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Dans les années 70, deux étudiants partagent une histoire d'amour intense mais brève. Lui, plutôt rêveur, elle, plus posée et réaliste. La vie les sépare. Des décennies après, rattrapé par les souvenirs, il décide de la rechercher. La vérité qu'il découvre le pousse à lui rendre un ultime hommage à travers ce récit.
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Seitenzahl: 26
Veröffentlichungsjahr: 2024
Pour Henriette
L'âge est un dernier long voyage
Un quai de gare et l'on s'en va
Il ne faut prendre en ses bagages
Que ce qui vraiment compta
Et se dire merci
De ces perles de vie
Il est certaines blessures au goût de victoire 1
Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV
Chapitre V
Chapitre VI
Chapitre VII
Chapitre VII
Chapitre IX
Chapitre X
Chapitre XI
Chapitre XII
Chapitre XIII
Chapitre XIV
Chapitre XV
Chapitre XVI
Le jour de mes vingt et un ans, le 1er octobre 1976, je foulais de nouveau les pavés universitaires. Nouvelle année de Deug scientifique à Grenoble, nouveau départ.
Oublié le décrépi fort Rabot ! J'étais l'hôte de Marc, un pote qui visait comme moi les concours d'ingénieur. On s'était rejoints sur les bancs de la fac après que ses géniteurs eurent décroché un boulot en Iran. Cité des Alloves, l'appart' nous attendait, vide, prêt à être réinvesti de nos espérances d'ados attardés.
Autour de Marc gravitait une petite troupe de cœurs joyeux. Son noyau dur : une mignonne de vingt piges, Jocelyne, fraîchement recroisée après les années vertes. Petit bout de blonde au sourire printanier d'infirmière en devenir, elle roulait dans un vieux coléoptère Volkswagen couleur bonbon. Visiblement sous le charme, Marc avait les yeux qui pétillaient dès qu'elle était dans les parages.
Comme un idiot, je suis tombé illico raide dingue amoureux de sa jolie frimousse et de son éclat de vie, moi qui n'avais pas l'habitude de ces petits riens qui vous retournent un homme.
Gégé - Denis pour l'état-civil - complétait le trio. Un titi tâché de farine, pâtissier jusqu'au petit matin avant de nous rejoindre avec les restes de sa nuit blanche sous le bras. Avec deux autres nanas et un mal dégrossi dont j'ai zappé les noms, on formait une bande improbable mais unie par ces années d'insouciance où l'on pensait encore tenir le monde au creux de nos vingt ans.
Les samedis, on allait se perdre et se retrouver dans les forêts grimpantes autour de Grenoble ou sur les routes en lacets du massif de Chartreuse à coup de mollets. Le dimanche, quand on avait du bol, le vacherin glacé de Gégé nous attendait, tout baveux dans sa boîte à moitié défoncée.
J'étais à fond dans la photographie. Tout l'été je m'étais échiné, pompier volontaire à la caserne pour m'offrir un Olympus OM-1, le graal pour un bleu comme moi. Marc aussi mitraillait tout ce qu'il pouvait avec son Minolta. Chaque sortie était prétexte à se gaver de pellicules. Du noir et blanc pour se la raconter. Mais surtout des diapos Kodachrome pour faire péter les couleurs à la projection.
Je n'osais pas trop me rapprocher de Jocelyne, pourtant. Cette fée d'automne, si parfaite, trop jolie pour jamais être exposée aux bredouillis d'un gars comme moi…
