris des satires contre ceux qui font leur cour à ta femme, exhale la puanteur de ta poitrine sur les libertins qui ornent ta tête de cornes. »

Après avoir lu la première invective et la première satire, on se demande ce que, par la suite, pourront encore se dire les deux adversaires. Eh bien ! le répertoire est inépuisable, l’injure va crescendo, l’ordure déborde à flot ; les libellistes cherchent l’un et l’autre à se surpasser en violence. Quoiqu’il en soit, Filelfo paraît avoir eu l’avantage dans ce combat peu glorieux, mais il ne le dut qu’aux armes dont il se servit. Une invective en prose est une massue lourde et difficile à manier ; tandis que les traits de la satire, aiguisés par la poésie, blessent souvent plus profondément.

Quatre fois, dans l’intervalle de quelques années, les deux adversaires se lancèrent à la figure les crachats de l’invective et les traits de la satire, puis un beau jour ils se réconcilièrent. Comment ? On dit que c’est sur sollicitation de Cosme de Médicis, qui avait lui-même fait sa paix avec Filelfo. Les détails manquent, c’est dommage, car on aurait voulu voir comment ces deux hommes, après s’être publiquement déshonorés l’un l’autre, s’y sont pris pour se réhabiliter à leurs propres yeux et s’embrasser ensuite.

De la part de Filelfo, la réconciliation ne fut qu’apparente, car aussitôt la mort de Cosme, il eut l’occasion d’écrire, pour se défendre de s’être attiré la haine des plus illustres savants : « Qu’à la vérité, il avait toujours profondément méprisé trois des plus illustres drôles à qui il ait jamais eu affaire ; c’est-à-dire Niccoli, Poggio et Pietro Candido, égouts infects de toutes les méchancetés, de toutes les saletés qui sont l’apanage d’une vie déshonorée. »

Poggio, de son côté, dans ses Facéties, transmettra à la postérité le nom de Filelfo d’une façon plus durable, que l’auteur même des satires n’aura pu le faire. Il lui infligera le sceau du ridicule, en le mettant en scène dans un de ses contes, d’une manière si drolatique, si burlesque, que le rôle qu’il lui fait jouer dériderait l’homme le plus flegmatique et le contraindrait à sourire, malgré le rigorisme de sa pudibonderie. Le rêve de François-Philelphe fut inventé de toute pièce par Poggio, a été imité par Rabelais, La Fontaine, et quantité d’auteurs de France ou d’ailleurs.

4 Dixit Ch. Nisard.

A propos de : Un vieillard devrait-il se marier ?

Ce morceau littéraire n’était pas inséré dans les Œuvres complètes ni imprimé à part, et il restait peu de chances de retrouver. On savait que Pogge l’avait composé quelque temps après son mariage. L’Anglais William Shepherd en découvrit par hasard un manuscrit, en 1805, à Paris, dans le dépôt de la Bibliothèque Nationale.

Successivement secrétaire de sept ou huit papes, chargé de missions presque ecclésiastiques, sans être cependant engagé dans les ordres, Pogge épousait, dans son arrière-saison (55 ans), une jeune et noble fille d’une grande beauté, Vaggia de Buondelmonti, dans toute la fleur de ses dix-huit ans ; abandonnant une vieille maîtresse qui, quatorze fois de suite, l’avait rendu père de famille.

« Je ne veux pas être prêtre, écrit-il ; je ne veux pas de bénéfices. J’ai vu une foule de gens, d’abord très estimables, et qui, après leur ordination, sont devenus avares, paresseux et débauchés. Dans la crainte de subir la même métamorphose, je finirai mon pèlerinage sur la terre avec l’habit laïque. Trop souvent j’ai remarqué que votre grande tonsure ne rase pas seulement les cheveux : le même coup de rasoir vous enlève la conscience et la vertu. » [Poggii Epistolae ep. 27.)

Les deux interlocuteurs de Pogge sont :

— son ami le savant Niccolo Niccoli, celui précisément auquel est adressée la charmante relation des Bains de Bade ;

— et Carlo Aretino, chancelier de Florence, beaucoup plus jeune qu’eux.

Par délicatesse, Pogge n’a pas voulu plaider pour lui-même ; il a préféré placer ce qu’il avait à dire dans la bouche de son jeune ami Carlo, après avoir démoli pièce à pièce toute l’argumentation de son adversaire, en fait une contre-partie si exacte qu’il semble qu’on voit clair pour la première fois dans une question embrouillée à plaisir ; évidemment le vrai bonheur est de se marier aux environs de la soixantaine et de prendre sa femme la plus jeune possible. Le porte-parole de Pogge accumule avec tant d’esprit tant de bonnes raisons, qu’on arrive à se faire la réflexion formulée ironiquement à la fin par Niccolo :

Hâtons-nous de vieillir, mettons les années doubles, pour arriver au plutôt à cet état de parfaite béatitude.

Mais l’ancienne maîtresse, la femme aux quatorze enfants ?

Le souvenir de son abandon et de celui des quatre enfants qui avaient survécu, dans le nombre, ne fait-il pas quelque ombre au tableau ? Pogge ne semble pas s’être laissé importuner outre mesure par les remords ; à partir de son mariage, son ancienne femme et ses enfants semblent avoir été pour lui comme s’ils n’existaient pas.

Que devinrent cependant ces malheureux ?

Laurent Valla prétend que Pogge les laissa tranquillement mourir de faim, qu’il alla même jusqu’à déchirer une donation par laquelle il leur avait antérieurement assuré une petite aisance. Valla était un ennemi acharné de Pogge, et il a inventé contre lui de si odieuses et si absurdes calomnies, qu’il ne devait pas lui en coûter beaucoup de mentir une fois de plus ; Tommaso Tonelli, le traducteur Italien de la Vie de Pogge, par Shepherd, met à découvert toute sa mauvaise foi.

Il paraît que les enfants naturels de Pogge avaient acquis la légitimation par deux actes authentiques, dont le premier est une bulle pontificale, et le second un décret de la Seigneurie de Florence qui, en considération du retour de Pogge dans son pays natal, de son savoir et de ses occupations littéraires, l’exempta, lui et ses fils de tout impôt. Ce décret fut rendu en 1532, trois ans avant son mariage. Ces fils légitimés conservaient donc tous leurs droits, même dans le cas où leur père aurait d’autres enfants.

Quant à la donation soustraite et déchirée, c’est bien probablement une fable puisque Pogge, sans se donner tant de peine, pouvait la révoquer d’un trait de plume, en faisant d’autres dispositions testamentaires. Rien n’empêche donc de croire que Pogge assura, de façon ou d’autre, l’avenir de la femme qu’il quittait et des enfants qu’il avait eus d’elle ; que s’il n’en a plus jamais parlé, cette absence de toute préoccupation et la sérénité de son esprit à leur égard témoignent précisément en faveur des dispositions qu’il avait dû prendre. Un homme tel que lui ne s’avilit pas de gaîté de cœur.

Pogge eut de (et avec) Vaggia de Buondelmonti cinq fils : Pietro-Paolo, Giovan-Batista, Jacopo, Giovan-Francesco et Filippo.

Le rapport entre Le Pogge et Nasr Eddin Hodja ?

Le Pogge (1380-1459) est, entre autres, un auteur humaniste du Quattrocento, en pleine Renaissance italienne.

Le personnage, bien réel et historique de Nasr Eddin (ou Nasreddine), nous l’avons déjà vu, est, quant à lui, né en 1208 et mort en 1284, en Turquie.

Or le contemporain et ami de ce dernier, Djalâl ad-Dîn Rûmî, né en 1207 et mort en 1273, évoque dans son Mathnawî (ou Mesnevi), le personnage de Djuha à plusieurs reprises. Ce qui veut dire que notre héros prééxistait.

Nous avons vu par ailleurs que ce nom est un des nombreux avatars du personnage mythique ; Juha, Joha, Jha, Ch’ha, Dj’ha ou Djeha ou encore Jeha au Maghreb, enfin Goha en Égypte.

En Chine, il a nom Afanti ou Afandi, Apandi en Inde.

Dans le monde envahi et maintenu sous domination par l’Ottoman (Europe de l’Est, Moyen-Orient), on retrouve par exemple Petar Hitar en Bulgarie, Csalóka Peter en Hongrie, ou Păcală en Roumanie.

On en retrouve également trace dans le folklore italien, et plus particulièrement sicilien, sous le vocable de Giufà ou Giucà. En Corse, il s’appelle Grossu Minutu.

En Allemagne, un équivalent un peu grossier apparaît sous les traits de Till Eulenspiegel (ou l’Espiègle), né en 1300 en Saxe, mort en 1350 au Holstein, selon son histoire éditée anonymement vers 1510.

En France métropolitaine, la Chanson de Geste médiévale a préféré privilégier la représentation animalière, dans une lignée plus ésopéenne, avec le Roman de Renart, apparu au milieu du XII° siècle.

Quant à l’Espagne, et le Royaume d’Al-Andalous, je n’ai pas été capable d’y trouver la moindre trace du personnage ou d’un de ses équivalents (effet de l’Inquisition catholique ?).

J’ai, quant à moi, identifié entre une quinzaine et une vingtaine au moins d’anecdotes, mentionnées par le Pogge, et dont la trame paraît assez similaire à des anecdotes du folklore nasreddinien, auquel je me suis consacré. Je les ai signalées par une note de bas de page.

Comme pour Diogène de Sinope, à qui la postérité a sûrement prêté des propos ou des gestes qu’il n’a peut-être pas accomplis – mais qui auraient parfaitement pû être commis par le personnage, effet de vraisemblance aidant - ; il est difficile de démêler la source de la trancription. Comme l’Œuf et la Poule, lequel précédait l’autre ? Le Pogge ou Nasr Eddin ? De même qu’on y retrouve du Phèdre (14 av JC – 50 ap. JC) ou du Babrios (II° – III° siècle) ou des extraits du Philogelos5 – normal, après tout – mais aussi du Abstemio (1440-1508).

Bien malin qui saurait se prononcer avec certitude. Une chose est incontestable. Le Pogge a écrit au début du XV° siècle, tandis que la tradition orale va et vient, oublie des détails, enrichit des histoires, brode (scripta manent, verba volant) – comme par exemple les anecdotes mettant face à face Nasr Eddin et Tamerlan, né en 1336 et décédé en 1405. Ce qui fait qu’historiquement, les deux personnages n’ont en aucun cas pu se rencontrer.

Considérant néanmoins qu’il y avait en cette œuvre de nombreux points communs avec l’épopée de Nasr Eddin, j’ai décidé de l’inclure dans le cycle.

Christophe Noël

5Philogelos – Avant Nasr Eddin, disponible chez le même éditeur.

LES FACÉTIES

DE POGGE

FLORENTIN

Avis aux gens prudes de ne pas censurer le ton léger des « Facéties »

Je présume qu’il y aura beaucoup de gens qui trouveront à reprendre à ces contes, comme à des légèretés indignes d’un homme grave, et réclameront un langage plus orné, une éloquence plus grande. Si je voulais leur répondre, je dirais avoir lu que nos ancêtres, qui étaient gens sages et doctes, se sont délectés aux facéties, aux joyeusetés, aux fables, qu’ils ont ainsi mérité non le blâme, mais la louange, et je croirais avoir assez fait pour leur opinion. En effet, comment penser qu’il est honteux d’imiter en cela nos ancêtres, ne le pouvant en autre chose, honteux de passer dans le soin d’écrire ce même temps que les autres passent dans les cercles et les réunions, alors surtout que ce travail n’est pas sans gloire et peut procurer de l’agrément aux lecteurs ?

Car il est louable, je dirai même nécessaire, d’arracher à ses soins continuels notre esprit accablé de préoccupations et de chagrins, de le tourner à la gaieté, de le détendre par la plaisanterie.

Mais chercher le style dans les petits sujets, même alors qu’il s’agit de rendre une facétie textuellement ou de rapporter les paroles d’autrui, me semble le fait d’un esprit trop exigeant. Il y a des choses qui ne peuvent être décrites d’une manière ornée, qui doivent être rapportées telles que les ont dites les acteurs de l’événement.

Certains penseront que mon excuse part de mon impuissance, je leur donne raison, pourvu qu’ils racontent les mêmes histoires encore mieux que moi, ce à quoi je les engage afin que la langue latine s’enrichisse de leur fait et brille même dans les petits sujets. Pour moi, j’ai voulu voir si beaucoup de choses qui étaient regardées comme difficiles à dire en latin, pouvaient s’exprimer sans trop d’effort.

Comme ce ne sont pas les ornements du style, l’ampleur de l’éloquence, qui se trouvent ici de mise, il me suffira d’entendre dire que j’ai écrit non sans agrément. Mais arrière ceux qui s’érigent en censeurs rigides ou en juges austères ! Je veux être lu par des esprits aimables et cultivés, comme Lucilius par ceux de Cosenza et de Tarente ; si mes lecteurs sont rustiques, qu’ils pensent ce qu’ils veulent, mais n’accusent pas l’auteur qui écrivit ceci pour le délassement de l’esprit et l’exercice de l’intelligence1.

1. D’un pauvre matelot de Gaète

Le peuple de Gaète vit de la navigation. Un patron de barque de cet endroit, homme fort pauvre, quitta sa femme et son humble logis pour chercher fortune ; il revint au bout de cinq ans. Son premier soin fut d’aller voir sa femme, qui, désespérant du retour de son mari, avait lié connaissance avec un autre. II fut surpris de trouver sa maison toute réparée et fort agrandie.

— Comment, dit-il, a pu se faire tout cela ?

Elle répondit incontinent que Dieu, qui aide à tout le monde, y avait répandu sa grâce.

— Dieu soit béni qui nous a fait tant de bien ! reprit le matelot.

Voyant alors la chambre à coucher, un lit et des meubles d’une élégance au-dessus de la condition de sa femme, il demanda d’où venait tout cela. Elle répondit encore que c’était de la bonté et grâce de Dieu. Le mari remercia encore le ciel, et tandis qu’il regardait beaucoup d’autres choses qui lui semblaient nouvelles dans son ménage, voici venir un petit enfant bien joli qui avait plus de trois ans et qui caressa sa mère comme c’est la coutume des enfants. Le mari regarde et demande à qui il appartient. La femme répond qu’il est à elle et que la grâce de Dieu lui a aidé à l’acquérir.

— Ah ! pour le coup, dit-il, c’est trop de grâce de me donner des enfants en mon absence !

2. D’un médecin qui guérissait les fous

Plusieurs s’entretenaient du vain souci, pour ne pas dire de la sottise, de ceux qui nourrissent des chiens ou des éperviers pour la chasse aux oiseaux. Alors Paul de Florence : « De ceux-là s’est bien moqué un fou de Milan. » Comme nous demandions l’histoire :

Il y avait, dit-il, à Milan, un médecin qui entreprenait de guérir les fous en un certain espace de temps. Voici quelle était sa méthode : il avait dans sa maison une cour et dans cette cour une mare d’eau fétide et sale dans laquelle il liait à un pieu, tout nus, ceux qu’on lui amenait comme fous, les uns jusqu’aux genoux, les autres jusqu’à l’aine, quelques-uns plus haut encore, selon le genre de démence, et il les macérait ainsi par l’eau et par la diète jusqu’à ce qu’ils donnassent des marques de raison.

Certain jour on lui en amena un qu’il mit dans l’eau jusqu’aux cuisses. Quand il eut été là quinze jours, il pria le médecin de l’en tirer, ce qu’il obtint à condition qu’il ne sortirait pas de la cour. Le malade obéit et reçut bientôt la permission de se promener dans toute la maison. Un jour il se tenait sur le seuil, qu’il ne dépassait pas, de crainte de la mare, lorsqu’il vit un jeune gentilhomme à cheval avec un épervier et deux chiens, de ceux qu’on appelle limiers. Comme le fou ne se souvenait plus de ce qu’il avait vu pendant sa démence :

— Apprenez-moi, je vous prie, dit-il au cavalier, sur quoi vous êtes monté et à quel usage vous sert cette monture ?

— Je monte un cheval et je vais à la chasse.

— Ce que vous tenez sur le poing, comment l’appelle-t-on et qu’en faites-vous ?

— C’est un épervier pour prendre des perdrix.

— Et qu’est-ce que vous avez autour de vous ?

— Ce sont des chiens pour faire partir le gibier.

— Mais combien vous revient-il par an de ce gibier, pour la cap-30ture duquel il faut tant de préparatifs ?

— Fort peu de chose, dit le chasseur, peut-être six ducats.

— Et la dépense du cheval, des oiseaux et des chiens, à quoi monte-t–elle ?

— A cinquante.

— Holà ! dit alors le fou, allez-vous-en avant que le médecin ne rentre ; car s’il vous entendait, il vous mettrait dans la mare jus-qu’au menton.

Ce fou montra que la chasse au vol était une grande folie si elle n’avait lieu seulement de temps en temps et si elle n’était pratiquée par des gens riches, en guise d’exercice.

3. D’un Gascon qui se levait tard

Lorsque nous séjournions à Constance, il y avait avec nous un jeune homme facétieux, nommé Bonac, Gascon d’origine, qui se levait tous les jours fort tard. Comme ses compagnons lui reprochaient sa paresse et lui demandaient ce qu’il faisait si tard au lit, il répondit en souriant :

— J’écoute des plaideurs. En effet, lorsque je m’éveille, il y a devant moi deux dames, l’Activité et la Paresse ; l’une m’exhorte à me lever et à faire quelque chose, l’autre, gourmandant sa voisine, dit qu’il faut se reposer, goûter la chaleur du lit et ne pas toujours vaquer au travail. La première soutient ses raisons, et pendant qu’elles se disputent ainsi, moi, en juge équitable, sans pencher d’aucun côté, j’écoute les plaidoyers et attends que les parties soient d’accord, et c’est ce qui fait que je suis si longtemps au lit.

4. D’un Juif qui se fit Chrétien par persuasion

Beaucoup de gens engageaient un certain Juif à embrasser la foi de Jésus-Christ. Mais celui-ci ne pouvait se décider à faire le sacrifice de ses biens. Plusieurs lui conseillaient de les donner aux pauvres, parce que, selon le précepte de l’Évangile, qui est la vérité même, il lui serait rendu au centuple. Persuadé enfin, il se convertit et distribua sa fortune aux pauvres, aux malheureux et aux mendiants.

Ensuite, pendant presque un mois, il fut honorablement traité par différents chrétiens. Il fut choyé et fêté pour tout ce qu’il venait de faire. Cependant, il menait une existence précaire, et attendait chaque jour le centuple promis. Comme les gens se lassaient peu à peu de le nourrir, les hôtes se firent rares. Notre homme devint alors si misérable qu’on dut le conduire à l’hôpital, où il fut pris d’un flux de sang par le bas, qui le réduisit à la dernière extrémité. Il désespérait de jamais guérir et il avait également perdu l’espoir de rentrer dans le fameux « centuple », lorsqu’un jour, éprouvant le besoin de prendre l’air, il sortit de son lit, et s’en alla dans une prairie voisine pour soulager son ventre.

Là, lorsqu’il eut fait ses besoins, en cherchant une poignée d’herbe pour se torcher le derrière, il trouva un chiffon roulé, tout plein de pierres précieuses. Par ce fait, étant redevenu riche, il put consulter les médecins, se guérir, acheter une maison et des terres, vivre depuis lors dans l’abondance. Tout le monde lui répétait :

— Eh bien ! Est-ce que nous ne vous l’avions pas prédit, que Dieu vous rendrait tout au centuple ?

— Oui, répondit-il, mais avant, il a permis que je fasse du sang jusqu’à en mourir.

Ce mot s’applique à ceux qui sont lents à rendre ou à reconnaître un bienfait.

5. D’un imbécile qui croyait que sa femme avait deux ouvertures

Un paysan de nos campagnes, peu avisé et nullement expert avec les femmes, se maria. Or, il arriva, qu’étant au lit, la femme lui tourna le dos, mettant ses fesses au bon endroit. Le mari en eut tout de même grande satisfaction. Tout surpris, notre homme demande à sa femme si elle n’aurait pas deux ouvertures. Celle-ci fit un signe affirmatif.

— Ho ho ! reprit-il, un seul me suffit, l’autre est superflu.

La femme, qui était rusée et que le curé de la paroisse courtisait, répondit aussitôt.

— Nous pouvons faire l’aumône avec le second ; donnons-le à l’Église et à notre curé, cela lui fera extrêmement plaisir et ne te privera en rien puisqu’un seul te suffit. L’homme approuva, tant pour être agréable au curé, que pour se débarrasser du superflu. Or donc, on invite le curé à souper, on lui conte l’affaire et, le repas achevé, tous trois se couchent dans le même lit : la femme au milieu, le mari par devant, l’autre par derrière, pour qu’il prît possession de ce qui lui était offert. Le prêtre, ardent, vorace, entama le premier le morceau depuis longtemps désiré, si bien que la femme poussait des soupirs retentissants. Le mari eut alors peur qu’on empiétât sur son domaine.

— Respecte bien nos conventions, mon ami, dit-il, use tant que tu voudras de ta part, mais ne touche pas à la mienne.

Le prêtre repartit :

— Que Dieu m’en fasse la grâce ! Je n’ai nulle envie de ton bien et ne demande qu’à user celui de l’Église.

A ces mots, notre imbécile se calme, et engage le curé à jouir en toute liberté de ce qui a été concédé à l’Église.

6. D’une veuve qui, par luxure, se donna à un pauvre

L’espèce des hypocrites est, de toutes, la pire qui existe. Comme on en parlait une fois dans une réunion où je me trouvais, et qu’on disait que tout leur vient à profusion, qu’ils convoitent les dignités en dissimulant leurs convoitises, qu’ils semblent subir les honneurs malgré eux, et uniquement pour obéir à des ordres supérieurs, un des assistants dit alors :

— Ils ressemblent à un certain Paul le bienheureux, qui habite Pise, un de ceux qu’on appelle ordinairement des apôtres, qui s’asseyent devant les portes sans rien demander.

L’ayant prié de nous expliquer la chose, il nous dit :

— Ce Paul, qu’à cause de la sainteté de sa vie on a surnommé le Bienheureux, venait s’asseoir quelquefois à la porte d’une veuve qui lui faisait l’aumône d’un peu de nourriture. Celle-ci, à force de regarder cet homme, qui était un fort beau gars, s’éprit de lui ; or, un jour, après lui avoir donné à manger, elle l’invita à revenir le lendemain, lui promettant un bon repas. Après quelque temps de ce manège, elle le pria d’entrer manger chez elle, ce à quoi il s’empressa d’accéder. Alors, quand il eut le ventre plein de victuailles et de vin, la femme impudique n’y tenant plus, se mit à l’embrasser, à le caresser et lui déclara qu’il ne sortirait pas avant de l’avoir connue bibliquement. Lui, feint de résister et de n’être point ému par la lubricité de la dame qui le presse de plus en plus si tendrement qu’à la fin il succombe.

— Puisque tu veux commettre un si grand péché, lui dit-il, que Dieu soit témoin que ce sera ton œuvre et qu’il n’y aura nullement de ma faute. Prends toi-même cette chair maudite, fais-en ce que tu voudras ; quant à moi, je n’y mettrai même pas la main.

Et, comme l’arc était bandé, elle ajusta le trait. Or donc, puisqu’il ne s’était point, par abstinence, touché lui-même, c’est la dame qui endossa le péché.

7. D’un évêque à cheval

Une fois, j’allais au palais du Pape ; passe un de nos cavaliers à pallium5, assurément fort préoccupé, puisqu’il ne s’aperçut pas que quelqu’un se découvrait pour le saluer. Mais celui-ci, croyant que c’était de la part de l’évêque orgueil et arrogance, s’écria :

— Celui-là n’a pas laissé la moitié de son âne à la maison, il l’emmène bien tout entier avec lui ; voulant dire par là, que c’est le fait d’un âne de ne pas répondre aux politesses.

8. Un mot de Zuccharo

Nous traversions une ville, le très facétieux Zuccharo et moi, lorsque nous rencontrâmes une noce. C’était le lendemain du jour où la mariée était venue s’installer dans la maison conjugale. Nous nous arrêtâmes quelques instants pour nous amuser à regarder danser ces hommes et ces femmes.

Alors, Zuccharo dit en riant :

— Ces gens-là ont consommé hier leurs droits matrimoniaux ; moi, il y a beau temps que j’ai consommé mes patrimoniaux.

C’était un mot plaisant sur son propre compte, car il avait, en effet, vendu son patrimoine et dissipé l’argent au jeu et en bonne chair.

9. D’un juge

Certain juge désigné pour résider à Florence, le jour où il entra dans la ville, prononça, selon la coutume, dans la cathédrale, en face des autorités, un discours long et ennuyeux. Pour se recommander, il commença par dire qu’il avait été sénateur romain et raconta avec emphase tout ce qui avait été dit et fait en son honneur. Après cela, il rendit compte de son voyage, comment il était parti de Rome et par qui il avait été accompagné à son départ ; puis il dit que la première journée il était arrivé à Sutri et raconta tout ce qu’il y avait fait. Il s’était déjà passé plusieurs heures sans que sa narration l’eût conduit à Sienne. Un des auditeurs, ennuyé comme tout le reste de la compagnie de la longueur d’un discours insipide, lui dit à l’oreille :

— Seigneur, l’heure s’avance, hâtez votre voyage, car si vous n’entrez aujourdhui à Florence, ce jour vous ayant été fixé, vous perdrez votre emploi.

Le bavard annonça alors qu’il était arrivé à Florence.

10. Tromperie de femme

Pietro, mon parent, me raconta jadis une histoire plaisante et qui peint bien l’astuce féminine. Il avait affaire avec une femme mariée à un paysan peu malin et qui noctambulait souvent dehors, à cause d’une somme qu’il devait. Une fois que l’amant était chez la belle, le mari rentra soudain à la brune.

La femme met l’amant sous le lit et puis reproche vivement au mari son retour, ajoutant que des recors6