Gracieuse et Emilio - Emile Collado-Del Campo - E-Book

Gracieuse et Emilio E-Book

Emile Collado-Del Campo

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Beschreibung

Mémoire et Résilience! Plus de 70 ans passés, redécouvertes des ancêtres, nos parents... Mes Résistants, Mes Guérilleros face aux Fascismes Hitlérien et Franquiste, raconté aux enfants, petits-enfants, lectrices et lecteurs qui ne veulent pas oublier, ou découvrir, et perpétuer la Mémoire.

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Seitenzahl: 375

Veröffentlichungsjahr: 2020

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A ma mère Gracieuse, Jesusa

A mon père Emilio

A mes grands-parents paternels et la famille d’Oreillana la Vieja en Estrémadure, Provincia de Badajoz en Espagne

A mes grands-parents maternels et toute la famille de Navarre au Pays Basque

A mon épouse Solange

A nos enfants : Emmanuelle, Jérémie, Benjamine et leur famille,

Les petits enfants : Flora, Noémie, Héléna, Romuald, Lucille, Mazarine, Alexis, Estéban, pour qu’ils aient des racines.

A mon « Petit Frère Daniel », son épouse Nicole, leur fille Corine et sa famille, car c’est nos racines aussi,

A mes Tantes et oncles, mes cousines et cousins et toutes leurs familles, car c’est la famille également.

A tous ceux qui nous ferons l’amitié de nous lire et découvrir « Une Vie, Une Histoire, Des Vies », car ce sont les nôtres.

C’est aussi un devoir de mémoire pour les parents, de vrais « Guérilleros » pour la Liberté, contre le Fascisme d’où qu’il vienne.

Emile COLLADO-DEL CAMPO

Cravencères, 32110 Gers. Année 2020

Sommaire

Préambule

Le « Choc » d’une vie !

Bibliographie succincte

ANNEXES

Préambule

Nous venons de faire un grand saut en arrière.

Avec la cousine Françoise DEL CAMPO-CARRERA, le cousin Michel DEL CAMPO, son épouse Patricia, notre épouse Solange POMPIGNE-COLLADO, nous étions parties sur les traces des ancêtres, nos grands-parents communs, et nos parents, oncles et tantes.

Quelle aventure ! Un grand plaisir, un bonheur d’être ensemble, plein de suspense, de surprises et d’informations sur la vie familiale, même des « secrets » !

Maintenant nous sommes, mon épouse et moi-même, à la recherche de la branche paternelle, mon père Emilio COLLADO-SAEZ, mes grands-parents, mes oncles et tantes en Espagne, vers le Sud.

Nous sommes allés à la recherche des grands-parents maternel, en premier lieu, au Pays basque, Province de Pampelune, en Navarre Espagnole et ensuite en Navarre Française, mais aussi en Castille-Leon, province de Zamora, au Nord Est du Portugal.

Puis sur les lieux de naissance de la famille paternelle, en Estrémadure, province de Badajoz, à Oreillana La Vieja vers le Sud, près de l’Andalousie en Espagne, le berceau des grands-parents paternels

Il nous faut maintenant conter cette aventure avec toutes ses informations, vérifiées, classées, mise en perspectives avec l’Histoire, la grande Histoire pour y comprendre quelque chose.

Nous mettons à profit l’inattendu d’une Pandémie du COVID19, et le confinement qui l’accompagne, qui nous a surpris durant nos recherches pour ce projet d’écriture.

Mais aussi également pour transmettre aux parents, les plus jeunes de la famille, mais également aux anciens, mais également aux lectrices et lecteurs, qui nous ferons l’honneur de découvrir ces écrits sur cette œuvre mémorielle que nous nous sommes engagés de rédiger.

Avec cet engagement, nous sommes confrontés au « rendre compte », à l’oral d’abord, mais surtout à l’écrit, car la mémoire « butte » de plus en plus avec l’avancée en âge.

Et suivant l’adage « la parole s’envole, l’écrit reste », nous avons bien compris qu’il fallait s’y mettre à l’écrit.

Nous profitons de la mise en « Prison volontaire », à cause de la Pandémie de la COVID19, qui nous contraint au confinement, pour nous mettre à l’écrit et rédiger cette œuvre mémorielle et de résilience en quelque sorte.

Au début ce fut manuscrit, et sur feuilles de « bloc note » !

Et vas-y que je te recherche la note tant !

Mais où est-elle ?

Bon ! un vrai bazar.

Et les photos, les textes, les extraits de livres, les citations, les documents reçus, trouvés et qu’il faut numériser afin de pouvoir les utiliser dans ce travail mémoriel.

Vous avez compris, les « amateurs » doivent passer à une autre dimension organisationnelle, s’appliquer, avoir une certaine cohérence, pour rédiger un texte mémoriel pour les uns et les autres.

C’est ce que nous ferons, et pour commencer, en travaillant sur les recherches effectuées sur les grands-parents maternels pour mémoire.

Nous avons constaté avec stupeur, durant cette aventure mémorielle sur les grands-parents, que nous ne savons rien, voir pas grand-chose sur les parents, notre mère, Jesusa, Micaela DEL CAMPO-GONI, mais également sur notre père Emilio COLLADO-SAEZ.

Là, pour le coup, nous sommes totalement impliqués puisqu’il s’agit de notre mère et de notre père, ainsi que mon « petit frère », que j’ai baptisé ainsi par affection, mais aussi parce que c’est la réalité, il est plus jeune.

Aussi nous nous mettons au travail, faisons les recherches difficilement, mais assidument, que nous transcrivons de façon manuscrite pour commencer et très vite nous passons au traitement de texte sur ordinateur.

C’est bien plus confortable, mais plus exigeant.

Néanmoins avec l’habitude, l’entrainement, les divers fichiers, images, textes, sont classés, et le texte élaboré défile sur l’écran de l’ordinateur, avec un « parti pris » qui peut déranger les lectrices ou lecteurs.

En effet, nous avons opté pour la solution du « Béotien », et nous écrivons, non par chapitre, sous chapitre, etc. Mais en chronologie temporelle d’écriture, en fonction du temps et des découvertes que nous faisons, des lectures, et des informations quotidiennes que nous estimons efficientes pour expliquer nos écrits.

C’est donc en suivant la chronologie du calendrier romain, comme disent certains lecteurs, que nous rédigeons cette œuvre mémorielle et de résilience, que vous allez découvrir.

Bien sûr, au fur et à mesure que nous rédigeons, jours après jours parfois, après plusieurs jours d’autre fois, nous prenons soins de mettre en perspective ce que nous rédigeons sur la famille, avec l’histoire, la grande Histoire, l’actualité avec laquelle nous vivons.

Pas de quoi s’ennuyer. Espérons qu’il en soit ainsi pour ceux qui découvrent cette œuvre mémorielle et de résilience.

En effet, vous allez découvrir que nos parents sont des ancêtres aussi importants que nos grands-parents. Qu’ils ont eu une vie riche et intance.

Nous espérons qu’ils vont devenir pour vous des personnages qui comptent, surtout pour les racines familiales, mais aussi pour l’histoire contemporaine.

Vous allez les retrouver dans « une vie, une histoire, des vies », ce sont les nôtres, et peut être vont devenir les vôtres…

Aux lectrices et lecteurs, découvrir des personnages dignes de respect, qu’il faut honorer, défendre dans une certaine mesure, et surtout perpétuer leur mémoire.

Emile COLLADO-DEL CAMPO

.

Ce pourrait être une belle histoire ! Et comme toutes les belles histoires, rappelez vous vos années de petite enfance, lorsque la maitresse à l’école, ou maman ou papa avant de s’endormir, ou les grands conteurs, ils commençaient l’histoire ainsi...

Il était une fois, « Une vie…une histoire…des Vies… »

Nous poursuivons dans notre démarche de recherche sur les ancêtres de la famille.

Après avoir effectué des recherches sur les grands-parents maternels, dans la famille, les lieux de vie, de naissance, de décès, fait le voyage en Espagne en Navarre et dans la province de Zamora, nous avons pu déterminer les Etats civils de grand-père Pedro et grand-mère Apolonia.

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Grand père, Aitatxi en Basque : Pedro DEL CAMPO né le 29 juin 1883 à Trabazos (Provincia ZAMORA CASTILLE Y LEON. - prés de la frontière du nord du Portugal-)

Fils de Martin DEL CAMPO son père, né à Calabor, (Provincia ZAMORA CASTILLE Y LEON), et Géronima CHIMENO, sa mère, née à Calabor.

Il est décédé au Pays Basque, le 16 janvier 1967 à Ibarre, quartier de Saint Just Ibarre (64) France.

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Grand-mère, Amatxi en Basque : Apolonia GONI née le 08 février 1893 à Eugui (Provincia de Pamplona/ Navarra – dans la montagne navarraise, près de la frontière Française de Roncevaux)

Fille de Lorenzo GONI, son père, né le 20 avril 1867 à Agorreta (Province de Pamplona/Navarra) et de Francisca Antonia EGOZCUE, sa mère, née le 18 juin 1869 à Eugui (Province de Pamplona/ NAVARRE).

Elle est décédée au Pays Basque, le 03 novembre 1973 à l’Hôpital de Bayonne (64) France.

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Pedro DEL CAMPO-CHIMENO et Apolonia GONI-EGOZCUE

Si, après avoir bien travaillé pour les recherches sur les grands-parents maternels, nous avons découvert que nos parents étaient des énigmes pour nous.

Pour nous, les enfants et petits-enfants, qui découvrons les vies des ancêtres, en réalité nous ne connaissons rien de nos parents, si ce n’est ce que nous avons vécu ensemble, et encore !

Je commencerai par maman « Gracieuse », « Mamy Bicyclette » comme l’avait appelée Flora, fille d’Emmanuelle.

Emmanuelle notre fille ainée, à Solange et moi le rédacteur de ces pages. Elle est sur la photo qui suit avec sa fille Flora, à l’âge de 4 mois sur ses genoux et Mamy Gracieuse.

Emmanuelle qui à l’âge de 4 mois, est sur la photo qui précède, avec mémé Apolonia, GONI-DEL CAMPO, 77 ans, ma grand-mère maternelle (Amatxi), mère de Gracieuse, arrière-grand-mère d’Emmanuelle. Que le temps passe !

Flora, arrière-petite-fille de Mamy Gracieuse, et qui est une de nos petites filles, à Solange et Emile les grands-parents.

Flora aux cheveux bleus, née le 03 Mai 1999 et qui a 20 ans maintenant.

Elle jouait aux cartes avec sa « Mamy bicyclette » qu’elle avait baptisé ainsi, à cause de son fauteuil roulant de la maison de retraite.

Sa sœur Héléna, née le 15 octobre 2001, quelques jours après le décès de Mamy Gracieuse le 10 octobre 2001, ici en photo avec sa sœur en fin d’été 2019.

Mamy Gracieuse, en septembre 2001, à qui nous rendions visite, en provenance d’Hagetmau dans les Landes, et qui se posait la question :« Que faites-vous là ? la rentrée est passée !».

Elle ne croyait pas que je travaillais dans les Landes, au Collège Jean-Marie LONNE, avec sa SEGPA, que je dirigeais depuis la rentrée scolaire d’août 2001 pour les Personnels de Direction, après de nombreuses années de travail en région parisienne.

Je crois bien qu’elle nous a quittée avec cette idée en tête, quelques semaines plus tard, quittée ou abandonnée par l’élan vital.

La solitude est une bien mauvaise accompagnatrice pour les anciennes et les anciens.

Maman, Mamy Gracieuse, est partie avec un dernier clin d’œil à la vie, la donation de son corps à la science.

L’altruisme jusqu’au bout !

Pourquoi Mamy Gracieuse, Jesusa, DEL CAMPO-GONI, ses parents, frères et sœurs, ont-ils choisi de quitter la Navarre Espagnole où elle est née, pour venir, via Arnéguy, en Navarre en France, au Pays Basque, à Saint Just Ibarre, dans le quartier d’Ibarre, à Ithurbidia, la maison à côté d’Ertorainia, en 1921 ?

Cette question a fait l’objet de notre première recherche et n’a obtenu que des réponses vagues, ou des suppositions.

Disons que nos recherches n’ont pas abouties totalement, car nous n’avons pas encore réussi à avoir les réponses des autorités militaires espagnoles concernant grand père Pedro DEL CAMPO-CHIMENO.

Ithurbidia à Ibarre en 2020

Nous cherchons à connaître ses postes successifs, ses missions, sa pension, son départ de cette arme dont nous avons découvert qu’il était membre en Espagne au moins jusqu’à la naissance de tante Victoire DEL CAMPO-GONI, la sœur ainée de Gracieuse, Jésusa, DEL CAMPO-GONI.

En effet, sur son acte de naissance est portée la profession exercée par grand-père, donc papa pour ma mère Gracieuse.

Il était Carabiniers du Roi en Espagne (Carabineros Del Rey - España), corps armé chargé de la surveillance des frontières et des côtes, de la fraude et de la contrebande, créé en 1829 et intégré à la garde civile espagnole après la guerre civile et lors de l’installation de la Dictature Franquiste en 1940.

Corps de fonctionnaire espagnol que grand-père a quitté avant de venir en France, dans des conditions que nous n’avons pas découvertes.

Copie écran de la feuille du cadastre de Saint Just Ibarre avant 1940

Nous avons enquêté en Espagne, sur les traces de la famille, nous l’avons fait en France, d'abord dans la famille et « sa mémoire », puis dans les mairies.

Ensuite aux Archives Départementales de Pau et Bayonne, Toulouse, Bordeaux : de vrais Universitaires en recherche généalogique, sociologique, économique et familiale.

Ces recherches familiales doivent nous permettre de mettre au clair toutes nos questions !

Enfin c'est notre espoir, comme pour les recherches précédentes, sur la famille maternelle...

Les recherches de documents officiels sont nettement plus compliquées que notre imaginaire l'avait prévu...c’était le cas pour les grands-parents, et je confirme c’est la même chose pour les parents.

Nous pouvons, à ce jour, affirmer que Grand-père Pedro DEL CAMPO-CHIMENO, père de Mamy Gracieuse a quitté l’Espagne à la veille de l’installation officielle au pouvoir du dictateur Primo de Rivera.

En 1921 il est arrivé en France avec femme, enfants et bagages. Comment ? A pied ! Nous ne savons pas.

Ce qui est vrai, c’est qu’ils sont d’origine étrangère tous les membres de la famille !

La « Certification de partida de bautismo » de Jesusa DEL CAMPO y GONI, mère de Émile et Daniel COLLADO-DEL CAMPO, faite le 19 avril 1966 à Eugui, province de Pampelune, en Navarre, donne comme filiation des grands-parents :

Filiation paternelle, de grand père Pedro DEL CAMPO, fils de Martin Del Campo de Calabor, et de Geronima Chimeno de Calabor, province de Zamora.

Filiation maternelle de grand-mère : Apolonia GONI, fille de Lorenzo Goni de Agorreta, et Francisca-Antonia Egozcue, de Eugui, avec des « padrinos » José Zalba résident de Iragui, et Magdalena Noain natural de Huarte et résidente de Iragui, en Navarre.

A cela s'ajoutent des nouvelles informations que nous avons trouvées dans les archives départementales à Pau et qui nous indiquent les dates de naissance des arrières grands parents, à savoir le père et la mère de Apolonia DEL CAMPO-GONI. Son père, Lorenzo GONI, est né le 20 avril 1867 à Agorreta, province de Pamplona-Navarre, et la mère, Francisca Antonia EGOZCUE, est née le 18 Juin 1869 à Eugui, province de Pamplona-Navarre.

C’est, à notre connaissance, dans une généalogie familiale, le plus ancien document qui donne l’État Civil des grands parents DEL CAMPO-CHIMENO et GONI-EGOZCUE.

Ce sont les arrières grands-parents de Mamy Gracieuse, pour que nos enfants, aujourd’hui, en 2020, se repèrent, dans une généalogie familiale.

Maman Gracieuse, Jesusa, Micaela Del Campo, née à Eugui Estéribar, Province de Navarre-Pamplona en Espagne, le 04 janvier 1917.

Telles sont les informations, dans son « Dossier d’étranger », conservé aux Archives départementales de Pau, que nous avons consulté et reproduit photographiquement. Ce sont maintenant nos archives familiales !

La famille vivait à « Ertorainia » (nom de la maison que certains traduisent par : « apparition » en français), à Ibarre, au Pays Basque côté Français.

La famille étrangère puisque arrivée d’Espagne était très suivie par les Gendarmes de Mauléon, Larceveau, ou Saint Jean Pied de Port, qui font régulièrement des rapports sur les membres de la famille maternelle.

De même pour le Maire de la commune qui est sollicité par la Préfecture régulièrement.

Nous avons pu montrer, et cela a fait l’objet de nos écrits précédents sur la famille, que c’était une politique d’Etat mise en place sous le contrôle des préfets, des institutions françaises à l’égard des étrangers, et des espagnols, en particulier au Pays Basque.

Nous avons pu aussi constater aux Archives Départementales à Pau, la complicité des autorités Française et Espagnole, avec les mesures d’éloignement du Pays Basque des espagnols réfugiés en France.

Mais là, en même temps que les espagnols basques, ce sont plutôt les élites qui sont concernées. (Anciens Ministres, officiers, avocats, journalistes …)

Pour les autres, il s’agit de vérifier qu’ils ne travaillent pas comme le veut la législation Française mise en place, et s’ils sont autorisés à travailler, que leurs papiers sont en règle.

La pression et le contrôle social est maximum pour les étrangers. Il faut connaître en permanence où ils se trouvent et ce qu’ils font. Les Préfets veillent !

Les directives ministérielles sont claires et appliquées avec zèle par les fonctionnaires de la république.

Fonctionnaires civils ou militaires, sous le contrôle des Préfets, et des ministères qui mettent en place les politiques gouvernementales.

A cette époque, par exemple début de 1946, date du recensement à Saint Just Ibarre (64), au Archives Départementales de Pau, canton de Iholdy, voici les informations que nous avons concernant « Ertorainia » la maison familiale de Jesusa, Micaela, Gracieuse DEL CAMPO-GONI ma mère :

Victoire Del Campo à 34 ans et elle n'est plus à la maison, mais mariée avec Louis Changart de Bunus (64) ;

Gracieuse Del Campo à 29 ans, elle sort des camps de concentration d'Allemagne et est en transit par le Danemark et la Suède, l’hôtel « Lutétia » à Paris avant d'arriver au sanatorium de Bagnères de Luchon (31) ;

Paco Del Campo à 28 ans et est le « Père Ferdinand » au couvent des Capucins à Bayonne (64) ;

Marie Del Campo à 23 ans, nous ne savons pas précisément, où et chez quelle famille, elle est placée à Biarritz (64) ;

Marie Thérèse Del Campo à 20 ans et est au couvent où elle deviendra « sœur Marie Colombe ».

Seuls grand-mère Apolonia Goni épouse Del Campo, qui a 53 ans, Rosalie Del Campo 26 ans, Antoine Del Campo 25 ans, Jean-Baptiste Del Campo 14 ans et Daniel Del Campo qui a 9 ans, apparaissent dans le recensement à Ibarre en 1946.

Pedro Del Campo a 63 ans et n’apparaît pas au recensement. Où est-il ?

Que fait-il ?

L’enquête se poursuit…en même temps que nous enquêtons sur Mamy Gracieuse et Papy Emilio, la mère et le père de Daniel et Emile COLLADO-DEL CAMPO.

La famille semble être dans une situation pas florissante du tout.

Les revenus de la famille doivent être très bas, si le seul emploi est détenu par Antonio Del Campo.

C’est ce que nous constatons à la vue de la feuille du recensement de 1946, sachant que sans autorisation des autorités françaises, les membres étrangers ne peuvent travailler, comme nous l’avons vu un peu plus haut.

Cette interdiction est inscrite sur les documents officiels de la préfecture remis au détenteur de ces documents, dont les doubles sont dans les dossiers d’étrangers aux Archives Départementales.

En France, au pays Basque pendant la guerre civile et l’arrivée au pouvoir du Dictateur FRANCO et ses sbires en 1936 et la guerre contre la Dictature Hitlérienne de 1939/1945, la vie est compliquée et bien dure pour notre famille dont les membres sont installés au Pays Basque intérieur, à Ibarre, ainsi qu’à Bayonne et Biarritz.

Au Pays Basque les habitants de la côte assistent de très près aux combats pour la prise d’Irun à la frontière. Des villes comme Bayonne, Oloron ou encore Mauléon se proposent pour héberger les réfugiés.

Mais pour la plupart des Basques et des Béarnais, la méfiance est le sentiment dominant, voire l’animosité.

C’est aussi, de plus en plus, l’attitude des autorités Françaises.

Certains activistes, d’un camp ou de l’autre, espagnols comme français voire italiens ou allemands, font l’objet d’une surveillance accrue par les autorités.

La réorganisation administrative autour du Comité départemental de Libération (CDL) et du commissaire de la République montre les difficultés de ce retour à la démocratie.

Le Préfet de Pau, Paul GRIMAUD, est arrêté le 13 juin 1944 par les allemands, et déporté dans les camps en Allemagne.

Je comprends mieux l’expression de ma mère Gracieuse qui disait : « Aujourd’hui j’ai mieux mangé que le Préfet de Pau », lequel était en prison après avoir été arrêté par les Forces Allemandes, tout comme Gracieuse arrêtée quelques jours avant, et mise aussi en prison par la Gestapo, du moins suivant les dire de « Gachouch », Gracieuse en basque.

C’est ce que les Archives Départementales de Toulouse nous révèlent et confirment. Mamy Gracieuse arrêtée et jugée par un tribunal militaire allemand et déportée en Allemagne.

Nous en saurons plus après la poursuite de notre enquête aux archives de Toulouse, celles de Bordeaux, et au Mémorial de CAEN, qui nous a contacté après nos demandes de recherches sur les parents d’origine étrangère.

Le Secrétaire Général de Préfecture est aussi arrêté, et le Préfet issu de la résistance, Jean BAYLOT prend ses fonctions du 18 novembre 1944 au 4 janvier 1946.

Puis Roger MORIS devient Préfet du 4 janvier 1946 au 24 avril 1948.

Source :© Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques - La France, étape d’un long périple

Dans le tableau d’estimation du nombre d’Espagnols dans le département, en juin 1939, on compte 19 000 hommes dans le camp de Gurs (3 Z 82), dont des basques espagnols.

Mais nous ne savons pas, si des membres de la famille, ont été interné dans ce camp, nous n’avons rien trouvé dans les archives à ce jour, et les différentes Archives Départementales que nous avons consultées (64/65/09/31/33/11/12/81/34) ; à ce jour, nous ont toutes faites des réponses négatives, sans oublier toutefois de nous aider avec des conseils pour de futures recherches. Qu’ils en soient remerciés ici.

Par contre, dans les recherches que nous avons lancées auprès des Archives de la Haute Garonne, cela porte ses fruits :

ARCHIVES DEPARTEMENTALES DE HAUTE GARONNE 31 -TOULOUSE

Affaire suivie par : Chantal Pagès Nos réf. : 2020_A389

Monsieur,

Mes services ont effectué des recherches dans les fonds susceptibles de livrer des réponses à vos questions.

En ce qui concerne, vous trouverez peut-être des renseignements corroborant ce que vous savez déjà en dépouillant dans le fonds du bureau des étrangers les documents suivants :

- Enregistrement des cartes de séjour de résident ordinaire

2282 W 44-46, 50-52, 54-55 (1944-1950)

- Cartes de séjour délivrées par les communes de la Haute-Garonne. Nature des cartes

2517 W 1-4,6, 8, 10, 12 : registres nominatifs (Lettres A-Z ou A-L) (1956-1963)

2642 W 73, 75 (1964-1965)

2444 W 18 (1960).

Par contre, votre dossier de naturalisation n'apparait malheureusement pas dans l'échantillonnage retenu. Nous vous renvoyons vers la fiche de recherche : "dossiers de naturalisation" sur le site internet des Archives nationales.

Les dossiers de naturalisation de 1803 à 1973 sont à présents consultables sur le site de Pierrefitte-sur-Seine.

Par ailleurs, nous conservons dans mon service un versement de dossiers par la Direction interdépartementale des Anciens Combattants sous la cote 6863 W 50, où se trouve notamment le dossier de déporté politique de votre mère Jésusa DEL CAMPO. Ce titre a été accordé par le département de la Gironde où votre mère a été arrêtée par la gestapo en mai 1944. Elle aurait été jugée par un tribunal militaire allemand ayant siégé à Bordeaux.

L'absence de la copie de ce jugement dans les pièces justificatives de sa demande de déportée résistante est à l'origine du rejet de celle-ci par la Haute-Garonne.

Vous pourrez consulter ce dossier, ainsi que le double de sa carte de déportée politique (6887 W 4), dans notre salle de lecture, en nous avertissant à l'avance de votre venue. Pour accéder à celle-ci, il vous faudra présenter une pièce d’identité et fournir une photographie d’identité. Vous pouvez préparer votre visite en consultant notre site internet (www.archives.haute-garonne.fr) où vous trouverez notamment des informations pratiques (horaires d’ouverture, conditions d’accès, éventuelles fermetures exceptionnelles…).

Concernant les jugements rendus par les tribunaux militaires allemands en France vous trouverez un guide des ressources sur : www.museedelaresistanceenligne.org/musée/doc/pdf/ressource_source/15.pdf

Eventuellement, des investigations dans les fonds conservés par les Archives départementales de Gironde vous apporteront des informations complémentaires sur le séjour de votre mère à Bordeaux.

Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

Marie-Astrid Zang, Pour le Président du Conseil Départemental et par délégation, la directrice adjointe

Conseil Départemental de la Haute-Garonne Direction des Archives et du patrimoine culturel

11 boulevard Griffoul-Dorval - 31400 TOULOUSE - Tél 05.34.32.50.00 - Fax 05.34.33.19.80 [email protected]

****************++++++****************

Des déplacements en perspective pour vérifier et confirmer nos informations. Nous faire découvrir des zones d’ombre, jusqu’à leur découverte, dans les dossiers qui sont conservés dans divers lieux.

Et comme dit notre petit fils Estéban, le plus jeunes :« ben alors vous avez plein de voyages à faire, je ne peux pas venir en vacances, vous ne serez pas là ! »

Quel humour !

Pour le moment, le plus facile, c’est d’aller à Bayonne, Pau, et après une préparation, aux Archives Départementales de Toulouse et Bordeaux.

***********XXXXXX**********

Mais avant rappelons le contexte espagnol pour mémoire :

La Guerre Civile d’Espagne débute en juillet 1936 par un soulèvement militaire mené par le général Mola, gouverneur militaire de Pampelune.

Puis, prend la tête du soulèvement, le général Franco qui s'appuie sur les troupes stationnées au Maroc, pour lancer leur offensive, avec d’autres généraux, dans différentes régions d’Espagne.

Ce sont des cédicieux, des traitres à la Patrie, des auteurs de « crimes contre l’Humanité », adepte de la terre brulée pour ne pas laisser de témoins derrière leurs exactions. Des historiens de la guerre d’Espagne dans leurs écrits relatent cela très bien.

Ils font vaciller la 2ième République Espagnole issue des urnes démocratiquement et établie en 1931.

Cette 2ième République est dirigée depuis le printemps 1936 par les forces de gauche regroupées dans le cadre d’un « Front populaire » que les intérêts capitalistes réactionnaires, les monarchistes, veulent combattre, avec les militaires félons et l’Église catholique, sa hiérarchie en particulier, qui soutient les félons en grande majorité.

Après ce coup d’Etat militaire contre la République élu démocratiquement, la Dictature Franquiste s’installe soutenue par Mussolini et Hitler, et le voisin Salazar au Portugal : des références !

Nous ne parlerons pas des pays européens voisins où la Droite et ses partis politiques, s’opposent résolument à toute aide, et leurs gouvernements également pour leur non interventionnisme !

La seconde guerre mondiale les fera réfléchir. Ce sera pour certains, lesquels avaient par leur action soutenu Franco en refusant d’intervenir pour soutenir les démocrates espagnols, de commencer à se repentir comme « Churchill », mais ils avaient sauvé leurs intérêts de classe, comme l’analyse des historiens, et ils peuvent se repentir, une fois que les choses sont faites, pour avoir bonne conscience.

« L’attentisme et la démission sont inexcusables dans les situations extrêmes » écrit Gilbert Grellet dans son ouvrage « Un été impardonnable - 1936 : la guerre d’Espagne et le scandale de la non-intervention », publié en 2016.

Il vaut mieux tard que jamais !!! C’est ce que l’on peut dire après.

Les jeux sont faits et le constat sinistre !

C'est de l'Histoire contemporaine. Elle mérite pourtant d'être développée car cela éclaire singulièrement l’évolution de l’Espagne, et sa stagnation durant 50 ans de dictature.

La zone frontalière du sud de la France est directement concernée par l’évolution de la situation : le Pays Basque républicain autonome dès octobre 1936, les violences de guerre au printemps 1937 (Bombardements destructifs de Guernica avec la complicité des aviateurs allemands envoyés par Hitler et Gœring), et surtout le premier flux de réfugiés vers Le Val d’Aran, Bagnères de Luchon via le col du Portillon, après l’offensive franquiste du printemps 1938 qui coupe les territoires républicains en deux en envahissant l’est de l’Aragon et la Catalogne.

Tout ceci se traduit dans la vie de tous les jours par des difficultés économiques grandissantes, qui frappent les familles modestes et les met en grande précarité.

C'est ce à quoi est confrontée la famille DEL CAMPO en Navarre au Pays Basque, laquelle, en plus est étrangère, d'origine espagnole, et donc montrée du doigt, au « Pays de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen ».

La famille est arrivée en Navarre côté Français, souvenez-vous, en 1921.

Les fiches de demande de « carte d’identité d’étranger » de la famille, découvertes aux Archives Départementales de Pau, sont un témoin de cet accueil pas forcément bien chaleureux, mais très pointilleux et suivi, on pourrait dire avec zèle par les autorités.

Sûrement que certains des habitants, autour d’eux, ont aidé la famille ou ont été bienveillants.

Quand nous pensons à la famille DEL CAMPO, nous pensons que l’Église catholique a certainement joué un rôle particulier auprès de la famille.

En effet, parmi les ancêtres, certains ont été scolarisés dans les séminaires catholiques, et plusieurs ont rejoint les ordres :

Joseph DEL CAMPO, décédé ;

Paco (François) DEL CAMPO (Père Ferdinand chez les Capucins), décédé ;

Marie-Thérèse DEL CAMPO, (Religieuse Sœur Marie-Colombe à Béziers).

Les autres ont eu des parcours divers : placement dans des maisons bourgeoises pour :

Rosalie DEL CAMPO, mariée plus tard à Georges CAHON, aujourd’hui décédée ;

Marie DEL CAMPO, mariée en 1947 à Jean-Baptiste ZABALETTA, décédée ;

Travail à la ville pour Gracieuse DEL CAMPO, dans une chocolaterie de Bayonne. Elle habite au Chalet Saint Louis, aux arènes, décédée elle aussi ;

Comme bûcheron Antoine DEL CAMPO après ces études de 12 ans à 17 ans au séminaire, qui épousera en 1953 Odette LUCANTE, et aujourd'hui décédé lui aussi.

Quant aux plus petits, ils sont à la maison « Ertorainia » à Ibarre avec Apolonia, notre grand-mère.

Voilà en fait ou nous ont emmené nos recherches sur grand-père et grand-mère DEL CAMPO-GONI et sur la famille maternelle

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Néanmoins, notre travail aux Archives Départementale de Bayonne va nous apporter des informations surprenantes, par rapport à nos recherches, et nous ouvrir de nouvelles voies dans lesquelles nous vous emmenons maintenant.

Nous sommes à Bayonne aux Archives Départementales 64, Solange, Françoise et moi-même Emile, sur les conseils de Madame Caroline DELEU, documentaliste aux Archives de PAU.

Tout ceci parce que nous savons que Gracieuse, jesusa, DEL CAMPO a fait de la résistance et qu'elle a été dénoncée, arrêtée et déportée dans le camp de Ravensbrück, suivant ses « dires ».

Pourquoi Bayonne ? parce qu’elle habitait à Bayonne à l’époque.

Cette information est vitale pour nos recherches.

Uniquement aux archives de Bayonne sont consultables les « fiches d’écrou » des personnes arrêtées et mises en prison pour la région.

Émile commence à faire la lecture du Registre Général nominatif du recensement de Bayonne de 1936, pour voir à quel endroit habite Gracieuse, jésusa DEL CAMPO sa mère et belle-mère de Solange, et tante de Françoise, pour situer Gracieuse vis-à-vis de nous les chercheurs, et bien sûr pour les lectrices et lecteurs.

C'est Solange qui se colle la première au travail de recherche dans le Registre Général de la prison de Bayonne.

« Quelle année demande la préposée aux recherches ? » l'archiviste Mme Nathalie Béréna.

Nous ne savons pas ! Gracieuse DEL CAMPO a toujours dit avoir été arrêtée au début de la guerre.

Aussi nous commençons la consultation par le registre général des écrous de 1939/1942 !!!

Les années qui suivent 1942/1946 sont confiés à Françoise puisqu'elle est la plus jeune des chercheuses !

La chance est avec nous : Solange découvre sur la liste le nom de Mamy Gracieuse, (jésusa Del Campo), avec le Numéro d’Écrou N°257, janvier 1941.

« Le poids des mots, le choc des images !!!! » spot publicitaire d’une revue Française ! Quel choc !

Jesusa DEL CAMPO, incarcérée un mois par le Procureur de la République de Bayonne pour « vol de Bicyclette », du 15 janvier 1941 au 14 février 1941, date de sa sortie de la prison de Bayonne.

Comme dans les films d’actualité du début de la guerre, où les véhicules se font rares, et pour les jeunes l’emprunt de bicyclette un sport de tous les jours !

Car vous avez bien noté nous sommes en janvier/ Février 1941.En territoire occupé par les troupes allemandes à Bayonne !

C'est tout ce que nous savons pour le moment ! Maman voleuse de bicyclette ! En voilà une nouvelle !

Nous nous posons la question : Est ce qu’elle a de nouveau été arrêtée, plus tard, et incarcérée, avant de partir dans les camps en Allemagne ?

Réponse plus tard ! Peut-être …car ici à Bayonne nous n’avons rien trouvé de plus aux Archives.

Mais se pose la question de savoir comment a-t-elle pu se faire attraper avec une bicyclette qui ne lui appartenait pas ?

Pourquoi emprunter une bicyclette ?

En effet se n’est pas anodin d’être condamné à de la prison. Il serait judicieux de pouvoir avoir accès aux Archives du Tribunal, si les données ne sont pas lacunaires, pour voir sur quelle base le Tribunal à forgé son verdict et sa condamnation.

Affaire à suivre pour les recherches à venir.

En attendant il faut relancer des recherches et je décide d’en informer mon « petit frère » Daniel, en espérant qu’il va, de son côté, pour nous aider, rechercher dans les papiers que maman avait, lors de son décès, et qu’il a promis de consulter et numériser.

Peut-être sera-t-il plus chanceux ? C’est pour la cause !

L’espoir fait vivre ! c’est bien l’adage en vigueur dans ce cas-là ? Aller ! courage…

Salut, salut,

Les dernières nouvelles de la recherche que j'ai lancée sur maman.

Je n’ai pas grand-chose, étant donné que je n'ai que son état civil.

Je ne sais même pas si elle était sous ce nom-là, prisonnière.

Bonne réception - Bises A+

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Suivant toutes les données qui m’ont été transmises par les diverses sources lors des enquêtes, je lance une nouvelle série de « bouteilles à la mer » ! C’est ainsi que j’ai décidé de nommer les relances, nouvelles demandes, via Internet, ou par la poste.

Aux Archives d’Arolsen (ITS). Notre référence (Veuillez indiquer) : 2019-11-27 :057

Votre demande relative à Madame Jesusa Gracieuse Micaela DEL CAMPO-GONI, née le 04.01.1917 à Eugui Esteribar Province de Navarre Pampelune, votre mère

Monsieur,

Recevant quotidiennement un nombre très élevé de demandes, il ne nous est malheureusement pas possible, en dépit de tous les efforts que nous déployons, d’y donner suite dans de brefs délais. Nous vous prions d’accepter toutes nos excuses et espérons pouvoir compter sur votre compréhension.

Nous avons procédé, sur la base des données que vous nous avez fournies, à un examen approfondi de la documentation que nous conservons ici.

Nous regrettons de devoir vous informer qu’il ne nous a pas été possible d’y relever d’informations au sujet de votre mère.À cet égard, permettez-nous de signaler que la documentation conservée à l’International Tracing Service est importante, certes, mais cependant lacunaire. Une grande partie des documents a en effet déjà été détruite par faits de guerre ou lors de la phase finale de la période nationale-socialiste.

Afin de vous aider dans toute la mesure de nos moyens, nous vous adressons, en attaché, une liste d’adresses qui, nous le souhaitons, vous sera utile pour la poursuite de vos recherches.

En outre, nous vous renvoyons aux monuments commémoratifs de Ravensbrück et de Dachau, vous trouverez ci-dessous les adresses :

Mahn- und Gedenkstätte Ravensbrück

Straße der Nationen

16798 FÜRSTENBERG/HAVEL

BUNDESREPUBLIK DEUTSCHLAND Tél. : 0049 (0)33093 603 85 Fax : 0049 (0) 33093 603-86

Web site : http://www.ravenbrueck.de -e-mail : [email protected]

KZ-Gedenkstätte Dachau

Alte Römerstraße 75

85221 DACHAU

BUNDESREPUBLIK DEUTSCHLAND Tél. : 0049 (0) 8131 669 970 Fax : 0049 (0) 8131 2235 - web site : http://www.kz-gedenkstaette-dachau.de –

E-mail : info@kz- gedenkstaette-dachau.de

Lors de vos contacts éventuels avec ces organismes, nous vous prions de bien vouloir mentionner que vous avez déjà interrogé aux Archives d’Arolsen (ITS).

A titre informatif, nous vous invitons à prendre connaissance des explications d’ordre général se trouvant en annexe.

Nous demeurons à votre entière disposition pour toute question complémentaire. Vous trouverez également d’autres informations en consultant notre site Internet.

Veuillez agréer, Monsieur, nos salutations distinguées.

i.A. Tanja Küster

Inquiry Team 5 Annexes : Liste d’adresses Explications d’ordre général

Arolsen Archives - International Center on Nazi Persecution Große Allee 5-9 - D 34454 Bad Arolsen T +49 (0)5691 6290 - WWW.arolsen-archives.org

The Arolsen Archives are part of the UNESCO Memory of the World.

This e-mail communication (and any attachment/s) is confidential and is intended only for the individual(s) or entity named above and to others who have been specifically authorized to receive it. The information it contains may be subject to professional secrecy or other legal rules. Thank you.

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Mme Caroline DELEUX,

Grand merci pour le travail accompli. Nous avançons.

Nous viendrons, Mercredi 29 janvier 2020, à Pau, pour consulter votre dernière trouvaille, sur Pedro DEL CAMPO conservé aux Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, site de Pau, sous la cote 1068 W 71., et qui je l'espère, va nous apporter des réponses à nos questions.

Concernant ma mère, Jesusa, Micaela, gracieuse DEL CAMPO, j'ai sollicité tous les organismes que vous m'aviez indiqué dans votre émail.

Je n'ai pas de succès dans cette recherche : tous m'ont fait des réponses négatives, y compris en Allemagne.

Il faut donc que je trouve d'autres informations qui puissent nous guider vers d'autres voies de recherche.

Merci pour votre aide. A mercredi, peut-être, à Pau.

Cordialement Emile COLLADO-DEL CAMPO

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Recherche sur Jesusa Del Campo déportée en Allemagne. Mémorial de Caen : [email protected]

A la Croix Rouge Internationale : [email protected] ; [email protected] ;

Madame, Monsieur,

Je suis fils de déportée, et avec mes petits-enfants, nous effectuons des recherches sur ma mère et donc la grand-mère pour eux.

Nous savons, mais mamy parlait très peu de cette période, qu'elle a été arrêtée à Bayonne, incarcérée, torturée, et envoyez dans les camps en Allemagne.

Nous pensons qu'elle était à Ravensbrück, et Dachau.

Nous savons qu'elle a été libérée et soignée Au Danemark et en Suède puis rapatriée au sanatorium à Bagnères de Luchon.

Nous n'avons pas encore retrouvé ses papiers avec son matricule, et ses photos, dont je me souviens les avoir vu de son vivant.

Jésusa, gracieuse, Micaela, DEL CAMPO, d'origine espagnole, née le 04 janvier 1917 à Eugui Estéribar Province de Navarre Pampelune.

Ma mère est décédée depuis le 10 octobre 2001.

Elle habitait à Bayonne lorsqu’elle avait été arrêtée. C'est les seules choses que nous connaissons.

Grand merci de ce que vous pourrez trouver sur elle. Cordialement

Émile COLLADO-DEL CAMPO Au Village - 32110 Cravencères.

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DEL CAMPO Jesusa recherche au Mémorial de CAEN.

Après plusieurs mois, malgré des erreurs de notre part dans le mail de demande de recherche, en effet, Mamy a été arrêtée à Bordeaux ce que nous ne savions pas, le 11 février 2020, une de nos « bouteille à la mer » apporte son lot de surprise.

Lisait plutôt le document qui suit :

Nous retrouvons trace de Gracieuse, Jesusa DEL CAMPO, grâce aux Archives de CAEN et constatons qu’elle est mariée.

Elle est en voyage : notez !

Elle est à Stockholm en Suède, capitale du pays nordique.

Elle porte donc un nom, qui, phonétiquement, ne nous était pas inconnu pour l’avoir entendu, mais dont l’orthographe nous est complétement inconnu. Les spécialistes nous disent que c’est un nom de la région des Landes. Dont acte.

C’est la grande surprise et un moment de très grande émotion que je partage avec mon petit frère, via « WhatsApp », « comme les jeunes Quoi ! ».

De suite, nous comprenons mieux, pourquoi nos recherches antérieures, n’aboutissaient pas.

Avec ses nouvelles données, je me lance dans des recherches sur internet, dans les bases de données concernant la dernière guerre mondiale.

DEL CAMPO Jesusa ép. LESBURGUERES

Nous apprenons avec ce document qu’elle résidait à Bordeaux, 5 rue Dabadie, et quelle était de Nationalité Française.

Nous découvrons sa photographie de l’époque, et constatons des ressemblances avec qui vous savez.

C’est ce que disent ceux qui l’ont connu !

Sa résidence à Bordeaux avant d’être arrêtée et envoyée dans les camps Nazis

Les efforts de recherches sont récompensés puisque j’ai obtenu la fiche de Mamy Gracieuse dans le camp de concentration de DACHAU, en Allemagne.

Très grand moment d’émotion.

Capture d’écran sur une base de données sur les camps de concentration Nazi, https// « stevemorse.org » camps de Dachau.

L’essentiel de ce courrier de CAEN est, outre la grande émotion, une invitation au voyage.

Il nous faut aller consulter sur place, au Mémorial de CAEN, Division des Archives des Victimes de Conflits Contemporains, le dossier de Mamy Gracieuse qui est archivé là-bas.

Un dossier où nous devrions faire des découvertes ! peut-être…

Car déjà, avec ce qui précède, nous découvrons que Mamy Gracieuse, a été au moins dans deux camps nazis comme nous le présentions : DACHAU et RAVENSBRUCK.

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Parmi les « bouteilles à la mer », nous avons lancé des recherches aux Archives Départementales de la Haute Garonne, au service qui gère les « Dossiers des étrangers », partant du fait que pour les grands parents, cette procédure nous avait permis de retrouver l’ensemble de la famille DEL CAMPO-GONI aux Archives de Pau.

Moi-même, auteur de ses lignes, j’ai été naturalisé Français à ma demande en 1966, J’étais, avant, étranger, et donc susceptible d’avoir un dossier d’étranger aux Archives.

Néanmoins, un doute subsiste car j’avais une carte Verte d’Identité d’Apatride, enregistrée à Lausanne, jusqu’à 17 ans.

Bref, nous allons bien voir si cette « bouteille à la mer » abouti à un résultat.

L’annexe des Archives Départementales de Saint Gaudens en Haute Garonne est réceptionnaire de la demande par email, comme celle de Toulouse.

Après quelques semaines, les Archives de Saint Gaudens nous font part de leurs recherches négatives, et nous informent avoir transmis, à Toulouse, notre demande.

Quinze jours plus tard nous recevons un nouveau mail « riche et intense » des Archives Départementales de Toulouse, plein d’information sur Mamy Gracieuse, et rien sur moi-même, l’étranger Apatride.

Mais lisait plutôt. N’ayez pas peur !

Ces chiffres et ces lettres sont les « cotes des archives » que nous devons consulter, en salle de lecture, aux Archives Départementales de Toulouse 31.

Ce document nous vous l’avons présenté précédemment, mais nous le reprenons, pour la compréhension de nos démarches de recherche, et pour que vous suiviez nos cheminements pas toujours cohérents.

Relisez plutôt :

ARCHIVES DEPARTEMENTALES DE HAUTE GARONNE 31 -TOULOUSE

Affaire suivie par : Chantal Pagès Nos réf. : 2020_A389

Monsieur,

Mes services ont effectué des recherches dans les fonds susceptibles de livrer des

réponses à vos questions.

En ce qui concerne, vous trouverez peut-être des renseignements corroborant ce que vous savez déjà en dépouillant dans le fonds du bureau des étrangers les documents suivants :

Enregistrement des cartes de séjour de résident ordinaire

2282 W 44-46, 50-52, 54-55 (1944-1950)

Cartes de séjour délivrées par les communes de la Haute-Garonne. Nature des cartes

2517 W 1-4,6, 8, 10, 12 : registres nominatifs (Lettres A-Z ou A-L) (1956-1963)

2642 W 73, 75 (1964-1965)

2444 W 18 (1960).

Par contre, votre dossier de naturalisation n'apparait malheureusement pas dans l'échantillonnage retenu. Nous vous renvoyons vers la fiche de recherche : "dossiers de naturalisation" sur le site internet des Archives nationales.Les dossiers de naturalisation de 1803 à 1973 sont à présents consultables sur le site de Pierrefitte-sur-Seine.

Par ailleurs, nous conservons dans mon service un versement de dossiers par la Direction interdépartementale des Anciens Combattants sous la cote 6863 W 50, où se trouve notamment le dossier de déporté politique de votre mère Jésusa DEL CAMPO. Ce titre a été accordé par le département de la Gironde où votre mère a été arrêtée par la gestapo en mai 1944. Elle aurait été jugée par un tribunal militaire allemand ayant siégé à Bordeaux.

L'absence de la copie de ce jugement dans les pièces justificatives de sa demande de déportée résistante est à l'origine du rejet de celle-ci par la Haute-Garonne.

Vous pourrez consulter ce dossier, ainsi que le double de sa carte de déportée politique(6887 W 4), dans notre salle de lecture, en nous avertissant à l'avance de votre venue. Pour accéder à celle-ci, il vous faudra présenter une pièce d’identité et fournir une photographie d’identité. Vous pouvez préparer votre visite en consultant notre site internet (www.archives.haute-garonne.fr) où vous trouverez notamment des informations pratiques (horaires d’ouverture, conditions d’accès, éventuelles fermetures exceptionnelles…).

Concernant les jugements rendus par les tribunaux militaires allemands en France vous trouverez un guide des ressources sur :

www.museedelaresistanceenligne.org/musée/doc/PDF / ressource source/15.pdf

Eventuellement, des investigations dans les fonds conservés par les Archives départementales de Gironde vous apporteront des informations complémentaires sur le séjour de votre mère à Bordeaux.

Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

Marie-Astrid Zang, Pour le Président du Conseil Départemental et par délégation, la directrice adjointe.

Conseil Départemental de la Haute-Garonne -Direction des Archives et du patrimoine culturel

11 boulevard Griffoul-Dorval - 31400 TOULOUSE - Tél 05.34.32.50.00 - Fax 05.34.33.19.80 [email protected]

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Voilà, aujourd’hui 05 Mars 2020, nous sommes sous confinement à cause de la Pandémie de la COVID19.

Nous mettons à profit cette période de « Prison volontaire » pour rédiger et faire le point d’où nous en sommes de nos recherches sur Gracieuse, Jesusa, Micaela, DEL CAMPO, mère de Daniel et Emile COLLADO-DEL CAMPO, et sur Emilio COLLADO-SAEZ, notre père pour lequel nous recherchons aussi des informations.

Pas facile car tout est en confinement, même l’électronique et ses servants ! Néanmoins, nos recherches sont « parlantes » et nous donnent des informations.

En effet, si nous en croyons les documents qui sont aux Archives de Toulouse, tous permettent de démontrer qu’il y a eu tromperie, pour le moins, quand ce n’est pas volonté de nuire en flouant Mamy Gracieuse, Jesusa DEL CAMPO, qui ne devait pas se douter un seul instant, que des documents là concernant soient à Bordeaux, lors de sa demande de statut de Déportée politique et Résistante.

Il y aurait donc des documents en provenance des Archives de Bordeaux qui attestent que Gracieuse, jesusa DEL CAMPO est de Nationalité Française, et résistante :

Première chose

qui est remise en cause, par les autorités après-guerre, alors qu’elle est mariée avec un français et s’appelle Del Campo Jesusa, épouse « Lesburguères ».

LESBURGUERES : patronyme porté dans les Landes, devrait désigner un lieu buissonneux, où pousse la bruyère (métathèse de "Bruguera"). Autre possibilité : le gascon "burguèr" (= meule de paille). C'est de toute façon un toponyme devenu nom de famille selon les chercheurs gascons et landais.

Deuxième chose

, on ne trouve rien, pourtant il y a eu un jugement par les autorités allemandes et la gestapo parce que

« Maman Gracieuse faisait de la dentelle de Calais !» et pas de la résistance. Alors ils l’ont envoyée en vacances dans les camps nazis …

Il vaut mieux regarder cela avec humour, tant c’est révoltant, car derrière c’est nous qui avons vécu tout ceci avec maman, dans notre enfance, avec mon petit frère Daniel.

On ne mesure pas à quel point ce fut une humiliation complémentaire pour Jesusa DEL CAMPO notre mère, après son retour des camps de concentration Nazis, et l’accueil quelque fois limite au retour en France, voir la littérature des rescapés de cette aventure sinistre qui rapportent des faits pas très glorieux.

Les demandes effectuées après-guerre par Mamy Gracieuse, avec l’aide de diverses personnalités politiques comme le Sénateur Maire de Bagnères de Luchon, ainsi que d’autres demandes, n’ont jamais aboutie, alors que ses documents, prouvant la bonne foi de Mamy Gracieuse, existaient bien, puisqu’ils sont dans les Archives Départementales. (31/33)

Qui plus est, dans deux endroits différents : Les Archives Départementales de Toulouse, et la Direction interdépartementale des Anciens Combattants de Bordeaux.

Il y a fort à parier que d’autres lieux conservent des documents la concernant.

Nous allons aller voir de nos propres yeux, photographier et classer dans nos archives personnelles, les documents qui sont dans les diverses Archives Départementales 64/31/33, puis au Mémorial de CAEN, qui nous a fait découvrir nos recherches sous un autre angle, avec le document Suédois, présenté précédemment.