Garde ton Cap - Tom Devictor - E-Book

Garde ton Cap E-Book

Tom Devictor

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Beschreibung

"J'avale ces biscottes humides et ce foutu café délicieux. La taie d'oreiller transpire ma propre sueur et tente de sécher sous l'air de mes ronflements. Mes cheveux, alchimie de paille et d'iode, oxydent la brume désormais. Mes pieds secs devenus lumineux à force de cultiver des ampoules, éclairent le teck comme dans Billy Jean. Ce dos, tenu par une chaine rouillée appelée colonne vertébrale, pleure sur mes fesses postées à 142° Est, Sud-Est de la barre. Et ce scénario qui se répète, et cette mise en scène qui se prépare, et ce spectacle qui manque d'entracte, c'est ça l'aventure, notre aventure... J'écris sur ce bout de banquette avant de prendre mon quart, derrière cette barre la nuit tombée, sous la modeste échelle conduisant au cockpit, fatigué ou en pleine forme, qu'il vente ou sous pétole. J'écris chaque jour, dans l'authenticité d'un témoignage d'un grand voyage, dans l'amour du partage, entre sourires et déceptions, entre la vie et la mort, dans le sens des marées, face aux vents et aux horizons, proche des terres et loin des miens, sous ce ciel et mes étoiles."

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Seitenzahl: 146

Veröffentlichungsjahr: 2015

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À ma nièce Léna

À ma tante Jackie

Ecrire, c’est emprisonner le présent

Lire, c’est lui rendre sa liberté.

Sommaire

QUELQUES JOURS AVANT LE DEPART

VEILLE DU DEPART

DEPART

PREMIER JOUR : ANTIBES

DEUXIÈME JOUR : CORSE

TROISIÈME JOUR : ITALIE

QUATRIÈME JOUR : ITALIE

CINQUIÈME JOUR : ITALIE

SIXIÈME JOUR : ITALIE

SEPTIÈME JOUR : ITALIE-MALTE

HUITIÈME JOUR : MALTE

NEUVIÈME JOUR : MALTE

DIXIÈME JOUR : MALTE-CRETE

ONZIÈME JOUR : MALTE-CRETE

DOUZIÈME JOUR : MALTE-CRETE

TREIZIÈME JOUR : CRETE

QUATORZIÈME JOUR : CRETE

QUINZIÈME JOUR : CRETE-EGYPTE

« TONTON TOM »

SEIZIÈME JOUR : CRETE-EGYPTE

DIX-SEPTIÈME JOUR : CRETE-EGYPTE

DIX-HUITIÈME JOUR : CRETE-EGYPTE

DIX-NEUVIÈME JOUR : PORT-SAÏD

VINGTIÈME JOUR : PORT-SAÏD

« LES MATERNELLES »

VINGT-ET-UNIEME JOUR : PORT SAÏD

VINGT-DEUXIEME JOUR : CANAL DE SUEZ

VINGT-TROISIEME JOUR : CANAL DE SUEZ

VINGT-QUATRIEME JOUR : SUEZ BAY

VINGT-CINQUIEME JOUR : MER ROUGE

VINGT-SIXIEME JOUR : MER ROUGE

VINGT-SEPTIEME JOUR : MER ROUGE

VINGT-HUITIEME JOUR : MER ROUGE

VINGT-NEUVIEME JOUR : MER ROUGE

TRENTE-ET-UNIEME JOUR : MER ROUGE

« HISTOIRE : ECHEC ET MATHS »

TRENTE-DEUXIEME JOUR : MER ROUGE

TRENTE-TROISIEME JOUR : MER ROUGE

TRENTE-CINQUIEME JOUR : MER ROUGE

TRENTE-SEPTIEME JOUR : MER ROUGE

TRENTE-HUITIEME JOUR : YEMEN

TRENTE-NEUVIEME JOUR : PORT D'AL HUDAYDAH

QUARANTIEME JOUR : PORT D'AL HUDAYDAH

QUARANTE-ET-UNIEME JOUR : MER ROUGE

QUARANTE-DEUXIEME JOUR : MER ROUGE

QUARANTE-QUATRIEME JOUR : AL MUKHA

QUARANTE-CINQUIEME JOUR : MER ROUGE

QUARANTE-SIXIEME JOUR : GOLFE D'ADEN

« HISTOIRE : LE MONASTERE »

QUARANTE-SEPTIEME JOUR : GOLFE D'ADEN

DU QUARANTE-HUITIEME JOUR JUSQU'À MAINTENANT : ADEN

« MI-TEMPS »

« TONTON SANTÉ »

CINQUANTE-SEPTIÈME JOUR ET FIN

THAÏLANDE

PAI

« LA QUETE »

QUOTIDIEN

« LES MATERNELLES »

DERNIER ARTICLE

QUELQUES JOURS AVANT LE DEPART

Je commence l'écrit ici, assis à côté de ce jeune homme jouant du piano à la gare de Lyon.

J'attends mon train pour Antibes. Le grand départ est dans quatre jours.

La pression ne montera pas, l'excitation l'a résorbée le jour où l'on m'a proposé cette aventure.

Non, je ne connais rien d'un tel voyage. Je n'ai approché l'océan qu'en Bretagne, il y a bien longtemps, du haut de mon petit optimiste et de mon grand optimisme.

Nous sommes trois à partir mercredi à bord d'un voilier de onze mètres. Le propriétaire du bateau s'appelle Tonton, un jeune homme de cinquante-deux ans. Le capitaine se prénomme Némo, c'est un expert de la voile depuis qu'il a six ans. Enfin, je l'espère...

De toute façon, c'est lui qui va nous apprendre à naviguer. Notre confiance réside dans notre espoir. Dans cinq heures, j'arriverai à Antibes.

Le train part, Paris avec.

Les prières de mes proches me touchent et leurs craintes me font sourire. J'ai le choix entre être capturé par des pirates ou sécher sur une île déserte. Effectivement, tout est possible, mais je ne le souhaite pas non plus.

Je n'ai pas peur et n'ai pas le droit d'avoir peur. Une formation à la voile va nous être dédiée pendant ce périple qui relie Antibes à la Thaïlande. Il nous est nécessaire d'apprendre vite pour la sécurité de tous. Chacun de nous devra se relayer à la barre, de jour comme de nuit pendant deux, voire trois mois. La peur n'a pas sa place ici, la paresse non plus.

Pourquoi partir? J'ai fait un choix dans ma vie, celui de suivre le chemin de la découverte. La saveur ne se dégage que lorsque l'on croque dans le fruit et cela fait bien longtemps que le virtuel ne me suffit plus. Jadis, la fuite d'un monde incompris animait mes départs. Désormais, c'est par amour que je souhaite découvrir de nouveaux horizons. Voyager pour me connaître, voyager pour aimer d'avantage, voyager pour être libre, ETRE, tout simplement. Découvrir par amour et raconter par fraternité? C'est tout à fait à ça que ces écrits aspirent. C'est un honneur que de partager mes aventures. Deux écoles élémentaires de Clichy vont suivre notre escapade. Je vais tenter de donner le meilleur de moi-même pendant ces quelques mois et faire rêver ces petits bouts.

Je ne peux terminer ce premier article sans remercier la ville de Clichy pour son grand soutien matériel; monsieur André Mayo, président de l'association des entrepreneurs et commerçants de Clichy et « Honneur et Handicap » pour les sponsors et leur soutien également. Un merci particulier à Bilal et Grandin sans qui je n'aurais jamais eu d'aides financières et matérielles si je ne les avais pas croisés au bon moment.

Ma racine est à Clichy, sa floraison dans l'éternel.

VEILLE DU DEPART

Nous y voilà...

Le départ fut retardé d'une semaine pour des raisons techniques et climatiques, mais dorénavant, nous sommes prêts.

Nous y voilà, enfin.

Cela fait six mois que Tonton donne son temps, sa santé et beaucoup de son argent pour équiper le bateau. Aucun repos ne lui a été accordé, il a pratiquement tout bricolé seul; lui qui ne connaissait rien de la voile le semestre dernier.

- Je n'ai jamais été aussi heureux de partir, ce voyage va être énorme, se réjouit Tonton. Et je le crois...

Le bateau Vilmy 2 sourit et attend demain avec impatience. Je commence à bien m'entendre avec lui. il est né en Italie en 1981, son accent du sud est peu perceptible, mais il a La Classe.

Habillé d'une peinture blanche et bleue, d'une petite ceinture grise, il se déplace avec grâce au « quai des milliardaires ». Son mat de quatorze mètres chatouille à peine les mollets des molosses qui logent face à nous.

Le départ, c'est demain...

DEPART

On y arrive...

- Réveillé Tonton?

- Ouais mon n'neveu! C'est le grand jour!

Ce dernier petit-déjeuner au port a un goût d'aventure, il respire la Thaïlande, l'océan, les adieux et le café soluble.

Némo nous rejoint bientôt. Les « au revoir » sont prévus pour 11h. Là, à ce moment précis, je suis excité, passionné, voyageur, en pleine forme. Tonton a le sourire jusqu'à la fontanelle. Il a terminé son œuvre et s'apprête à la présenter au monde entier. Le Vilmy est aux aguets, prêt à bondir, plus que quelques heures à tenir.

Némo arrive, il vérifie une dernière fois le bateau, semble satisfait, nous pouvons partir...

Les amarres sont coupées par le fils de Tonton, quelques vagues nous rejoignent pour caresser les yeux de ceux qui restent. Et nous, nous partons...

PREMIER JOUR : ANTIBES

Sortis du port d'Antibes, Némo nous donne les instructions et les règles de base de la navigation. Il parle une langue bizarre et j'avoue avoir du mal à le suivre.

- Fais gaffe aux bouts', touche pas à l'écoute de grand' voile, ni à celle du génois, tes doigts loin du winch quand tu choques le phoque, si tu mets un ris, ne fais pas bouillir l'eau...

Et dire qu'on parlera de cette manière avec Tonton... Pour l'instant, c'est plutôt : « Tonton, y'a plein de cordes ici, j'sais faire des lacets à l'envers, regarde! »

La mer est vaste, nous laissons le continent.

Nous avons quitté la terre depuis quatre heures et elle semble encore si proche. Le voyage va être long, très long...

Ma première prise de barre va me rester en mémoire une éternité, voire deux.

Le vent fait face à nous, je ressens Vilmy résistant, solide et robuste. C'est une bonne surprise, plus les vagues luttent, plus je prends du plaisir. Nos corps vont doubler de volume d'ici les prochains mois.

Le bateau tangue énormément, l'équilibre est difficile à trouver et l'on s'agrippe où l'on peut pour tenter de déambuler. Pour l'instant, la plus grosse difficulté est de chercher le pot de mayonnaise sous une cale.

La nuit approche, je demande à Némo si je peux commencer le tour de quart. J'aime vraiment ça, incroyable...

Le soleil se couche derrière nous, la voie lactée cligne d'un œil, les étoiles nous appellent, il est 21h, je suis heureux chers amis.

Tonton est matinal, il sera le dernier de quart, il le regrettera par la suite...

Entre la flèche à bâbord du mât et la bout' de génois (« corde » qui permet de tendre la voile à l'avant du bateau) se dessine un écran naturel laissant apparaitre à l'est trois étoiles alignées représentant la ceinture d'Orion. Elles sont mon cap pour la nuit. Les vagues peuvent mesurer jusqu'à un mètre cinquante, le vent venant de face souffle à vingtet-un nœuds, notre vitesse est de cinq nœuds.

Les heures passent, c'est au tour de Némo de naviguer. Tonton dort malgré les pleurs de Vilmy. Tout ce qu'on pensait avoir sécurisé est à la renverse. Des portes claquent contre le sol. Les bouteilles, cendriers et couteaux jouent à la marelle sur un terrain semé d'embûches.

Cette nuit, mon luxe fut cette sieste, accoudé à la bouée de sauvetage, l'air marin en ma barbe et Némo à la barre.Le relais avec Tonton se fait à 2 h 40. Je pars me coucher après dix petites minutes de plaisanterie. La toile de cinéma indique encore le cap. Bonne nuit Tonton, Némo, je pars dormir.

DEUXIÈME JOUR : CORSE

La nuit fut agitée, le quart de Tonton s'est effectué sous la pluie. Les caprices de la mer coulent encore en son cou, il a froid, très froid. Son parka acheté en Thaïlande ne suffit pas. Ce qui m'amuse, c'est qu'il reste convaincu d'avoir fait une bonne affaire. Malgré sa nuit de fraicheur, il garde le sourire et m'avoue avoir sous-estimé le périple.

Némo nous oriente, conseille, apprend à manipuler les voiles, le sens du vent, la météo, les directions...

Un calamar vient de s'échouer sur le bateau. Cinq minutes plus tard, il baigne dans une marinade de citron. Sa tête scalpée nous servira d'appât pour les poissons.

Nous apercevons la Corse et suivons le cap sur une mer agitée, trop agitée.

Le calme arrive et il nous est nécessaire de naviguer au moteur. Aucun vent à l'horizon, nous continuons pendant un long moment au gasoil. On en profite pour cuire des pâtes, le repas chaud aiguisera nos sourires le temps de quelques bouchées.

La nuit se lève, l'écume du soleil scintille sur Bastia. Il disparait lentement laissant apparaitre Cassiopée derrière nous, les quarts débutent, bonne nuit.

TROISIÈME JOUR : ITALIE

Le calme est toujours présent, le lever de soleil indique notre cap, Tonton est à la barre, Némo à ses côtés, les dauphins nous accompagnent.

Ils sont une dizaine à nous suivre, jouent, sautent, entraînent Vilmy dans leur course. Nous comprenons pourquoi nous vivons cette aventure. Tonton crie, tape des mains. Sa bouche forme un coeur, un océan d'émotions s'y dégage. Némo est habitué mais c'est un spectacle différent à chaque fois, nous avoue-t-il.

Le calamar cuit la veille s'accompagne merveilleusement bien avec mon café soluble froid. Le luxe de cette aventure est de la vivre, le reste est superflu. Le culte du confort et les envies de chacun sont mis de côté. On s'adapte, s'entraide, rigole un maximum, pour le moment...

La ligne de pêche frétille,

- ça mord! S’écrie Tonton à la barre.

Némo s'élance sur la canne à pêche, remonte le poisson et, surprise, il s'agit d'un petit espadon. Son sang git sur le cockpit. Il est tué d'un coup de couteau au coeur. Des seaux abondent pour rincer la mare d'hémoglobine ; la découpe peut commencer. Je mange les restes crus avant de jeter à lamer son dû. C'est délicieux et moins cher que le japonais. Les filets sont conservés au réfrigérateur.

Le chemin suit son cours et porte Vilmy sur des miles. Sept, bientôt sept et demi, la recherche du moindre nœud devient une obsession, j'adore ça.

Il est 1h, Némo me remplace puis Tonton suivra, bonne nuit.

Et cette mer, je comprends mieux pourquoi on parle d'elle au féminin. Parfois colérique, parfois tendre. Cette puissance de vie en son intérieur et ma naïveté face à elle. Je m'y sens bien, la séduire me passionne, la charmer pour mieux l'apprivoiser. Quand la terre approche, je fais mine de la quitter, alors elle se déchaîne pour que je revienne. Et je longe ses côtes, et je joue de ses humeurs. Douce femme drapée de velours, je t'ai souvent snobée, te jugeant sur ta plastique. Mais désormais, ton appel me résonnera chaque nuit au creux de ma mémoire, et ce, jusqu'au prochain cycle de ma vie. Sur mon testament je notifierai à la rubrique Méditerranée: poussez-y ma barque sur son étoffe, ma mort y sera une fin en soie.

Petite goutte cosmique abritant un jeune clichois. Mes racines à Clichy, ma floraison dans l'éternel, mon histoire. Je suis et resterai un pépin du bitume. Je cherche seulement à colorer mes racines grises. Muni d'un pinceau, je trouve le meilleur cyan. L'an dernier, je suis parti à vélo au Maroc, cette année, je pars à la voile en Thaïlande. Ma palette se garnit et j'apprends à peindre. Clichy à qui j'en ai fait voir des couleurs... Petit village qui m'a vu naître, grandir et devenir. Du quartier nord où ma petite vie a débuté à la rue des droits de l'Homme, du Leclerc au bac d'Asnières, de la zone industrielle aux berges de Seine, de l'ENREA à Auffray, de Jean Jaurès au Barroso, j'en ai parcouru des kilomètres. Je te connais par coeur, chère amie. Je reste témoin et acteur de ton changement. Un jour infirmier à ton domicile, le lendemain en bas d'un de tes bâtiments; un soir avec un cône entre les doigts, la veille moralisateur. Toi aussi tu me vois changer... Et je continuerai encore et toujours, selon l'humeur de mon avenir, et l'on ira raconter notre belle histoire, ensemble. D'ici, de la merveilleuse mer, je peux cueillir des étoiles. Toi, tes tours et tes lumières te l'en empêchent. Alors je vais te dire comment elles sont, en espérant apaiser quelques unes de tes angoisses, ma ville. Elles sont radieuses, radieuses et tristes d'être oubliées, oubliées dans l'inconscience d'un monde qui oublie les étoiles, étoiles radieuses, radieuses et tristes d'être oubliées.

QUATRIÈME JOUR : ITALIE

Lever de soleil avec un nouveau groupe de dauphins. Némo nous avait prévenus : « le vent se lèvera et vous allez connaitre la voile! ».

Nous avons entre vingt-deux et vingt-huit noeuds dans le dos. Les vagues gonflent comme des ballons, mesurant jusqu'à cinq mètres de haut. Nous nous cachons sous les creux, ne distinguons l'Italie que lorsque la mer nous emporte au sommet des déferlantes. Vilmy galope, pointe en tête, son courage le rend inépuisable et son jockey prend un immense plaisir. Elles passent désormais à sept mètres, le gouffre nous avale et nous recrache à chaque coup de barre. Le beau Vilmy surfe, son mat tire, les bouts grincent, les voiles se dressent, les bras se congestionnent.

Nous mangeons de l'espadon ce midi, cuit à la poêle sous les acrobaties de Tonton, un délice.

L'après-midi, nous apprenons des manipulations en cas de gros vents. Les blagues fusent, les vagues ne s'épuisent pas, la route continue. Il est 20 h 14, je finis cet article car mon tour de quart approche.

02 h 02, quart fini, capitaine Némo me remplace mais l'envie de raconter ce moment me pousse à écrire encore un peu. C'est juste incroyable, le quart a été formidable et j'espère que les vidéos tournées témoigneront de ce moment magique. Elles diront:

« Serpentant entre les méandres de l'obscurité, Vilmy monte au galop, ne laissant derrière lui qu'un souffle court sous les yeux plissés de sa majesté lunaire. En son bord, Tom le Grand, digne descendant d'Alexandra la Grande, championne des jeux de maux et barreuse de lumière. Ils forment le plus prestigieux des duos pour jouer sur ce type de terrain. La mer se déchaine, elle s'étend, s'étire, enfin libre de respirer après ces mois d'été, prisonnière d'un ciel trop clément. Vilmy fonce, tête baissée, voiles ferrées, son jockey l'accompagne, conquérant la moindre vague. Qu'ils sont beaux tous les deux! Quel spectacle! Le gladiateur et sa monture dorée, oh my gold! La lune applaudit, Cassiopée admire l'équipage franchir la ligne d'arrivée. Orion les félicite, les attend, étoiles fermes, en son berceau de protection, à leur cap, Est Sud-Est, la Thaïlande. La course prend fin, mère Méditerranée laisse se reposer les deux guerriers. Elle caresse Vilmy dans le sens du mât et offre à Tom deux cadeaux terribles et somptueux : des ombres de souvenirs et déjà, la nostalgie d'une future épopée. »

CINQUIÈME JOUR : ITALIE

Je m'empresse de raconter la nuit à Tonton. Il est déjà au courant et me dit ne pas avoir pu dormir plus d'une heure.

La mer est très sage et nous sommes obligés de démarrer le moteur pour avancer.

Il est fonctionnel en moyenne deux heures par jour pour recharger les batteries qui nous servent à l'utilisation du GPS, la pompe à eau, les toilettes, les veilleuses de nuit et les téléphones portables.